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 Sujet du message: Fëanáro Terraé
MessageMessage posté...: Mar 15 Mar 2011, 00:20 
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PX: 3500
Nom : Fëanáro Terraé
Race : Drow
Age : 99
Poids : 65 Kg
Taille : 180 cm
Sexe : Homme
Niveau Global : 1
Niveau Global Équivalent : 3
Alignement : Neutre Bon
Langue : Commun, Elfique, Drow, Turmir

Expérience : 3 000 / 6 000


Humanoïde [Elfe] de taille M
Élu divin d'Eilistraée

Dés de vie : 1d8+1 (9 pv)
Initiative : +3
Vitesse de déplacement : 9 m (6 cases)
Classe d’armure : 17 ( +3 dextérité, +4 armure), contact 13 , pris au dépourvu 14

Attaque de base/lutte : +0/+2
Attaque : épée bâtarde de maître de taille M (+3 corps à corps, 1d10+2 /19-20*2) tranchant; ou serpe de taille M (+2 corps à corps, 1d6+2 / *2) tranchant
Attaque à outrance : épée bâtarde de maître de taille M (+1 corps à corps, 1d10+2 /19-20*2) tranchant; et serpe de taille M (+0 corps à corps, 1d6+1 / *2) tranchant
Espace occupé/allonge : 1.50 m/ 1.50 m
Attaques spéciales : pouvoirs magiques, magie divine

Particularités :
vulnérabilité à la lumière,
immunité contre les sorts et effets magiques de type sommeil,
résistance à la magie 12 = 11 (base) + 1 (niveau du personnage),
vision dans le noir (36 m),
à 1,50 mètre d'un passage secret ou d'une porte dissimulée -> un jet de Fouille est automatiquement effectué
Jets de sauvegarde :
Réflexe : +5 (2 classe + 3 Dextérité),
Vigueur : +3 (2 classe + 1 Constitution),
Volonté : +3 (2 classe + 1 Sagesse) (+2 contre les sorts et les pouvoirs magiques - racial)
Caractéristiques :
Force : 14 (+2)
Dextérité : 16 (+3)
Constitution : 12 (+1)
Intelligence : 12 (+1)
Sagesse : 12 (+1)
Charisme : 16 (+3)

Compétences :
Points à distribuer : 12 = (2 + 1 (Int)) x 4

Acrobaties : -
Art de la magie *: 1 = 1 (Int)
Artisanat *: 1 = 1 (Int)
Bluff : 3 = 3 (Cha)
Concentration *: 4 = 1 (Con) + 3 (points de compétence)
Connaissances (mystères) *: 4 = 1 (Int) + 3 (points de compétence)
Connaissances (autres) : -
Contrefaçon : 1 = 1 (Int)
Crochetage : -
Décryptage : -
Déguisement : 3 = 3 (Cha)
Déplacement silencieux : 1 = 3 (Dex) – 2 (armure)
Désamorçage/sabotage : -
Détection : 3 = 1 (Sag) + 2 (racial)
Diplomatie *: 6 = 3 (Cha) + 3 (points de compétence)
Discrétion : 1= 3 (Dex) – 2 (armure)
Dressage : -
Équilibre : 1 = 3 (Dex) – 2 (armure)
Équitation : 3 = 3 (Dex)
Escalade : 0 = 2 (For) – 2 (armure)
Escamotage : -
Estimation : 1 = 1 (Int)
Évasion : 1 = 3 (Dex) – 2 (armure)
Fouille : 3 = 1 (Int) + 2 (racial)
Intimidation : 3 = 3 (Cha)
Langue : 1 = 1 (Int)
Maîtrise des cordes : 3 = 3 (Dex)
Natation : -2 = 2 (For) – 4 (armure)
Perception auditive : 3 = 1 (Sag) + 2 (racial)
Premiers secours *: 1 = 1 (Sag)
Profession *: 1 = 1 (Sag)
Psychologie *: 4 = 1 (Sag) + 3 (points de compétence)
Renseignement : 3 = 3 (Cha)
Représentation : 3 = 3 (Cha)
Saut *: 0 = 2 (For) – 2 (armure)
Survie : 1 = 1 (Sag)
Utilisation d’objets magiques : -

* : compétences de classe

Dons :
Combat à deux armes

Equipement
Chemise de mailles 100 po 12.5 kg
Serpe 6 po 1 kg
Épée bâtarde de maître 335 po 3 kg
Havresac d’Hévard 2 000 po 2,5 kg
Habit de moine gratuit et sans poids
Sacoche de ceinture 1 po 500 g
Plume d’écriture 1 pa -
Encre, la fiole 8 pa -
Symbole sacré d'Eilistraée (argent avec un rubis) 50 po 1 kg

Petit livre reliure cuir rouge 15 po 1 kg (poche secondaire 1)
Corde en soie de terre 12 po 3.5 kg (Poche principale)
Couverture d’hiver 5 pa 1.5 kg (poche principale)
Grappin 1 po 2 kg (poche principale)
2*Outres 1 po 2 kg (poche secondaire 1)
Pierre à aiguiser 2 pc 500 g (poche secondaire 1)
3*Rations de survie (par jour) 1.5 po 1.5 kg (poche secondaire 2)
Savon 1 livre 5 pa 500 g (poche secondaire 1)
Silex et amorce 1 po - (poche secondaire 1)
Écritoire de voyage 30 po 4 kg (poche secondaire 2)
Jeu de cartes de qualité 2 po - (poche secondaire 1)


