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 Sujet du message: Jeliza Ambredouce
MessageMessage posté...: Ven 25 Juin 2010, 05:22 
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Maitre de Jeu : Dewar Stavroguine

Citation:
    Nom : Ambredouce, Jeliza
    Alignement : Chaotique mauvais
    Race : Humain [Illuskienne, Côte des Epées]
    Age : 16 ans
    Poids : 62 kg
    Taille : 1m73
    Sexe : Féminin
    Classe : Guerrier
    Divinité : Cyric
    Vitesse : 9m

    Expérience : 0 / 1 000


Citation:
    Caractéristiques

    For (14) (+2)
    Dex (14) (+2)
    Con (12) (+1)
    Int (14) (+2)
    Sag ( 8 ) (-1)
    Cha (15) (+2)

    Points de vie : 11 = 10 (guerrier) + 1 (modif Con)

    Classe d’armure (CA) : 16 = 10 + 3 (Amure de cuir cloutée) + 2 (Dex) + 1 (Rondache)

    Jet d’attaque au corps à corps : +4 si épée longue, sinon +3 = 1 (BBA) + 2 (force) + 1 (arme de prédilection, épée longue)
    Jet d’attaque à distance : +3 = 1 (BBA) + 2 (Dex)

    Mêlée, épée longue - Dégâts : 1d8 + 2 (Force) + 1 mal (cf don combat maléfique) + 1d6 lors du premier tour de combat (cf don Assaut rapide)
    Critique : 19-20 x2

    Distance Hache de lancer - Dégâts : 1d6 + 2 (Force)
    Critique : x2
    Portée : 3 m

    Jet de vigueur : = + 3 (+2, Guerrier, +1 Modif Con)
    Jet de réflexes : = + 2 (+2 modif Dex)
    Jet de volonté : = -1 (-1 modif Sag)


    Langues connues :
    D'office : commun, Illuskan + 2 (Int)

    Commun, Illuskan, orque, Chondathan



Citation:
    Capacité de classe

    Armes et armures. Le guerrier est formé au maniement de toutes les armes courantes, des armes de guerre et des boucliers (y compris les pavois). Il est également formé au port de toutes les armures (légères, intermédiaires et lourdes).
    Dons supplémentaires. Au niveau 1, le guerrier peut choisir un don supplémentaire, en plus de celui auquel tout le monde a droit et de celui qui est offert aux humains. Par la suite, il en gagne un autre tous les niveaux pairs (2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18 et 20). Ses dons supplémentaires doivent forcément être choisis parmi ceux qui sont indiqués comme étant des dons de guerrier. Le personnage doit satisfaire à toutes les conditions requises pour chaque don, y compris les valeurs de caractéristiques et le bonus à l’attaque minimaux.
    Ces dons sont obtenus en plus de ceux que n’importe quel personnage acquiert tous les trois niveaux . Lorsqu’il choisit un des dons auxquels tout le monde a droit, le guerrier n’est pas limité à la liste des dons de guerrier.


Citation:


Citation:

    Caractéristiques raciales :

    • Humanoïde [Humain]
    • Taille M
    • Don bonus : 1 don supplémentaire au niveau 1, car ce sont des touche-à-tout qui apprennent particulièrement vite
    • 4 points de compétence supplémentaires au niveau 1, et 1 point de compétence supplémentaire à chaque niveau par la suite, pour les mêmes raisons (les 4 points de compétence additionnels du niveau 1 sont ajoutés après multiplication, pas avant
    • Vitesse de Déplacement de Base : Leur vitesse de déplacement au sol de base est de 9 mètres.
    • Langues : D'office : Commun. Supplémentaires : suivant la région du personnage
    • Ajustement de niveau : +0
    • Classe de prédilection : Spécial


Citation:

    Compétences

    Au niv1 : (2+2 (Int)) X4 +4 (humain) = 20
    Par niveau : 2 + 2 (Int) + 1 (humain) = 5


    Dépendant de la Force :

    +2 de modif Force.

