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 Sujet du message: Ferdingor Plumin - Druide halfelin
MessageMessage posté...: Ven 12 Nov 2010, 14:36 
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Inscription: Jeu 11 Nov 2010, 13:35
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Maitre de Jeu : Conteur des Rêves


Nom : Ferdingor Plumin
Alignement : Neutre bon
Race : Halfelin vaillant
Age : 25 ans
Poids : 16 kilos
Taille : 1,02m
Sexe : masculin
Classe : Druide
Divinité : Mailiki
Vitesse : 6m

Expérience : 0 / 1 000

Caractéristiques :

For (12) (+1) (14 - 2 (ajustement racial))
Dex (14) (+2) (12 + 2 (ajustement racial))
Con (10) (+0)
Int (10) (+0)
Sag (16) (+3)
Cha (14) (+2)

Points de vie : 8 / 8

Classe d’armure (CA) : 17 = 10 + 2 (modificateur de dextérité) + 4 (vœu de pauvreté) + 1 (taille P)
Classe d'armure (contact) : 13 = 10 + 2 (modificateur de dextérité) + 1 (taille P)
Classe d'armure (dépourvu) : 15 = 10 + 4 (vœu de pauvreté) + 1 (taille P)

Jet d’attaque au corps à corps : +2 = 0 (BBA) + 1 (modificateur de force) + 1 (taille P)
  • Bâton : +2 / 1d4+1 / Critique x2
Jet d’attaque à distance : = +4 (BBA) + 2 (modificateur de dextérité) + 1 (modificateur racial, seulement pour les armes de jets et les frondes) + 1 (taille P)
  • Fronde : +4 / 1d3+1 / Critique x2, facteur de portée 15m

Jet de vigueur : 2 = + 2 (base) + 0 (modificateur de constitution)
Jet de réflexes : 2 = + 0 (base) + 2 (modificateur de dextérité)
Jet de volonté : 4 = + 2 (base) + 2 (modificateur de sagesse)

Bonus racial : +2 contre la terreur

Langues connues : Chondathan, halfelin, druidique

Capacité de classe :

- Compagnon animal (voir plus bas)
- Empathie sauvage
- Instinct naturel
- Sorts divins
- Incantation spontanée (Convocation d'alliés naturels)
- Langue : druidique (langage secret)

Dons :

- Vœu pieux (Halfelin niveau 1)
  • +2 aux tests de diplomatie
- Vœu de pauvreté (Don niveau 1)
  • Bonus exalté (même type qu'un bonus d'armure) de +4 à la CA
  • Don exalté supplémentaire
- Vœu de pitié (don supplémentaire d'ascète, niveau 1) / Je ne suis pas sûr pour celui-ci, il est indiqué sur le site, mais dans mon souvenir il n'était obtenu qu'au niveau 2

Caractéristiques raciales :

- Vitesse de déplacement de 6m
- Taille P
- Don supplémentaire au niveau 1

Compétences :

Points de compétence au niveau 1 : 16 = (4 + 0 (modificateur d'intelligence)) x 4
Points de compétence (niveau additionnel) : 4 = 4 + 0 (modificateur d'intelligence)
Total = DM + bonus carac + autres

Dépendant de la Force :

Escalade (For)* : 3 = 0 + 1 (modificateur de force) - 0 (malus armure) +2 (bonus racial)
Natation (For)* : 1 = 0 + 1 (modificateur de force) - 0 (malus armure)
Saut (For)* : -3 = 0 + 1 (modificateur de force) - 0 (malus armure) +2 (bonus racial) - 6 (vitesse 6m)

Dépendant de la Dextérité :

Acrobaties (Dex) : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Crochetage (Dex) : 2 = 0 + 2
Déplacement silencieux (Dex)* : 4 = 0 + 2 - 0 (malus armure) + 2 (bonus racial)
Discrétion (Dex)* : 6 = 0 + 2 - 0 (malus armure) + 4 (taille P)
Équilibre (Dex)* : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Équitation (Dex)* : 2 = 0 + 2
Escamotage / Vol à la tire (Dex) : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Évasion (Dex)* : 2 = 0 + 2 - 0 (malus armure)
Maîtrise des cordes (Dex)* : 2 = 0 + 2

Dépendant de la Constitution :

