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 Sujet du message: Les enseignements de Maître Hong Bing Song
MessageMessage posté...: Lun 04 Jan 2016, 00:03 
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A propos de l'auteur...


Maître Hong Bing Song est né il y a plus de quatre-vingt-trois ans, dans une cité florissante du lointain Empire Shou, au-delà de l'inaccessible orient où si peu de personnes natives de Faêrun ont su mettre les pieds.

Son grand âge et son passé d'aventurier, lui ont apporté une expérience hors du commun dans la pratique des Arts Martiaux. C'est un maître des techniques que l'on connaît sur les terres occidentales, sous le nom de Voie Sublime. Il a passé son existence entière à explorer les mystères des neufs disciplines et en maîtrise à présent chaque aspect. C'est également un érudit de l'histoire de la Voie Sublime.

Récemment, il est venu s'installer sur l'île de Gemmaline en réponse à l'invitation d'un ami de longue date : Maître Izuka, un magicien fasciné par les étranges pouvoirs des artistes martiaux.


Expatrié Shou
Lame de bataille 4 / Savant Martial 4 / Croisé 3 / Maître des Neufs 5

Dons :
Style adaptatif
Esquive
Combat en aveugle
Science de l’initiative
Science du combat à mains nues
Etudes Martiales
Manœuvre préparée supplémentaire

Arme favorite : Épée longue (souple de style Shou)

Maître des Neufs :
Maître des Neuf
Tome of battle p119 (Traduction maison)

Certains experts de la Voie Sublime estiment qu’aucune des Disciplines n’est véritablement complète en elle-même. Ils pensent qu’il serait plus approprié de reconsidérer les Neuf Disciplines plutôt comme Neuf Portes, chacune ouvrant sur un des aspects de la seule vraie Voie. Ces maîtres singuliers s’efforcent de percer les secrets de chaque voie pour devenir des Maîtres des Neuf, pratiquant un style martial qui combine toutes les techniques du Temple des Neuf Épées. De tels savants martiaux sont des artistes fluides et imprévisibles, capables de modifier leur style et leurs techniques en fonction des circonstances.



Devenir un Maître des Neufs

Un Maître des Neuf commence typiquement sa carrière en tant que Savant Martial ou Lame de Bataille car ces classes fournissent l'accès le plus large aux différentes disciplines martiales. Occasionnellement, un Croisé peut devenir un maître des neufs après avoir pris plusieurs fois le don Étude Martiale par exemple.


Conditions

Compétences : Degré de maîtrise de 10 dans les compétences-clés de quatre disciplines
Dons : Style adaptatif, Esquive, Combat en aveugle, Science de l’initiative, Science du combat à mains nues
Manœuvres martiales : doit connaître au moins une manœuvre de six disciplines différentes


Niveau / BBA / Vig / Réf / Vol / Manœuvre connue / Manœuvre prépa / Posture connue / Spécial
--1--- / + 0 / + 0 / + 0 / + 2 / -------2------- / -------1------- / ------0------- / _
--2--- / + 1 / + 0 / + 0 / + 3 / -------1------- / -------1------- / ------1------- / Posture double
--3--- / + 2 / + 1 / + 1 / + 3 / -------2------- / -------1------- / ------0------- / Forme parfaite
--4--- / + 3 / + 1 / + 1 / + 4 / -------1------- / -------1------- / ------1------- / Posture de Contre
--5--- / + 3 / + 1 / + 1 / + 4 / -------2------- / -------1------- / ------0------- / Maîtrise des Neufs


Dé de Vie : d8

Compétences de Classe (6+modificateur d'Intelligence) :
Acrobaties, Art martial, Artisanat, Concentration, Connaissances (histoire), Connaissances (folklore local), Diplomatie, Discrétion, Équilibre, Escalade, Intimidation, Natation, Psychologie, Saut.



Aptitudes de classe :

Le Maître des Neuf déploie sa connaissance des pouvoirs martiaux en incluant chacune des Neuf disciplines. A mesure qu’il progresse, il développe des techniques pour associer les manœuvres appartenant à des disciplines différentes afin de produire des effets plus puissants. Sa maîtrise des Neuf Disciplines lui prodigue en fin de compte, une profonde compréhension de la Voie de l’artiste martial.


Manœuvres :

A chaque niveau impair, le Maître des Neuf apprend deux nouvelles manœuvres et une autre à chaque niveau pair. Ces nouvelles manœuvres connues peuvent appartenir à n’importe laquelle des Neuf disciplines. Le Maître des Neuf doit satisfaire aux conditions requises pour apprendre ces nouvelles manœuvres. On ajoute le niveau de Maître des Neuf au niveau d’artiste martial pour déterminer le niveau d’artiste martial total ainsi que le plus haut niveau de manœuvres accessible.

A chaque niveau, le Maître des Neuf gagne également une nouvelle manœuvre préparée pour une de ses classes martiales.

Postures Connues :
Aux niveaux 2 et 4, le Maître des Neuf apprend une nouvelle posture de n’importe quelle discipline. Il doit satisfaire aux conditions requises.

Posture double :
A partir du niveau 2, le Maître des Neuf peut choisir de conserver une posture dans laquelle il se trouve tandis qu’il adopte une posture d’une autre discipline. La durée pendant laquelle il peut maintenir les deux postures est limitée. Il peut utiliser cette aptitude pour bénéficier des avantages des deux postures pendant un maximum de deux rounds par niveau de classe chaque jour, répartis selon ses désirs en plusieurs fois et plusieurs postures différentes.

Forme parfaite (ext):
A partir du niveau 3, le Maître des Neuf initie ses manœuvres avec une grâce et une fluidité hors du commun. Le DD de ses manœuvres martiales augmente de 1.

Posture de contre (ext) :
A partir du niveau 4, chaque fois que le Maître des Neuf initie une manœuvre de contre, il peut également adopter une nouvelle posture en tant que partie de l’action de contre même en dehors de son tour de jeu.

Maîtrise des Neuf (ext) :
Au niveau 5, le Maître des Neuf a acquis la maîtrise des Neuf Disciplines. Il gagne un bonus de +2 sur les jets d’attaques lorsqu’il initie une manœuvre de frappe ainsi qu’un bonus aux dégâts égal au nombre de disciplines différentes dont il a préparé une manœuvre au début de la journée. Par exemple, s’il a préparé des manœuvres appartenant à six différentes disciplines, il bénéficie d’un bonus de +6 aux dégâts lorsqu’il initie des manœuvres de frappe.

_________________

Zahlem


Dernière édition par Zauntii le Lun 04 Jan 2016, 00:38, édité 2 fois.
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 Sujet du message: Re: Les enseignements de Maître Hong Bing Song
MessageMessage posté...: Lun 04 Jan 2016, 00:08 
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Du tempérament de l'aspirant, des Voies d'Apprentissage et des Disciplines.



Du tempérament des êtres pensants...

La Voie Sublime est une maîtresse délicate qui ne livre ses secrets qu'aux plus subtils des courtisans...

C'est l'homme qui fait l'artiste ; selon les anciens sages de l'empire Shou, l'apparente diversité des tempéraments des créatures pensantes n'obéit finalement qu'à trois tendances fondamentales autrement appelées les trois humeurs ou les trois couleurs de l'âme.

Les premiers sont audacieux, impétueux et pleins d'énergie. Ils vivent de la passion et se nourrissent d'émotions fortes. Leur couleur est le Rouge du sang et de la flamme. Leurs éléments le Feu, pour son énergie, et l'Eau - pour sa fluidité : une danse des deux opposés qui luttent et s'inhibe poussant au devant l'émotion vive en l'individu. Ils sont faibles devant ce qui réclame du temps et sont forts pour exprimer le présent.

Les seconds sont forts, solides et compétents. Ils sont mesurés, travailleurs et patients. Ils n'agissent guère avec empressement mais lorsqu'ils se mettent en branle rien ne les arrête. Ils aiment à prendre leur temps et ne se laissent point bousculer aisément. Leur couleur est celle du ciel et de l'océan, le Bleu apaisant. Leur force est matérielle, terrestre et aquatique : elle est la Terre pour sa structure et sa fertilité, et l'Eau pour son humidité essentielle à l'épanouissement de la vie et pour sa capacité à conserver ce qu'elle enveloppe.

Les troisièmes sont légers, diaphanes et subtiles. Leurs énergies sont raffinées : ils seront tantôt perdus dans quelque considérations de l'esprit tantôt les plus fins et les plus précis dans leurs pratiques. Ils sont vifs sans être pressés, agiles sans être bruyants. Leur couleur est celle du soleil et des fluides corporels : le Jaune d'or qui distille ce qu'il y a de plus élaboré dans l'individu. Leurs éléments sont l'Air et le Feu : l'un pour ses qualités subtiles et insaisissables, l'autre pour son pouvoir de transmutation.

En ces trois Tempéraments Fondamentaux, chaque individu doit y retrouver ses principales tendances. Ce n'est pas que l'on ne soit tout l'un ou tout l'autre, ou encore que l'on respecte scrupuleusement à la lettre ces sommaires descriptions dans chacun des aspects de sa vie, mais il faut bien constater que l'un est plus souvent au premier plan que les deux autres.

Ils correspondent aussi à un âge, une époque : le Rouge de la jeunesse, le Bleu de la maturité, le Jaune de la sagesse. Et il n'est pas rare que l'homme verse davantage dans l'un ou l'autre selon les périodes de son existence.

Du reste, tout ce qui présente les caractéristiques réelles ou apparentes de la Vie, obéit aussi à ces conclusions qu'il s'agisse d'une plante, d'une simple idée ou même d'un empire...


Du tempérament et des Voies d'Apprentissage...

Aborder l'étude de la Voie Sublime pour le novice suit également ces tendances fondamentales. Ainsi, selon le Tempérament de l'apprenti, il est judicieux pour le maître de le mener sur la voie la plus adaptée à son potentiel. Avec le Temps et les usages, trois Voies d'apprentissage se sont distinguées :

Les premiers sont de fiers guerriers taillés pour la maîtrise technique et la confrontation directe. Ils apprennent davantage au cœur de la bataille que durant de longues méditations. Un Maître des Neufs sage saura orienter préférentiellement vers cette voie un aspirant dont le Tempérament est baigné de Rouge car il existe entre eux une résonance harmonieuse. On les nomme Lame de Bataille, Seigneurs de la Lame, Artiste Martial de la Guerre...

Les seconds sont des combattants aguerris qui entraînent autant leur corps que leur volonté. Ils se distinguent par leur foi inébranlable en eux-mêmes et sont souvent de fervent croyants laissant l'inspiration du moment ou de leur divin patron, guider leurs assauts. Ce sont des lutteurs miraculeux, des ferments de héros : ils commandent et obéissent mieux que personne. Leur voix et leur bras sont tantôt prévisibles tantôt emplis d'une force insurmontable. Ils conviennent aux Bleus qui seuls disposent de l’opiniâtreté et de la force de caractère lorsqu'il ne reste plus que cela dans un combat en apparence sans espoir de victoire. On les nomme volontiers des Croisés, des Héros, des Templiers ou des Commandeurs...

Les troisièmes sont à l'image des Jaunes, d'une qualité plus élaborée que les deux autres. Ils n'acquièrent leurs pouvoirs surnaturels qu'au prix d'un entraînement des plus mystiques et des plus rigoureux. Ce sont des méditants et des maîtres du Chi qui le forgent d'une manière unique, mystérieuse, portant la Voie Sublime au delà de ce que peut accomplir les seules techniques et volontés. Ce sont des Savants Martiaux, des Sages de la Lame, des Savants de la Voie, des Sorciers de la lame, des Mages Martiaux...


Du tempérament, des Voies d'Apprentissage, et des Aires de disciplines : effets sur le Chi...

Au fil du temps, les maîtres se sont rendus compte qu'enseigner toutes les disciplines à un novice était souvent contre-productif et pouvait même mener à la confusion la plus complète. Il y eut des cas où les énergies déployées par les apprentis les firent imploser de l'intérieur : certains en perdirent la raison et d'autres la vie. L'énergie est quelque chose qui doit être modelée avec précaution ; la Voie Sublime est semblable à un torrent puissant que l'on entreprendrait de canaliser. Il s'agit de le faire avec méthode sous peine de voir tout l'édifice se faire emporter.

Il fut décidé de scinder l'enseignement en respectant ce qu'ils avaient pu observer par l'expérience. L'établissement des trois Voies d'apprentissage en furent le résultat. Ces trois Voies d'Apprentissage permirent de séparer les disciplines de la Voie Sublime en Trois Aires, chacune correspondant à une certaine harmonie dans les mouvements de Chi engendrés par les Disciplines. Ce qui pouvait s'avérer délétère pour un novice était la synergie de disciplines forçant le Chi d'une façon qui crée des turbulences.

Pour illustrer l'effet de chaque discipline sur le Chi, on peut les classer de la façon suivante :

  • Dragon de Pierre :
      Il fut décidé d'enseigner cette discipline à tous les apprentis car, quelque soit le tempérament, elle favorise la stabilité du Chi et en consolide la libre circulation. C'est la seule discipline qui agit de la sorte, sans perturber le déploiement du chi lors de la pratique des autres disciplines.

  • Soleil Couchant, Esprit de Diamant :
      Deux disciplines qui impliquent une grande fluidité d'esprit. Elles procurent le sens du calcul et aiguisent la réflexion poussant les énergies vers les sphères intellectuelles. Pour cette raison, elles ne conviennent guère aux adeptes martiaux qui doivent tout miser sur la force de leur volonté. Elle déstabilise l'énergie des individus au Tempérament Bleu.

      La seconde aura tendance à déréguler les flux nécessaires à la discipline de l'Esprit Dévoué, poussant trop ces derniers vers l'intellectualisation. Quant à la première, le Soleil Couchant, elle ne convient pas non plus aux Lames de Bataille car elle s'appuie sur la redistribution de l'énergie : chez ces derniers, elle épuisera la capacité à se projeter totalement et inconditionnellement dans l'effort. Son effet vient contrecarrer contrecarrer l'habileté du Disciple du Coeur d'Acier à clarifier son intention pour la projeter de façon aussi dure et tranchante qu'une lame d'acier.
  • Cœur d’Acier :
      Il s'agit de la discipline par excellence de la Lame de Bataille. On parle de Discipline Directrice : elle est l'expression de la Voie de la Lame de Bataille tout comme l'Esprit Dévoué est celle du Croisé et le Soleil Couchant celle du Savant Martial.

      La Discipline Directrice est telle le tuteur contre lequel va pousser le jeune arbre qu'est la maîtrise de la Voie Sublime du disciple. Elle donne le LA en matière d'organisation du Chi chez l'apprenti. Les autres disciplines d'une voie, sont appelées : Disciplines Connexes. Elles favorisent et étayent la circulation du Chi de la Discipline Directrice.
  • Griffe du Tigre :
      C'est une discipline qui implique abandon et fluidité. Son impétuosité est menaçante pour le Croisé car elle lui fait perdre pied et basculer dans la perte de contrôle. Le Croisé doit sa grande force à sa capacité incroyable à s'accrocher quoi qu'il arrive à sa volonté : la sauvagerie de la Griffe du Tigre est un pavé jeté dans la surface parfaitement lisse de son Intention.