    Escalade (For)* : 3 = 3 + 2- 2, malus armure
    Natation (For)* : -2 = 0 + 2- 4, malus armure
    Saut (For)* : 3 = 3 + 2- 2, malus armure

    Dépendant de la Dextérité :

    +2 de modif Dex.

    Déplacement silencieux (Dex)* : 0= 0 +2 – 2, malus armure
    Discrétion (Dex)* : 0 = 0 + 2- 2, malus armure
    Équilibre (Dex)* : 0 = 0 + 2- 2, malus armure
    Equitation (Dex)* : 2 = 0 + 2
    Evasion (Dex)* : 0 = 0 +2 – 2, malus armure
    Maîtrise des cordes (Dex)* : 2 = 0 + 2

    Dépendant de la Constitution :

    +1 de modif Con.

    Concentration (Con)* : 1 = 0 + 1

    Dépendant de l'Intelligence :

    +2 de modif Int.

    Artisanat (Int) - Fabrication d'armes - : 5 = 2 + 2
    Contrefaçon (Int)* :2 = 0 + 2
    Estimation (Int)* : 2 = 0 + 2
    Fouille (Int)* : 2 = 0 + 2

    Dépendant de la Sagesse :

    -1 de modif Sag.

    Détection (Sag)* : -1 = 0 -1
    Perception auditive (Sag)* : -1 = 0-1
    Premiers secours (Sag)* : 1 = 2 -1
    Psychologie (Sag)* : 1 = 2 -1
    Survie (Sag)* : -1 = 0 -1

    Dépendant du Charisme :

    +2 de modif de Cha.

    Bluff (Cha)* : 2 = 0 + 2
    Déguisement (Cha)* : 2 = 0 + 2
    Diplomatie (Cha)* : 2 = 0 + 2
    Dressage (Cha) : 2 = 0 + 2
    Intimidation / Persuasion (Cha)* : 6 = 4 + 2
    Renseignements (Cha)* : 2 = 0 + 2
    Représentation (Cha)* : 2 = 0 + 2


    NB : Avec une astérisque les compétences innées (utilisables même avec un degré de maîtrise égal à 0)
    En couleur les degrés de maîtrise.
    En gras les compétences de classe et les totaux.

    Décompte : 3 pts en Escalade, 3 pts en Saut, 4 pts en Intimidation, 4 pts en premier secours (compétence hors-classe), 4 pts en Psychologie (compétence hors-classe), 2 pts en Artisanat, fabrication d'armes = 20 pts.


Citation:

Équipement

De départ : 150 PO

Sur soi.

Epée longue, 2,5 kg (ceinture) : 15 PO
2x Hache de lancer 4 kg ( ceinture) : 16 Po
Rondache en acier, 3 kg, 9 Po
Armure de cuir cloutée (+3 CA, +5 bonus dex max, -1 aux jets) 10 kg : 25 PO
Tenue de voyage, 2.5 kg – gratuit à la création
Sac à dos, (4 kg) : 2 po
Symbole sacré en argent (Cyric) (poche intérieure chemise) 500 g, 25 Po

Dans le sac à dos.

Outre, 2 kg : 1 PO
Pierre à aiguiser, 500 g : 2 pc
Savon, 500 g, 5 pa
Allume-feu 1 PO


Or : 55 PO 4 PA 8 PC

Charge :
Force = 14 : Charge légère jusqu’à 29 kg, charge intermédiaire de 29 à 58 kg, charge lourde de 58 à 87,5 kg.
La charge de Jeliza s’élève à 26kg5 , elle est donc en charge légère.



Citation:

Physiquement...