Argent de départ : 2700 po
Dépensé : 2558,82 po
Reste : 141,58 po

Charge :
actuelle :21 kg
légère : jusqu'à 29 kg
moyenne : 29–58 kg
lourde : 58–87,5 kg

A l'instar de sa race, il fait preuve d'une grande agilité, mais à aussi développé sa musculature afin de se créer son style de combat si particulier. D'une grande beauté, il préfère avoir des tenues légères et amples pour bouger facilement. Ses cheveux longs blancs sont coiffés en tresses africaines (c'est quoi « africaines »?), mais c'est la seule chose dont il se soucie visiblement dans son apparence, ne portant aucun bijou ou ornement.
Fëanáro est résolument tourné vers le futur, sachant que son passé ne lui offrira rien de bon. Il agit désormais pour que ceux qui l'entourent prennent conscience de son utilité et ne plus être jugé par le cliché «C 'est un drow, c'est le mal. Brulons-le !». A la recherche de reconnaissance, il fera tout pour que son nom soit connu, quitte à utiliser le métal ou la magie. De nature foncièrement bonne, il n'hésitera pas cependant à violer la loi pour assurer sa survie.

Combat
L'elfe noir ne se jette jamais dans un combat aveuglément. Il estime d'abord les capacités de l'adversaire et si le besoin se fait sentir, il use de sa magie avant et pendant le combat afin d'assurer sa victoire, que ce soit en se renforçant ou en troublant les sens de l'adversaire.

Pouvoirs magiques (Mag) : 1 fois par jour - lueur féérique, lumières dansantes et ténèbres. Ces pouvoirs sont semblables aux sorts du même nom, lancé par un ensorceleur du niveau du drow.
Vulnérabilité à la lumière (Ext) : Une exposition abrupte à une lumière vive (plein soleil ou sort de lumière du jour) les aveugle pendant 1 round. De plus, les drows sont éblouis quand ils opèrent en pleine lumière.
Magie divine:
5 (5 classe) sorts de niveau 0/jour : (4 sorts connus)





4 (3 classe + 1 charisme) sorts de niveau 1/jour : (3 sorts connus)






Background :
Citation:
Préface

L'histoire qui va suivre ne s'approche en rien des contes de fées dont on se sert pour endormir les enfants. Elle vous dévoilera, telle une introduction, le début d'une vie dont les racines sont un sombres mélanges entre les plus vils instincts du monde animal et les pires créations issues des créatures dites intelligentes. Ces actes innommables, qui ont engendré cette histoire, appartiennent à un passé dénué de toute pureté qu'aucune âme douée de bonté ne pourrait ne serait-ce qu'imaginer.

Cependant, aussi mauvaise soit-elle, une graine reste une graine, et reste à savoir si l'arbre qui va se développer sera grand et majestueux, décharné et maléfique, ou simplement détruit en pleine croissance avant d'avoir pu se révéler. Je vous laisse maintenant partir à la découverte de cet être à la peau noire et au livre rouge, à la recherche de reconnaissance, par la crainte ou le respect.

