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 Sujet du message: Kyrrian
MessageMessage posté...: Sam 29 Juin 2013, 17:49 
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Inscription: Lun 10 Juin 2013, 23:30
Messages: 41
PX: 640
Nom : Kyrrian
Alignement : Loyal Neutre
Race : Humain
Age : 19 ans
Poids : 67 kg
Taille : 1m71
Sexe : Masculin
Classe : Savant Martial (1)
Divinité : Amaunator
Vitesse : 9 m/r

Expérience : 0 / 1 000

Caractéristiques :

For (12) (+1)
Dex (16) (+3)
Con (12) (+1)
Int (14) (+2)
Sag (12) (+1)
Cha (10) (+0)

Points de vie : 9 pdv

Classe d’armure (CA) : = 10 + 3 (dex) + 1 (chance) + 2 (armure) = 16

Initiative : 4 = 3 (dex) + 1 (rapidité d'action)

Jet d’attaque au corps à corps : = 0 + 2 = 2
  • Épée bâtarde (maniée à deux mains) : 2 = 1 (For) + 1 (Arme de pred) / 1D10+1 / 19-20/ x2
  • Combat à deux armes :
    • dague main droite : -1 = 1 - 2/ 1d4+1/19-20/x2
    • dague main gauche : -1 = 1 - 2 / 1d4+0/19-20/x2
  • Dague(1 main) : 1 = 1 (For) / 1D4+1 / 19-20 / x2
Jet d’attaque à distance : = 0 + 3 = 3
  • Arc court : 3 (dex) / 1D6 / 20 / x3

Jet de vigueur : = 0 + 1 (con) + 1 (chance) = 2
Jet de réflexes : = 2 + 3 (dex) + 1 (chance) = 6
Jet de volonté : = 2 + 1 (sag) +1 (chance) = 4


Langues connues : Commun, orque, halfelin.
Langues Régionales: Chondathan

Capacité de classe :
Rapidité d’action +1 (+1 à l'initiative)
Discipline de prédilection (Esprit de diamant)
Compétence de prédilection [esprit de diamant] (Concentration)
Armes de prédilection [esprit de diamant] (Épée bâtarde, pique, rapière, trident)

Manœuvres connues : http://www.gemmaline.com/martial/liste- ... artial.htm

Dragon de pierre :
(frappe)

Esprit de diamant :
(contre)
(frappe)

Vent du désert :
(boost)
(boost)

Main d'ombre :
(frappe)

Griffe du Tigre :

Soleil couchant :

Postures connues :
(Vent du désert)

Dons : Chance des héros (+1 jds, +1 CA), combat à deux armes

Caractéristiques raciales : 1 don supplémentaire au niveau 1, 4 pts de compétence supplémentaires au niveau 1, 1 point de compétence supplémentaire à chaque niveau.

Compétences : (- compétences de classe savant martial )

Total = DM + bonus carac + autres

Dépendant de la Force :

-Escalade (For)* : 5 = 4 + 1 - 0
-Natation (For)* : 5 = 4 + 1 - 0
-Saut (For)* : 2 = 0 + 2 - 0

Dépendant de la Dextérité :

-Acrobaties (Dex) : 7 = 4 + 3 - 0
Crochetage (Dex) : 3 = 0 + 3
-Déplacement silencieux (Dex)* : 7 = 4 + 3 - 0
-Discrétion (Dex)* : 7 = 4 + 3 - 0
-Équilibre (Dex)* : 3 = 0 + 3 - 0
-Équitation (Dex)* : 7 = 4 + 3
Escamotage / Vol à la tire (Dex) : 3 = 0 + 3 - 0
Évasion (Dex)* : 3 = 0 + 3 - 0
Maîtrise des cordes (Dex)* : 3 = 0 + 3

Dépendant de la Constitution :

-Concentration (Con)* : 5 = 4 + 1

Dépendant de l'Intelligence :

Art de la magie/Connaissance des sorts (Int) : 2 = 0 + 2
-Artisanat (Int) : 2 = 0 + 2
-Connaissances (nature) (Int) : 2 = 0 + 2
-Connaissances (histoire) (Int) : 2 = 0 + 2
-Connaissances (folklore local) (Int) : 2 = 0 + 2
-Connaissances (noblesse) (Int) : 2 = 0 + 2
Contrefaçon (Int) : 2 = 0 + 2
Décryptage (Int) : 2 = 0 + 2
Désamorçage/sabotage (Int) : 2 = 0 + 2
Estimation (Int)* : 2 = 0 + 2
Fouille (Int)* : 2 = 0 + 2

Dépendant de la Sagesse :

Détection (Sag)* : 1 = 0 + 1
-Perception auditive (Sag)* : 5 = 4 + 1
-Premiers secours (Sag)* : 1 = 0 + 1
Profession (Sag) : 1 = 0 + 1
-Psychologie (Sag)* : 1 = 0 + 1
Survie (Sag)* : 1 = 0 + 1

Dépendant du Charisme :

Bluff (Cha)* : 0 = 0 + 0
Déguisement (Cha)* : 0 = 0 + 0
Diplomatie (Cha)* : 2 = 2 + 0
Dressage (Cha) : 0 = 0 + 0
-Intimidation / Persuasion (Cha)* : 0 = 0 + 0
Renseignements (Cha)* : 0 = 0 + 0
Représentation (Cha)* : 0 = 0 + 0
Utilisation d'objets magiques (Cha) : 0 = 0 + 0


Équipement : (dans le sac à dos *)