Concentration (Con)* : 4 = 4 + 0

Dépendant de l'Intelligence :

Art de la magie/Connaissance des sorts (Int) : 0 = 0 + 0
Artisanat (Int) : 0 = 0 + 0
Connaissances (nature) (Int) : 4 = 2 + 0 + 2 (instinct naturel)
Contrefaçon (Int)* : 0 = 0 + 0
Décryptage (Int) : 0 = 0 + 0
Désamorçage/sabotage (Int) : 0 = 0 + 0
Estimation (Int)* : 0 = 0 + 0
Fouille (Int)* : 0 = 0 + 0

Dépendant de la Sagesse :

Détection (Sag)* : 5 = 2 + 3
Perception auditive (Sag)* : 5 = 0 + 3 (modificateur de sagesse) + 2 (bonus racial)
Premiers secours (Sag)* : 10 = 4 + 3 +3 (vœu de pitié)
Profession (Sag) : 3 = 0 + 3
Psychologie (Sag)* : 3 = 0 + 3
Survie (Sag)* : 9 = 4 + 3 + 2 (instinct naturel)

Dépendant du Charisme :

Bluff (Cha)* : 2 = 0 + 2
Déguisement (Cha)* : 2 = 0 + 2
Diplomatie (Cha)* : 4 = 0 + 2 + 2 (vœu pieux)
Dressage (Cha) : 2 = 0 + 2
Intimidation / Persuasion (Cha)* : 2 = 0 + 2
Renseignements (Cha)* : 2 = 0 + 2
Représentation (Cha)* : 2 = 0 + 2
Utilisation d'objets magiques (Cha) : 2 = 0 + 2

En gras les compétences de classe et avec une astérisque les compétences innées (utilisables même avec un degré de maîtrise égal à 0)

Sorts divins :

Sorts par jour :
- De base : 3/1
- Avec modificateur de sagesse appliqués (sorts bonus) : 3/2

Sorts couramment préparés :

Équipement :

  • Vêtements :
    • Longue robe bleu-vert à capuche
    • Pantalon large noir
    • Sandales
  • Armes :
    • Bâton (0,5 kg)
    • Fronde, 10 billes (1,25 kg)
  • Autres :
    • Sacoche à composantes (0,75 kg)

Or : aucun

Charge : 2,5 kg (charge légère)
Poids transportable (Force à 12) : Charge légère (0 kg -> 16,125 kg), charge intermédiaire (16,125 kg -> 32,25 kg), charge lourde (32,25 kg -> 48,75 kg)

Compagnon animal :

Chien de selle au pelage noir, nommé Pokra.

Animal de taille M
Dés de vie : 13/13 (2 DV)
Initiative : +2
Vitesse de déplacement : 12 m
Classe d’armure : 16 (+2 Dex, +4 naturelle), contact 12, pris au dépourvu 14
Attaque de base/lutte : +1/+3
Attaque : morsure (+3 corps à corps, 1d6+3)
Attaque à outrance : morsure (+3 corps à corps, 1d6+3)
Espace occupé/allonge : 1,50 m/1,50 m
Particularités : odorat, vision nocturne
Jets de sauvegarde : Réf +5, Vig +5, Vol +1
Caractéristiques : For 15, Dex 15, Con 15, Int 2, Sag 12, Cha 6
Compétences : Détection +5, Natation +3, Perception auditive +5, Saut +8, Survie +1*
Dons : Pistage, Vigilance

Pouvoirs acquis :

  • Lien (Ext) : un druide peut diriger son compagnon animal par une action libre, ou le pousser par une action de mouvement, et ce même s’il ne possède pas un degré de maîtrise en Dressage de 1 ou plus. Le druide bénéficie d’un bonus de circonstances de +4 sur les tests d’empathie sauvage et de Dressage en rapport avec son compagnon animal.
  • Transfert d’effet magique (Ext) : si le druide le souhaite, tout sort (mais pas un pouvoir magique) qu’il lance sur lui-même peut également affecter son compagnon animal. Ce dernier doit se trouver à 1,50 mètre ou moins de distance au moment de l’incantation pour bénéficier des effets du sort. Si le sort a une durée autre qu’instantanée, il cesse d’affecter le compagnon animal si celui-ci s’éloigne de son maître de plus de 1,50 mètre. Dans ce cas, l’effet du sort ne reprend pas même si le compagnon revient à côté du druide. De plus, le personnage peut lancer directement sur son compagnon animal tout sort à portée personnelle (il a alors une portée de contact) au lieu de le lancer sur lui-même. Ce transfert d’effet magique est permis même si, en temps normal, le sort ne devrait pas affecter une entité du type du compagnon (animal).