      Pour le Savant Martial, il s'agit de la Voie des exploits musculaires : la Griffe du Tigre lui permet d'exprimer pleinement ses capacités physiques hors normes. Pour la Lame de Bataille, c'est l'explosion de chi : là où le Coeur d'Acier condense, la Griffe du Tigre expulse. L'une canalise à l'extrême la force du Chi l'autre la libère brutalement.
  • Esprit Dévoue :
      La Discipline Directrice du Croisé. Elle matérialise la faculté de se dévouer corps et âme à sa cause, qu'elle soit personnelle ou confessionnelle. Pour le Croisé, il s'agit du serment de son engagement sur la Voie Sublime. Sans cet entier dévouement, il perdrait non seulement le goût mais également le moteur même de son énergie, ce qui la met en branle. c'est pour cette raison, que cette discipline est le cœur de la Voie du croisé. Il ne conçoit son combat qu'en ne doutant jamais de sa justesse et en ne remettant jamais en cause sa totale implication.

      Cette discipline ne convient pas du tout à l'esprit adaptable de la lame de bataille : le croisé ne se détourne pas, il subit. La lame de bataille est un guerrier courageux mais pas un téméraire borné. Il n'a pas l'âme d'un martyr. L'acharnement au-delà de tout espoir n'a pas de sens pour lui contrairement au Croisé.

      Quant au Savant Martial, il est trop versatile pour se focaliser sur cette Discipline qui requiert l'abnégation et la rigidité d'un croyant. Globalement, l'effet sur le Chi de l'Esprit Dévoué est contraire à celui de l'Esprit de Diamant.

  • Corbeau Blanc :
      La discipline du chef. Celui qui dirige l'assaut et coordonne la bataille. Le Corbeau Blanc est l'esprit du stratège de la troupe. Il repose sur l'empathie entre les alliés, l'effet du moral sur les performances et le rayonnement du leader par le charisme et la puissance de la voix.

      L'influence de cette discipline sur le Chi aura tendance à pousser l'individu à se mettre en avant, à rechercher l'épanouissement de l'ego. Comme le Savant Martial recherche davantage pour lui-même le développement de la Voie Sublime, son énergie ne s'harmonise guère avec les mouvements de Chi induits par le Corbeau Blanc. Au contraire, même : le Savant Martial apprend à s'ordonner et à s'obéir à lui-même avant tout. Contrairement au Croisé ou à la Lame de Bataille qui font de bons commandants, le Savant Martial ne saurait se disperser en vains encouragements ou coercitions de ses semblables.

  • Mains d’Ombre, Vent du Désert :
      Ces deux disciplines furent responsable de nombre de troubles chez les apprentis dont le tempérament n'était point adapté. Elles portent le Chi vers ce qu'il y a de plus surnaturel chez l'artiste martial. Il faut à l'artiste martial qui s'y adonne, une bonne dose de détachement ainsi qu'une volonté de s'élever au-delà de la matière et des formes.

      Elles ne conviennent ni au Tempérament de la Lame de Bataille ni à celui du Croisé. Contrairement à toutes les autres disciplines, ces deux dernières correspondent à une modification de la nature du Chi : elles transforment l'énergie en autre chose, en d'autres sphères autrement réservées aux thaumaturges et autres magiciens. C'est pour cette raison que certains les nomment Sorciers de la Lame.

      Il faut au Savant Martial un tempérament extrêmement fluide et filant pour parvenir à cette exploit de transmutation de la nature de l'énergie. C'est cette nature humaine particulière que cultive le Soleil Couchant, Discipline Directrice du Savant Martial, qui lui permet de dépasser ce qui relève du purement martial pour virer au surnaturel. C'est pourquoi elles restent parfaitement inappropriées pour la direction harmonieuse que se doit d'emprunter le développement du chi d'un Croisé ou d'une Lame de Bataille.


Des corrélations et analogies...

En résumé, nous pouvons donc tracer les relations suivantes :

Il existe Trois Humeurs :
  • Les Rouges
  • Les Bleus
  • Les Jaunes

Les tempéraments des individus versent plus ou moins vers l'une ou l'autre. Par l'expérience, les anciens maîtres forgèrent trois Voies d'Apprentissage calquées sur les tempéraments :
  • La Lame de Bataille, répondant au tempérament Rouge
  • Le Croisé s'harmonisant avec le Bleu
  • Le Savant Martial qui s'épanouit franchement auprès des Jaunes

Chaque Voie s'organise autour d'une Discipline Directrice :
  • Le Cœur d'Acier pour la Lame de Bataille
  • L'esprit Dévoué pour le Croisé
  • Le Soleil Couchant pour le Savant Martial

A l'instar des trois tempéraments, les trois disciplines directrices portent les couleurs respectives qui leurs correspondent. De même, chacune des autres disciplines porte une couleur appropriée :
  • Le Dragon de pierre : porte la couleur marron, la couleur de la Terre. Elle combine les trois couleurs primaires (rouge, bleu et jaune) et s'harmonise aussi bien avec chacune des trois Voies d'apprentissage. C'est la Discipline Directrice commune à l'ensemble de la Voie Sublime.
  • Esprit Dévoue : porte le Bleu du Croisé
  • Soleil Couchant : porte la couleur du Savant Martial, le Jaune d'or
  • Cœur d’Acier : porte le Rouge de la Lame de Bataille
  • Esprit de Diamant : porte le orange qui symbolise la réunion du rouge et du jaune pour cette discipline dont l'effet sur le Chi bénéficie autant à la Lame de Bataille qu'au Savant Martial.
  • Griffe du Tigre : porte l'écarlate, à cheval sur les domaines du Savant Martial et de la Lame de Bataille. On doit principalement cette couleur non à un code symbolique mais plutôt aux manifestations colorées au sein de l'aura. Les générations d'artistes martiaux qu'on put observer les Voyants au cours des âges, leurs ont toujours montré cette singulière couleur rouge-orange très vif lorsque cette discipline martiale était employée par ceux-ci.
  • Corbeau Blanc : porte le violet qui symbolise la discipline qui convient au développement du Croisé (Bleu) et de la Lame de Bataille (Rouge)
  • Mains d’Ombre : porte la phase Yin, noire, de ces deux disciplines transcendantales propres au Savant Martial.
  • Vent du Désert : porte la phase Yang, blanche de ce bichromatisme spécifique.


Par leurs effets sur le Chi des praticiens, les disciplines s'opposent entre elles deux à deux (à l'exception de la discipline du Dragon de Pierre qui ne participe quasiment à l'épanouissement de toutes les autres).
  • Esprit de Diamant s'oppose à Esprit Dévoué : l'un pousse le Chi vers les sphères supérieurs de la pensée tandis que la seconde concentre ce dernier vers la sphère centrale du cœur.
  • Cœur d'Acier s'oppose à Soleil Couchant : l'un apprend à condenser et forger son propre Chi. L'autre s'occupe de canaliser le Chi de l'adversaire.
  • Griffe du Tigre s'oppose à Corbeau Blanc : l'un déploie des explosions de Chi quand l'autre imprime l'art de la coordination et du flux contrôlé.
  • Vent du désert s'oppose à Main d'ombre : le pouvoir du manifesté et du manifestant, l'un étant tantôt l'autre... bien qu'ils soient opposés, ils procèdent de la même essence. Certains adeptes - que l'on nomme parfois Maître de la Lumière et des Ombres - sont parvenus à une excellente compréhension de cette nature duale de la Racine Surnaturelle de la Voie Sublime. Nous reviendrons ultérieurement plus en détail sur cette Racine Surnaturelle, source des connaissances et des pouvoirs de la Voie Sublime...


Les trois Voies d'Apprentissage mises en perspective, définissent trois Aires au sein de la Voie Sublime :
  • La Voie de la Fluidité : autrement nommée Voie du Savant Martial, et qui peut mener à la Voie des Mystères. Pour la plupart des observateurs, on ne retiendra que cette seconde appellation qui évoque les capacités surnaturelles de ces Sorciers de la Lame.
    • Elle a pour discipline souche : le Dragon de Pierre
    • Elle a pour discipline directrice : le Soleil Couchant (Trône)
    • Elle a pour discipline connexes : Esprit de Diamant, Griffe du tigre
    • Et pour discipline surnaturelle : Vent du désert (Exaltation), Main d'ombre (Exaltation)
  • La Voie de la Volonté : autrement appelée Voie du Croisé.
    • Elle a pour discipline souche : le Dragon de Pierre
    • Elle a pour discipline directrice : Esprit Dévoué (Trône)
    • Elle a pour discipline connexe : Corbeau Blanc (Exaltation)

    La Voie de l'Art : alias la Lame de Bataille.
    • Elle a pour discipline souche : le Dragon de Pierre
    • Elle a pour discipline directrice : Cœur d'Acier (Trône)
    • Elle a pour discipline connexes : Esprit de Diamant (Exaltation), Griffe du tigre (Exaltation), Corbeau Blanc

    Note :
    • "Trône" signifie : discipline directrice pour la construction de l'édifice de Chi : c'est autour de ce mode de distribution de l'énergie que se construit l'individu dans son être et sa pratique.
    • "Exaltation" signifie : discipline secondaire qui au sein de la Voie d'Apprentissage s'accorde le mieux avec la discipline directrice. Elle consolide l'effet sur le chi de la discipline directrice et apporte un développement harmonieux chez l'individu.
    • Celles qui n'ont pas de qualificatif sont considérées comme non délétères pour l'édifice de Chi, mais non essentielles à son épanouissement. Elles s'accordent et se greffent sur la Voie d'Apprentissage, sans pour autant en être des piliers fondamentaux.

Chacune des disciplines a également des corrélations avec l'anatomie et la physiologie de l'organisme :
  • Dragon de Pierre : correspond à l'ossature
  • Esprit de Diamant : il s'agit des yeux et du système nerveux périphérique
  • Cœur d'Acier : correspond aux muscles et aux fascias
  • Griffe du Tigre : il s'agit du sang et des fluides corporels (lymphe, salive...)
  • Soleil Couchant : correspond au système nerveux central (moelle épinière et cerveau)
  • Esprit Dévoué : dédié au cœur et au système circulatoire
  • Corbeau blanc : dédié à la sphère ORL et aux organes de la phonation
  • Main d'ombre et Vent du désert : s'appliquent aux rapports d'équilibre entre énergies Yin et Yang

On trouvera souvent des pathologies s'imprimant dans ces sphères en cas d'excès ou de manque de pratique d'une discipline : le Chi déployé viendra porter atteinte au fonctionnement du système correspondant...



Des pathologies du Chi liées au développement non harmonieux.

Comme il a été évoqué précédemment, les trois Voies d'Apprentissages furent distinguées afin de rendre le développement de l'énergie de l'apprenti le plus harmonieux possible. Il s'agissait :
- d'une part, de tenir compte de la nature de l'apprenti en prenant en compte son tempérament.
- d'autre part, de tenir compte de l'effet combiné de la pratique des différentes disciplines sur le chi d'un apprenti.

Ce fut donc à la suite d'observation de développement néfaste et délétère, alors qu'on enseignait encore les Neufs Disciplines à chaque apprenti, que l'on en vint à sectoriser. Pour le Maître des Neuf que je suis à présent, il apparaît clairement que cette stratégie a été adoptée pour faciliter et populariser l'accès à cette connaissance subtile et normalement entière qu'est la Voie Sublime.

Historiquement, c'est la conjonction de mauvais formateurs d'un côté et d'apprentis impatients et déséquilibrés de l'autre qui a abouti à cet état de fait. Poussés par des enjeux politiques d'une lointaine époque au sein de l'empire Shou, les uns à créer des unités de combattants fonctionnels et efficaces, les autres à rechercher la voie la plus rapide vers la puissance, ils en sont venu à négliger totalement l'harmonie intrinsèque à la Voie Sublime. Cette harmonie, seule une pratique rigoureuse des Neufs permet de la saisir...

Après avoir formé des générations de combattants bancals et de désaxés dangereusement violents, ils se rendirent compte que toutes les disciplines ne faisaient pas bon ménage chez n'importe qui. Loin de renoncer à leur plan de vulgarisation - ou peut-être parce qu'il était trop tard et que ces connaissances martiales étaient déjà trop répandues et hors de tout contrôle - ils choisirent plutôt de codifier leur enseignement en établissant les trois voies d'apprentissage. Et chacun dut s'y conformer sans dévier de ce chemin.

Cela ne s'est pas fait sans heurts : les praticiens déviants furent traqués et impitoyablement massacrés jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ces trois façons normées d'accéder à la Voie Sublime. A cette époque les maîtres des Neufs disparurent complètement et la Voie Sublime connut un certain essor.

Ce fut à ce moment-là que ces connaissances migrèrent de l'Orientale Kara-tur jusqu'en Faêrun. Cela correspondait aussi à un essor des échanges entre les deux continents. Si l'on trouve aujourd'hui des praticiens de la Voie Sublime ici en Occident, il s'agit toujours d'héritiers spirituels de ces trois voies codifiées que sont la Voie des Mystères (Savant Martial), la Voie de la Volonté (Croisé), la Voie des Arts (Lame de Bataille). Les anciennes coutumes, celles des maîtres des neufs, ne sont jamais parvenues jusqu'ici en Occident.

Dans l'histoire récente, certains praticiens - dont je fais partie - purent, par leur pratique assidue et un énorme travail sur soi, redécouvrir la Voie des Neufs et lui permettre de se redéployer harmonieusement au sein d'eux-mêmes : il fallut pour cela comprendre le fonctionnement intrinsèque de chacune des disciplines et surtout de leurs effets les unes sur les autres.

A mesure que nous dépassions, les carcans établis des Trois Voies d'Apprentissage, nous dûmes nous poser la question suivante : pourquoi les anciens avaient-ils établi ces barrières alors même que nous sommes capables, nous autres Maître des Neufs, de manipuler toutes les disciplines ?

En partie grâce à d'anciens documents surgit d'un lointain passé, en partie grâce à nos pratiques assidues, nous fûmes capables de retracer l'histoire de la Voie Sublime ainsi que sa logique. Une partie essentielle, explicitant les relations harmonieuses entre les effets des disciplines entre elles sur le chi du praticien, vient d'être exposée précédemment dans ce traité ; il convient de développer les conséquences de mauvaises interaction à présent :

Individu à tempérament Rouge
La Voie d'apprentissage idéale pour ce type d'individu est, comme nous l'avons précédemment montré la Voie des Arts (Lame de Bataille). Que se passe-t-il lorsque l'individu a un fort tempérament Rouge et qu'il est amené à développer l'une des deux autres voies ?