L’air un peu…ailleurs, les traits ciselés et purs, élancée et féminine, elle tiendrait de la vestale si ce n’était pour son regard agressif et ses tenues débraillées, pour ne pas dire sales. Sa chevelure châtain foncé tombe en boucles jusqu’à ses reins ; parfois, quelques mèches indomptées glissent sur son visage nubile et expressif, voilant ses lèvres prometteuses et ses grands yeux bleu nuit. Sa peau claire et lisse, suggérant une vie clémente, est parcourue de tâches de rousseur sur l’arrête de son nez et a tendance à rougir au soleil. Malgré sa silhouette gracile, Jeliza arbore avec évidence une épée longue à sa taille ; et à bien y réfléchir, sa stature est plutôt athlétique et souple, sans être exceptionnelle. Ses yeux denses semblent toujours briller d’une lueur de défi et de raillerie, et elle déborde d’énergie à peine contenue.

Elle s’habille de manière plutôt cavalière: braies noires surmontées de bottes usées, chemise violine aux manches larges et décolletée…Une cape élimée bat ses épaules, et c’est là tout ce que semble posséder la jeune femme. Dénudée, elle arbore plusieurs tatouages ; l’un, sur la largeur de son dos et ses flancs représente un dragon céruléen finement tracé en train de se repaître d’un cœur humain sanguinolent, un autre sur sa nuque dessine un crâne souriant transpercé d’une lame sous lequel est inscrit un vers de poésie : 'Certains naissent pour le délice exquis, d'autres pour la nuit éternelle.'
Si on lui demande ce que signifie ces tatouages, Jeliza haussera les épaules : "Vous n'avez jamais été jeune et saoul ?"

Psychologiquement...

Impudente et impudique, passionnée et agressive, perdue et désaxée à ses heures, Jeliza est ‘le feu sous la glace’. Elle dissimule une sensibilité qui la fragilise, et voit le monde entier comme une sorte de défi à relever : l’expression ‘avoir la rage de vivre’ prend tout son sens dans cette personnalité partagée entre violence et vulnérabilité. Jeliza n’attache pas beaucoup de valeur au monde matériel et seule la vie et l'action ont de l'importance à ses yeux : la jeune femme raffole des défis et rien ne lui plaît plus que de courir le danger et provoquer autrui. Autant dire que la voie d'aventurière lui est particulièrement destinée.

Foncièrement lunatique, ses humeurs changeantes hésitent entre de grandes phases d’exaltation, et des phases de mélancolie qui la rendraient presque suicidaires ; il y a quelque chose de profondément désespéré et dérangé chez elle. Ce n’est pas faute d’aimer rire et s’amuser, pourtant : mais son humour noir est souvent mal perçu. Au mieux excentrique et désabusée, au pire perverse et amorale, les interprétations divergent sur le sujet. Elle a sur la société des vues anti-autoritaires arrêtées, et méprise la loi, les normes et ceux qui s’y conforment, les jugeant comme une aberration obscurantiste. Elle est prête à s’impliquer pour faire passer ses idéaux anarchistes mais ses poussées d'auto-destruction et son manque d'organisation l'empêchent d'être réellement efficace. Comme la plupart des humains, Jeliza aime le pouvoir mais elle ne court pour autant pas après ; étonnamment empathique et soucieuse des autres pour quelqu'un d'aussi colérique, elle refuse tout rapport de pouvoir et considère autrui comme un être entier, combien même ne serait-ce que pour le mépriser ou lui nuire.

Enfin, sa récente et difficile conversion à Cyric et la trahison de Léandre l’ont laissé confuse et en proie au doute. Elle voue à sa divinité une ferveur haineuse en même temps que fascinée, et ressent un attrait puissant pour les mensonges du Soleil Noir dans lesquels elle reconnaît ses propres désirs les plus inavoués ; attrait auquel Jeliza tente souvent de résister, mais ces périodes de ‘révolte’ ne durent jamais longtemps.


Backgroundement...


A bien y réfléchir, tout était à cause de lui, et il avait amplement mérité son sort. Du moins, s’il y avait une justice capable de décider qui méritait tel ou tel sort ; et ça, Jeliza Ambredouce ne le croyait pas.