Apparence :

Ferdingor est un halfelin un peu plus grand que la moyenne, mais sans être proportionnellement plus solide, et arbore une silhouette rappelant celle des elfes, à échelle réduite. Il arbore une longue chevelure noire souvent nouée en un chignon sur le haut du crâne, parfois agrémentée de plusieurs tresses et souvent décorée de feuilles d'arbres que Ferdingor trouve jolies. Contrairement à ses congénères, il laisse libre cours à sa barbe qui pousse lentement mais sûrement, le rangeant dans la catégorie des vagabonds aux yeux des autres. Malgré cet aspect un peu rustique, accru par ses habits fort simples et usés, le visage du druide est paisible et chaleureux. Son regard semble embrasser le monde avec compassion et bienveillance, même si à de nombreuses occasions, l'on peut apercevoir une pointe de tristesse qui vient éteindre l'étincelle de malice de ses yeux verts. Sa voix est étonnamment grave pour un halfelin, et il a l'habitude de parler sur un ton suave et protecteur.

Psychologie :

Depuis son enfance, Ferdingor est un être profondément différent de ses congénères. Bien qu'il ne rechigne pas à voyager, il ne ressent en rien l'attirance de ses semblables pour l'or, les objets en tout genre, les voyages pour le simple but de voyager... Il aime s'attacher aux lieux qu'il visite, et ses pas le guide vers un idéal qu'il croit atteignable, plutôt que vers un horizon perpétuel.

Ermite dans la plus pure traditon druidique, Ferdingor est néanmoins frappé d'une malédiction qu'il ne s'explique pas : bien qu'il apprécie plus que tout la tranquillité et l'isolement des enclaves naturelles, tel un bosquet difficile d'accès ou un pan de montagne à l'écart des routes, il ne peut s'empêcher de se languir de la compagnie d'autres mortels. Il parle souvent aux arbres, au vent, aux rivières et au soleil, et bien sûr à son fidèle compagnon Pokra, le gigantesque chien noir, mais il semble ne pouvoir se passer des citadins, ou du moins des fermiers, des voyageurs dont il recherche la compagnie, souvent au terme d'un isolement assez long.

Ferdingor est un druide profondément bon : non seulement sa bienveillance est dirigée envers l'ensemble du monde animal et végétal, mais il inclue également les humains et tous les mortels susceptibles d'être un jour amené à souffrir. Il considère comme sa mission de ramener un équilibre plus tangible entre la nature et l'expansion des villes. Selon lui, ces complexes en pierre et en bois sont la cause des souffrances du monde : ce sont des environnements stériles où un homme qui ne possède rien finit par posséder de moins en moins jusqu'à dépérir. Aussi, son projet consiste à étendre les forêts jusque dans les villes, pour apporter aux gens la paix et la prospérité.

Enfin, ayant relativement renié ses origines, sa familles et sa culture, il ne vénère plus Yondhala, excepté lors de quelques moments d'absence, où il lui adresse quelques prières instinctivement. Autrement, depuis sa rencontre avec la Reine de la forêt, il vénère ardemment Mailiki et projette de lui batir un temple à Gemmaline, et d'en faire le berceau de sa rédemption verte...

Background :