  • Dans la Voie des Mystères :
    Outre le fait qu'il sera certainement médiocre dans cette autre voie, il aura une forte tendance à l'autodestruction. La fluidité requise pour suivre cette voie implique une grande difficulté à condenser le chi. L'individu au Tempérament Rouge, un individu débordant d'énergie ne pourra que s'éparpiller en feux épars dans cette situation. Il est par nature primaire et ne peut se satisfaire de cette voie qui est d'essence sublimée, secondaire...
  • Dans la Voie de la Volonté :
    Il ne trouvera guère plus de satisfaction dans cette voie extrêmement exigeante. L'aspect peu diversifié des pratiques du Croisé aura tôt fait de le lasser. Il sera sujet à des sautes d'humeurs et à des élans d'ego incontrôlables. On ne le trouvera épanoui que lorsqu'il a la main large sur l'affrontement, tandis que le Croisé est d'un caractère à affermir davantage sa volonté lorsqu'il est proche de la mort et de la défaite.
  • Effet selon les disciplines :
    • Soleil Couchant : le pire (hormis peut-être les deux disciplines surnaturelles que sont le Vent du Désert et la Main d'ombre) qu'il puisse convoiter est cette discipline. Elle érode sa capacité à condenser son Chi, elle fait de lui un "courant d'air" alors même que son Chi se développe autour de la discipline directrice en acier trempé du Cœur d'Acier !
    • Esprit Dévoué : de quoi l'aveugler et lui faire perdre ses moyens. La Lame de Bataille a besoin de toute sa tête. La foi aveugle fragilisera son jugement au pire des moments : malheur à lui qui connaît et vit du doute, lorsqu'il introduira la certitude du croyant dans son fonctionnement !
    • Main d'ombre et Vent du désert : il se pourrait que ces disciplines soient les mieux tolérées tout comme les plus mal tolérées par la Lame de Bataille développant celles-ci. Le chi nécessaire à la pratique de la discipline de la Main d'ombre porte en lui un vide qui aspire lentement mais sournoisement la vitalité du praticien ; de la même manière, le chi du vent du désert draine la praticien de large franges de son énergie en une dépense excessive. C'est la raison pour laquelle le praticien de ces deux disciplines particulières doit être excessivement fluide afin de ne pas laisser son chi s'engouffrer aveuglément dans ces gouffres béants. La Lame de Bataille est par nature dispendieuse en énergie : il se pourrait qu'il soit très puissant dans l'une de ces deux voies surnaturelles ou même les deux, mais il y laissera sûrement des plumes. Son défaut est de ne pas se retirer à temps, de laisser ouvert les flux de chi plein gaz... Il n'est pas rare que ce genre d'individu finisse gravement malade ou manifeste des troubles psychologiques tels que la paranoïa (main d'ombre trop gourmande) ou l'hystérie (vent du désert en excès).


Initié à tempérament Jaune
Pour lui, il convient de verser vers la Voie de la Fluidité (ou Voie des Mystères).
L'avantage du Savant Martial est sa grande adaptabilité et sa discipline dans l'effort de maîtrise. plus que les deux autres, il apprend à parfaire ses dons avec patience et génie. Son désavantage est la nécessaire culture de la fluidité dans sa maîtrise du Chi ; on ne parvient pas à maîtriser les disciplines de la Voie des Mystères sans une dose extrême de détachement.
Pour toutes ces raisons, il est à la fois le mieux placé parmi les trois Voies d'Apprentissage, et le moins bien lotis, concernant le développement d'une autre voie.

  • Dans la Voie des Arts :
    Un apprenti de tempérament jaune qui verse dans la Voie des Arts, surnagera dans ce qu'il y a de plus fluide : ils sont nombreux dans ce cas, souvent par faute d'avoir connu un instructeur Savant Martial à l'âge où l'on se forme à un métier, et on les repère aisément lorsqu'on a l’œil du Maître. Ils seront mauvais dans les disciplines réclamant une poigne de fer telles que le Corbeau Blanc et le Cœur d'Acier, et bien plus ardent dans les disciplines plus envolées comme l'Esprit de Diamant, la Griffe du Tigre...
    L'apprenti mal orienté de ce type ce sentira toujours en dessous de ses camarades. Il sera sujet aux blessures et aux chutes de tension : son chi fluide malmené par des efforts contre-nature visant à le condenser fragilisera la résistance de son corps physique à l'effort.
  • Dans la Voie de la Volonté :
    C'est la pire des rencontres qui soit ! Aucune des disciplines du Croisé ne peut convenir totalement à un apprenti de tempérament jaune. Si le Dragon de Pierre est un facteur de stabilité pour les trois Voies d'Apprentissage, il ne peut pas parvenir à faire s'épanouir les tendances de l'Humeur Jaune. Un individu s'acharnant dans une telle voie sera immanquablement déprimé par la lenteur et la densité du chi déployée par cette Voie.

  • Effet selon les disciplines
    • Dragon de pierre excessif : le Dragon de pierre doit agir sur le Savant Martial comme des crampons pour un marcheur. Il sert les intérêts de ce dernier en assurant sa stabilité mais il n'est pas l'élément dominant de la structure : si les crampons deviennent de lourdes bottes rigides, alors le voltigeur-acrobate qu'est le Savant Martial sera lourdement handicapé. De telles situations produisent des apprentis peu inventifs et souvent peu versés dans les voies des mystères (main d'ombre et vent du désert) parce que trop terre-à-terre...
    • Corbeau blanc : le chi déployé par le Corbeau Blanc, focalise l'adepte sur la domination de l'autre au détriment de soi-même. ce n'est pas une voie intérieure mais extérieure. Elle a tendance à la dispersion du chi chez les individus de tempérament jaune car ils n'ont souvent pas la lourdeur nécessaire pour appuyer sur l'autre : ils s'épuisent donc. Un apprenti dans ce cas aura tendance à la fatigue et sera sujet aux maladies saisonnières et aux épidémies telles que rhume, grippes...
    • Cœur d'acier : avec parcimonie, cette discipline peut être tolérée par le chi d'un individu au tempérament jaune. Elle lui confère un surcroît de rigueur dans la maîtrise du chi qu'il n'obtient autrement que par le développement de la discipline du dragon de Pierre. Mais contrairement à cette dernière qui est modératrice, le Coeur d'Acier favorise les excès (du fait de sa complète implication, émotions, concentration, énergie, condensé en un seul acte tranchant). Cela convient à merveille aux natures dépensières du type tempérament rouge mais cristallisera l'énergie vitale d'un individu fluide de tempérament jaune. A éviter en excès donc.
      Le genre de pathologies qu'on observera sera la présence de caillots dans les viscères (calculs rénaux, biliaires...) et une hypertension voire des hémorragies internes. C'est de cette manière que de nombreux adeptes de l'ancien temps sont décédés d'après les écrits...
    • Esprit Dévoué : l'effet sur le chi des individus de tempérament jaune est dévastateur. La rencontre entre une nature fluide, portée à l'intellectualisation et la ferveur, la certitude inébranlable que procure la pratique de cette discipline, favorise grandement l'instabilité mentale et le fanatisme. C'est de cette sorte de personnes que naît la tyrannie la plus psychopathologique. Chez le croisé, le Corbeau Blanc et le Dragon de Pierre tempèrent les excès par l'ancrage dans la Terre et dans l'ego ; les tempéraments jaunes n'ont généralement pas ce qu'il faut pour parvenir à équilibrer cette tendance du chi.


Initié à tempérament Bleu
Sa rigidité naturelle s'accorde idéalement avec la Voie de la Volonté. Les individus dotés de ce tempérament ne sont généralement pas conscient de leur potentiel : moins avertis, moins intuitifs et moins artistes que les deux autres tempéraments, les jeunes Bleus auront tendance d'une part à se croire moins habiles qu'ils ne le sont et dans le même temps à déborder largement toutes leurs attentes une fois mis au pied du mur. Avec l'expérience néanmoins, ils acquerront la certitude qui leur faisait défaut, devenant des champions naturels dans l'adversité. Cette légère folie - ou ce génie - leurs rend difficile la perception claire de leur potentiel et de leurs limites : c'est cela leur vraie force : ne pas être capable de voir la vérité objective en face et du coup, parvenir à la supplanter par la force de leur volonté.

  • Dans la Voie des Mystères :
    Le tempérament Bleu dans la voie des mystères n'ira pas bien loin : la tendance naturelle de son chi à l'inertie, ne pourra guère lui permettre de saisir les principes du Savant Martial. Il ne disposera pas de la fluidité que procure essentiellement la pratique du Soleil Couchant et aura donc des difficultés à saisir les principes des Mystères. De plus, il ne comprendra pas les mouvements de chi qui l'anime : sa difficulté à s'arrêter ou à s'élancer, sa lourdeur naturelle, l'empêchera de sentir ou l'induira en erreur dans quelque conjecture fallacieuse comme son esprit de croyant a l'habitude de faire.
  • Dans la Voie des Arts :
    La Voie des Arts est plus généreuse avec les tempéraments bleus mais néanmoins toujours inadaptée. Comme à chaque fois qu'un tempérament ne convient point à la Voie d'Apprentissage, une partie seulement du plein potentiel de cette voie saura être exploitée par le praticien. Un individu Jaune qui saura naturellement conserver sa bonne santé, se tournera essentiellement vers les disciplines du Dragon de Pierre, du Corbeau Blanc et du Cœur d'Acier, trois disciplines qui peuvent s'accorder avec bonheur à sa nature. Courir après l'Esprit de Diamant ne lui apportera que confusion en faisant migrer son Chi dans des zones trop hautes, impropres à l'épanouissement de son Tempérament. Et se piquer de la discipline de la Griffe du Tigre le rendra instable émotionnellement : l'union d'un tempérament lourd au déferlement explosif de la Griffe du Tigre produit accumulations et lacunes dans l'énergie du praticien qui amènent des pathologies cutanées et digestives voire neurologiques...
  • Effet selon les disciplines :
    • Cœur d'Acier : Avec parcimonie, la pratique de cette discipline peut convenir au tempérament bleu : elle assure la concentration et la stabilisation du chi condensé. En excès néanmoins, elle aura tendance à affaiblir la résolution "naïve", qui est le secret miraculeux d'un Croisé ; en effet, le chi d'un Bleu est certes dense mais il est homogène dans sa répartition et son mouvement. Le flux du Cœur d'Acier implique une mobilisation extrême sur une partie du corps (voire l'extension de ce corps : la lame) qui brise la perception de l'ensemble. Concentrer à ce point le Chi fragilise l'homogène répartition : à la longue, l'individu de tempérament Jaune verra sa constitution s'abimer, ses défenses immunitaires laissant s'introduire quantité de pathologies opportunistes.
    • Griffe du Tigre : le Chi explosif, tout comme la condensation du chi du Coeur d'Acier, ne convient pas aux individus "monobloc" qui déferlent avec la totalité de leur masse énergétique dans leurs assauts ou leurs défenses. La pratique de la Griffe du tigre aura tendance à malmener la surface du lac tranquille qu'est le chi d'un Croisé créant de pénibles remouds : ceux-ci peuvent, dans des cas extrêmes, dérégler complètement le système nerveux du praticien.
    • Esprit de Diamant : comme signalé précédemment, la migration du chi vers les sphères hautes, intellectuelles, fragilisera chez le Croisé la puissance de sa détermination. Rappelons-nous que l'Esprit de Diamant s'oppose à l'Esprit dévoué en matière de nature du mouvement de Chi. En clarifiant sa capacité à percevoir la justesse, la précision, la vitesse de l'Esprit de Diamant, le Croisé poussera sa foi, sa ferveur "aveugle" à s'amenuiser : c'est la mort de la foi par l'émergence du doute. C'est se tirer une flèche dans le pied !
    • Soleil Couchant : la plus inaccessible probablement des disciplines pour l'esprit pétri d'inertie d'un Croisé. L'adepte de la discipline du Soleil Couchant saisit que son chi n'est pas séparé de celui de son adversaire ou de son environnement : l'ensemble n'est qu'une vaste marée qui déferle et reflue. L'adepte du Soleil Couchant apprend à ne pas résister mais à accompagner, diriger et détourner à son avantage ces vagues de chi que le monde, ses adversaire et lui-même déploient par leurs efforts. C'est antithétique avec la nature du Croisé qui s'évertue à dominer par son propre ancrage et sa nature entière et dominatrice. Ceux parmi les individus de tempérament bleu qui s'y essayent, finissent immanquablement par fragiliser leur structure : on pourra observer ainsi des pathologies osseuses et des fragilités cutanées survenir fréquemment chez ces praticiens.
    • Vent du désert et main d'ombre : il serait étonnant qu'un croisé développe suffisamment d'esprit pour parvenir à cette transmutation singulière de la nature du chi... Néanmoins, cela peut arriver assez aisément chez certains individus portés spécifiquement par leur histoire personnelle ou leur divinité particulière, vers l'un ou l'autre des éléments surnaturels abordés par ces deux Disciplines. Chez ces derniers néanmoins, on ne trouvera jamais de maîtrise des deux disciplines en même temps, leur étude se cantonnant qu'à l'élément de leur dieu et non à la maîtrise des Opposés. Il m'est, par exemple, arrivé de côtoyer un excellent manipulateur des flammes du Vent du Désert qui était un Croisé entièrement dévoué à Kossuth, la Divinité élémentaire du Feu. Et son chi s'en portait richement bien de surcroît ! En revanche, toute maîtrise de l'opposé, de la discipline de la Main d'Ombre, était totalement exclue...

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 Sujet du message: Re: Les enseignements de Maître Hong Bing Song
MessageMessage posté...: Lun 04 Jan 2016, 05:26 
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De la Voie des Neuf...




Sur la Voie des Neufs...


Toute ma longue vie, j'ai étudié les méandres de la Voie Sublime. Par l'expérience, j'ai acquis une connaissance et une compréhension plus subtile et plus complète que la plupart des autres praticiens. Je le dis sans vanité : c'est parce que je suis passé par toutes les étapes, toutes les Voies d'Apprentissage, que je sais parfaitement de quoi il s'agit. Et c'est également sans vanité que je couche ici, sur le vélin, une partie de l'histoire de ma vie :

Je suis né dans une famille modeste de Chong Su, la cité des orfèvres de la grande province de Ji ling à l'est de l'Empire Shou. Chong Su était une cité portuaire florissante, vivant du commerce des métaux précieux sous toutes ses formes. La présence d'autant de marchandises de grande valeur implique nécessairement un encadrement par des gens compétents pour dissuader les voleurs et assurer la sécurité des marchands. Chong Su était donc également une cité renommée pour ses combattants et ses sorciers.