Le Clergé d'Oghma

L'histoire commença avec une plage du pays de Turmish, où la mer déposa un jour le corps d'une elfe, les haillons déchirés révélant des cicatrices et des blessures dont seuls les guerriers les plus aguerris peuvent se vanter d'en posséder. Quelques enfants d'un village voisin qui jouaient là l'aperçurent, la prennant pour un corps rejeté par les flots, et l'un d'eux alla chercher ses parents alors que les autres restaient là, à contempler le corps meurtri. Les pêcheurs ne tardèrent pas à arriver, voulant offrir une sépulture à l'elfe et éloigner ce triste spéctacle des jeunes spéctateurs, mais lorsqu'ils s'aperçurent qu'elle respirait encore, ils l'emmenèrent avec soin à la plus proche église où un prêtre pourrait tenter de la soigner, le teint cadavérique du corps de l'elfe laissant supposer qu'elle n'en avait plus pour longtemps. Arrivé au temple d'Oghma, les hommes entrèrent sans ménagement dans l'église, hélant à l'aide. Un prêtre humain d'une quarantaine d'années, le père Anthoine Cern, arriva en courant et voyant l'elfe, emmena les hommes dans une chambre servant parfois aux domestiques, où les villageois allongèrent l'elfe, puis le prêtre les pria de partir pour qu'il puisse la soigner tranquillement, les remerciant de la grandeur d'âme dont ils avaient fait preuve. Anthoine incanta des formules qu'il réservait aux cas les plus graves, l'état de la jeune femme se dégradant visiblement. Lorsqu'il eu fini de la soigner, il appela une de ses consœurs afin qu'elle vérifie plus précisément si l'elfe n'avait pas d'autres blessures qu'il n'aurait pas aperçu de prime abord. Elle s'occupa de l'elfe, lui ôtant ses haillons pour lui passer une tunique propre, l'auscultant minutieusement afin qu'elle ne coure plus de danger. A la fin de son examen, elle rejoint Anthoine pour lui transmettre ce qu'elle avait appris : l'elfe ne risquait plus rien avec ses blessures, toutes étaient correctement guéries, mais elle resterait surement inconsciente pendant quelques jours car suite à son voyage dans la mer, son corps avait besoin de récupérer. Cependant, toutes les blessures n'étaient pas dues à la mer : les traces de coups et l'état de la surface du corps comme de l'intérieur de ce dernier laissait deviner des tortures subies sur une grande période de temps. La dernière information que la prétresse dévoila n'était pas la moins importante : l'elfe était enceinte. Anthoine fut surpris d'apprendre la grossesse de l'elfe alors qu'elle avait été apparement torturée, et il demanda à ce que la chambre ne soit pas utilisée par qui que ce soit, car il tenait à ce que l'elfe puisse se reposer calmement après l'épreuve qu'elle venait de passer. L'elfe se réveilla le lendemain, encore fiévreuse, désorientée. Elle se redressa subitement pour chercher où elle se trouvait : le décors ressemblait à une bâtisse en pierre, mais loin de sa geôle, et le soleil passait à travers de grands vitraux qui illuminaient la chambre où elle se trouvait de nombreuses couleurs. Ce fut un toussotement qui lui fit remarquer l'homme assis en retrait dans un coin de la chambre. Elle se retourna aussitôt, comme prête à bondir, mais la tête embrumée et une grande fatigue ne lui permettaient pas de se mouvoir librement.
« Je vous conseillerais de rester allongée pour le moment. Je vous ai peut-être soignée, mais vous n'êtes certainement pas encore rétablie. » lui dit Anthoine d'un ton sec.
« Qui êtes vous? Et où est-ce qu'on est? Et quand?» dit l'elfe d'un ton menaçant, l'attitude d'un fauve prêt à bondir.
L'attitude de l'elfe étonna grandement le prêtre : lui qui s'attendait à discuter avec quelqu'un de gracieux et de calme, il avait l'impression de se retrouver enfermé dans une cage face à un fauve, mais il répondit, retrouvant son aplomb à chaque mot prononcé : « Je suis le père Anthoine et vous vous trouvez actuellement dans un petit village du Turmish, non loin de la capitale Alaghôn, et plus exactement au temple de mon Seigneur Oghma, temple dont j'ai la charge. Pour ce qui est du quand, nous sommes le 25ème jour de la Fonte, en 1272. Du calendrier des Vaux, bien sûr. Vous êtes arrivée ici gravement blessée, apparemment jetée par la mer sur une plage proche. Des hommes vous ont retrouvée et vous ont ramenée ici. Cela s'est déroulé hier. Ce qui c'est passé avant cela, seule vous le sachez. », puis l'homme lui posa la question qui le taraudait : « Et je serais curieux de savoir comment vous êtes arrivée sur cette plage, justement. Mais avant tout, qu'elle est votre nom, chère demoiselle?»
« Je m'appelle Terrana, et pour ce qui ce qui est de mon passé, ça ne concerne que moi. » répliqua sèchement l'elfe, ne voulant s'épancher sur le sujet, l'apparence se rapprochant de plus en plus d'un animal en colère que d'un être humain convalescent.
« Vous avez le choix, mais si vous ne me dites pas la vérité sur votre passé, je ne pourrai vous aider et vous devrez quitter ce temple, car je ne peut courir le risque d'accueillir une mauvaise personne dans cette enceinte sacrée. » Sur cette dernière partie, Anthoine avait durci le ton, montrant à Terrana qu'il était sérieux.
« Ok, ok, si vous voulez tellement le savoir, je vais tout vous raconter. »

Et elle raconta son histoire, celle d'une elfe capturée par les drows et torturée, mais elle omis ou mentit sur des pans entiers de son histoire. Le prêtre écouta soigneusement les dires de l'elfe, et même si celle-ci tenta de lui mentir, il arriva sans problème à déterminer à quelles parties il pouvait se fier et lesquelles seraient à approfondir. Elle était certes à plaindre pour avoir été torturée, mais instinctivement, Anthoine se méfiait d'elle. Il décida néanmoins qu'il tenterait de la garder sous son toit : ses mensonges et ce quelque chose qu'il sentait de menaçantchez elle le dérangeaient, mais elle avait quelque chose de précieux sur lequel il devait veiller. D'ailleurs:
- « Au fait, fit-il avant de sortir de la chambre de l'elfe, je sais que cela risque d'être dur pour vous à entendre vu ce que vous avez vécu, mais il me faut vous dire la vérité à mon tour : vous êtes enceinte. »
- « C'est merveilleux ! » fit Terrana dans une imitation de joie plus que grossière et malsaine, et une lueur de folie derrière ses yeux laissa voir au prêtre que cet enfant devrait être éloigné de sa mère au plus vite après sa naissance, car il n'aurait aucune chance avec elle, et le futur lui confirmerait cette pensée.

Les semaines qui suivirent, Terrana recouvra doucement ses forces, Anthoine limitant l'efficacité de ses soins afin de la contrôler aisément, puis, quand elle put bouger librement, elle demanda au prêtre si elle pouvait travailler comme domestique au service du temple, voulant ainsi le remercier de ce qu'il avait fait pour elle. Anthoine lui accorda rapidement cette requête, il pourrai ainsi garder un oeil sur elle, cherchant par la même la véritable raison de l'elfe de vouloir rester au temple. Dans les semaines qui suivirent, il eut sa réponse : Terrana étudiait, dès qu'elle avait du temps libre, les livres de la bibliothèque d'Oghma, et plus spécifiquement les livres concernant les elfes noirs et l'Outreterre. Son désir de vengeance devint de plus en plus fort, et il lui arrivait souvent de marmonner de sombres paroles et d'élaborer des plans à demi-voix sans faire vraiment attention à ce qui l'entourait.