Thème de Ferdingor Plumin : God Fearing Man, Ben Harper

Le parfum de la rosée, à l'aube, sur une plaine sauvage. L'ombre d'un orme que l'on a vu grandir, atténuer la rude chaleur d'un été qui n'en finit pas. Le chant nocturne des rapaces perchés sur le toit d'une hutte modeste... Ferdingor n'en demandait pas plus. Pour ce jeune halfelin, fils de marchands, enfant des routes et descendant du commerce, la vie de nomade fut pénible et creuse. Sa famille, comprenant père, mère et bon nombre d'oncles plus ou moins éloignés, errait de capitale en capitale, vendant aux plus offrants leurs articles fabriqués dans les règles de l'art. Dans cette petite communauté marchande, il n'y avait de place que pour l'éphémère, l'urgence, et un principe de renouvellement constant. Si la plupart des jeunes de ce clan s'épanouissaient ainsi, gorgeant leurs rêves de voyages et de l'espoir de perpétuels nouveaux horizons, il en allait bien différemment de Ferdingor Plumin. Contrairement à ses cousins, Ferdingor avait le cœur brisé à chaque départ, et sombrait dans une torpeur maladive à chaque installation de campement. Il faut dire que ce jeune marginal, au lieu de côtoyer les anciens et d'apprendre à manier l'épée, l'outil ou le verbe, se passionnait pour ces choses qui se développent à leur rythme. Il étudiait les plantes, les petits animaux tels les vers ou bien les mulots, qui, bien que discrets, participaient à leur échelle à la pérennité du milieu. Se liant très peu d'amitié avec ses congénères, Ferdingor trouva bien vite la compagnie des arbres plus agréable : leur sérénité était source d'un repos spirituel sans égal pour le jeune halfelin. Très vite, il en vint à faire croître lui-même quelques pousses, principalement des fleurs, quelques arbustes également. Mais chaque fois, les jeunes plantes à peine sorties de terre, la caravane familiale reprenait son chemin et Ferdingor était arraché aux racines qu'il tentait sans succès d'ancrer auprès de ses «protégés». Les années passant, il devint de plus en plus insupportable aux yeux de sa famille : il sabotait les roues des chariots, laissait s'enfuir les chevaux, se servait des réserves d'eau pour irriguer ses plantations temporaires...

C'est à cette époque, tandis qu'il approchait de ses quinze ans, que Ferdingor se sépara de sa famille. Leur convoi était en route pour une cité marchande fort renommée, et l'étape allait constituer en l'apport financier majeur de l'année, permettant ainsi à la communauté de se fixer quelque part pour passer l'hiver. Ils étaient encore à bonne distance de la ville lorsque l'arrêt pour la nuit apparut nécessaire. Le campement fut établi près d'un charmant bosquet ; cela dit, mis à part Ferdingor, chacun des marchands ne fit que l'admirer de loin, vantant à la manière de tartufe le beau travail de Sheela. Ferdingor fut le seul à aller explorer ce petit arpent boisé. L'endroit était époustouflant pour qui admirait vraiment la nature : un ruisseau venait découper de petits ilots de mousse et d'arbustes, faisant éclater dans le calme profond un agréable son cristallin. La lumière était parfaitement tamisée par le feuillage dense et protecteur des arbres centenaires. Ce fut assez fugace, mais le halfelin, émerveillé, put apercevoir plusieurs biches et leurs petits se faufiler entre des buissons à baies, un peu plus loin. Curieux, il les suivit, s'identifiant inconsciemment à l'un des jeunes faons. En quelques minutes à peine, ils gagnèrent le centre du bois, où siégeait un arbre majestueux, probablement plus âges que le plus vieux des elfes en vie à cette époque. Son tronc n'était pas très épais, mais son écorce portait la marque du temps et de la sagesse, et ses branches et ses feuilles couvraient à elles seules ce qui, sans elles, serait une vaste clairière. Ferdingor tomba à genoux devant cette vision, posa les mains à terre en une prosternation très peu formelle, mais profondément sincère. Il resta agenouillé ainsi une bonne partie de la nuit, méditant sur ce lieu qui allait marquer son avenir. Au petit matin, Ferdingor se réveilla dans le creux de deux racines. Il n'avait pas eu froid, et pourtant les buissons cerclant la clairière étaient couvert d'un très léger givre. Deux faons gambadaient autour de l'arbre, et malgré la courte distance, il semblait que cette petite forêt existait à l'exclusion de tout ; se concentrant autant que possible, il ne pouvait capter aucun son venant du campement. Saluant amicalement les deux faons, et bien plus respectueusement le chêne imposant, il revint vers sa famille.