Elle était née et avait grandie dans une de ces villes au sud d’Eauprofonde qui parsèment la Côté des Epées et se propagent comme une maladie vénérienne. Comment s’appelait sa mère, déjà ? …Sohari Ambredouce. Dans ses souvenirs, elle revoyait l’image d’une femme droite et honnête. Elle imposait le respect, elle s’en rappelait bien… Et son père ? Parfois, il venait la retrouver, en cachette, dans la taverne du vieux Spig et ils parlaient alors des heures ; il lui racontait ses aventures aux quatre coins de Faêrun, tantôt en prise avec les Zhents, tantôt à la recherche de trésors enfouis sous les eaux…à chaque fois, il lui rapportait des cadeaux : des perles de nacre ( de Lapaaliya), des parfums épicés des contrées orientales (certains venaient de Thesk !), des petits flûtes artisanales (fabriquées par les bardes de Lunargent), des pendentifs elfiques…et il buvait beaucoup, des fois même avec l’argent que, enfant, elle volait pour lui dans les dons du temple. Oh, elle devait cacher ces cadeaux sous son matelas pour que ne pas que sa mère les trouve – elle refusait qu’elle côtoie son père, n’était-ce pas injuste ? -, mais ce n’était pas très grave ! Au moins, elle savait toujours pouvoir tout lui dire, à cet homme libre qui écumait le monde...Plus tard, elle avait compris que son père n’avait jamais été aventurier. Simple ivrogne, ancien mercenaire itinérant, il n’avait été qu’un des nombreux amants de Sohari Ambredouce, la bénie de Mystra, et il compensait sa vie minable en inventant des histoires à raconter aux mômes. Elle l’avait compris le jour où un type goguenard l’avait rossé dans la boue juste sous ses yeux en l’insultant de vieil alcoolique et de colporteur. Par la suite, elle avait refusé de le revoir et avait menacé le dénoncer à sa mère, quand bien même il en venait aux pleurs pour l'amadouer. Là, elle l'avait appris : les grandes personnes étaient tous des menteurs et des tricheurs auxquelles un enfant ne pouvait faire confiance.

Jeliza n’était pas très bien vue des autres citoyens. ‘Non’ n’existait pas pour elle. Elle ne connaissait pas le refus. Qu’importait les moyens, elle obtenait toujours la fin ; elle déambulait avec les gamins des bas-fonds et crachait dans sa soupe ; s’il y avait des ordres à donner, elle était toujours là pour y désobéir.
« Une sauvage » « elle ne respecte rien» « un démon sur patte » « on ne peut pas lui faire confiance » « elle n’est pas normale, et vous avez vu son père ? » … Sa mère démentait vivement ces rumeurs et essayait de la consoler et de lui donner une éducation digne de ce nom, mais la petite ne voulait rien entendre et s’obstinait à ne plus parler aux adultes. Souvent, elle s’enfuyait du temple où officiait sa mère et ses professeurs particuliers pour courir jusqu’à la falaise et là, elle s’asseyait sous la pluie et attendait pendant des heures, parfois jusqu’à ce que Selûne apparaisse dans le ciel. Ce qu’elle faisait ? Elle écoutait en bas, lorsque les rouleaux de la mer venaient abattre sable et latérite sur les contreforts rocheux. Là-bas, personne ne venait lui dire comment s’habiller, quoi étudier, qui prier, quel travail faire ; là-bas, personne ne la trouvait jamais, personne ne lui reprochait d’être sale, personne ne lui disait qu’elle était bête parce qu’elle ne voulait pas parler, personne ne lui en voulait d’aller voir ses copains demi-orques et les autres garçons en haillons boueux avec qui elle aimait bien jouer. Parfois, il y avait des orages et elle dévalait la pente en criant…elle se sentait si forte et si vivante lorsqu’elle défiait le ciel du haut de sa stature de môme.