Vint quelques mois après cela le jour de la naissance. Anthoine avait appelé une sage-femme du village afin d'aider au travail de la mère, mais il avait insisté pour assister à l'accouchement, pour « aider » en cas de besoin. Lorsque la sage-femme commença à attraper l'enfant, sa surprise et son dégout faillirent lui faire lâcher prise, car l'enfant, outre le fait qu'il présentait des oreilles pointues qui était chose normale, avait la peau noire comme l'ébène. Anthoine avait prévu que cela pouvait arriver, et que la suite serait surement compliquée, mais il faisait encore confiance en une chose : l'instinct maternel. Terrana entendit la légère exclamation de la femme mais ne put agir avant d'avoir complètement donné le jour son enfant. Lorsque la femme tenant le nouveau-né se leva, tremblante, avec celui-ci dans les mains et que le regard de l'elfe tomba sur son enfant, Terrana se redressa comme si de rien n'était et bondit toutes griffes dehors pour écharper l'enfant, la dernière parcelle d'esprit sain qu'il lui restait venant d'être envahie par la folie à la vue d'une de ces répugnantes créatures qui l'avaient tant fait souffrir. Anthoine, sur ses gardes, réussit à réagir à temps et attrapa Terrana au vol, tentant de l'éloigner de l'enfant, et cria à la sage-femme de sortir avec l'enfant. Mais celle-ci ne bougea pas, c'était trop pour elle : venue pour un simple accouchement comme d'habitude, c'était à un drow qu'elle avait aidé à donner la vie et sa mère, devenue pire qu'une bête, voulait sans aucune retenue égorger son enfant, à peine était-il sorti de son ventre. Elle ne savait plus quoi faire. Anthoine de son côté luttait durement avec la femme qui malgré une plus faible corpulence se débâtait sans relâche. Elle réussi un court instant à s'échapper de l'étreinte du prêtre pour se jeter à nouveau sur l'enfant, mais le prêtre parvint à la rattraper au dernier moment par la cheville et la ramena à lui, alors que la main de l'elfe laissait des traces de griffes sur le ventre du nouveau-né qui commença à pleurer de douleur. L'homme parvint à la plaquer la mère au sol, mais plus le temps passait et plus l'elfe devenait incontrôlable. Il choisit donc de l'assommer, sachant que ce ne serait qu'une solution provisoire.

Il renvoya la sage-femme chez elle, et quoique choquée, elle repartie sans broncher. Anthoine s'était assuré de son silence par une bourse d'or; il n'avait pas besoin de villageois en colère voulant réduire le nourrisson en charpie. Il fallait qu'il trouve un moyen de protéger le petit de sa mère définitivement. La relâcher ne servirait à rien car il savait qu'elle reviendrait pour étriper son enfant, et la tuer lui était impossible, il n'était pas un vulgaire assassin. Il choisit donc une solution qui le répugnait en tant que prêtre d'Oghma, mais entre ça et la mise à mort de l'elfe, il n'avait pas le choix : il attacha Terrana à une chaise solide au moyen de cordes, s'assurant qu'elle ne s'enfuirait pas, puis il incanta afin de l'avoir sous son joug. Lorsque son emprise sur elle fut certaine, il lui demanda de raconter son histoire et surtout l'histoire de tout ce qui lui était arrivé jusqu'à ce moment sans omettre le moindre détail, et tout ce qu'elle raconta, Anthoine le consigna dans un petit livret de cuir rouge sur lequel reposait le sceau d'Oghma. Au moment où Terrana termina son récit, Anthoine posa plume, referma le livre, se leva et marcha vers Terrana : c'était maintenant ou jamais, autant pour lui que pour elle. Il tendit les bras vers l'elfe et se concentra, psalmodiant des formules qu'il aurait préféré garder loin de ses connaissances, et au fur et à mesure de la récitation, les souvenirs de Terrana les plus récents s'effacèrent, puis ceux un peu plus anciens et de plus en plus loin, le sort d'Anthoine supprimant en allant la mémoire de l'elfe. Il lui effaça ainsi tout ce qui lui était arrivé depuis sa première rencontre avec des drows et ses années de captivités. Puis il enleva ses liens, l'attacha à un cheval sans trop de problème, le sort ayant plongé l'elfe dans un profond sommeil, puis il prit lui-même un cheval et il les emmena loin du temple, où il la déposa sur le sol, juste à coté du chemin, et se mit à couvert d'arbres, hors de la vue de l'elfe.
Il dû attendre quelques heures que l'elfe se réveille. Elle ouvrit les yeux doucement puis sauta prestement sur ses jambes, observant rapidement les alentours pour comprendre où elle était, cherchant les ennemis comme une bête. Elle semblait déboussolée et exténuée, mais comme elle n'apercevait rien aux alentours, elle leva les yeux, regarda la position du soleil dans le ciel, puis partit rapidement, sans même un regard en arrière.

Anthoine était soulagé de voir que Terrana avait pris une direction opposée à celle du temple, et qu'importe là où elle allait, cela ne le concernait pas. Maintenant, il fallait qu'il réfléchisse à ce qu'il allait faire de l'enfant. Il lui avait certes sauvé la vie, mais il ne pouvait le garder au temple, car outre le fait que garder un drow au temple serait dangereux, le nourrisson était un elfe et sa longévité poserait problème dans son éducation : Anthoine ayant déjà une cinquantaine d'années, le clerc serait mort avant que l'enfant n'atteigne l'age adulte.Il revint donc au temple. L'enfant dormait sur le lit du prêtre, là où le clerc l'avait laissé en partant, ne pouvant le confier à un quelconque domestique du temple. Il avait soigné la blessure au ventre de l'enfant, mais même si celle-ci était superficielle, elle avait laissé trois petites cicatrices sur l'enfant. La seule solution pour l'enfant était qu'il soit confié à un elfe, mais quels elfes accepteraient de s'occuper d'un elfe noir, à part les drows eux-même. Hors, si il avait tout fait pour que l'enfant survive, ce n'était pas pour le voir aller aux mains de la seldarine noire.