Armure en cuir (7,5 kg) [ 10 po]
épée bâtarde (3kg) [35 po]
*arc court (1 kg) [30 po]
*flèches (20) (1,5 kg) [1 po]
Tenue de voyage (0 kg portée/ 2,5 kg dans le sac) [ 0 po]
sac à dos (1 kg) [2 po]
*une demi livre de savon (0,25 kg) [2 pa 5 pc]
*paillasse (2,5 kg) [1 pa]
*torche (0,5 kg) [1 pc]
*silex et amorce ( 0 kg) [1 po]
*outre (2 kg) [1 po]
*1 rations de survie (0,5 kg) [5 pa]
2 dague (1 kg) [2 po]
*bourse (0 kg) [1 pc]


sac d'Annaë

Or : 17 Po 0 Pa 3 Pc (0.21 kg)

Perte d'une pa (taverne)


Charge : légère : 20,96 kg < 21,5 kg



Background


Description physique :

Image

De loin, il ressemble à tout voyageur, bottes et vêtements de voyage légèrement usés par le temps. Il porte par dessus un manteau brun, taché à certains endroits, que ce soit du sang ou autre chose, impossible à dire. On voit nettement l'arme qu'il porte dans le dos mais pas le couteau attaché à la ceinture.

Pour un jeune homme de 18 ans, il est bien formé, les muscles de son corps se sont dessinés par des exercices quotidiens, mais sans pour autant être l'équivalent de ceux d'un lutteur. Sa peau est légèrement halé à cause du temps qu'il a passé en plein air.
Une démarche naturellement souple, s'ajoute au portrait lui offrant ainsi une silhouette harmonieuse. Quant à ses mains, elles sont semblables à celles d'un soldat, c'est à dire calleuses.

Il arbore une coupe de cheveux courte et ne se soucis pas de les coiffer le moins du monde. A ses tifs châtains foncés s'ajoutent des yeux bleus intenses. Le reste des traits de son visage ne sont pas exceptionnels, lui permettant de se fondre dans la foule assez aisément.

Caractère et morale :

Il est bien sur de nature plutôt posée, préférant la réflexion à l'action. Pas trop bavard à la première approche, il n'est pas du tout mondain et n'aime pas s'afficher. Si jamais vous l'interrogez sans le connaitre au préalable, vous aurez surement une réponse claire et nette sans débordement. Néanmoins avec ses amis et ses proches, il se montre plus exhaustifs dans ses explications.

Bien qu'il semble froid et distant, il est toujours attentif envers les besoins des autres. Il place souvent dans l'ordre des priorités ceux des autres avant les siens. Vous aurez donc surement l'occasion de le voir vous aider à une tâche ou vous apporter quelque chose avant même que vous ne lui ayez demandé.

Fiable, c'est quelqu'un de confiance qui attend beaucoup de lui-même. C'est là une trace laissée par l'entrainement poussé que lui a fait subir son maître. De même, le peu d'affaires qu'il a est mieux rangé que les étagères de Château-suif. Sa discipline est à la hauteur de celle de certains moines.
Il respecte la hiérarchie, l'ancienneté et l'expérience qui en découle. Pourtant il a bien conscience que les règles ne peuvent pas toujours être suivies. Aussi dans ses choix, il choisi au plus "juste" et au plus "bon", même si cela veut dire se confronter ou enfreindre certaines lois.
Sa discipline ressort aussi dans le jeu de stratégie auquel il s'adonne, jeu provenant de Kara-tur composé de 19 lignes horizontales et 19 verticales tracées en noir sur du bois dur et définissant le plateau de jeu. Pour le reste c'est un jeu qu'il affectionne surtout quand il peut trouver des disciple de la cavalière rouge qui font alors des adversaires redoutables .

L'esprit ouvert, il prend en compte les idées qui lui sont proposées avant de les analyser. Et les voyages qu'il a déjà effectué n'ont pas su épancher sa soif de découvertes mais l'ont quand même bien entamée. Pour le moment c'est la vengeance qu'il recherche, mais sa tempérance l'amène à relativiser, s'améliorer est donc sa priorité.

Côté religion, il vénère Amaunator, bien que ce dieu est disparu, il se sent plus de liens avec lui qu'avec les autres divinités du panthéon. La justice pure est présente dans ses préceptes et la discipline y est largement conseillée.

Relations :

Mon père un homme de stature moyenne, avec des cheveux grisonnants, et toujours un air sérieux sur le visage vendait différents services aux caravanes marchandes qu'il s'agisse de réparation ou de biens.

Ma mère quant à elle, une petite femme menue, toujours un sourire aux lèvres tenait la maison et gravait parfois sur l'ivoire de truite rapporté des différentes villes du valbise. Peu douée en négociations elle laissait à mon père le soin de vendre ses quelques gravures.

Image Annaé, cette jeune fille réservée a toujours été mon amie. Je la connais depuis mon enfance, elle est pour moi comme une petite sœur. Elle m'a appris à jouer aux échecs et je l'accompagnais souvent pendant des ballades en forêt. J'ai toujours gardé contact avec elle.

ImageMon maître Shige, est un homme très patient et calme, je ne l'ai vu que une ou deux fois énervé pendant les dix années que j'ai passé à ses côtés. C'était un homme qui vivait pour son art et le maîtrisait à merveille. Sa discipline aurait fait pâlir même les moines les plus droits.

ImageAlya, celle que je cherche désespérément à retrouver. Une disciple de la voie elle aussi mais surtout celle qui fait battre mon cœur. Je n'ai passé que quelques mois avec elle mais ce furent des instants que je n'oublierais jamais. Moins disciplinée que moi, son talent au combat était alors néanmoins plus grand. Elle fait parti des plus grand projets de ma vie.