Puis un jour, alors qu’elle était assise au bord de sa falaise, elle le vit. Le garçon aux cheveux blond était déjà là, à sa place, sur son rocher ! Impensable, et pourtant…Elle le chassa en lui jetant des cailloux dessus. Il revint et s’assit plus loin. Elle apprit à tolérer sa présence. Petit à petit, il se rapprocha sans qu’elle ne le remarque vraiment. Chaque jour, il se contentait d’un petit mouvement vers le rocher qu’elle avait élu sien…


- Comment tu t’appelles ?

Habituée à la seule musique de la falaise, Jeliza avait failli en tomber par terre. Elle darda ses grands yeux bleus sur lui, et grogna comme un chien en faisant exprès de baver ; d’habitude, ça exaspérait les servantes mais pour le coup le garçon resta impassible.

- Moi c’est Léandre.
- …rrrrrh !
- J’ai neuf ans tu sais.
- …rrrh.. rrrhh..flllorf…
- Mes parents disent que tu es la honte de ta famille. C’est vrai ?
- …arghrrrrh…pfff…
- Mais mes amis disent que tu es aussi forte qu’un garçon et que tu fais seulement semblant de ne pas savoir parler. Paraît qu’un jour tu as mordu Hashul si fort qu’il est parti pleurer dans les jupes de sa mère, sauf que c’est une orque et que t’as dû te cacher dans un tonneau de poisson pour pas qu'elle t'ouvre le ventre avec son hachoir. On dit que ton père était un grand paladin il y a longtemps mais qu'il a tout abandonné pour faire des pendentifs et des flûtes, et ta maman est si forte qu’elle a des pouvoirs qui viennent des dieux. C’est génial non !?
-
- Moi je trouve que ça l'est. Tu sais, mon père à moi, il est marin. Il est parti sur un bateau et je m’inquiète parce qu’il ne revient pas.
-
- Son bateau a une tête de méduse à sa proue. Il est parti à Gemmaline pour chercher des pierres précieuses. Il paraît qu’ils sont très riches, là-bas. Maman dit toujours qu'on s'installera là-bas lorsque mes frères seront grands.
-
- Alors moi je viens ici pour regarder…tu sais, je fais le guet. Comme ça, je le verrais lorsqu’il reviendra.

Le silence était retombé comme une chape de plomb.
- …c’est peut-être celui qu’on voit là-bas, dit-elle un jour qu’ils observaient l’horizon.
- Non, c’lui-là c’est c’lui de mon cousin. Ah ! j’étais sûr que tu pouvais parler !
- Bien sûr que j’peux ! J’suis pas folle comme ils disent, les adultes. Il est parti quand, ton papa ?
- Ça fait six ans maintenant. Il revient toujours pas. Je m’inquiète…

Ils avaient pris l’habitude de se retrouver là. « Liés comme les doigts de la main », on disait en ville. « Ils sont adorables ! » Depuis que Léandre était son ami, tout le monde semblait bien l’aimer. La petite était au départ méfiante devant tant de soudaines attentions, puis elle se laissa aller : d’un seul coup, tout le monde l’aimait et on ne disait plus qu’elle était un ‘démon’, un ‘calvaire’, on la trouvait même ‘mignonne’ et elle avait gagné 'un sourire d'ange !'. Le temps passa doucement, et Léandre et elle continuaient à aller à la falaise, au cas où son père reviendrait de Gemmaline. Des fois, ils s’embrassaient pour rigoler. Un jour, ils avaient attaché une grosse corde que Jeliza avait volé au temple autour du rocher, et ils s’étaient attachés dessus l’un après l’autre avant de sauter dans le vide. Ils étaient descendus en bas, et avaient exploré les criques.