Presque toutes les jeunes têtes brûlées de ma caste à l'époque, rêvaient de batailles, de briller dans quelque armure rutilante devant les yeux émerveillés des filles et de voir tomber une coquette solde pour se bâtir un avenir ; je n'échappais pas à la règle. Les maîtres d'armes faisaient payer cher leurs services mais mes parents m'avaient généreusement constitué un pécule au fil des ans, afin de me permettre d'intégrer un apprentissage. Ils auraient préféré que je devienne charpentier ; je suivis la Voie des Arts auprès d'un Maître Lame de Bataille.

En y repensant, il n'était ni très sérieux ni très doué mais il parvint néanmoins à me transmettre l'essentiel. Mon tempérament de l'époque - gonflé aux hormones de mâle et très nettement teinté du Rouge de la jeunesse - facilita grandement mon accession à la maîtrise des cinq disciplines. J'étais suffisamment habile fort heureusement, lorsque la guerre frontalière éclata. deux années de tensions et de combats devaient me procurer le terreau idéal pour affermir mes compétences.

A l'époque, j'étais doué pour les techniques les plus violentes. J'étais un fervent adepte des disciplines du Dragon de Pierre, de la Griffe du Tigre et du Cœur d'Acier. Influencé par les courtes vues de mon mentor, je mésestimais les Voies de l'Esprit de Diamant jugées trop fragiles et je négligeais celles du Corbeau Blanc, qui ne satisfaisaient pas assez mon ego de jeune loup...

J'étais plutôt bon et je ne m'en cachais pas. Si le début de ma carrière avait commencé modestement, elle prit son essor lorsque je fus repéré par un commandant influent. Lors d'une bataille, j'avais eu la chance de me trouver au bon endroit pour lui sauver la vie dans un moment difficile et il ne m'oublia pas lorsque la fin de la guerre fut venue.

Il me présenta à un maître digne de ce nom : ce dernier n'était pas du genre à prendre n'importe qui sous son aile. Même des fils d'aristocrates fortunés se faisaient refouler de son étude ! Il me testa - je détestai cela - et m'accepta. Je maudis souvent le commandant qui m'avait placé là durant les années qui suivirent.

Il déconstruisit avec méthode tout ce que je croyais savoir. En premier lieu, il brisa l'image que je me faisais de moi-même et de la Voie Sublime. Puis, il m'ensevelit sous une quantité invraisemblable d'exercices touts plus pénibles les uns que les autres. Et pour couronner le tout, j'étais comme son esclave, effectuant toutes les corvées que même les castes les plus viles refusent. Je le haïssais de tout mon cœur et il s'en moquait éperdument.

Durant quatre années, il ne m'enseigna pas une seule technique. La mentalité Shou m'empêchait de faire ce dont je mourrais d'envie : m'échapper de ce traquenard et aller me bagarrer et courir la gueuse. Le Maître était d'une vigilance sans faille et même lorsque je faisais mine d'essayer, il redoublait d'ardeur et m'assommait de tâches et d'exercices...

Ce fut la méthode qu'il mit en place pour reforger mon être et mon Chi : j'étais très abîmé par les excès de techniques violentes, les émotions fortes et les obsessions. Mon Chi était incroyablement encombré et la rudesse de l'austérité qu'il m'avait imposé était à la mesure des efforts qu'il me fallait déployer pour recouvrer mon intégrité énergétique.

Lorsqu'il fut satisfait de moi, que mon énergie circulait plus librement, le vrai enseignement put débuter : c'est seulement à ce moment là que je réalisai à quel point j'avais changé. Il m'enseigna tout ce qu'il savait de la Voie de la Fluidité et des Mystères. Cela prit encore cinq années de plus. Le vieil homme était sur la fin de sa vie et à son décès j'étais préposé à reprendre le flambeau de l'enseignement mais un ancien étudiant du Maître m'en dissuada et me chassa.

Une chance finalement : à trente ans passé, je quittais ma cité natale pour aller voir du pays. J'appris énormément durant ces voyages. Je combattais aussi beaucoup de créatures ainsi que d'autres artistes martiaux : ma technique s'améliora grandement...

Tandis que j'avançais en âge et que je m'attardais encore dans une vie précaire d'aventurier de grands chemins, je tombais un jour face à un redoutable adepte de la Voie de la Volonté. Il s'agissait là de quelque chose d'assez nouveau : je pense avec le recul, que ma vie de l'époque était arrivée à un enlisement et qu'elle n'avait guère plus de sens. Bien que très aguerri, il me démontra que je n'étais rien de plus qu'une coquille vide et me mit hors d'état de nuire.

Il aurait pu me laisser pour mort mais son Divin Patron, Ilmater, l'en empêcha apparemment. Le coquin me tint à l'agonie et commença à mener ma conscience à comprendre qu'il lui fallait évoluer. Je devins son disciple ce qui me gênait beaucoup car il était plus jeune de quinze années et objectivement moins compétent que moi. Mais il avait ce quelque chose de spiritualité qui me faisait terriblement défaut à ce moment.

Le vide, je dus le remplir par la foi et l'abandon. Je le suivais dans ses pèlerinages et ses actes de charité. Je vendis même mon équipement hors de prix pour nourrir des pauvres ! Comme jadis auprès de mon maître, mon âme devait radicalement changer pour accueillir une nouvelle facette de la Voie Sublime.

La foi est quelque chose d'étrange pour un homme d'âge mûr qui n'a cru qu'en lui-même toute sa vie : c'est une bouée de sauvetage qui vous ramasse lorsque vous avez décidé d'abandonner votre âme... Pour le combattant que j'étais, écouter sa foi pour décider de son attaque était invraisemblable et stupide. Et pourtant...

Mon gros camarade finit par prendre femme au détour d'une beuverie dans un taverne et me laissa prendre le relais de son errance. Je décidais de rentrer en Orient. J'avais besoin de digérer ma vie et de retrouver un sens.

A posteriori, je sais que l'avancée en âge ainsi que l'effet sur le Chi de mes multiples talents, étaient à ce moment de mon existence les sources de mon malêtre. Ce dont j'avais vraiment besoin était de saisir la Voie Sublime non plus comme une accumulation de Voies, de Disciplines et de techniques mais comme une totalité ayant du sens.

Je regagnai les cités les plus réputées de l'Empire Shou concernant les praticiens de la Voie Sublime. J'écumai les bibliothèques des temples et me rendis auprès des Maîtres influents. Mais je ne trouvai toujours rien au sujet de la Doctrine des Neufs. Il me fallut attendre de tomber sur un recueil d'histoire poussiéreux chez un aristocrate d'une famille très ancienne pour comprendre ce qu'était vraiment la Voie Sublime : l'ouvrage décrivait la naissance, mythique, de la Voie, son dévoiement puis sa reconfiguration en Voies d'Apprentissage.

Je compris la source de mon malêtre. J'entrai en réclusion dans un Temple et passai le plus clair de mon temps en méditation et en exercices. Je ne poursuivais plus qu'un seul but : parvenir à l'harmonie des Neufs Disciplines que je possédais en moi.

Je devins un fin connaisseur de la nature du Chi : je me formais à la thérapeutique Shou et à l'acupuncture, et je pus ainsi constater dans mon corps les effets de mes pratiques martiales sur la circulation de mes énergies et ma santé. Petit à petit, j'affinais mes connaissances tant sur le plan historique et théorique - je dévorais tous les ouvrages les plus anciens traitant de la Voie Sublime de près ou de loin - que sur le plan pratique.

C'est ainsi que je pus enfin comprendre la vrai nature de la Voie Sublime, cette nature occultée, oubliée, perdue au fond des âges... J'embrassai la Voie des Neufs.




De l'organisation de la Voie des Neufs.


La Vérité sur la Voie des Neufs suit une logique différente de celle que nous proposent les Voies classiques d'Apprentissage : il faut repenser la pratique des disciplines dans leur entièreté et procéder avec une patience infinie. Avec le recul, je vois que la principale raison pour laquelle cette Voie est presque inaccessible est l'état énergétique dans lequel se trouve le praticien : il faut à l'apprenti une sagesse et une paix intérieure, pour maîtriser les Neufs sans abimer son énergie, qui ne sont pas naturelles. Cela requiert un profond changement de paradigme : cela m'a pris soixante années de ma vie pour parvenir à cet état intérieur !

Il s'avère donc que passer par le biais d'une ou l'autre des Voies d'Apprentissage est presque incontournable pour un développement harmonieux. Néanmoins, il n'est pas exclu du tout pour autant qu'il faille livrer la vision globale à l'apprenti dès le départ et ce quelle que soit la Voie empruntée.




De l'origine mythique de la Voie Sublime.


A l'origine mythique de la Voie Sublime, on trouve l'histoire de Deux Dragons : l'un était noir, l'autre était blanc. Le Noir cherchait désespérément la chaleur des flammes du blanc. Le Blanc convoitait la fraîcheur de glace du Noir. Mais à chacune de leur rencontre, ils se blessaient mutuellement de leur pouvoir.

Ils décidèrent d'établir un pacte : ils quittèrent leurs Source et le Monde des Esprits et allèrent trouver conseil auprès d'un vieux prêtre qui était réputé comme le plus sage parmi les sages.

Le Vieux Prêtre considéra leur demande et leurs fit la proposition suivante : il leurs offrit de se rencontrer en sa présence en pénétrant son esprit. Le Sage avait confiance en sa capacité à accueillir les deux puissants dragons qui pourraient enfin se côtoyer sans se blesser mutuellement.

Le jour même les Dragons pénétrèrent l'esprit du Vieux Sage et... n'en ressortirent jamais ! Trop heureux de leur sort et de leur harmonie si longtemps refusée, ils investirent la demeure spirituelle de l'esprit du Vieux Prêtre et refusèrent de le quitter.

Le Vieux Prêtre, un peu contrarié de ne plus disposer de sa solitude, commença à constater qu'il rajeunissait ! Il se rendit bientôt compte que leur essence infusait son Chi : il retrouva la vigueur d'un jeune homme et ses jambes de vingt ans. Il oublia bien vite sa rancœur et honora même avec un respect renouvelé, ses deux hôtes.

Non content de rajeunir, il se mit à disposer de pouvoirs surnaturels des flammes, de la lumière, du froid et des ombres. Il comprenait à présent des secrets sur les mystères du Chi qui n'appartenaient pas au royaume des hommes mais à celui des Esprits. Et il se mit à expérimenter ces merveilleuses découvertes.

Ce Vieux Prêtre eut une très très longue vie. Certains prétendent qu'il serait toujours de ce monde, immortel et ascète, reclus dans quelque coin reculé. Il eut tout le loisir de développer ses connaissances. Ce fut le créateur de la Voie Sublime. On dit qu'il eut neuf disciples à qui il enseigna ses techniques pour manipuler le Chi. Ces disciples seraient les premiers Grands Maîtres des Neufs à l'origine de la dissémination de ce savoir...



De la Structure des Neufs.


    Du Yin et du Yang :
    Contrairement à ce qui est classiquement enseigné, selon la vision de la Voie des Neufs, les disciplines se divisent en deux corpus :
    - l'un est à dominante Yin
    - l'autre à dominante Yang

    Les premières disciplines de la Voie des Neufs, sont celles qui sont considérées comme les plus ésotériques par les Voies d'Apprentissage que l'on pratique aujourd'hui. Il s'agit du Vent du Désert (Discipline Maîtresse du Corpus Yang) et de la Main d'Ombre (Discipline Maîtresse du Corpus Yin). Comme dans la légende, la source du pouvoir provient des Dragons et le reste des disciplines en découle.


    Le Dragon de Pierre, Vieux Sage central :
    La discipline centrale, celle qui harmonise chacune entre elles, est le Dragon de Pierre. Le Dragon de Pierre symbolise l'équilibre : dans la légende, il correspond au Vieux Prêtre, le "Dragon" du monde matériel qui accepta en lui la présence des deux Dragons Spirituels des flammes et des ténèbres.

    Le Dragon de Pierre est la Discipline qui s'équilibre seule : du point de vue du Chi, elle produit un mouvement Yin / Yang naturellement harmonieux et n'a pas besoin de contrepartie.



    De part et d'autre du Dragon de Pierre
    Se déploient les Dragons Noir et Blancs et leurs Vassaux :


    ----PHASE YANG------------------------------------ PHASE YIN----
    -----------------------------Axe Surnaturel------------------
    Vent du désert (Dragon Blanc)----------------- Main d'ombres (Dragon Noir)

    -------------------------Axe Charnel-Rationnel--------------
    Griffe du Tigre------------------------------------Corbeau Blanc

    ------------------------- Axe Spirituel-Mental----------------
    Esprit Dévoué-------------------------------------Esprit de Diamant

    -----------------------Axe Individualité-Totalité-------------
    Cœur d'acier---------------------------------------Soleil Couchant



    Les Axes :
    Nous reconnaissons, placées deux à deux, les disciplines opposées. Elles sont opposées par leur effet sur le Chi et aussi par leur dominante soit Yin, soit Yang. De plus, leur nature s'applique également sur des sphères bien particulières de l'individu. Elles impactent chacune un secteur de la vie intime de l'âme.

    • Axe Surnaturel : Vent du désert (Dragon Blanc) et Main d'ombres (Dragon Noir)
      Dragon blanc et dragon Noir sont des appellations que l'on trouve couramment encore de nos jours en Orient. Leur essence se passe de commentaires. Quant à l'axe surnaturel, c'est l'expression du lien avec les deux forces opposées qui animent toute chose en ce monde : le yin / le Yang, le féminin / le masculin , l'intérieur / l'extérieur, le feu / la glace...

    • Axe Charnel-Rationnel : Griffe du Tigre et Corbeau Blanc
      Les deux disciplines incarnent d'une part la sauvagerie brutale et sans apprêt d'une bête isolée et d'autre part la tactique élaborée d'un esprit commandant au groupe. Nous avons là l'expression de deux antagonismes qui baignent et étreignent l'âme des créatures pensantes tour à tour : l'animalité et l'humanité.

      La Griffe du Tigre est toute extériorisation primaire : libre action du corps sans recul et sans retenue. Le Corbeau Blanc est le fruit de l'intériorité : l'expérience, le calcul, le coup d’œil du chef... c'est un produit secondaire.

      Les deux Voies portent la marque de l'animal. Un Tigre : félin tout en muscles et en puissance, terrestre, prédateur qui déchiquète et feule. Un Corbeau : oiseau doté d'une grande intelligence et parfois capable de parler, aérien, souvent associé des talents mystiques...

    • Axe Spirituel-Mental: Esprit Dévoué et Esprit de Diamant
      Deux secteurs différents de l'activité psychique des êtres pensants : la croyance et l'entendement. Ils se partagent la faculté de discernement et d'organisation de la psyché. Deux mouvement opposés qui mènent pour l'un les énergies à rayonner depuis le centre énergétique du cœur (Esprit Dévoué) et l'autre à concentrer les énergies autour de la tête (Esprit de Diamant). Deux disciplines qui s'adressent à l'Esprit, à ce qu'il y a de plus subtil dans les mouvements de Chi.