Image L'épée de mon maître, bien qu'un objet ne soit pas un être vivant, je suis persuadé que cette arme est plus qu'un simple objet magique. J'ai pu le ressentir en la tenant en main.


Histoire :

Récit d'un artiste martial.

J'ai longtemps réfléchit à ce qui forge notre personnalité. Notre vie est constituée d'une infinité de fragments, des instants. Mais parmi tout ces instants, seuls quelques uns sont importants à nos yeux.
Bien sur il y en a qu'on chéri plus que d'autres et même certains où l'on aimerait arrêter le temps mais ils sont tous essentiels à la création de notre être en tant que personne. Ce sont des instants "chocs", des moments de forte intensité qui marquent notre vie.
Ce sont ces souvenirs précis qui écrivent une histoire, notre histoire. C'est comme un livre personnel que l'on passe et repasse en nous sans fin.

Pour vous aider à me comprendre voici donc quelques-uns de mes instants.


Chapitre 1 : Hautelune, Valprofond.

Je suis né dans les Vaux, d'un père commerçant et d'un mère qui l'aidait du mieux qu'elle pouvait. Dire que je ne connais pas la neige et le froid serait faux quand on sait les conditions climatiques de l'endroit.

Ainsi, j'ai grandis dans la ville de Hautelune et dès que j'ai été en age j'ai parcouru la ville de long en large ainsi que ses alentours, au grand dam de ma mère qui avait en permanence peur que je me perde. J'ai donc vécu ici pendant les 8 premières années de ma vie, et je m'y suis fait mes premiers amis et même si je n'ai gardé contact qu'avec l'une d'entre eux, les autres sont dans mes souvenirs.

Notre maison était assez simple, en haut deux chambres, en bas, cuisine et magasin. Ma chambre était petite bien sur mais elle me paraissait immense à l'époque et généralement mon père ne me laissait pas entrer dans le magasin de peur que j'y mette du bazar. La table de la cuisine j'en garde de meilleurs souvenirs, j'y ai appris à lire et je discutais avec ma mère lorsqu'elle cuisinait, dieu que ça sentait bon !

Pour mon sixième anniversaire j'avais passé la majeure partie de la journée dehors avec Annaé. J'étais rentré un peu plus tard que prévu, mais depuis le temps ils étaient habitué, ce qui n'empêcha pas ma mère de me faire des remontrances. Après un bref repas en solo et un bain je disais bonne nuit à mon père qui faisait les comptes puis je montais dans ma chambre me mettre au chaud sous la couette de mon lit.
Il y avait un livre sur ma table de nuit, il était énorme, du moins tel que je m'en rappelle.
" Il te plaît ? C'est ton cadeau. " Dit une voix derrière moi.
C'était ma mère dans l'embrasure de la porte. Elle s'approchait de moi et me prenait dans ses bras avant de m'embrasser sur la tête et de me mettre au lit.
Je n'aimais pas vraiment lire à l'époque, et on instaura donc un petit rituel, chaque soir avant que je me couche elle me lisait une ou deux pages, suivant si j'étais vraiment fatigué ou pas. Le livre contenait un grand nombre d'histoires de chevaliers et autres classiques.

En fin d'année suivante ma mère tombait gravement malade et je restais à son chevet. A la fois pour connaitre la suite des histoires du livre et pour lui tenir compagnie, je me mis à mon tour à lui lire le livre. Et même si je n'aimais pas réellement lire je m'en accommodais largement, il fallait qu'elle se sente mieux. Durant ce temps je voyais moins Annaé, mais je savais inconsciemment que si quelque chose allait mal je pourrais compter sur elle. Je passais beaucoup de temps avec ma mère et un peu plus avec mon père à l'aider alors que lui de son côté cherchait désespérément un moyen de guérir ma mère. On avait pas vraiment beaucoup d'argent et les services d'un prêtre sont souvent hors de prix et la plupart des remèdes coûteux qu'il avait acheté s'avéraient inefficaces.
A ce moment là je ne comprenais pas vraiment la situation, croyant que maman disait la vérité, "que tout irait bien". Bien évidemment ce ne fut pas le cas, et avant mes 8 ans et la fin du livre, ma mère décédait.
J'étais à son chevet lorsque ça arrivait, m'étant assoupi auparavant je me réveillais lentement et là trouvait là immobile qui ne respirait plus. Alors que je reprenais mes esprits, je constatais que je tenais le médaillon de famille de ma mère dans la main, elle avait du me le glisser durant mon sommeil. Je pleurais m’accrochant à elle comme si elle pouvait revenir mais ce n'était pas possible et je le savais. Quand mon père entrait dans la chambre, je m'enfuyais en courant. Cela aurait été bien plus facile si le fait de courir à lui seul pouvait faire partir la peine. Je courrais jusque dans la forêt, à bout de force, je m'effondrais contre un arbre.
Les larmes n'arrêtaient pas de couler le long de mes joues et c'est seulement après un temps, que je n'aurais pas su déterminer, que quelqu'un arrivait. Je ne prêtais pas attention aux bruits alentours mais la personne semblait s'être assise a côté de moi. Je relevais la tête pour voir Annaé se presser contre moi, me tenir compagnie. Alors que j'aurais aimé être seul, je n'avais pas la force de la repousser et au fond, avais-je vraiment envie d'être seul ?