À peine franchissait-il le seuil du bosquet que le tumulte du convoi émergeait depuis la route, un peu comme l'on semble revenir à la réalité après avoir passé quelques secondes sous l'eau. Un léger étourdissement rendit la démarche de Ferdingor quelque peu grotesque ; tandis qu'il venait à la rencontre de ses parents, ses cousins le raillaient déjà sur sa tenue fendue aux genoux et les brindilles parsemant sa longue chevelure. La décision était claire : on levait le camp dans l'heure. Paniqué, frustré de n'avoir jamais son mot à dire, Ferdingor alla précipitamment trouver refuge auprès du vieux chênes. À cette heure sombre de sa vie, le vieil arbre tenait bien plus de l'image paternelle que son véritable père, qui, suivi de ses frères, évoluaient dans le bosquet, machettes à la main. Les fougères et branches basses semblaient hurler, et chaque craquement de bois résonnait dans la tête de Ferdingor comme autant de cris d'agonie. Il atteint le chêne quelques secondes avant ses parents, et s'y agrippa de toutes ses forces. Un courant d'énergie, indescriptible mais manifeste, sembla s'échange, du halfelin à l'arbre, et de l'écorce vers sa peau. Une union à la fois spirituelle et tangible... Lorsque les hommes de sa famille arrivèrent à lui, le tirèrent par les manches et les bras, il ne bougea pas d'un pouce. Ferdingor semblait avoir fusionné avec le chêne, sa peau refusant de se désolidariser du tronc. Après une bonne heure de discussions enflammées, d'ordres et de paroles amères, la matriarche du convoi, la mère de Ferdingor, apparut à la lisière de la clairière. Guelinda Plumin, bien moins âgée qu'elle ne l'était, mais usée par d'incessants voyages, posa son regard sévère sur son fils. Celui-ci, tourné vers le tronc, ne put que deviner sa présence par les murmures à la fois amusés et inquiets de ses oncles. La voix sèche de Guelinda résonna, semblait-il, pendant une éternité après que les mots aient quitté ses lèvres : «Ferdingor, tes enfantillages ont assez duré. Nous partons.»

Ferdingor pensait avoir perdu : une fois de plus il serait littéralement déraciné, baladé de villes en villes sans but. Peut être un jour la vie finirait par le transformer et oublierait-il les frasques de son enfance, sa passion viscérale pour la nature ? Ou peut être bien que... Il ne put mettre de point final à ses élucubrations : il ne savait si une minute ou une journée s'était écoulée depuis la phrase assassine de sa mère, mais une chose était claire : il était maintenant seul dans la clairière. Il enfouit son visage entre son épaule et l'écorce étonnamment chaude du tronc, et resta ainsi plusieurs minutes. Dans le silence de la forêt, ses pensées défilaient à toute vitesse et résonnaient avec force. Il se rendit compte alors qu'il n'avait pas mangé, et voulut se séparer de l'arbre. Lorsqu'il fit le geste de retirer sa main, elle resta désespérément collée au tronc. Ferdingor se mit à paniquer, mais ne put même pas bouger d'un centimètre sa joue apposée à l'écorce. Alors, tandis qu'il se croyait victime d'une nouvelle malédiction de la vie, un violent choc le ramené à la réalité. Il tomba à terre au pied des racines : une branche relativement uniforme avait chu des hauteurs directement sur son crâne. Il se remettait à peine du coup lorsque une voix majestueuse résonna derrière lui :

«Allons allons, jeune homme. Cesse-donc de faire l'idiot !»

Sidéré, Ferdingor se retourna vivement vers la source de la voix. À quelques pas se tenait une jeune femme ravissante, pour ainsi dire, divine. Ses cheveux roux cascadaient jusqu'à ses chevilles, fines et gracieuses, Ses traits étaient difficiles à déterminer, mais une chose était sûre, elle était bien plus qu'une demi-elfe. À mesure que Ferdingor reprenait contenance, elle darda sur lui un regard aux couleurs de l'automne, à la fois sévère et plein de compassion.

«Ferdingor, ce que tu as fait là était très brave. Tu as élevé tes principes au delà dessus de ta famille et d'une vie qui aurait pu être, eh bien, facile. Je te félicite.
- Qui êtes-vous ? Demanda le halfelin, se faisant violence pour ne pas bégayer.
- Tu pourras trouver la réponse toi-même, je pense. Je suis seulement venue t'encourager à poursuivre dans la voie que tu viens de choisir. Et présenter à quelqu'un qui m'est très cher. Pokra ?»