- Je crois qu’il ne reviendra plus maintenant, Léandre.
- Ne dis pas de bêtises, Jel. Il avait promis : il reviendra. Il prend juste son temps pour devenir riche et nous le deviendrons aussi…comme toi, on aura des lits avec des plumes dedans, tu verras !
- Tu veux dire que tu n’as pas de lit ?
- On est beaucoup et nous n’avons pas beaucoup de place dans la maison, alors on a installé des paillasses autour de la cheminée.
- …c’est bête.
- Pourquoi ?
- Ben, y a un dieu là-haut, ma mère m’a dit, qui s’occupe de la justice. Il y en a un autre qui s’occupe des gens malheureux. Il y en a d’autres qui donnent de la joie au cœur ou qui protègent la famille. Si on les sert, ma mère dit qu’ils nous offrent ce que nous cherchons.
- Et tu y crois ?
- …oui, peut-être...Je prie Mystra depuis tellement longtemps que je ne me pose pas de questions mais... Tu ne trouves pas ça…bizarre, toi ?
- Tu devrais te les poser, ces questions. Nous, nous prions Umberlee tous les soirs.
- Quoi ? Mais pourquoi ? C’est elle qui fait couler les navires ! ça ne va pas beaucoup vous aider ! Elle est cruelle et sans pitié. Pourquoi la prier elle, alors que vous pourriez vénérer…je ne sais pas, Ilmater ? Llira ? Valkur ?
- Si on ne lui donne pas des offrandes pour apaiser sa faim, alors elle va se venger et emporter papa dans le fond de la mer pour qu’il devienne un monstre !
- Je n’ai jamais rien entendu d’aussi stupide !
- Les autres dieux ne peuvent pas nous protéger d’elle. Elle est partout, elle peut souffler l’orage et la tempête à sa guise…crois-moi, il vaut mieux la vénérer, elle, car lorsque nos frères mourront en mer, Llira ne sera pas là pour nous rendre joyeux.
- ...Léandre, ce que je voulais dire, c’est que ton père ne reviendra probablement jamais.
- Il m’a fait une promesse, Jel. Il m'a promis de rentrer. Alors il va rentrer. C'est juste que...il prend son temps, c'est tout !
- Et alors ? N’importe qui peut mentir. Même ton père peut te mentir ! Tiens, le mien l’a fait sans problèmes ! Alors...Léandre ?


Il était devenu blanc de rage et pendant quelques jours, il avait refusé de la voir. Jeliza, désolée par la peine qu’elle lui avait causée, lui avait promis de trouver assez d’or pour qu’ils embarquent à Gemmaline, à la recherche de son père ; oui, il était sûrement là-bas, pas de doute ! Ils avaient tous les deux juré sur tous les dieux qu’ils connaissaient. Le temps passa encore, avec son cortège d’aléas ; Jeliza et Léandre s’aimèrent ; Sohari finit par abandonner l’idée d’éduquer sa fille dans le clergé et la dispensa finalement des services qu’elle rendait au temple. Ils s’entrainèrent aux armes avec les amis de Jeliza, et Hashul prit sa revanche en manquant la décapiter. Un soir, - quel âge avait-elle, quinze ans ? c'était loin, tout ça, comme si tout ces souvenirs appartenaient à quelqu'un d'autre - elle vint chez Léandre et lui montra une bourse chargée d’or.

- C’est les dons du temple. Pendant deux ans, j’en ai pris un peu…par-ci, par-là…je les ai caché sous mon matelas…et voilà. Je crois qu’on peut aller sur Gemmaline maintenant. Au moins jusqu’à Eauprofonde ! On trouvera du travail là-bas. On deviendra des aventuriers. Et on partira chercher ton père si c’est ce que tu veux…
- Et tu pourras même faire les tatouages dont tu rêvais, avait-il répondu en riant.