Chapitre 2 : Luskan

Après ce qui était arrivé à ma mère, mon père ne se sentait plus de rester au même endroit. On fit rapidement nos bagage, le magasin vendu en moins de temps qu'il n'en fallait pour le demander. Il semblait penser que la richesse et les opportunités l'attendaient à Lukan, mais il essayait surtout de fuir.
Le jour de ma fugue, juste après la mort de ma mère, j'étais rentré un peu tard. Je retrouvais alors mon père sur la table de la cuisine, une bouteille à la main. Il souffrait lui aussi, mais alors que je montais les escaliers il ne prêtait même pas attention à moi. Et il en fut de même jusqu'à notre départ.
Avant de partir je faisais mes adieux, surtout à Annaé à qui je promettais alors d'écrire le plus souvent possible. Je lui laissais le livre que ma mère m'avait offert en cadeau, bien que je ne l'ai jamais terminé. Je fermais derrière moi la porte de ce qui avait été ma maison pendant 7 ans et demi puis montait dans la carriole avec le peu de nos affaires qui restait.

Bien sur Luskan était très différente de Hautelune, déjà rien qu'en approchant elle me paraissait plus imposante et largement plus étouffante. Le voyage à lui seul avait déjà été éprouvant et les portes offrirent un spectacle des plus terrifiants. En haut des tours se trouvaient ceux qui on durement et souvent injustement subit la loi luskanienne. Aujourd'hui si je devais décrire Luskan ça ne serais que des marchands entourés de rats qui finiront par les dévorer.
On s'installait pas loin de la porte sud, seule possible pour le trafic de caravanes et donc pour mon père d'ouvrir un commerce. L'échoppe marchait mieux qu'à Hautelune et pourtant mon père ne semblait pas satisfait. J'effectuais beaucoup de petites courses pour lui mais je voyais bien qu'il n'aimait pas être ici, tout comme il n'avait pas voulu rester à Hautelune, il n'y avait rien pour le raccrocher à l'endroit.
Au début de chaque dizaine, un homme de petite taille habillé dans une cape rouge venait voir mon père et obtenait de lui une bourse bien rebondie. Je n'avais pas saisi à l'époque que mon père se faisait extorquer de l'argent. De même alors que je ne l'avais jamais vu boire auparavant, je n'avais pas remarqué qu'il était désormais porté sur la bouteille. Cela expliquait donc tout ces soirs où il était en colère contre moi, où j'avais à choisir entre la ceinture et sa main. A ces instants là il me reprochait tout un tas de choses, et bien sur je le croyais, j'étais persuadé que c'était de ma faute.

Un jour je trouvais mon père et le petit homme rouge se quereller dans le magasin. L'expérience me dictait naturellement de ne pas rester, aussi je montais a l'étage terminais vite la lettre que j'écrivais pour Annaé puis quittait la maison. Avec les quelques sous que j'avais pris à mon père je pouvais lui envoyer la lettre par coursier. En me rendant à l'endroit où j'avais l'habitude d'aller je me rendais compte que j'étais suivi par un homme au manteau bleu, je me mettais alors à courir empruntant des ruelles pour semer la personne et cela sembla marcher. Je pensais déjà alors à l'époque à partir à la fois pour soulager mon père de ma présence et à la fois pour moi même.
Le lendemain après-midi, mon père me fit venir dans la boutique, le petit homme rouge était encore passé ce matin et la mine de mon père était sombre. Dans la pièce principale il n'y avait que mon père et un autre homme, je ne l'avais jamais vu auparavant. Il avait l'air d'un bohémien avec ses vêtements colorés et son espèce de lézard sur son épaule.
" Tu pars avec lui, prépare tes affaires. Tu as une heure. "m'annonçait froidement mon père.
J’acquiesçais, n'ajoutant aucun mots. Je montais dans ma chambre et préparais mes affaires avant de partir avec l'inconnu. Il s'appelait Varyez l'étincelant, il dirigeait une troupe itinérante de saltimbanques composée en grande partie d'enfants. On prenait le navire le soir même, je disais au revoir à mon père dans une lettre laissée sur sa table de nuit en espérant qu'il la lise un jour. La dernière chose que je voyais en partant était une bourse garnie comme je n'en avait jamais vu, posée sur le comptoir.

Le bateau était plutôt grand et je revis sur le pont l'homme au manteau bleu. Vu d'ici, il avait l'air plus vieux que mon père. Et bien entendu il semblait venir de plus loin, des origines de Shou ou Kara-tur bien visibles.
Je m'entendit plutôt bien avec les autres enfants, et n'ayant pas beaucoup à faire sur le bateau, on s'amusait à grimper aux gréements et à courir. Ils m'apprirent aussi à faire des cabrioles sur le pont, après tout on avait le temps, le bateau allait de Luskan jusqu'au Thétyr.
L'homme au manteau bleu semblait s'intéresser à moi, peut-être que mon agilité le surprenait comme elle surprenait la plupart des autres enfants ? Ou alors était-ce autre chose ...


Chapitre 3 : Sur les routes

Arrivés à Zazesspur, nous pûmes enfin descendre à terre pour de bon. A peine j'avais posé le pied au sol et avais descendu les affaires avec les autres que je surpris de loin Varyez discuter avec l'individu à la cape marine. Encore une fois de l'argent passait de mains en mains et l'on me demandais de suivre une autre personne.
Pour être honnête, les premiers jours j'avais peur de lui. Par conséquent, je n'osais pas parler le moins du monde et ne répondait que par des hochements de tête. Il avait érigé un petit camp à l'entrée de la ville, m'avait fourni des vêtements, un cheval et d'autres affaires les plus simples mais nécessaires.
Il nota tout de suite certaines lacunes, je ne savais pas monter à cheval, je n'avais jamais tenu une arme entre mes mains, je n'avais jamais chassé, et bien plus encore. J'ai passé beaucoup de temps sur les routes avec lui. Sur les chemins, on voyageait d'une façon particulière : le matin on marchait car l'air était plus frais et propice au voyage et l'après-midi on posait le campement et il me faisait faire différents exercices et le soir généralement on discutait un peu.