    • Axe Individualité-Totalité : Cœur d'acier et Soleil Couchant
      La Lame, symbole phallique de l'homme qui se dresse pour s'affirmer. Elle concentre les forces, condense le Chi comme j'aime à le dire. Le Soleil, force naturelle, complète et immuable, qui n'appartient à personne et baigne tout le monde, du vil au saint, du riche au pauvre. Nous avons là la dialectique entre la nécessité d'Individualisation de l'être pensant et son incontournable lien à ce qui l'entoure.

      Le Cœur d'Acier est cette discipline qui force tout ce que possède l'homme seul à se tenir dans un acte, dans le tranchant d'une lame. Le Soleil couchant prêche de se saisir de toutes les forces qui circulent et ne pas les contraindre à la contraction mais au contraire les réorienter et les amplifier à son avantage. Deux théories distinctes.


    L'équilibration par l'opposition :

    Dès lors que ces connaissances sont clairement établies, il devient évident que le projet de la Voie des Neufs s'est déployé depuis ces principes opposés Yin Yang, dans un objectif de contrebalancement des influences des disciplines entre elles.

    Les effets sur le Chi de l'apprenti d'une discipline donnée vont imprimer un motif récurrent. Ce motif, cette habitude de forme d'énergie finit par tordre et figer l'édifice tout entier. C'est ce genre de constat que l'on peut faire lorsqu'on observe le Chi d'un praticien des Voies d'Apprentissages classiques (Savant Martial, Lame de Bataille, Croisé). Ils semblent être de grands champions mais ce sont des bossus et des handicapés du point de vue de l'équilibre de l'édifice du Chi.

    A l'inverse, une pratique mesurée d'une discipline et de son inverse empêchent le Chi de jamais prendre forme définitive. Ainsi, pour l'apprenti sur la Voie des Neufs, il convient de développer chaque discipline et son opposé comme un partenaire et un remède. Les prouesses sont donc plus lentes à venir mais elles arrivent avec plus de sûreté et sans détériorer l'individu.

    La recherche de la Voie des Neufs est celle de l'équilibre. Cet équilibre ne peut jamais être atteint dans un processus classique selon les Voies d'Apprentissage usuelles. Seule une méthodologie progressive fondée sur le diagramme ci-dessus est adaptée à un tel objectif.

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 Sujet du message: Re: Les enseignements de Maître Hong Bing Song
MessageMessage posté...: Mer 06 Jan 2016, 02:26 
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De la nature des mouvements du Chi selon les Disciplines.




Les centres énergétiques :


Les disciplines proprement dites, à l'instar des trois Voies d'Apprentissages, ne sont pas nées ex-nihilo : elles obéissent à une cohérence et s'appuient sur la nature des créatures qui pratiquent la Voie Sublime. Tout comme les Voies d'Apprentissage sont le fruit d'une résonance intime entre le Tempérament (Rouge, Bleu ou Jaune) de l'apprenti et ce que développent les trois Voies (Savant martial, Lame de Bataille, Croisé), les disciplines trouvent également une origine dans le tissu énergétique même de l'individu.

Ainsi, les Sept Centres Energétiques, autrement nommés Chakras qui ont été décrits par les anciens voyants, sont les sources même de la nature du Chi des Disciplines de la Voie Sublime.

Voici les correspondances entre les disciplines et ces sept centres d'énergie :

  • Le centre de la Chair :
    • Localisation : au niveau du périnée
    • Discipline associée : Griffe du Tigre
      Ce centre est la racine de l'axe central parcourant le corps de l'humanoïde dressé en position debout. Tel un véritable tronc chez un végétal, l'axe énergétique distribue l'énergie à l'ensemble de l'être dans sa dimension tant physique que spirituelle ou énergétique. La racine de ce centre est dédiée aux Principes de son Incarnation Charnelle. C'est le lien au monde physique et au corps. L'énergie de ce centre contrôle également les jambes et la locomotion de manière générale.
      Ce centre est en adéquation avec la Discipline de la Griffe du Tigre dont les mouvements de Chi irradient de la base du corps. Une certaine animalité est associée à ce mouvement vers le bas : c'est un centre naturellement très développé chez l'ensemble du règne animal et chez toutes les créatures douée d'une sauvagerie particulièrement prépondérante.
  • Le centre du Vouloir :
    • Localisation : sous le nombril en regard de l'utérus chez la femme et de la prostate chez l'homme.
    • Discipline associée : Coeur d'Acier
      Ce centre énergétique gère les fonctions sexuelles du point de vue métabolique et l'expression du Vouloir, l'Intention raffinée par la conscience du point de vue métaphysique. C'est un centre bien connu des praticiens des arts du combat : toute la puissance d'un geste part de cet endroit précis. Il correspond aussi au centre de gravité des humanoïdes.
      Le Coeur d'Acier est l'expression même de cette énergie particulière : discipline de l'équilibre du combattant, de sa capacité à focaliser toute son énergie dans sa gestuelle, c'est de là que provient sa capacité de condenser le Chi. Le Vouloir n'a qu'une direction à la fois, tout comme l'acte d'un praticien du Coeur d'Acier...
  • Le centre de la Vitalité :
    • Localisation : au niveau du plexus solaire.
    • Discipline associée : Dragon de Pierre
      Véritable soleil pour l'édifice d'énergie de l'individu, ce centre énergétique rayonne vers le haut et la bas harmonisant le Yin et le Yang, du haut et du bas et de la droite et de la gauche. Il s'agit du point de pivot de toutes les énergies. Si ce centre n'est pas fluide, la santé est altérée. Il correspond aussi aux viscères, organes vitaux chargés d'approvisionner le corps de l'énergie tirée de la digestion.
      Pour le praticien de la Voie Sublime, il s'agit du Centre de la discipline du Dragon de Pierre. Ce n'est pas pour rien que cette discipline est centrale, quelle que soit la Voie d'Apprentissage empruntée par l'artiste martial : Dragon de Pierre rime avec Santé et Equilibre de l'énergie et donc de la pratique de la Voie Sublime. C'est pourquoi, même chez les adeptes martiaux qui n'utilisent que très peu la puissance dévastatrice des manoeuvres de cette Discipline, tous pratiquent des exercices spécifiques pour renforcer ce centre d'énergie. Pratiquer la Voie Sublime sans cela mène à la folie, la souffrance, la maladie et parfois la mort.

  • Le centre de l'Âme :
    • Localisation : au niveau du sternum, en regard du cœur.
    • Discipline associée : Esprit Dévoué
      Aussi appelé le centre énergétique du Coeur, ce chakra répond à tout ce que le sens commun connaît sur la symbolique de cet organe : la passion, l'amour, la dévotion... C'est le centre de la Croyance : avec le centre de la Chair et celui de l'Intellect (situé entre les deux sourcils), il s'agit d'un des trois centres qui "tire vers lui la couverture". Doit s'entendre par là qu'ils agissent comme des condensateurs de la conscience qui auront tendance à fixer l'individu dans un secteur de la Vie : le centre de la Chair produit des individu jouisseurs et matérialistes, le centre de la Croyance porte les déterminés et les vrais acteurs du monde des réalisations quant au centre de l'Intellect, il porte les individus artistes qui s'épanouissent dans les créations raffinées de la pensée. On reconnaît aussi les influences des Tempéraments sur ces trois Pôles de l'individualité
      L'Esprit Dévoué est tout naturellement la discipline qui s'harmonise avec ce centre. Est-il encore besoin de décrire leur intime relation ?
  • Le centre du Verbe :
    • Localisation : au niveau de la gorge, là où se réunissent les extrémités des deux clavicules.
    • Discipline associée : Corbeau Blanc
      Avec ce centre, nous passons dans les sphères plus subtiles propres aux êtres pensants : il s'agit du centre de la phonation, cette capacité singulière indispensable au langage et à la vision complexe du monde manifesté. Ce centre gère également dans le Subtil, l'art de prendre des Décisions : les indécis chroniques sont souvent en vide d'énergie dans ce centre précis...
      Le Corbeau Blanc qui utilise le pouvoir de l'Autorité et de la Voix, trouve sa source dans ce chakra particulier. D'ailleurs, dans certaines techniques de préparation de l'énergie propre à cette Discipline, on utilisera volontiers le chant, les cris et les mots pour mobiliser le Chi.
  • Le centre de la Concentration :
    • Localisation : entre les deux sourcils.
    • Discipline associée : Esprit de Diamant
      Selon les anciens, les yeux sont la Porte de la Intention : ce centre énergétique fut de tout temps associé aux Clairvoyants et aux individus doués de sagacité. Ce centre est aussi le centre de l'intellect : il répond aux facultés les plus élaborées de la conscience, la réflexion, les idées, les concepts, l'imagination...
      Pour l'Esprit de Diamant, c'est la source de son étonnante vivacité : l'adepte de cette discipline trompe le temps et l'espace, tout comme la pensée déjoue les contraintes de la réalité, les reformule à sa manière. C'est ce Troisième Oeil, cette angle de vue supplémentaire qui procure à l'artiste martial le mouvement de Chi à l'origine de ses prouesses de l'Esprit.
  • Le centre de la Conscience :
    • Localisation : au sommet du crâne.
    • Discipline associée : Soleil Couchant
      Ce chakra si subtil qu'il est préconisé de ne point y toucher, est aussi le plus insaisissable. Il procède de la réunion de l'Individu et du Tout. Il propage les énergies Célestes libres et ondulantes, vers le bas, vers l'intérieur de édifice du Chi et, chez les êtres les plus évolués spirituellement, il mène leurs énergies vers l'Illumination.
      Le Soleil Couchant est cette faculté de sentir et manipuler les énergies en circulation et de s'intégrer dans le mouvement général sans se heurter, sans retenir, sans capter mais seulement en surfant sur la vague de Chi. C'est la force de l'adepte du Soleil Couchant que d'être singularisé tout en étant dissous : un paradoxe propre à l'énergie de ce centre énergétique...



Qu'en est-il alors des disciplines Surnaturelles (Vent du Désert et Main d'ombre) ?

Comme nous l'avons dépeint précédemment, elles n'appartiennent pas aux sphères du Chi. Elles procèdent de la transmutation du Chi en énergie surnaturelle, ce qu'on appelle plus communément "magie". Si leur source est bien un mouvement de l'intérieur de l'être, leur manifestation n'émane pas d'un centre de l'Axe d'Energie, mais de la Conscience du Coté Gauche ou Conscience du Coté Droit. Ces anciennes appellations ne font pas vraiment référence au côté du corps proprement dit : il faut les entendre au sens symbolique, du Yin et du Yang, habituellement dédiées respectivement à la Gauche et à la Droite, au Féminin et au Masculin.

Ainsi donc, le processus, du point de vue de la transformation du Chi, fait intervenir l'ensemble de l'énergie de l'Axe Energetique du praticien. Toute son énergie est mobilisée à partir des sept centres en même temps. Puis elle infléchit l'équilibre Yin / Yang de l'édifice de Chi de l'adepte en balançant fortement cet équilibre d'un côté ou de l'autre. Ensuite, cet effet pèse sur la réalité elle-même : en modifiant drastiquement de manière brutale l'équilibre, les lignes bougent, les frontières de la réalité sont redessinées.

L'effet induit déforme le Chi du monde qui entoure l'adepte en créant des manifestations extrêmes de choses autrement en équilibre : la Lumière devient d'un coup intense, l'ombre devient vivante, la chaleur se mue en flamme brûlante, le froid se change en air glacial... Tout l'Art de l'artiste martial consiste alors à s'emparer de cette déformation et à la modeler. C'est son talent pour manipuler les énergies opposées du feu et du froid, de la lumière et des ombres, qui entre alors en jeu.

Contrairement aux autres disciplines, le Chi qui produit les effets miraculeux du Vent du désert ou de la Main d'Ombre, n'appartient pas à l'artiste martial ! Dans tous les autres cas - même pour l'Esprit Dévoué, où il reçoit l'appui d'un dieu - le Chi mobilisé est celui de l'adepte. C'est là une subtilité essentielle qu'il faut tenter de saisir. L'adepte donne une impulsion en bousculant son équilibre Yin Yang puis modèle tel un sculpteur les effets qu'il produit sur le monde immédiatement à son contact pour en tirer des effets surnaturels.

Par ailleurs, l'effet de ce genre de mouvements de chi engage tous les centre énergétiques à la fois ; c'est extrêmement dynamisant pour l'édifice d'énergie lorsque celui-ci est entier et équilibré. Cela peut par contre s'avérer très dangereux s'il ne l'est pas.

Les mobilisations soudaines Yin / Yang sont bien tolérées lorsqu'elles s'inversent aussi brusquement qu'elles sont apparues. C'est exactement ce que fait l'adepte martial : il déséquilibre sa balance interne Yin / Yang d'un côté (Yin pour la Main d'Ombre et Yang pour le Vent du désert) ce qui produit l'effet qu'il va modeler puis il inverse le mouvement de l'autre côté ce qui rétablit la continuité de sa réalité. C'est un peu comme allumer un feu puis lui retirer immédiatement le combustible : la flamme apparaît mais elle ne perdure pas.

Pour être tout à fait exact : le rétablissement de la réalité se fait par de multiples oscillations autour du point d'équilibre Yin / Yang. Ces oscillations sont de moins en moins fortes et finissent par retrouver une permutation normale, naturelle (cette oscillation Yin / Yang est un processus naturel qui a habituellement un rythme très doux et délicat : c'est véritablement ce rythme que le praticien des disciplines surnaturelles de la Voie Sublime va altérer). Elles sont cependant si rapides qu'il est difficile de les distinguer. Dans le cas d'un effet prolongé, tel que produisent certaines postures, il s'agit d'une répétition dans le temps de ce processus :

déséquilibre -> Effet sur le Chi environnant -> Modelage de l'effet
Dans le même temps se produit :
déséquilibre -> déséquilibre inverse = oscillation réquilibrante

Puis, à nouveau, le même cycle se répète. Si l'on ne perçoit pas d'interruption, c'est simplement parce que le temps séparant les deux cycles est extrêmement court !

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 Sujet du message: Re: Les enseignements de Maître Hong Bing Song
MessageMessage posté...: Jeu 07 Jan 2016, 02:22 
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Du développement harmonieux du Chi




Pratique strictement martiale, pratiques périphériques de développement du Chi


Pour nombre d'enseignants, la pratique de la Voie Sublime se résume à la répétition de manoeuvres martiales immédiatement tournées vers le combat. D'autres, moins nombreux et plus audacieux dans leur façon de concevoir et d'approcher les effets particuliers des Disciplines, perçoivent le caractère plus subtil de la Voie Sublime : ces derniers entreverront plus aisément la dimension énergétique et en tireront par la même occasion, des constats sur le fonctionnement du Chi. Ils comprendront par l'expérience, ce qui aura tendance à favoriser ou au contraire, pénaliser le développement de leur énergie et par conséquent de leurs pratiques martiales.