Ils étaient partis à Eauprofonde. Elle avait fait ses tatouages. Ils avaient acheté des épées, des vraies, et ils avaient farouchement couru après des travaux aussi absurdes les uns que les autres. ‘Garder la marchandise’ ‘participer à un raid contre les gobelins’ 'apporter ceci à telle personne' 'cette lettre s'il vous plaît' visiblement, ce n’étaient pas les aventures ennuyeuses qui manquaient pour les deux amants. Mais le temps, l’habitude et la vitesse à laquelle partait l’argent exacerbaient leurs différences : au bout de quelques mois, chacun en vint à se demander s’ils avaient fait le bon choix. L’argent manquait, et il fallait accepter des boulots de moins en moins recommandables, faire des privations, fréquenter des mauvaises gens…un jour qu’ils étaient ivres, Léandre lui lança simplement qu’elle avait tout gâché, qu’il ne retrouverait jamais son père parce qu’elle dépensait trop. Elle lui avait répondu que son père était mort, qu’elle lui avait menti, qu’il n’attendait pas vraiment un retour propice dans cette île précieuse, elle avait craché tout ce que le manque, la faim et l’angoisse avaient creusé dans son âme, et s’en était pris à lui avec une violence qu’elle n’avait pas soupçonné. Fou de rage, Léandre l’avait frappé au visage pour la faire taire, et le couple avait été jeté en-dehors de l’auberge par les vigiles lorsqu’ils en étaient venus à briser la vaisselle.


-Je n’aurai jamais dû te faire confiance. J’aurai dû écouter ma mère lorsqu’elle disait que je regretterai de passer autant de temps avec toi ! Tu as tout foutu en l’air ! Je vais le retrouver, tu verras ! Je vais trouver cet argent ! J’aurai cet or, quoiqu’il en coûte, et sans toi ! Il n'est pas mort, je le saurai !!

Et il avait disparu. Tremblante de rage, Jeliza avait longuement insulté tout ce qui pouvait être insulté, prostrée dans son malheur ; puis, elle était partie à sa recherche. Il était peut être mort, il était peut être parti, qu’avait il fait, où était-il, que faire, que dire … ?
Lorsque, épuisée et désespérée, elle avait croisé la route de Theris, qui avait promis de lui ramener son amant à condition qu’elle effectue quelques ‘menus travaux’, elle avait accepté. Tout. N’importe quoi. Garder la contrebande, participer à des kidnappings, tout était bon pour retrouver la seule personne qui importait vraiment. Theris, curieusement, respectait sa promesse, révélant à chaque fin de mission un indice, un message sibyllin ; et Jeliza s’était prise au jeu. Un soir, Theris lui présenta un médaillon gros comme sa paume, patiné par les années et les mains qui l’avaient enserré. Il le fit glisser sur la table : le symbole représentait un crâne entouré d’un soleil noir.


- C’est mon dernier indice. Tu le reconnais, j’imagine ?

Jeliza avait grandi parmi le clergé de Mystra – elle avait entendu parler de Cyric, cette divinité perverse et démente, et avait grandi en craignant ce nom. Elle releva sommairement ses yeux cernés vers l’homme au visage anguleux. Aujourd'hui, ça ne l'impressionnait plus autant qu'avant.

- Oui.
- Tant mieux ; ça nous évitera les présentations pénibles. D’ordinaire, je ne m’abaisserai pas à jouer les bénévoles pour une pimbêche naïve, mais ta petite histoire est des plus plaisantes à observer et intéresse assez…notre ‘clergé’ ; ce n’est pas tous les jours que la fille de Sohari Ambredouce vient salir ses jolies mains de poupée auprès des hommes que pourchassent sa génitrice…je t’avoue que j’y ai aussi un intérêt plus particulier, car Léandre s’est récemment endetté auprès de moi mais retarde l’heure de rendre son dû. Ça nous ennuie profondément. A ta place, j’irai à la maison des Dames cette nuit. Je pense que ça pourrait t’intéresser. Dis-lui juste que je le dénoncerai au père de la fille s’il ne me rend pas ce qu’il me doit…avec les intérêts. C'est le seul service que tu me dois encore.

Jeliza s’était levée sans un mot, mais alors qu’elle se retournait, Theris lui lança :

- Tu devrais emmener ce symbole avec toi. J’ai comme le pressentiment qu’il te servira.