Répondant à la mélodieuse voix de la divinité, un chien noir, gigantesque, en regard du halfelin, fit les quelques pas qui le séparait du halfelin. Ses longs poils épais lui donnaient un air encore plus imposant. Un peu pataud, il posa son museau humide sur l'épaule de Ferdingor, lequel, instinctivement, enlaça le cou de l'animal. C'était une étreinte sincère, réconfortante après la matinée pour le moins traumatisante. L'avatar de Maliki, sans interrompre ce moment, continua cependant de parler, son flot de paroles venant apaiser le cœur de Ferdingor.

«Voici donc Pokra. Prends soin de lui, et il veillera sur toi en retour. Ferdingor, tu es quelqu'un d'étonnant. Veille sur ce monde et ses habitants, et tu pourras toujours compter sur ma voix pour te guider. Fais bon voyage, mais avant, sois gentil, et efface le saccage de tes oncles en ce lieu sacré.»

Sa voix s'évanouit paisiblement dans le silence épais du bosquet, et, comme un petit nuage de rosée, la femme disparut dans un parfum de soleil... Ferdingor, subjugué, resta debout, les yeux écarquillés, les bras toujours passés autour du large cou de Pokra. Ce dernier, particulièrement solennel pour un animal, mit néanmoins fin à cette belle rencontre en se dégageant par un aboiement qui tira Ferdingor de sa rêverie. Il s'assit donc sur une grosse racine, et observa la clairière. Elle était plutôt intacte, mais les arbrisseaux en bordures étaient lacérés de coups de machettes. Ses oncles et son père avaient taillé un chemin odieux pour faciliter leur déplacement. Une colère sourde monta discrètement dans le cœur de Ferdingor, mais il l'étouffa bien vite, se concentrant sur ce qu'il allait pouvoir faire. Pendant plusieurs semaines, il entreprit de soigner la végétation malmenée. Il priait le jour, et partait à la cueillette le soir en compagnie de Pokra. Il discutait avec son nouveau compagnon, n'attendant pas de réponse mais profitant de la sagesse manifeste de l'animal. Un mois s'écoula, avant que la nature ne reprenne un teint fier et fringuant. Satisfait, Ferdingor saisit son bâton, s'habilla, puis fit ses adieux au vieux chênes. Il ne savait pas encore où aller, mais il sentait le besoin de trouver un endroit où il pourrait s'épanouir et servir la cause de la Dame de la forêt. Il se mit donc en marche. Bien qu'il voyageât comme ses parents, cette fois-ci, il se sentait empli d'un bien être tout à fait nouveau. La tête haute, il discutait gaiement avec Pokra, lequel répondait par un coup de langue sur le poignet, le plus souvent.

En chemin, l'étrange duo croisa un convoi bien différent de celui dans lequel il avait grandi. Tandis que sa jeunesse avait été parsemée de rires gras, d'une bonne humeur générale et de discussions enflammées, ce convoi-ci résonnait de pleurs, de sanglots, de plaintes chargées de désespoir. Si sa famille n'avait jamais été très riche, du moins avaient-ils toujours eu ce dont ils avaient besoin, voire même, parfois, ce dont ils avaient envie ; là encore le contraste fut terrible, et Ferdingor constata que la plupart de ces gens n'avaient pas même avec eux de quoi se nourrir ou se couvrir le soir venu. Il dépassa l'exode des malheureux, et poursuivit sa route, la tête basse. À cet instant, la voix de Maliki retentit dans son esprit : «Veille sur ce monde et ses habitants». Il ne put jamais dire si la déesse lui parlait directement, ou bien si sa mémoire l'interpellait violemment. Toutefois, sa réaction fut immédiate : il tourna les talons et alla à la rencontre du chef de file. Après avoir discuté et s'être enquis du malheur qui les accablait, Ferdingor dénoua les cordons de la bourse qui pendait à sa ceinture. Il n'y avait pas à grand chose, en comparaison de ce que charriait les roulottes de sa famille. Mais si ces pauvres âmes ralliaient une ville, ils pourraient acheter à manger pour tout le monde pendant quelques jours. Ferdingor se proposa de les accompagner, et s'occupa de les mener à la ville la plus proche. Il confia sa lourde cape en fourrure aux deux enfants, leurs visages noircis par la poussière et les larmes. Cette rencontre bouleversa profondément le halfelin qui se sentait impuissant face à tant de détresse. Il laissa les démunis en de bonnes mains, sous la responsabilité d'un bourgmestre bienveillant. Néanmoins, pendant longtemps ces images affluèrent pendant ses songes. Un soir qu'il veillait près d'un feu, en compagnie de Pokra, il fit l'inventaire de son vieux sac à dos. Il contenait un briquet, plusieurs vêtements de rechange, quelques rations de nourriture, deux pendentifs ayant appartenu à ses grands parents et une bourse dont le contenu s'était amenuisé au gré de son voyage. Il considéra le tout avec un regard perplexe. Depuis qu'il voyageait, tout ceci n'avait été qu'un apport de confort dont, objectivement, il pouvait tout à fait se passer. Il avait perfectionné son tir à la fronde et pouvait se nourrir sans problème. Depuis qu'il avait donné sa cape, il dormait souvent roulé en boule contre le flanc de Pokra, et leur chaleur commune les protégeait d'autant mieux. Quoiqu'il examine, il sentait que n'importe qui en aurait plus besoin que lui.