*La seldarine noire...* la pensée de se panthéon réveilla un ancien souvenir d'Anthoine, souvenir poussiéreux datant de ses études des panthéons dans sa jeunesse, souvenir que même si la seldarine noire était totalement corrompue, il y avait une rumeur d'une déesse veillant sur les drows bons, même si a l'époque, il doutait de l'existence de cette déesse et de ses protégés . Mais cela datait d'une cinquantaine d'années, et il n'avait pas entendu parler de ça depuis qu'il était devenu prêtre. Il envoya donc une lettre à l'un des plus gros temple d'Oghma, en clair l'une des plus grosses bibliothèques du continent, pour avoir des renseignements sur cette mystérieuse déesse. En attendant, il devrait s'occuper de l'enfant, mais sans négliger ses devoirs de prêtre afin que personne ne se doute de rien. Il réussit à convaincre la sage-femme qui avait accouché Terrana de s'occuper de l'enfant pendant que lui-même serait occupé par ses fonctions. Il reçu une lettre en réponse à sa demande quelques semaines après ça : il y avait bien une déesse qui veillait sur les rares drows bienveillants, et qui répondait au nom d'Eilistraée. Son culte était encore très faible, et même s'il était surtout présent en Outreterre, il existait quelques branches présentes à la surface, branches qui avaient pris contact avec les autres cultes afin de lier des alliances.

Sous le prétexte fallacieux de partage d'informations, il envoya une demande au temple, au cas où un missionnaire d'Eilistraée s'y présenterait, qu'il soit invité à sa modeste église le plus rapidement possible. Anthoine ne pouvait aller en quête d'un prêtre de ce culte lui-même en délaissant tous ses devoirs, et rajouta quelques prières à Tymora en plus de ses prières habituelles. La réponse ne fut cependant pas aussi rapide que pour sa précédente requête, et il dû commencer à élever l'enfant par lui-même. L'année du Chariot vit donc la naissance de celui qui sera son élève.

Éducation

Dès lors, il s'occupa de l'enfant dès qu'il le pouvait, la nourrice prenant « soin » de lui le reste du temps. « Soin » car si l'enfant avait reçu de l'amour pendant son enfance, elle avait tout fait pour ne pas en être responsable : elle le touchait que quand cela devenait nécessaire et restait la plupart du temps loin de lui, le posant sur une paillasse pour qu'il ne se blesse pas puis reculait promptement, avec un air dégouté toujours présent dans son regard. Anthoine le savait, mais il ne pouvait prendre le risque d'engager quelqu'un d'autre et d'augmenter ainsi le nombre de personnes au courant de son secret.

Malgré cela, le prêtre s'occupa de l'éducation de l'enfant et lui apprit avec rigueur à parler puis à écrire et lire en commun mais pas l'elfique, le prêtre ne connaissant que peu de langues. Il ne fit cela au début que dans le but que l'enfant commence correctement son éducation. Mais Anthoine perdit lentement l'espoir de voir un représentant d'Eilistraée venir à son église, et il dû se résoudre à élever l'enfant par lui-même, quelques soient les difficultés. Il se renseigna donc sur les drows, afin de connaître les caractéristiques observables de ce peuple pour élever efficacement l'enfant. La surprise fut donc peu présente le jour où Anthoine découvrit l'enfant avec dans la paume de la main une petite flamme, de la taille de celle d'une bougie, et la nourrice terrorisée, plaquée contre un mur au fond de la pièce, récitant des prières pour éloigner le « démon ». La convaincre de revenir après cela fut difficile, mais une augmentation de la taille de la bourse mensuelle l'aida à passer outre cette spécificité de l'enfant.

Anthoine veilla donc de plus en plus sur l'enfant, le restreignant, le punissant à chaque fois qu'il utilisait ses pouvoirs, afin de ne plus avoir de problème avec la nourrice, le besoin en or de la femme n'étant pas compatible avec les caisses de l'église, et le prêtre ayant déjà assez à faire sans s'occuper de la formation d'un utilisateur de magie, sacrée ou non. Pour corser le tout, l'enfant semblait outrepasser le commun de ses pairs, sa magie ne semblant pas se limiter aux sorcelleries visuelle dont les drows faisaient montre naturellement dès le plus jeune âge, il fallait donc la restreindre pour l'instant, et il verrait une fois que l'enfant aurait un peu grandi. Malgré la stricte éducation qu'il donnait à l'enfant, il s'attacha à celui-ci, et lui donna ce qui lui manquait le plus : un nom. Il trouva rapidement un prénom en rapport les capacités de l'enfant : Fëanáro qui signifie 'esprit de feu' en elfique et pour le nom, Terraé, en rapport à celui de sa mère.