Le quatrième soir il me dit : " Tu vas continuer de faire le muet encore longtemps ? T'as pas un nom ou un truc dans le genre ? " Questionna-t-il.
Comme je ne répondais pas il poursuivi : " Tu ne veux même pas me remercier de t'avoir sorti de là ? De t'offrir une chance à mon service, soit, dans ce cas, fait demi tour et va les rejoindre. "
"Non !" répondis-je précipitamment, "enfin, je veux dire ... merci monsieur." ajoutais-je.
" A ben voilà ! Désormais pour toi ça sera Maître ou Maître Shige à la rigueur."
"Oui Maître" répondis-je alors.

Il a toujours exigé beaucoup de moi et ne me laissait pas me reposer avant d'avoir entièrement fini un exercice. Ceux-ci étaient peu variés c'était souvent les mêmes à mon grand regret.
D'abord il m'appris dans les premières années l'art de l'équitation, ce qui revenait non seulement à diriger l'animal mais aussi à s'en occuper. Certains exercices comme, nager à contre-courant dans une rivière/un fleuve jusqu'à épuisement ou encore grimper une falaise auront surement été ceux qui m'ont suivi le plus longtemps c'est à dire de notre rencontre à notre séparation. La méditation fit aussi parti de ces exercices répétitifs mais était nettement plus agréable.

Une autre fois, je devais avoir environ dix ans, on suivait une caravane d'un marchand de Shou. Le soir il se posa avec le propriétaire de la caravane et après avoir discuté dans leur langage qui m'était inconnu, il sortirent un jeu que je n'avais jamais vu. Ils jouèrent donc sur ce damier de 19 lignes et colonnes à tour de rôle posant des pierres blanche et noires à tour de rôle. Après avoir terminé, ils discutèrent encore un peu.
Avant de me coucher mon maître me demanda " Tu aimerais que je t'apprenne à y jouer ? Tu semblais intéressé tout à l'heure."
Je hochais la tête pour toute réponse.
"On verra ça demain soir alors." répondit-il simplement.
Depuis ce jour là il se mit à m'apprendre le jeu de go tout les soirs, bien sur étant nettement meilleur que moi j'avais le droit à des pierres dites de "handicap" pour m'aider. Aujourd'hui je dirais que je suis bon à ce jeu et sans pour autant avoir atteint le niveau de mon maître, je m'en suis bien rapproché.

Dire qu'il ne s'est passé que ça d'intéressant sur les routes serait faux mais pour vous abréger de longues histoires je vais vous faire un résumer du reste.
Vers 10 ans il commença à m'apprendre la voie des armes choisissant avec sagesse la plus adaptée à chaque instant de mon apprentissage.
Vers mes 11 ans, on fit des voyages sur les routes du nord, protégeant des caravanes, il m'apprit donc à servir d'éclaireur, à aller discrètement en avant chercher des ennemis cachés. En forêt la vue n'étant pas un sens infaillible il m'obligea à utiliser mon ouïe pour détecter nos éventuels ennemis. Dans le même temps il m'apprit le halfelin pour que je puisse transmettre de très courts messages mais largement de quoi tenir une conversation. Et enfin il m'apprit l'orque, car d'après mon maître, il est plus sage d'éviter le combat et donc négocier avec ceux qui attaquent les caravanes peut aussi être une solution qui permet d'éviter les pertes humaines. Il me laissa mener par moi même certaines de ces négociation qui je dois l'avouer ne se sont pas toujours bien terminées.
Malgré qu'il ai commencé à me former martialement, il ne me laissait pas combattre à ses côtés contre des orcs. Je crois qu'il ne voulait pas que je meurs bêtement dans une échauffourée.


Chapitre 4 : Athkatla, Amn

J'avais "fêté" mes 12 ans il y a peu lorsque l'on passait par Athkatla pour la seconde fois. Mon maître semblait avoir des amis dans chaque ville dans lesquelles on passait, tous ne accueillant pas spécialement à bras ouverts mais tous le respectant.
La ville était impressionnante et son marché encore plus.
Bien que nos arrêts dans des villes étaient une occasion pour découvrir plein de choses, je ne coupais pas pour autant à mes devoirs journaliers que ce soit entraînements ou méditation ou tâches diverses. Je n'oubliais pas non plus pour autant d'envoyer de temps en temps une lettre à Annaé, cela faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas vue. Notre correspondance continuait, je ne manquais pas de la prévenir de notre prochaine destination afin qu'aucune lettre ne se perde.