Ces observations et pratiques, que l'on pourrait qualifier de périphériques, sont néanmoins d'une utilité certaine pour développer l'édifice de Chi de l'apprenti. Ils sont aussi très efficaces pour clarifier le type de mouvement de Chi qui correspond à telle ou telle discipline, tel ou tel centre énergétique, chacun ayant leur mouvement d'énergie propre.

D'après ce que j'ai pu observer en occident, peu de praticiens sont au fait de la quantité de détails observés, codifiés et consignés par les Maîtres d'orient. Chez les Shous, certains poussent ces observations à l'extrême, comprenant les modes vestimentaires, la nourriture, les mœurs et même la façon de parler ! Cela mène les plus extrémistes à exiger de leurs apprentis qu'ils suivent des régimes alimentaires draconiens, qu'ils fassent vœu de silence ou qu'ils s'abstiennent de regarder les individu du sexe opposé...

Si parfois leurs recommandations ont une certaine pertinence, l'abus de celles-ci aura tendance à atrophier le tempérament des praticiens entraînant une diminution de leur énergie globale et une fâcheuse propension à la monomanie. Comme en toute chose, la modération est le principe le plus solide sur lequel s'appuyer dans le cadre d'un développement harmonieux...




Les Postures pour les centres d'énergie


Parmi les pratiques périphériques les plus pertinentes que nous ont légués les anciens maîtres d'orient se trouvent les Postures et les Enchaînements. Ces deux familles de gestuelles spécifiques s'adressent respectivement aux centres d'énergie (précédemment décrits) et aux mouvements de Chi spécifiques de chaque discipline.

Ces Postures possèdent de nombreuses variantes et quantités d'exercices associés qu'il serait fastidieux de décrire dans ce traité. Nous nous cantonnerons à exposer la ligne directrice via la Posture Principale de chacun de ces centres. Chaque Maître d'Orient a sa propre façon de guider l'apprenti dans les détails. Les plus avisés savent qu'il faut aussi s'adapter pour savoir mener l'apprenti là où ses réticences naturelles à l'effort l'empêche d'aller ; le laisser-aller inhérent à la nature humaine, est toujours le plus grand des dragons à terrasser pour le jeune chevalier en herbe...

La pratique de ces postures est aisée à mettre en place : il suffit d'adopter la posture et de la maintenir à l'identique durant un très long moment. Les plus puissants des praticiens restent parfois des jours voire des semaines sans bouger le moindre cil ! L'énergie accumulée dans les centres d'énergie par la pratique de ces Postures est alors colossale. Pour les novices cependant, les crispations musculaires et l'inconfort sont les obstacles systématiques à affronter durant la pratique...


  • Centre de la Chair : Griffe du tigre
  • Postures à quatre pattes : corps droit comme une planche et membres supérieurs tendus.
      Cette puissante famille de postures renforce la partie basse du dos et de l'abdomen des praticiens. C'est une forme de gainage qui octroie à la musculature une capacité de réaction accrue. Les praticiens de ces postures sont généralement musculeux et physiquement très puissants. L'énergie du bas ventre est renforcée avec cette famille de postures. De surcroît, elles auront tendance à concentrer la masse de Chi autour du Centre de la Chair : il s'agit d'une très bonne chose pour les adeptes de la Griffe du Tigre mais il convient de ne pas en abuser pour qui souhaite laisser les deux autres centres de la Vie attirer un peu d'énergie vers eux(le centre de la Croyance, et de le centre de l'Intellect). Les praticiens chevronnés et quasi-exclusifs de ces Postures deviennent à coup sûr des êtres féroces, sauvages et primaires...
      D'autres variantes telles que sur un bras et une jambe ou seulement les deux bras, le corps toujours en gainage et en équilibre sont couramment utilisées.
  • Centre du Vouloir : Cœur d'Acier
  • Postures en fente : une jambe fléchie, une jambe tendues, corps droit, bras joints tendus
      Ces familles de postures sont dites : les postures du Guerrier. Elles renforcent la détermination et la puissance des chaînes musculaires en allongement. L'effet de cette famille de posture est saisissant : elle lève toute sensation de pesanteur sur le corps et rend les gestes et déplacements du praticien plus fluides. Du point de vue énergétique, l'énergie du Ventre, du HARA (terme courant emprunté aux combattants de Kozakura) est nettoyée et amplifiée par ces Postures.
      Il existe de nombreuses variantes dont le point commun est toujours de maintenir un membre inférieur fléchi, un autre en rectitude et les deux membres supérieurs en extension dans une direction ou une autre.

  • Centre de la Vitalité : Dragon de Pierre
  • Posture de l'arbre : genoux fléchis, répartition du poids équilibrée, bras enserrant la masse énergétique d'une hypothétique sphère de la taille d'un gros ballon...
      C'est une posture fantastique pour rééquilibrer la structure physique et énergétique du corps. Couramment utilisée à des fins thérapeutiques ou simplement de bien être en Orient, cette posture connecte l'individu aux énergies du ciel et de la terre et les laisse librement circuler le long de son Axe énergétique. Pour le Dragon de Pierre, c'est une posture essentielle : elle revigore le centre de la Vitalité et clarifie l'énergie de la Terre. Elle assure une grande confiance en soi et une connexion parfaite entre le poing qui frappe et le pied qui prend appui.
      Des variantes existent : la posture du cavalier pour les plus aguerris, fait cruellement chauffer les cuisses.

  • Centre de l'Âme : Esprit Dévoué
  • Posture du prieur : à genoux, mains jointes, corps droit
      Ces postures conviennent fort bien à la nature de l'Esprit Dévoué : une situation douloureuse, les genoux à même le sol, tenue dans le temps. Ceux qui pratiquent très souvent cette posture en Orient, sont reconnaissables à la corne épaisse couvrant leurs rotules ! Les mains jointes prodiguent une excellente sensation d'harmonie globale : en fermant le "cercle", elles permettent à l'énergie de trouver un mouvement rotatoire interne, qui baigne tout l'édifice de Chi du praticien.
      Des variantes sont connues : elles mettent tantôt le corps en équilibre, tantôt le praticien en position du lotus. les mains jointes se retrouvent dans diverses situations de l'espace, parfois en alternance d'un côté et de l'autre du corps...

  • Centre du Verbe : Corbeau Blanc
  • Posture de la Croix : debout, deux jambes toujours tendues, bras tendues de chaque côté.
      Ce qui est essentiel dans ces postures est l'usage de la Voix : la mise en place de celles-ci n'a rien de sorcier ni de fondamentalement traumatisant. Les jambes sont droites et ne fatiguent pas. Les bras tendus sont tendus, toujours disjoints, devant, en haut, derrière, sur le côté selon les variantes, ce qui peut fatiguer les muscles des épaules. Cette posture de droiture et d'extension favorise l'usage de la colonne d'air, secret des chanteurs, et déploie l'énergie propre du centre du Verbe. Elle procure joie et confiance en soi ; le résultat de la concentration du Chi du Corbeau Blanc.

  • Centre de la Concentration : Esprit de Diamant
  • Posture d'équilibre : toujours sur un membre inférieur. La plus classique est celle du danseur cosmique : jambe d'appui tendue, un bras tendu devant, un bras tient le pied derrière et le buste est basculé vers l'avant...
      Toutes les postures d'équilibre précaire développent la concentration du praticien qui, s'il se laisse distraire, oscille et chute. C'est un travail alliant autant le mental que le physique : exactement l'énergie de ce centre de l'Intellect.
      Le nombre de variantes est très élevé, certaines finissant par mettre le praticien en appui sur un seul orteil ou pour corser l'affaire, au bord d'un précipice, sur un fil ou sur un lit de pointes acérées...


  • Centre de la Conscience : Soleil Couchant
  • Posture sur la tête : toujours à l'envers la tête en bas, en appui sur les bras ou la tête...
      Renversement des valeurs et stabilité intérieure sont les maîtres-mots de cette famille de postures qui stimulent l'énergie du Centre de la Conscience. Il faut au praticien, la capacité de supporter la station inversée, tête en bas ce qui n'est pas donné à ceux dont le tempérament est d'être solidement ancré droits dans leurs bottes. Il faut, de plus, une grande concentration pour tenir ces postures particulièrement ardues. Enfin, la station inverse fait circuler librement l'énergie de l'Axe vers le sommet du crâne réveillant en douceur ce centre de la Conscience.
      Des variantes existent développant grandement les capacités d'équilibre du praticien, en appui sur les coudes, les paumes, la tête et les épaules, le front seulement...



Les pratiques dédiées aux disciplines surnaturelles


Deux familles de postures sont connues des maîtres d'Orient en ce qui concerne le développement des mouvements de Chi de la balance Yin / Yang :

  • Yin : Main d'ombre
  • Posture dédiée : allongé
      La main d'ombre, ou phase Yin, va vers la culture de l'immobilité et de l'invisible. S'il y a mouvement, il passe inaperçu. S'il y a immobilité, il y a disparition. La famille de postures qui conviennent à cela sont les postures allongées. Certains maîtres placent leurs apprentis dans des situations terrifiantes ou stressantes tandis que ces derniers doivent conserver un calme et une immobilité totale. Une pratique bien connu en Orient consiste à allonger l'apprenti dans un cercueil et à laisser pénétrer des Veuves Noires, araignées venimeuses mortelles. Il est dit que le calme absolu dont sait faire preuve le praticien le fait passer pour inerte aux yeux de l'araignée qui ne le piquera donc point. Un jeu dangereux qui n'a pas laissé que des vainqueurs !

      Ces postures sont aussi appelées "posture du cadavre" : la main d'ombre est souvent assimilée à des choses sombres, froides et ténébreuses voire maléfiques. Globalement, aborder cette discipline de la sorte procure le bon état d'esprit mais ce n'est pas indispensable : il suffit de comprendre qu'il s'agit de la phase Yin pour parvenir au même résultat sans s'astreindre à ce côté morbide. Nombre d'imbéciles basculent dans des comportements idiots, s'adonnant à des sacrifices et autres rituels sans autre objet que de renforcer leurs pouvoirs sur cette discipline surnaturelle. Si c'est probablement exacte pour des magiciens ténébreux tels les nécromanciens, c'est complètement stupide pour des manipulateurs du Chi tels que des artistes de la Voie Sublime. Malgré tout, des générations d'imbéciles se sont transmis le flambeau, réitérant de maître à disciple, cette mentalité surfaite.

      Gardons en tête néanmoins que la Main d'Ombre brille par... l'absence : absence de mobilité, absence de sentiment, absence de chaleur... Toutes les Pratiques Périphériques dédiées à cette discipline surnaturelle vont donc dans ce sens, habituant l'apprenti à percevoir, vivre et sentir ce basculement vers l'extrême Yin sans y laisser sa peau (de préférence).

  • Yang : Vent du Désert
  • Posture dédiée : Aucune !
      Il n'existe pas de Posture maintenue qui convienne à la phase Yang qui, par nature, est mobilité, manifesté et lumière. Néanmoins, il existe une famille d'exercices particulièrement redondants qui convient très bien au développement du mouvement de conscience Yang extrême : il s'agit d'acrobaties en chaîne, répétées selon un motif régulier durant des heures ou des jours selon un rythme variable mais généralement de plus en plus rapide.

      Un exemple très connu consiste à tournoyer sur soi telle une toupie. On pourrait croire qu'il n'est pas possible de tenir bien longtemps de la sorte : ce serait sous-estimer les danseurs du Vent du Désert. Un autre exemple typique consiste à effectuer des roues selon un motif circulaire à l'infini. pour les plus aguerris, les roues peuvent être remplacés par des flips, des sauts périlleux ou des vrilles... Les adeptes de ces pratiques périphériques sont de véritables acrobates accomplis qui passent la moitié de leur temps à virevolter.

      Pour l'extrême Yang, ou même pour l'extrême Yin, l'individu doit parvenir à abandonner sa perception stable de lui-même, de son corps et de son monde : les Postures dédiées aux Centre énergétiques s'adressent toutes à l'Axe d'énergie et renforce l'implantation de la conscience dans son propre corps, dans son édifice de Chi. Pour les disciplines surnaturelles, c'est l'inverse : il s'agit de fuir le corps et son aura ! A la Main d'Ombre, cela passe par l'immobilité quoi qu'il survienne. Au Vent du désert : c'est la mobilité étourdissante qui fait sortir la conscience de ses gonds.

      Cet étourdissement est l'effet recherché : la conscience devient paradoxale, se voyant au-dedans du corps qui virevolte et dans le même temps, au dehors dans un chaos perceptif indescriptible. Cela pousse l'édifice de Chi à basculer vers l'extrême Yang, l'incertitude du mouvement erratique.

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 Sujet du message: Re: Les enseignements de Maître Hong Bing Song
MessageMessage posté...: Ven 08 Jan 2016, 07:38 
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Les Cycles de renforcement du Chi : du centre d'Energie au Mouvement de Chi correspondant

Comme nous l'avons exposé précédemment, les Neuf disciplines peuvent être séparées en deux groupes selon la nature de leurs effets : les sept Disciplines qui agissent sur le Chi et les deux disciplines, dites surnaturelles, qui agissent sur le Yin et le Yang.

Les Sept Disciplines possèdent deux aspects énergétiques : la nature, ou forme, de leur Chi et le mouvement de Chi qui lui correspond. La nature du Chi d'une discipline est liée à un des Sept Centres d'énergie de l'Axe d’Energie du corps. Le mouvement du Chi correspondant est l'expression de ce centre qui agit sur l'ensemble du Chi du corps : autrement dit, lorsqu'un adepte de la Voie Sublime utilise une technique d'une Discipline (par exemple : le Dragon de Pierre), le centre Energétique correspondant (le Centre de la Vitalité pour le Dragon de Pierre) "brille" intensément au sein de l'Axe d'Energie (l'Axe portant les Sept Centres d'Energie du corps) et provoque des "remouds" particuliers dans la masse d'énergie (une sphère d'énergie entourant le corps de l'individu) : ce "brassage" est appelé mouvement de Chi propre à la discipline correspondante (le Dragon de Pierre dans notre exemple).

Ce mouvement de Chi est une "façon de bouger" du Chi de la Masse énergétique - que l'on peut sentir lorsqu'on y est sensible - qui diffère selon le Centre qui l'active : il ne se présente pas de la même manière si c'est le Centre de la Vitalité, de la Croyance ou de la Concentration... C'est un peu comme si la Masse Energétique était comme la surface d'un lac, que la Nature de l'Energie d'un Centre était comme un projectile ou un ensemble de projectiles particulier : lorsqu'on jette ce projectile ou cet ensemble de projectiles dans le lac, la surface calme est alors secouée d'ondes. Les motifs décrits par ces ondes seraient différents selon les projectiles (le nombre, la taille, la forme) : les mouvements du Chi seraient la forme de ces ondes. Voilà une métaphore plus ou moins maladroite pour tenter d'illustrer le phénomène.