Le petit grandit ainsi dans le temple. Il passa ses premières années sans jamais sortir de la chambre d'Anthoine, jusqu'à ce qu'il commence à lire, moment à partir duquel le clerc l'autorisa à consulter la bibliothèque du temple, mais seulement de nuit. Lorsque l'enfant commença à questionner le prêtre sur ses parents et ses origines, Anthoine choisit de lui mentir, lui annonçant que ses parents étaient victimes d'une guerre, préférant attendre avant de révéler la vérité à l'enfant. Quand il atteint les dix ans, la nourrice fut renvoyée chez elle avec une nouvelle quantité conséquente de pièces d'or afin d'emporter le secret dans sa tombe. Anthoine pensait qu'il avait assez bien éduqué l'enfant pour que celui-ci puisse rester seul la journée dans le temple. Cinq ans plus tard, Fëanáro avait prit l'habitude de jouer dans le temple, se déplaçant à travers les couloirs en évitant les serviteurs et lorsqu'il était sûr de ne pouvoir être surpris, s'entrainait à faire sortir cette énergie qu'il sentait en lui et qui ne demandait qu'à sortir.

Cependant, il trouva vite le temple trop petit : en connaissant tous les recoins, il voulut tester quelque chose de plus grand, de plus vaste et s'aventura, de nuit, dehors. L'un des serviteurs n'avait pas fermé un vitrail de l'église et lorsque le jeune drow passa à côté, il vit le monde qui l'entourait, hors de son petit temple, et ne résista pas à l'envie de jouer dans une cours plus grande. Il sortit et se balada dans le village, faisant attention à ne pas être près des torches et lampes, évitant de trop s'approcher des fenêtres, découvrant peu à peu le monde extérieur. Cependant, alors qu'il passait derrière une maison, il fut surprit par la maitresse de maison alors qu'elle sortait par la porte de derrière. Il s'échappa en vitesse dans les ombres, mais un instant trop tard : le cri strident que la femme poussa lorsqu'elle vit la forme sombre rameuta tous les habitants de la maison, dont le père de famille, armé du premier outil qui passait. Fëanáro s'esquiva, voulant retourner au plus vite au temple, mais très vite, les habitants de la maison sortirent avec des torches, recherchant la bête sombre qui ressemblait fortement à un drow. L'enfant eu du mal à retourner à l'église sans être vu, la peur au ventre, car ce n'était pas de la surprise qu'il avait vu dans les yeux des gens, mais le même dégout que celui qu'affichait sa nourrice. Pourquoi les gens avaient-ils cette réaction dès qu'ils le voyaient? Qu'avait-il fait? Il réussit à revenir au temple en restant dans les ombres protectrices et put passer passer par le vitrail par lequel il était sortit, bénissant presque la chance qui avait fait que cet accès n'était pas fermé. Il vérifia qu'il n'y avait pas de serviteurs puis se dirigea vers les quartiers d'Anthoine. Le prêtre était déjà-là, attendant, debout au centre de la chambre. Il n'y avait aucun doute pour le jeune elfe : au vu de la mine sombre du clerc, celui-ci était au courant de sa sortie. Ce serait un euphémisme de dire que la punition fut douloureuse, Anthoine voulant ôter à l'enfant toute envie de récidive, mais il était trop tard : l'enfant avait vu le monde extérieur, et il en voulait plus, trouvant de plus en plus les murs du temple étouffants. Pour éviter qu'il ne recommence, le prêtre prit l'habitude de verrouiller sa chambre, enfermant l'enfant, pensant que les livres de sa bibliothèque personnelle suffiraient à calmer l'impatience de l'enfant. Faisant cela, et sans connaissance de cause, il prit le pire entre deux options : laisser l'enfant gambader en plein village était certes dangereux, mais le prêtre avait oublié une bombe, reliée de cuir rouge, qu'il avait rangé dans sa bibliothèque. Les premiers jours, l'enfant eut du mal, faisant les cents pas dans la chambre, voulant retenter l'expérience, voir de nouveau ces choses qui lui avaient été cachées. Puis devant le temps qui passait, et l'obstination d'Anthoine à le garder enfermé, il commença à chercher les livres qui parlaient du monde extérieur, une façon indirecte de découvrir ce qui l'entourait. Il lut ainsi la plupart des livres de la bibliothèque du clerc, se qui satisfaisait pleinement ce dernier, mais il fut un jour où il tomba sur un petit livre. L'écriture semblait être celle d'Anthoine ( Fëanáro l'avait vu de nombreuse fois lorsque le clerc lui avait apprit à lire). La couverture était de cuir rouge, et dessus reposait le sceau d'Oghma. Seule quelques pages au début du livre étaient remplies, semblant raconter une histoire très brève, le reste des pages du livre étant encore blanches. L'enfant réfléchit un instant, se demandant s'il avait le droit de lire ce livre, mais la curiosité l'emporta et il commença sa lecture. Il y découvrit l'histoire d'une femme, une elfe apparemment, qui chassait avec son groupe d'autre elfes, parce qu'ils avaient la peau noire, et que ce groupe avait été détruit. Il ne comprit pas la suite du texte, les mots et les idées associées lui étant inconnues, mais il continua sa lecture jusqu'à arriver au point où un jeune elfe noir, tout comme Fëanáro, naissait de la femme, et la première chose qu'elle tenta de faire était de tuer son enfant. Apparemment, Anthoine faisait partie de cette histoire, revenant souvent. C'était lui qui avait recueilli cette femme, l'avait soignée, et l'avait aidée à accoucher. C'était apparemment aussi grâce à lui que l'enfant avait été sauvé de sa mère, tout le mal qu'elle avait pu faire à son fils se limitant à une petite blessure sur le ventre de son fils. Alors que l'enfant lisait ce passage, il passa inconsciemment ses doigts sur trois petites cicatrices parallèles au bas de son ventre qu'il avait depuis tout petit sans savoir d'où elles venaient. Il était l'enfant de l'histoire; et Antoine lui avait toujours menti sur ses parents pour ne pas lui dire que sa mère avait essayé de le tuer, et ce n'était peut-être pas le seul mensonge qu'Anthoine lui avait fait croire. Il ne voulait plus rester ici, dans ce temple où il était cloisonné, séparé du monde et où le mensonge régnait. Il prit un vieux sac de voyage d'Anthoine, y mit le livre, et quelques vêtements à lui. Puis il attendit patiemment près de la porte le moment où Anthoine rentrerai de la messe journalière. Quand il entendit les pas du clerc dans le couloir, il se posta contre le mur près de la porte, écouta le mécanisme de la serrure se débloquer, puis vit la poignée tourner. Au moment où la porte s'ouvrit, il fonça, se jeta entre les jambes d'Anthoine, courut à l'extérieur alors que le clerc, surprit commençait à peine à se retourner. Le drow partit en direction de la cuisine sans plus aucune prudence, arrachant des cris aux serviteurs qu'il croisait, et quand il arriva aux cuisines, ferma la porte et enclencha son loquet. Il n'y avait personne, midi étant passé depuis quelque heures. L'enfant récupéra quelques aliments et ouvrit une fenêtre pour sortir quand son regard tomba sur un couteau de cuisine enfoncé dans un morceau de viande. Il aurait surement besoin de se défendre contre l'extérieur, ne sachant pas ce qui l'attendait, il prit donc la lame et partit, abandonnant le temple derrière lui. Il avait quinze ans, ne connaissait rien et n'avait que pour lui qu'un livre rouge et sa curiosité; la survie s'annonçait difficile.