Amn est une belle région et Athkatla une ville tout aussi belle, du moins dans certains quartiers. En fin d'après-midi, après avoir terminé toutes mes tâches, je me baladais sur les toits de la cité, puis trouvais un endroit pour admirer la mer.
Depuis mon promontoire je m’abîmais dans la contemplation, quand pourrais-je revoir Annaé ? Qu'est devenu mon père ? Pourquoi m'avoir choisi moi ?
" Pourquoi toi ? " entendis-je derrière moi. C'était mon maître, il m'avait suivi et je ne l'avais pas vu me suivre ni même entendu arriver.
"Belle vue non ?" ajouta-t-il, ce à quoi j'acquiesçais.
"Que faites-vous ici ?" demandais-je les yeux posés sur l'horizon.
"Je t'ai suivi, c'est évident." répondit-il avant d'ajouter "Tu ne dois pas relâcher ton esprit, chasse ces pensées. Ton talent dépend de ta capacité à te concentrer."
"Je suis au calme ici." rétorquais-je.
"Tu es sur la bonne voie, tu l'as toujours été, et c'est pour ça que je t'ai choisi. Quand ton esprit et ton arme ne feront plus qu'un, alors même un brin d'herbe pourra d'avérer tranchant entre tes mains. Alors tu pourras terrasser un adversaire même à une distance de 100 pas."
" Alors je n'aurais plus besoin d'arc ?" plaisantais-je.
Il se mit alors à rire, malgré son sérieux et son calme habituel il n'était pas dénué de sens de l'humour.
" Demain commencera ton vrai entrainement, et je t'initierais à la Voie Sublime."

Chapitre 5 : Château-suif

J'ai fait la côte des épées de long en large et pourtant je n'ai pas vu de spectacle plus édifiant que l'intérieur de la grande bibliothèque de Château-Suif. Mon maître connaissait un sage du nom de Thétoril là bas. Grâce à son contact, et ami de ce que j'avais compris, il fut autorisé à consulter des ouvrages uniques gardés sous haute surveillance et protégés magiquement.
Le matin je m'exerçais sur les terrains d'entrainement des gardes, réalisant mes exercices avec discipline et rigueur. C'est ici qu'un des gardes m'apprit à tirer à l'arc, ce à quoi je me révélais plutôt doué.
L'après-midi, je rejoignais maître Shige dans sa salle d'étude. Ici il étudiait un parchemin immense sous le regard attentif d'un moine qui veillait sur l'ouvrage. Il me demandait souvent d'aller lui chercher d'autres ouvrages dans la bibliothèque, qu'il s'agisse de livres de traductions ou de légendes en tout genre. J'en profitais pour faire des recherches sur les symboles recouvrant le médaillon de ma mère puis je découvrais qu'il s'agissait de gravure d'une époque ancienne et relative à Amaunataur, dieu soleil.
N'ayant de foi en aucun divinité je décidais de la placer dans ce dieu disparu. Les histoire autour de lui le décrivaient comme un dieu juste et patient et méticuleux, un dieu largement plus proche de mes convictions et de ma personnalité que tout les autres du panthéon.

Je continuais d'écrire à Annaé, lui parlant de la grande bibliothèque sachant que pour elle un endroit tel que celui-ci est pas loin d'être le paradis, un endroit dédié à la connaissance et au développement spirituel. J'emportais un livre avec l'autorisation des moines, je le gardais comme cadeau pour mes futures retrouvailles avec mon amie, si un jour je la revoyais. Pour me laisser

Un soir je demandais à mon maître ce qu'il cherchait avec tant de ferveur dans ces écrits. Il me répondit en ces mots simples.
" Tout les savoirs ne sont pas qu'expérience ou apprentissage oral, il y a des connaissances qui transcendent tout ça, qui sont bien plus ... moi même je ne suis pas sur de bien comprendre les prédictions des églises de Savras et d'Alaundo. Tu avances à petits pas sur la Voie Sublime tout comme je l'ai fait avant toi et ta soif d'apprendre ne cessera jamais, tu arpente une route sans fin jalonnée par les combats et la mort.
Il y a ici une somme de connaissance qui me fera avancer et un jour tu viendra ici la consulter aussi j'espère. "

Le reste de notre séjour là-bas fut tout aussi calme. Les jardins étaient vraiment propices à la méditation, quand les chantres n'étaient pas là pour chanter bien sur. Lorsque maître Shige donna l'impression d'avoir enfin fini, nous repartîmes sur les routes avec la bénédiction de son ami. Juste après notre départ mon maître s'enfermait dans le mutisme le plus total, ne parlant que rarement, il semblait digérer une information compliqué. Peut-être que nos dix jours n'avaient pas été suffisant pour qu'il puisse tirer toutes les conclusions qu'il voulait ? Ou alors sa donation valait plus que les enseignements qu'il avait pu acquérir ...


Chapitre 6 : Porte de Baldur

La porte de Baldur est un passage immanquable sur la côte des épées, une ville impressionnante.Avec mon maître on a du y passer plus de temps que dans d'autres villes. On avait l'habitude d'aller à l'auberge des Lames et étoiles, pas trop loin des quais.
En général lorsqu'on était là, je lui servais de courtier, allant lui chercher ce qu'il me demandait. Bien sur seulement une fois mes exercices quotidiens terminés. Néanmoins c'est dans cet endroit que je garde mes meilleurs souvenirs.

Une après-midi, j'étais encore en commission pour mon maître malgré mes 17 ans. Il avait besoin que j'aille chercher auprès d'un halfelin du nom de Nigot courtes-pattes une commande. Evidemment, il ne m'avait en rien spécifié quant à la nature du paquet et même si j'avais demandé, je ne suis pas sur qu'il me l'aurait dit.
Je me rendais dans une petite ruelle près de la porte Est. C'était là que le rendez-vous était fixé et bien que ce soit glauque, je m'y rendais confiant que mon maître ne m'enverrait pas dans un traquenard. J'y trouvais facilement le halfelin, qui ne méritais vraiment pas le surnom qu'il portait. En effet, plutôt grand pour sa race et un peu rondelet, on le surnommait "trois-pommes-et-demi" et il se plaisait à se présenter comme le "plus grand voleur du monde". Bref, je terminais rapidement la transaction désireux de faire autre chose. Il me remettait donc 3 petits sacs pas plus grand que des bourses contenant vraisemblablement de la poudre ou quelque chose de semblable. A peine posais-je les yeux sur les contenants qu'en les tournant vers lui la seconde d'après je constatais sa disparition.