Le mouvement de Chi va renforcer le Centre d'Energie qui le produit et vice versa. Les Postures et les Enchaînements, s'appuient et activent spécifiquement cet effet cyclique. Dans le cas des Postures : l'immobilité fait rayonner le Centre d'Energie visé par la Posture spécifique, qui produit alors à son tour un mouvement de Chi correspondant dans la masse d'énergie, qui vient ensuite fermer le cycle en renforçant, en remplissant, en rengorgeant, en condensant l'énergie dans le Centre d'Energie correspondant. Dans le cas des Enchaînements : c'est le mouvement de Chi qui est visé. Les gestes précis et enchaînés vont mobiliser le Chi de la façon correspondant à la Discipline et le cycle est enclenché...

Ces mouvements de Chi affectent aussi l'énergie des autres Centres d'Energie (autres que celui qui en est la Source) ; parfois en Synergie positive (comme par exemple le Centre de la Croyance dédié à l'Esprit Dévoué et le Centre du Verbe dédié au Corbeau Blanc) parfois en opposition négative (comme par exemple le Coeur d'Acier et le Soleil Couchant, respectivement les centres du Vouloir et de la Conscience). C'est de cette manière qu'apparaissent les pathologies précédemment dépeintes ainsi que l'harmonie des Voies d'apprentissage : on comprend mieux le mécanisme lorsqu'on raisonne sur le Cycle du Chi.




Les Enchaînements renforçant les mouvements de Chi spécifiques de chaque discipline


Les Postures poussent donc les Centres d'Energie à émettre le mouvement pour amorcer le Cycle de renforcement de leur énergie. Les Enchaînements poussent quant à eux, directement la masse énergétique à se mettre en branle pour amorcer le Cycle. Les deux sont bien sûrs, des pratiques périphériques complémentaires très efficaces lorsqu'elles sont pratiquées alternativement.

Tout comme pour les Postures, il existe une multitude de variantes d'enchaînements et d'agencement des mouvements. Les Maîtres au cours des âges ont tous apporté leur touche personnelle à la complexité et la forme que prirent ces enchaînements. En Orient, cela a donné lieu à de nombreuses recherches artistiques, chaque école, chaque temple ou chaque maître produisant ses Enchaînements spécifiques. Un connaisseur peut d'ailleurs savoir, en observant un artiste martial shou en train de pratiquer ses Enchaînements, à quelle école il appartient ou qui est son Maître.

Les querelles de clocher sont légions ; lorsqu'il s'agit de présenter ses meilleurs éléments devant l'Empereur pour la Parade Martiale Annuelle, les Maîtres et leurs Apprentis ne lésinent pas sur les répétitions afin de parfaire leur démonstration et éveiller la reconnaissance de sa Majesté et la jalousie des autres Maîtres...

Pour les artistes martiaux shou, il s'agit donc d'une partie essentielle de la pratique de la Voie Sublime. Tant sur le plan folklorique et culturel que sur le plan de l'entraînement proprement dit : la majorité des mouvements présents dans les enchaînements n'ont pas uniquement une vocation esthétique ou énergétique. La plupart deviennent ou proviennent des techniques de combat elles-mêmes. J'ai remarqué qu'en occident peu de praticiens de la Voie Sublime s'adonnent à ce genre d'exercices : le pragmatisme occidental mène la plupart des artistes de Faêrun à ne voir et ne répéter que les techniques de combat prises isolément. Différentes visions du monde en sommes...

Etant donnée la diversité des enchaînements existants de par le monde, il serait délicat d'en faire un exposé précis et exhaustif. Aussi, à l'instar de l'exposé des Postures, nous nous contenterons d'en décrire les éléments-clés.


  • Centre de la Chair : Griffe du Tigre
  • Forme du Mouvement du Chi : contraction puis expansion brusque de type explosif
      La gestuelle des enchaînements de la Griffe du Tigre est particulièrement agressive, à l'instar de l'esprit de cette Discipline. S'inspirant des mouvements des animaux, généralement des prédateurs les plus puissants, les adeptes bougent rapidement en mimant des assauts, retraits, aplatissements et sauts dans tous les sens. Ce qui est le plus impressionnant est leur faculté à bondir : les sauts des maîtres de cette discipline atteignent parfois des hauteurs vertigineuses. Des prouesses physiques qui défient l'entendement !

      Assister à un tel spectacle met l'observateur sous pression : on ne sait jamais si la bête sauvage ne risque pas l'emporter sur l'humain et faire de l'artiste martial un meurtrier enragé et inconscient. Si nous mentionnons ici ce comportement, c'est parce que cela s'est déjà produit par le passé : l'énergie déployée par ces praticiens lors des exhibitions martiales de ces Enchaînements, les mènent au bord d'une absence totale de réflexion et les plongent dans ce qu'ils nomment eux-mêmes l'Appel du Sang. Privé de toute inhibition, ils risquent de s'attaquer aux gens, tel un lion affamé dans l'arène. Il y a fort longtemps, un Empereur est mort comme cela, des mains d'un Grand Maître de la Griffe du Tigre. Ce dernier était si puissant qu'il pouvait se métamorphoser en fauve, incarnant jusque dans sa chair l'essence du Chi de cette discipline. D'un bond légendaire, il survola les douze rangs de Gardes Impériaux, et planta ses griffes dans le corps de l'Empereur avant de lui arracher le cœur. Ce fut une bien triste histoire en vérité : le Grand Maître avait été manipulé, à l'apogée de sa démonstration martiale lorsque l'Appel du Sang est le plus fort, par un sorcier mal intentionné à la solde d'un opposant de l'Empire. Le pauvre Grand Maître, reprenant le dessus sur la bête et constatant ce qu'il venait d'accomplir malgré lui ne supporta pas un instant le poids de la culpabilité et s'arracha à son tour le cœur de ses propres mains...

  • Centre du Vouloir : Cœur d'Acier
  • Forme du Mouvement du Chi : condensations et expansions sous forme de lignes
      Le Centre du Vouloir modèle le chi en le projetant telle une lance sur sa cible. Une alternance de "drainage", comme si l'énergie était aspirée dans un entonnoir puis de "condensation", l'énergie devenant presque solide, presque matérielle. Il n'est pas rare de voir des effets lumineux apparaître au moment de la condensation de ce Chi. C'est une des marques de fabrique des plus puissants praticiens du Coeur d'Acier que de parvenir à manifester l'énergie dans le physique, de projeter des effets lumineux voire des étincelles avec leurs techniques. On dit que certains Grands Maîtres par le passé, apprirent même à projeter cette énergie condensée dans la matière produisant des déflagrations n'ayant rien à envier aux boules de feu des magiciens !

      Pour obtenir ce résultat sur la masse énergétique, les Enchaînements du Coeur d'Acier alternent des mouvements précis et puissant en fente durant lesquels le corps est tout entier tendu vers une hypothétique cible dans une position extrême d'allongement, puis des phases de regroupement durant lesquelles l'adepte se déplace en mouvements compacts, rapides, enchaînant des rotations et des changement de direction avant de se redéployer.

  • Centre de la Vitalité : Dragon de Pierre
  • Forme du Mouvement du Chi : mouvement axial d'aspiration par le bas et par le haut et expansion sphériques.
      La masse énergétique sous l'effet du Centre de la Vitalité activé, est comme happée depuis la périphérie vers l'Axe d'Energie. Elle rentre par le sommet et par la base de la sphère d'énergie (rappelons ici que la masse énergétique d'un individu est comme un œuf d'énergie de l'envergure de l'individu bras tendus : elle est invisible à l’œil nu pour la plupart des gens mais tout à fait perceptible pour les initiés. On l'appelle aussi parfois "aura"), elle circule dans l'Axe d'Energie et vient finalement se concentrer au niveau du Centre d'Energie de la Vitalité. Au moment où l'artiste martial libère l'énergie durant la pratique d'une technique de cette discipline par exemple, le Centre de la Vitalité irradie fortement, dispersant l'énergie accumulée dans un mouvement d'expansion sphérique. Contrairement aux explosions brusques de la Griffe du Tigre, les expansions de Chi du Dragon de Pierre sont comme une brise de printemps pour la masse d'énergie : elle nettoie la masse énergétique et aplanit les rides et crevasses résiduelles laissées par les mouvements de Chi des autres disciplines.

      Ces deux effets du mouvement de Chi, spécifique au Dragon de Pierre, que sont l'aspiration à travers l'axe et l'expansion sphérique, c'est cela qui contribue à la bonne santé et à l'équilibre chez l'artiste martial. Le premier effet balaye l'Axe d'Energie : il réharmonise les Centres d'Energie entre eux en drainant les centres trop chargés et en rechargeant ceux trop vides. Le second effet déploie l'énergie équilibrante du Centre de la Vitalité sur toute la Masse d'Energie.

      Les enchaînements proprement dits, sont des successions de mouvements courts et puissants. La posture générale est basse, genoux fléchis, fermement ancrée dans le sol et le sommet du crâne reste toujours à la même hauteur comme s'il longeait un plafond imaginaire. Il y a généralement assez peu de déplacements ; ceux-ci sont souvent courts et les deux pieds ne quittent jamais le sol en même temps, donnant la sensation que l'artiste lui-même ne peut pas vraiment bouger. Les gestes des bras et des jambes sont toujours contrebalancés par une gestuelle opposée : ils sont tantôt lents tantôt explosifs et accompagnés de grondement de gorge puissants. Le mouvement le plus marquant est lorsqu'ils frappent le sol de tout leur poids avec un pied : l'expression "pas de géant" est ce qui convient le mieux pour décrire la lourde sensation que l'on éprouve devant ce spectacle.

      Assister à une exhibition martiale d'un Maître du Dragon de Pierre impose généralement un silence respectueux chez l'observateur. S'il ne se passe rien d'aussi démonstratif et spectaculaire que pour les autres disciplines comme la Griffe du Tigre, la prestance et l'intensité de l'attitude et des quelques gestes sont saisissantes. Les plus Grands Maîtres entre en résonance avec la matière et la terre elle-même tremble à l'unisson de leurs enchaînements.

      Lors des démonstrations d'Enchaînement, les Grands Maîtres au sommet de leur forme sont placés, seuls au centre d'un large cercle pouvant atteindre trente mètres de rayon. Tout le monde s'écarte pour ne pas vaciller sous l'effet de leur puissance sur la terre. Je me souviens d'une fois où une crevasse ouverte béante par un lourd coup de botte avait couru sur cinquante pas, engloutissant deux étalons au passage !

  • Centre de l'Âme : Esprit Dévoué
  • Forme du Mouvement du Chi : embrasement de la masse globale depuis le feu central du Cœur.
      La masse énergétique est secouée de façon homogène par une sorte de pétillement spécifique qui répond à l'unisson au pétillement du Centre de la Croyance. Ce pétillement devient un véritable embrasement chez le maître poussant même la masse énergétique à grandir et dépasser sa taille habituelle. Ce mouvement spécifique du Chi est parfois aussi appelé Feu du Cœur : c'est quelque chose d'assez naturel que l'on observe fréquemment lorsque le courage guide l'âme valeureuse. Il est le corolaire inconscient de l'acte de Volonté et du comportement du Héros. Mais seuls les praticiens de la discipline de l'Esprit Dévoué recherchent activement ce mouvement du Chi.

      Les légendes racontent que l'aura du Premier Grand Maître de l'Esprit Dévoué de l'histoire, qui n'était autre que l'un des Neuf Disciples du Vieux Prêtre à l'origine de la Voie Sublime, était si immense qu'elle chatouillait les Cieux. Inquiets de voir les mortels s'emparer d'un tel pouvoir, le Feu du Cœur, et effrayés à l'idée qu'ils pourraient un jour s'élever au même rang qu'Eux et les défier, les Dieux offrirent au Grand Maître de partager des bribes de leur pouvoir afin de garder le contrôle sur ce dernier. Humble et respectueux des Divinités, le Grand Maître choisi avec Sagesse de ne point courroucer les vengeresses divinités, tant pour protéger ses arrières que celles des autres hommes, et accepta le pacte. Les pouvoirs empruntés au divin viendraient de ce Pacte Initial...

      Les Enchaînements de l'Esprit Dévoué n'ont pas de forme particulièrement bien définie : ils dépendent énormément de l'obédience des praticiens. Ainsi, chez les Shous, il est courant de voir des représentations martiales dédiées aux Cent Mille Divinités Célestes. Les mouvements ne sont en vérité guère important : l'essentiel est la ferveur avec laquelle l'artiste martial interprète son Enchaînement. Il doit y mettre tout son cœur et toute son âme.

      Un bon critère est le suivant : les plus belles représentations sont aussi souvent les plus puissantes en matière de renforcement du Cycle du Chi spécifique de l'Esprit Dévoué. Quant au contenu proprement dit : la ferveur est une chose tout à fait personnelle. Si l'on ne prie pas le même dieu, il ne sert strictement à rien de pratiquer le même Enchaînement.

  • Centre du Verbe : Corbeau Blanc
  • Forme du Mouvement du Chi : émanation conique ou cylindrique forçant et canalisant toute la masse énergétique à travers ce canal.
      La force du Verbe est capable de contraindre la disposition de l'énergie ; les mots sont essentiels aux magiciens, qui tissent leurs sorts à l'aide de leurs incantations. Pour l'adepte du Corbeau Blanc, il s'agit aussi de contraindre par l'énergie du Centre du Verbe, leur masse énergétique. Ainsi, l'effet des Enchaînements de cette discipline va plier et modeler la sphère d'énergie pour lui faire adopter différentes formes en fonction des objectifs. Il peut s'agir de compacter la sphère en un cylindre allongé ou encore de la forger telle un cône pointe vers l'intérieur ou pointe vers l'extérieur.

      La particularité fondamentale de ce mouvement de Chi est sa capacité d'agir sur les sphères des autres individus : la masse énergétique modelée par le mouvement de Chi produit un mouvement de Chi dans la sphère de la cible. Selon l'effet voulu, ce mouvement de Chi induit va stimuler ou perturber la cible : dans tous les cas, la cible ressent le mouvement de Chi qu'induit le praticien comme une présence grisante ou écrasante selon qu'il soit allié ou ennemi.

      Chez les maîtres d'Orient, les Enchaînements propres destinés à développer les mouvements de Chi du Corbeau Blanc ne se pratiquent jamais seuls mais toujours en groupes. Les adeptes alternent successivement des manoeuvres de soumission et de domination, s'échangeant le rôle prépondérant les uns et les autres. Les mouvements sont toujours très coordonnés et la recherche est toute tournée vers la fluidité complice, l'accord entre les partenaires et la parfaite entente.