La Fuite

Commença pour lui passage d'errance où il dû se résoudre à voler pour survivre, s'arrangeant pour le faire de nuit, celle-ci l'aidant dans tout ses actes, que ce soit voyager discrètement ou s'assurer d'avoir de quoi se nourrir, dormant pendant le jour, dans les bois ou sur des toits où personne n'allait. Il avait quelque fois tenté de sortir le jour, mais quelque soit les personnes qui le voyaient, enfants ou vieillards, hommes ou femmes, tous le regardaient avec dégout et certains même le chassait avec des outils ou des armes. Il ne savait pas d'où venait cette haine contre lui, cette même haine que celle qui avait fait que sa propre mère avait tenté de le tuer, mais ça semblait en rapport avec la couleur de sa peau, car il avait beaucoup d'autres elfes avec des peaux dorées, argentée et même légèrement bleues et ceux-là pouvaient vivre parmi les autres sans problèmes. L'enfant survécu ainsi pendant environ trois années, usant de la magie quand la situation le requérait, mais seulement en dernier recours, quand les autres choix qui lui restaient étaient d'être découvert ou capturé. L'un de ses «emprunts» avait pour but de changer ses vêtements élimés par les voyages qu'il faisait sans cesse. Il approchait d'une maison d'humains alors que la nuit était tombé depuis un moment. Toutes les lumières étaient éteintes, il pourraient donc accéder à la pièce où les propriétaires rangeaient leurs vêtements et où personne ne dormait. Il le savait grâce à de précédents repérages qu'il avait fait, même s'il ignorait le sens du mot repérage. Il approcha furtivement de la maison, puis de la porte d'entrée. Il entendit une voix, parlant un langage doux et musical, comme sorti d'un instrument, mais dont il ne reconnu aucun mot. Il se retourna, mais il n'y avait rien autour *Surement le vent* pensa-t-il. «Ce n'est pas un peu minable comme vie? » Fëanáro se retourna, cherchant qui avait parlé, cette fois-ci en commun. Mais personne n'était visible. «Tu ne penses pas valoir mieux que ça? » Une nouvelle fois, la voix semblait venir de nul part. C'était une voix de femme, avec dans le ton, des accents que Fëanáro n'avait jamais entendu dans la région. Une forme sortit de l'ombre d'une maison adjacente : c'était une magnifique elfe habillée de vêtements très fins, mélangeant le blanc et le rouge, avec à son cou, un pendentif représentant une lune d'argent et une étoile rouge. Mais surtout, la peau de cette femme était noire. C'était la première fois que Fëanáro rencontrait quelqu'un comme lui, il avait des centaines de questions qui se bousculaient, mais aucune qui n'osait sortir. La femme fut la première a parler : «Apparemment, c'est toi la sombre créature qui vole les gens du coin. Pas très effrayant, je dois avouer. Tu vas finir par te faire attraper, tu sais. Un ancien message demandait au servant d'Eilistraée de venir dans le coin pour une raison quelconque. J'ai d'ailleurs rencontré le père Anthoine. Il 'a demandait de m'occuper de toi au cas où je te retrouverais. Tu ne sais même pas parler la langue de ta propre race.» Fëanáro sentit comme une nuance de pitié dans la voix de la femme, mais plus important, elle parlait de sa race, dont il ignorait tout. «Si tu le veux, je peut t'apprendre ce que tu es, et comment en profiter. Je peux t'apprendre comment vivre dans ce monde tout en restant respectable. Si tu veux, tu peux venir avec moi.» et elle accompagna les mots d'une main tendue vers l'enfant. Fëanáro savait que s'il continuait comme ça, il serait pris comme la femme l'avait prédit. Il choisit donc d'attraper la main tendue.