En rentrant je m'arrêtais devant l'étal d'un homme qui vendait quelques fruits. J'en tenais un en main lorsqu'on me bouscula. Le fruit chutait sur le sol et je m'accroupissais pour le ramasser. Celui qui m'avait poussé était un bourgeois un peu grassouillet qui faisait son marché accompagné de ses laquais pour porter ses courses. Alors que je me redressais il prenait sur le fait un enfant, vraisemblablement pauvre qui volait une pomme sur l'étal.
Je m'apprêtais à intervenir lorsqu'une jeune fille me passait devant. Habillé dans une armure de cuir simple et une tenue de voyageur, de plus elle portait une épée en travers du dos. Elle réduit rapidement la distance entre elle et l'homme qui tenait l'enfant.
"Lâche ça ! Je vais t'envoyer en prison ! J'en ai plus qu'assez des petits voleurs de ton espèce. Je vais te bastonner tu vas voi.. !" pestait l'homme à l'adresse de l'enfant levant la main pour le frapper.
Accourant près des deux elle répliqua immédiatement bloquant avec facilité le coup que l'homme allait asséner.
"J'espère monsieur, que votre épouse est stérile, l'homme qui punit un enfant de cette manière ne mérite pas d'en avoir." lâcha-t-elle.
" Mêlez-vous de vos affaires." répondit-il à la jeune fille. Puis se tournant vers un de ses domestique. "Appelle la garde qu'elle s'occupe de ce voleur."
" Mais laissez le partir, il n'a rien volé ! " dit elle en bousculant un peu le bourgeois avec sa main.
" Qu- Qui êtes-vous ?"
"Vous vouliez un voleur ? En voilà un." répondit-elle sur un ton de défi tout en le prenant par surprise, arrachant deux sacs des mains des domestiques de l'homme. Alors qu'elle exécutait ce tour avec habilité, l'enfant en profitait pour s'enfuir.
"Au voleur ! " criait l'homme.
Deux sacs devaient trop la ralentir aussi quand elle passa en courant devant moi, elle m'en jetait un entre les mains.
"Elle a un complice ! Gardes !! Attrapez les !!" hurlait le bedonnant.
N'ayant pas eu le temps de prévoir quoique ce soit, je jetais ma pomme au visage de l'homme avant de courir à la suite de la jeune fille. Près de huit gardes nous poursuivaient, et je nous en semions quelques uns en tournant dans les ruelles. Au détour d'une venelle, elle jetait son sac à des enfants qui étaient assis par terre. Parmi eux, celui qui était là tout à l'heure.
Peu après, c'est avec un peu d'avance que nous arrivions dans une impasse. Immédiatement, elle grimpait sur les parois, moi sur ses talons. Nous arrivions sur les toits de la cité avant que les gardes ne débarquent dans le cul-de-sac.

Je la suivais sur les toits jusqu'à une fenêtre ouverte d'une auberge. Alors qu'elle y entrait, je restais à la fenêtre.
"Qu'est-ce que tu attends ? Entre." me dit-elle.
Je m'exécutais.
" Merci de ton aide avec les gardes, je ne m'en serais pas sortie seule pour les semer." me dit elle avec un petit sourire.
D'ici je pouvais enfin la voir. Les cheveux châtains clairs, avec une légère nuance de gris tressés en une natte, des yeux bleu venus tout droit du mont céleste. J'aurais presque dit un ange, bien sur cette vision est totalement subjective.
On partageait le reste du sac tout en discutant.
"C'est très bon " dis-je en croquant dans une petite tourte. " Mais c'est du vol " ajoutais-je.
" Hum c'est donc ça, la morale revient quand l'estomac est plein. " répliqua-t-elle.
" On allait tout de même pas les abandonner aux rats. " répliquais-je à mon tour.
Je passais le reste de l'après midi avec elle, à discuter. Elle était venu ici avec son Mentor, mais il devait s'absenter pour un long moment et elle devait rester ici.
Le soir bien sur je me faisais passer un savon pour mon retard et aussi pour le fait qu'il manquait un des petits sacs que j'étais censé apporter. J'avais du le perdre dans la course poursuite mais j'avais autre chose à l'esprit pour le moment, je voulais la revoir.

Je dois avouer que j'en ai reçu des remontrances et des exercices durcis pendant les mois que j'ai passé avec mon maître à la porte de baldur. Il s'absentait assez souvent l'après-midi, du moins assez pour me permettre de la revoir autant que possible. Et malgré tout, je pense que les punitions valaient largement le fait de passer une nuit dans ses bras.
On a partagé d'immenses moments, de la ballade dans les jardins aux 400 coups. Une fois on avait même combattu avec des duellistes dans le quartier du port. Ah oui, j'allais oublier elle était aussi une disciple martiale, bien sur son style semblait parfois différent duellistes bien que repartant vainqueurs avaient apprécié notre art et nous avaient invité à boire un verre. Tant de bons moments se sont passés durant ces mois là. On est même allé embêter un peu les prêtresse d'Umberlie et elle me présentait une amie à elle, une voleuse. Ces gens là m'ont toujours inspiré de l'antipathie mais là je ne pouvais pas en avoir, c'était l'amie de mon amie. Elle s'appelait Lucie, une disciple d'une grande cambrioleuse du nom de Manteaunoir.