Il marcha encore plusieurs jours jusqu'à arriver au pied d'un plateau rocheux. L'endroit l'écartait du chemin qu'il s'était fixé, mais il éprouvait un attrait passionné qui lui rappela sa rencontre avec le vieux chêne. Il se résigna donc à prendre du retard sur sa destination, et, suivi de près par Pokra, gravit le pan rocheux jusqu'au sommet du plateau. Là, aussi incongru que l'aurait été un dauphin dans une rivière, trônait un splendide if. De gros rochers gris avaient été agencés autour de manière à former une sorte de cour intérieure, et de hautes herbes poussaient librement en périphérie, ondulant gracieusement au gré du vent. Alors qu'il s'approchait et passait l'arche rocheuse, pénétrant dans la cour, Ferdingor put découvrir plusieurs femmes affairées à prier devant les racines de l'if. L'une d'elle vint l'accueillir, lui présenta le temple, érigé en l'honneur de Maliki. Bien qu'il soit difficile d'accès, plusieurs rôdeurs au service de la Reine de la forêt arpentait les environs du plateau pour guider les pèlerins, escorter les fidèles... L'endroit était véritablement unique en son genre : l'on ne se sentait pas apaisé, la paix était naturelle sous l'if, et l'on oubliait presque avoir jamais été tourmenté. Ferdingor y séjourna plusieurs jours, méditant avec les prêtresses, songeant à son avenir. Le désir intime de fonder un temple similaire naquit en lui lorsque l'heure du départ se profila. Il confia son projet à la doyenne des lieux, qui lui parla d'un endroit du monde où Maliki avait à peine posé le pied : la nature comptait là bas ses champions sur les doigts d'une main, et ses efforts y seraient fortement appréciés. Ravi, Ferdingor quitta le temple en direction de la côte. L'enthousiasme animait chacun de ses pas, et Pokra lui-même semblait partager l'euphorie du moment, gambadant joyeusement sur le chemin.

Arrivé dans la ville portuaire qui serait le berceau de sa consécration, Ferdingor chercha le premier temple qui se présenterait. Il passa les portes d'une petite chapelle à la gloire d'Ilmater, et y déposa l'ensemble de ses affaires, en offrandes. Il ne conserva que son bâton, sa fronde, quelques pierres et ses habits actuels, soit un large pantalon, une tunique et sa ceinture. Il se chaussa de sandales plus modeste, qu'il pourrait éventuellement envelopper d'un peu d'étoffe lorsque les jours froids seraient trop insupportables. Il compta soigneusement le nombre de piécettes pour pouvoir embarquer, puis se sépara du reste, le répandant dans les divers bols, mains tendues, chapeaux retournés des mendiants sur son chemin. Il prit place à bord d'un navire, le cœur gonflé d'espoir. Son projet était clair, en son for intérieur : les lieux de paix, tels qu'il en avait rencontrés au cour de son voyage, étaient une solution à la misère qui frappait de plein fouet la civilisation ; dès lors, il semblait évident de devoir implanter autant de ces refuges que possible, à portée de quiconque pourrait en ressentir le besoin...

_________________
Ferdingor Plumin, psychopathe végétal


Dernière édition par Ferdingor Plumin le Sam 13 Nov 2010, 11:14, édité 12 fois.
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