Le Clergé d'Eilistraée

Autant dire qu'il regretta souvent d'avoir prit cette main : autant l'éducation donnée par Anthoine était stricte, autant celle du culte d'Eilistraée était parfois un calvaire, car celui-ci éliminait dans la douleur toute pensée où acte de l'enfant qui était moralement répréhensible, tels que ses anciennes habitudes de larcin. Le long des années qui suivirent, il voyagea avec les prêtresses du culte à travers plusieurs pays. Les clercs lui inculquèrent les connaissances qui lui seraient nécessaires pour survivre, à commencer par l'histoire ancienne des drows, de leur trahison et de leur exil, mais aussi leur histoire récente, de leur envie malsaine de la surface et de leurs incursions. Il apprit le maniement des armes afin de pouvoir se protéger et quand il en avait le temps, le clergé le laissait s'entrainer à la magie, et les prêtresses s'aperçurent vite de la prédisposition que l'enfant avait à manipuler la magie, pas la profane comme un ensorceleur, mais la magie sacrée, le don des dieux, que les plus fidèles partisans n'acquéraient qu'après de longues prières, alors que l'elfe semblait manier cette énergie comme si cela était tout naturel. Elles s'arrangèrent alors pour jouer de façon subtile sur son apprentissage, lui donnant les bases nécessaires à toute personne voulant faire partie du clergé. Hors des leçons, à travers les voyages, il apprit la haine des drows et comment s'en protéger, il apprit le port et la manière de s'adresser aux gens sans les brusquer, et comment tenter de calmer leurs appréhensions. Alors qu'il grandissait ainsi, il apprit de plus en plus de mots et les idées qui leurs étaient associées, et comprit de mieux en mieux les mots du petit livre rouge qu'il avait emporté du temple d'Oghma, qu'il lisait pour découvrir et s'approprier son passé. Savoir la vérité sur ses parents, une mère barbare et un elfe noir sadique, lui avait donné l'amertume de savoir qu'il n'avait jamais été désiré, créé dans la violence et né dans la haine. Il ferait en sorte que son existence partie sous les pires auspices ne tombe pas au même niveau que celle de ses géniteurs. Il savait qu'il pourrait y arriver auprès des prêtresses d'Eilistraée, mais l'une des caractéristiques des drows provoqua chez lui un mal-être qu'il ne put jamais calmer : les prêtresses, par leurs manières condescendantes et arrogantes, lui faisaient sans cesse comprendre qu'il leur devait respect et dévotion car il n'était qu'un mâle. Il n'y mit fin qu'après plus de cinquante ans auprès de ces femmes par une manière radicale qu'il avait déjà testé : la fuite. Il laissa une lettre pour les remercier, prit ses affaires et partit en quête d'un lieu où il pourrait vivre tranquillement, sans avoir peur sans cesse que son voisin tente de le tuer. Au moment de partir, il repensa à la fugue qu'il avait faite du temple d'Oghma et la pensée lui vint qu'il n'avait pas du tout grandi, mais elle fut vite contredite : il était encore jeune (71 ans), mais connaissait maintenant le monde et surtout, se connaissait lui-même.

Le Nouveau Départ (Année de l'Oiseau de Sang)

Il voyagea sans cesse, mais ne trouva jamais l'oasis qu'il espérait. Cependant, au fur et à mesure des années qui passaient et des paysages qui défilaient devant lui, il trouva les problèmes, ou plutôt, les problèmes le trouvèrent : il dû de nombreuses fois justifier son innocence, car dès qu'un crime arrivait dans son entourage, les regards avaient une fâcheuse tendance à se tourner vers lui, et s'il n'arrivait pas à convaincre, il fuyait à l'aide de métal et de magie. Et son ascendance ne l'aidait pas : souvent, il ressentait l'envie de sombrer dans la colère, de laisser de coté toute morale, d'agir uniquement à l'instinct, un instinct meurtrier et vicieux, arrogant et vil. Le drow se doutait que ses origines, de chaque côté, devaient y être pour quelque chose. Nombreuses furent les fois d'ailleurs où il reçu des proposition de transport d'objets douteux, de vols et même de meurtres de la part d'étrangers, comme si sa race lui octroyait une moralité dont il ne voulait pas. Il lui arriva cependant d'avoir à refroidir ces étrangers, et si ce n'était pas possible par les paroles, encore une fois, le métal et la magie l'aidaient.

Il voyagea ainsi, murissant, gagnant sa vie en rendant de menus services, et quand il était en terrain hostile, faisait revenir ses anciennes habitudes, se «servant» sans forcément demander. Il arriva cependant le jour où il entendit parler d'une île où toute les races étaient acceptées, le pouvoir en place essayant d'avoir de toutes les ethnies. Il prit donc la direction de la côte ouest, paya un marchand pas trop regardant sur le physique de l'elfe et monta à bord pour arriver peut-être à l'oasis où il pourrait vivre comme toute autre personnes, et s'il avait le temps, aider les autres (une désagréable habitude qu'il avait hérité des différents prêtres qui s'étaient occupés de lui). Il laissait derrière lui le continent qu'il n'avait encore jamais quitté, celui qui l'avait vu grandir et murir. Il espérait que sa future destination lui permettrait de devenir quelqu'un dont le nom inspirerait le respect au-delà de ses origines, et si une personne essayait de se mettre sur son chemin, alors ses ancêtres parleraient à travers lui. Ce souhait se faisait alors qu'il approchait de son centenaire.


Dernière édition par Fëanáro le Sam 09 Avr 2011, 10:03, édité 3 fois.
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