      L'ensemble est baigné de chants tantôt puissants tantôt plus légers : les gammes de sons gutturaux à consonance martiale et virile sont amplement dépassée. La recherche de l'esthétique et de l'harmonie des choeurs est essentielle pour ces mouvements de Chi : on peut sentir les masses énergétiques se modeler mutuellement tandis que les artistes associent leurs Voix et leurs Chi. Dans un phénomène de résonance, ils s'amplifient les uns et les autres accentuant le mouvement de Chi en chacun.

      Lors des Grandes Démonstrations Annuelles devant l'Empereur, les exhibitions du Corbeau Blanc réunissent toutes les écoles confondues en même temps. Les disciples du Corbeau Blanc lors de ces Grandes Démonstrations laissent de côté toute rivalité pour s'animer de concert. C'est un ballet fantastique dont les chorégraphies sont très élaborées, chacun y allant de sa créativité et de son entrain. Il va sans dire que c'est un spectacle très attendu par tout le monde : le mouvement de Chi crée l'empathie et l'euphorie générale captant tout le monde même le public. Un spectacle hautement grisant.


  • Centre de la Concentration : Esprit de Diamant
  • Forme du Mouvement du Chi : condensation de la masse en une multitude de fibres, de lignes, qui forment une toile complexe de motifs géométriques.
      Le mouvement de Chi spécifique de l'Esprit de Diamant consiste en la formation de milliers de fibres d'énergie dense au sein de la Masse énergétique : celle-ci perd son homogénéité et s'organise en réseau de fibres.

      Ce mouvement de Chi est naturellement observable dès que l'individu fait preuve de concentration ou qu'il exploite son intellect. C'est une propriété naturelle de l'intellect de tracer ces réseaux qui se composent et se recomposent en permanence sous son influence. L'effet essentiel de ces réseaux est l'organisation. L'effet néfaste est l'établissement de noeuds qui président aux obsessions et aux manies mentales.

      Dans le cadre de la pratique de l'Esprit de Diamant, ces milliers de lignes forgent des motifs réguliers qui attirent l'énergie si bien que la masse énergétique semble se vider pour ne plus laisser qu'une toile d'araignée géométrique.

      Les Enchaînements de l'Esprit de Diamant sont de véritables démonstrations de talent : elles allient vitesse, précision et efficacité. Ce sont généralement des sorties très brève, constituées de très nombreuses passes face à un hypothétique adversaire, suivies de déplacements rapides. Il s'agit d'une gestuelle très aérienne sans être ronde, très pointue sans être dure. Les adeptes passent par de nombreuses postures en équilibre et n'hésitent pas à bondir et virevolter dans les airs.

      Contrairement au Cœur d'Acier, ces Enchaînements ne sont pas l'expression de la puissance dans la frappe unique et parfaite mais plutôt de la précision dans la multitude d'attaques sous tous les angles. Et à l'inverse de la Griffe du Tigre, les sauts de l'Esprit de Diamant sont droits et légers, gracieux sans être puissants.

      Une des démonstrations en vogue à l'époque où je vivais encore à Chong Su, consistait à faire surgir du sol de la scène où le maître de l'Esprit de Diamant faisait son Enchaînement en public, des hommes de paille. Sur ces hommes de paille étaient suspendus de minuscules cages contenant des petits oiseaux multicolores. Perdu dans son exhibition martiale, le Maître devait réagir à la vitesse de l'éclair pour adapter sa trajectoire et venir frapper chaque cage de sorte à libérer les volatiles sans les blesser. Une volée de petits oiseaux colorés s'échappaient alors de la scène saluant la précision et la vitesse d'exécution du Maître...

  • Centre de la Conscience : Soleil Couchant
  • Forme du Mouvement du Chi : Onde ressemblant à une vague qui se propage dans la sphère énergétique et la déforme extérieurement et intérieurement.
      Le mouvement de Chi du Soleil Couchant est des plus adaptatifs : telle une masse liquidienne, la sphère énergétique s'autorise un remodelage complet en fonction des besoins. Au lieu de conserver sa rondeur et son homogénéité interne, elle peut se faire oblongue ou encore générer des courants. Le maître-mot de ce pouvoir sur le Chi est modelage.

      Les Enchaînements développant ce mouvement de Chi sont basés sur le Mouvement Spiralé : à un premier niveau, il s'agit d'un mouvement en "8" dans les trois plans de l'espace qui berce harmonieusement les tissus et l'énergie de la sphère. Le praticien semble onduler et bouger sans aucune raideur, avec une grâce surnaturelle, presque liquide.

      Dans un second temps, l'amplification des ondes bouscule les formes de la sphère : le corps du praticien semble devenir élastique, se mouvant d'une drôle de manière qui surprend par l'incongruité de sa gestuelle ondulante. Les adeptes adeptes du Cœur d'Acier, moqueurs, nomment les praticiens du Soleil Couchant, des poulpes, fustigeant par là leur côté mous et insaisissables.

      Lorsque les Maîtres du Soleil Couchant font le spectacle en orient, il n'est pas rare qu'ils emploient des alliés, leurs demandant de les attaquer : une fois bien échauffés par le mouvement spiralé, ils reçoivent et détournent les attaques sans que les assaillants ne puissent rien y faire. Les plus Grands Maîtres invitent même les plus belliqueux de leurs détracteurs à venir tenter leur chance : c'est souvent à ce moment-là que les adeptes du Cœur d'Acier réalisent que les "poulpes" sont bien insaisissables...



Les Enchaînements renforçant les mouvement Yin extrême et Yang extrême


  • Yang extrême : Vent du Désert
      Les Enchaînements du vent du Désert sont par extension de ce qui a été précédemment précisé, des Enchaînements de cabrioles et d'acrobaties toutes plus folles les unes que les autres. Ce type de démonstration s'accompagne de délires pyrotechniques qui grisent les spectateurs et impressionnent tous les adeptes même des autres disciplines.

      Lors des Démonstrations Annuelles, les maîtres du Vent du Désert sont le clou du spectacle, le feu d'artifice final. Comme pour le Corbeau Blanc, les écoles agissent de concert, faisant toutes leur démonstration en même temps et s'associant souvent pour un effet plus élégant encore. Des traînées de flammes, aux souffles de dragons, en passant par des acrobaties tournoyantes de flammèches, c'est toujours un spectacle magnifique !

  • Yin extrême : Main d'ombre
      Quant à la Main d'Ombre, il y eut un temps où des démonstrations de pouvoir avaient cours en public mais l'esprit pervers de ses plus grands maîtres a rendu ces pratiques si sombres et si secrètes, que les exhibitions furent abandonnées et même interdites par les Grands Maîtres. L'esprit des démonstrations a été jugé contraire aux mouvements d'extrême Yin de la Main d'Ombre dont l'effet repose sur l'invisible et le non manifesté.

      Il existe néanmoins des Enchaînements spécifiques pour cette discipline que l'on enseigne qu'aux apprentis : ils sont constitués de mouvements saccadés et de déplacements feutrés. Les gestes sont voulus imprévisibles.




Les Enchaînements de la Voie des Neuf


Au fil de mes recherches, j'ai pu reconstituer trois Enchaînements essentiels à l'aspirant arpentant sur la Voie des Neuf :

  • Enchaînement secret des trois dragons :
      Cet enchaînement associe des mouvements de Chi propres au Dragon de Pierre à des mouvements favorisant les déplacements de Conscience Yang extrême et Yin extrême.

      Les "trois dragons" font référence à la légende impliquant le Vieux Prêtre, ou Dragon de Pierre, et les deux Dragons Blanc et Noir. Cet Enchaînement particulier aide le praticien à harmoniser ses extrêmes en replaçant toujours l'effet équilibrant du Dragon de Pierre entre chaque extrême. Il consiste donc à alterner un mouvement de Yin extrême, un mouvement de Dragon de Pierre puis un mouvement de Yang extrême et à nouveau un retour sur Dragon de Pierre etc.

      Cette façon d'agencer les mouvements de conscience et de Chi a un effet incroyable sur la faculté d'harmoniser les oscillations Yin / Yang consécutives au mouvement de conscience. Rappelons-nous que les disciplines surnaturelles s'appuient sur un déséquilibre brusque vers un Yin ou un Yang extrêmes et que ce déséquilibre est suivi d'un mouvement inverse puis d'oscillations entre les deux pôles avec de moins en moins d'amplitude. C'est cet effet d'oscillation que corrige, fluidifie et améliore cet Enchaînement des Trois Dragons.

      De plus, il a un effet équilibrant sur tous les centres énergétiques et il nettoie la masse énergétique : le brassage Yin / Yang associé au mouvement de Chi d'expansion sphérique remue les énergies stagnantes d'une part et les remets en mouvement de l'autre. Cet effet est essentiel pour un praticien de la Voie des Neuf car sa masse énergétique est rapidement encombrée de rides, failles, amas d'énergie du fait des mouvements de Chi contraires.

      Un dernier élément à signaler à son propos : renforcer le Yin et le Yang extrême favorise aussi l'harmonie propre à chaque discipline. En effet, chaque discipline a, comme toute chose en ce monde, une facette Yin et une facette Yang. Tous les individus étant rarement équilibrés, leur pratique martiale aura tendance à ne pas l'être non plus : en pratiquant l'Enchaînement des Trois Dragons, cet équilibre vient de lui-même tout naturellement.

  • Enchaînement secret du Vieux Prêtre :
      Cet enchaînement serait, selon les sources antiques que j'ai pu consulter, une création directe du Vieux Prêtre des légendes ; que cela soit vrai ou non n'a guère d'importance. Ce qui par contre importe est l'effet puissant de cet Enchaînement sur l'harmonie générale.

      Dans cet Enchaînement, aucun mouvement n'a de résonance martiale : il s'agit d'une suite de gestuelles étranges impliquant de nombreux mouvements de doigts, des phases respiratoires, des petits cris stridents et des petites claques que l'on doit se porter sur différents endroits du corps. L'ensemble est particulièrement ridicule en regard des Enchaînements "virils" habituels mais il est par contre très efficace pour renforcer le mouvement du Chi du Dragon de Pierre, alias le Vieux Prêtre. Aussi l'étudiant poursuivant la Voie des Neufs ne doit pas se décourager et doit le pratiquer quotidiennement s'il veut bénéficier de son effet particulièrement bénéfique.

  • Enchaînement des Neuf :
      Cet enchaînement est l'expression ultime de l'harmonie de la Voie Sublime. Il allie des spécificités de chaque discipline ainsi qu'une organisation optimale pour stimuler les mouvements de Chi dans toutes les directions et les harmoniser systématiquement.

      Plusieurs séries se suivent selon des ordres typiques : le Dragon de Pierre ouvre le bal et il est suivi soit du Yang extrême soit du Yin extrême. Vient ensuite un mouvement appartenant à chaque discipline du Corpus Yang ou du Corpus Yin selon le côté exprimé, puis un retour sur le Dragon de Pierre. Ensuite, c'est l'autre extrême qui s'exprime ainsi que son Corpus puis l'autre vient compenser selon le schéma inverse.

        Ex : Dragon de pierre (facteur d'équilibre) - Vent du désert (Yang extrême) - Griffe du tigre - Esprit Dévoué - Coeur d'Acier (les trois disciplines à dominante Yang)--- Dragon de Pierre - Main d'ombre (Yin extrême) - Corbeau blanc - Esprit de diamant - Soleil Couchant --- etc.

      Ce type de série est voué à marquer les différences, à séparer le Yin du Yang. Il affirme le côté extrême de chaque discipline et les déséquilibre légèrement. Il est impératif de ne pas en rester là pour ne pas se retrouver avec un édifice d'énergie bancal.

      Le deuxième type de série alterne un mouvement de Dragon de pierre, puis un mouvement de Yin (ou de Yang, c'est selon celui qui commence et l'autre commencera dans la série suivante) extrême suivi immédiatement par un mouvement d'une discipline de son Corpus puis à nouveau une manœuvre de Yin extrême (ou de Yang, selon qui a commencé, il faut que ce soit la même) et un retour sur le Dragon de Pierre. Puis l'on bascule de l'autre côté : Yang extrême puis mouvement de la discipline opposée à celle qui s'est exprimée (ex : Corbeau blanc / Griffe du Tigre) puis Yang extrême puis Dragon de Pierre, etc. jusqu'à ce que toutes les disciplines se soient exprimées. Cela constitue une série. La série est alors répétée en débutant par l'autre extrême.

        Ex : Dragon de Pierre - Main d'ombre (Yin extrême) - Corbeau Blanc (dominante Yin) - Main d'ombre - Dragon de Pierre (retour au point de balance) - Vent du désert (Yang extrême) - Griffe du Tigre (opposée de Corbeau Blanc) - Vent du désert - Dragon de Pierre - etc.


      Ce deuxième type de série va favoriser l'engagement des mouvements de Chi pour atteindre des sommets de réalisation. Cela permet à l'adepte de développer plus de puissance dans chaque discipline. Comme la série précédente, elle est déséquilibrante : il convient donc de ne pas en rester là.

      La troisième forme de série est celle qui équilibre l'édifice : c'est le Dragon de Pierre qui ouvre suivi d'un mouvement de l'une des disciplines (ex : Griffe du Tigre). S'en suit un mouvement de son extrême, selon à quel Corpus la discipline appartient (Griffe du Tigre est une discipline à dominante Yang : son corpus est donc le Yang et son extrême, le Yang extrême soit le Vent du désert). Puis à nouveau un mouvement du Dragon de Pierre et encore un mouvement de la discipline choisie (Griffe du Tigre en l'occurrence) qui sera suivi de l'autre extrême (le Yin extrême, la Main d'Ombre). Et un retour sur le dragon de Pierre qui enchaînera le même cycle en remplaçant la discipline par son opposée (dans ce cas-ci Corbeau Blanc qui est l'opposé de la Griffe du Tigre).

        Ex : Dragon de Pierre - Griffe du Tigre (dominante Yang) - Vent du désert (Yang extrême car Griffe du Tigre a une dominante Yang) - Dragon de Pierre - Griffe du Tigre - Main d'ombre (Yin extrême) - Dragon de Pierre - Corbeau Blanc (opposé de Griffe du Tigre) - Main d'ombre (Yin extrême car Corbeau Blanc a une dominante Yin) - Dragon de Pierre - Corbeau blanc - Vent du désert - Dragon de Pierre - etc.


      Cette troisième série pousse chaque discipline à réharmoniser son côté Yin et son côté Yang. C'est indispensable de clôturer l'enchaînement complet par ce type de série. Hormis cet impératif, il n'existe pas d'ordre prédéterminé et le praticien est invité à suivre sa voix intérieur pour choisir par quel bout il attaque. Cela peut être tout à fait différent selon les moments d'ailleurs.

      Cet Enchaînement des Neuf est le garant d'une Vitalité parfaite pour le praticien qui embrasse toutes les disciplines de la Voie Sublime.

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Zahlem
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