Elle avait répondu par un geste grossier, ce qui n’avait entraîné qu’un ricanement malsain de son employeur.
Le soir venu, Jeliza était allé au lieu de rendez-vous et avait pu observer les gestes tendres et les mimiques affectueuses que le jeune Léandre opérait sur une jeune fille aux atours nobles ; avait-elle eu, elle aussi, ce minois pâle et soyeux, ces mains d’albâtre douce, ce collier d’argent discret autour de sa nuque découverte ? Non. Elle n'avait rien eu de ces airs de vierge effarouchée, ni ce rire propre et pur, ni ces petites bonnes manières hypocrites. Dans son esprit, tout devint alors très clair. Elle glissa sa main sur le pommeau de son épée et suivit le couple dans les ruelles…
Puis, le trou noir. Un vague souvenir d'odeur de tripes recrachées, un goût de bile et un cœur qui battait à tout rompre...et une belle blessure sur sa cuisse l'informèrent assez durement de ce qui s'était passé.

Enragée par la traîtrise de son amant et en guerre contre le monde entier, tourmentée par ses actes, Jeliza avait rejoint la petite bande de Theris pendant quelques temps et, pour une raison qui lui échappait, ils ne l’avaient pas dénoncé aux gardes. Sans Léandre, plus rien n’avait d’importance. Tout n’avait été que mensonges. Elle s'en rendait compte désormais. Chaque soir, elle s’enivrait jusqu’aux portes de la mort et chaque soir, elle riait avec ces doux dingues chez qui ses éclats de rage et de mélancolie avaient fini par inspirer une sorte de respect. Et curieusement, lorsqu’elle avait essayer d’en finir avec cette vie misérable qu'elle menait, c’était Theris même qui l’avait secouru. Combien de fois s’étaient-ils attablés autour de boissons crasseuses, à écouter Theris parler de son dieu et de la société, à imaginer comment fomenter des révoltes démesurées ? Jeliza se méfiait de ce beau parleur qui essayait bien trop souvent d'en apprendre plus sur sa mère et ses défenses, et, ne supportant plus de rester en Eauprofonde où le souvenir de Léandre était trop vif et la pression interrogatrice de Theris pénible, elle réunit ses économies et mit les voiles.

Tout ça, c'était à cause de lui, elle en était persuadée. Il avait lui-même cherché sa fin, il l’avait manipulé depuis le début, depuis la crique, depuis cette fugue idyllique à courir après des idéaux et du vent…sans doute avait-il lui aussi couru après son or, comme il avait voulu le faire avec la fille riche...
Ce n’était pas grave ; elle avait réglé la question. Définitivement. Jeliza referma sa main sur le médaillon à l’effigie d’un crâne qui avait trouvé sa place comme par magie dans son sac - quoi qu'elle n'arrivait pas à savoir ce que lui voulait réellement Theris, elle parierait que c'était lui qui l'avait glissé ici, tant il l'assommait sous ses inepties religieuses - et, après une courte hésitation, avança sur les docks.


- Ce bateau. Il va à Gemmaline ?
- Ben, ça se pourrait qu'oui, ça se pourrait qu'non.

Elle caressa le pommeau de son épée et fit tinter une bourse chargée d'or : les possessions de la noble qu'elle avait tué, du moins ce qu'il en restait un fois ses dettes et ses achats remplis.

- ...m'est avis que le capitaine se fera un plaisir de vous rencontrer, ma petite dame. J'peux vous demander qu'est-ce qu'un joli brin comme vous compte faire toute seule là-bas ?
- ...je suis à la recherche d'un homme. Il fait fortune là-bas, et son bateau a une tête de méduse gravée sur la proue.

_________________
Viens vite. L'éternité est faite de secondes.

"Les hommes sont sûrement le vœu le plus fou des ténèbres ; c'est pourquoi ils sont ténébreux, envieux et fous..."


Dernière édition par Jeliza Ambredouce le Ven 25 Juin 2010, 21:25, édité 3 fois.
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