Un matin, juste avant que le soleil ne se lève, je me faufilais hors du lit, ne prenant pas le risque de la réveiller. Je m'habillais puis avant de partir je jetais un dernier coup d’œil sur les courbes magnifiques de mon amante et amour puis remontait la couverture sur elle tout en lui déposant un baiser sur le front. La veille je lui avais offert un bracelet en argent finement travaillé comme promesse d'être toujours là, même dans mon absence, même dans la mort.
Je sortais par la fenêtre à mon habitude et me faufilais dans les rues vers l'auberge où je résidais avec mon maître. Bien sur, je devais me trouver dans mon lit à son réveil sinon, j'aurais tout de suite été suspect.
Après quelques pas dans une ruelle, j'entendis un bruit derrière moi.
" Tu ne dois pas la revoir." m'annonçait une voix familière.
Pris sur le fait, je répondais. "Et pourquoi donc ?"
"Tu crois peut-être que je n'étais pas au courant ? Je vous ai laissé autant de temps que possible. Son maître revient en ville aujourd'hui et je le connais bien, il n'acceptera jamais ça. Et crois moi, tu ne veux ni le rencontrer, ni le combattre. Je m'étonne d'ailleurs qu'il se soit attaché une élève au si bon cœur."
Tout ce temps passé ici, bien sur ! Jamais on était resté aussi longtemps à un endroit. Mon maître avait fait cette concession pour moi, et au passage en avait profité pour durcir mon entrainement.
" Pourquoi ne pas m'avoir empêché de la voir ? " Lui demandais-je.
"Je savais que ça serait un bon stimulant pour le futur. Tu t'investira plus dans ton Art. Aujourd'hui elle est plus avancée que toi dans la Voie même si elle ne la arpente pas de la même façon que toi mais ça c'est du à vos enseignants respectifs. En revanche si tu poursuis avec moi tes entraînements tu finira par la revoir.
Honnêtement je ne t'ai pas empêché de la revoir surtout car je ne considère pas l'amour comme un frein au talent." Expliqua-t-il calmement.
Il avait raison et chacun de ses mots faisait écho en moi. L'amour est niais et aveugle pourtant je savais qu'en poursuivant la Voie, je la retrouverais. J'en avait parlé à Annaé dans mes lettre et alors que moi j'étais tombé amoureux , elle n'avait qu'un seul mot à la bouche, Elian. J'avais désapprouvé son choix mais je savais que cette tête de pioche curieuse allait quand même aller dans une de leurs enclaves.


Chapitre 7 : Padhiver

Padhiver, un endroit que je n'aime pas. Bien sur c'est à cause des souvenirs que j'y ai, sinon ça serait une ville tout aussi belle que qu'Athkatla par exemple. Mon maître avait profité de mon expérience à la porte de Baldur pour durcir mes entraînements, je passais donc mes exercices à faire des choses inimaginables, qu'il s'agisse de marcher sur des charbons ardents ou d'insuffler le feu dans ma lame. Mon esprit s’affûtait peu à peu et mon maître semblait s'en réjouir.
Nous étions confortablement installé dans une auberge des quais. La chambre était médiocre, située au dessus des étables mais avait néanmoins l'avantage d'une vue sur l'océan. Ce n'était que le lendemain que nous nous déplacerions pour aller voir un de ses amis au temple de Tyr.

C'est ici que tout se précipite, nous arrivions au temple de Tyr dans la matinée. Apprenant que le frère Mafam ne se sentait pas bien et était rentré chez lui, nous ajustâmes notre chemin en conséquence. Comme attendu, sa maison était modeste, mais mon maître n'eut aucune réponse en frappant à la porte.
Pas une pas deux, il sortit son épée, ce katana si singulier qu'il me laissait à peine entretenir pour lui. Il me semble même l'avoir vu dormir avec. Bref, d'un mouvement que j'espère un jour maîtriser, il fit voler la porte en éclats. Reste sur tes gardes me dit-il. Je dégainais mes deux épées, les coordonnant comme il m'avait appris à le faire tant de fois.
On pénétrait dans la bâtisse, le premier étage à priori semblait vide. Sur les talons de mon maître, je montais l'escalier. C'était angoissant, j'entendais mon cœur battre dans mes tempes, je devais absolument me calmer pour être au mieux de mes capacités.
La seule pièce de l'étage était carrée et plutôt grande. Quant au mobilier, c'était plutôt chiche, a peine un lit caché dans un coin, une table avec une bougie en plein au centre et pour finir un symbole de Tyr avec un pupitre sur le côté.
Son ami gisait au sol dans une mare de son propre sang. Un homme était visible dans la pièce, il arborait une moustache et un petit sourire narquois, dans sa main une dague ensanglantée. Il rigolait à gorge déployée.

"Si seulement j'avais su que ma proie suivante se jetterait dans mes bras." s’esclaffa-t-il.
"Si seulement j'avais su, tu serais mort il y a bien longtemps." répliqua mon maître impassible.

Il se regardèrent un moment puis engagèrent le combat. L'autre était visiblement un artiste martial lui aussi et il dansait contre la lame de mon maître rendant coup pour coup. Je restais suffoqué devant le spectacle, leurs armes s'entrechoquaient dans un bruit de tonnerre. Leurs mouvements étaient si rapides qu'il me paraissaient flous.
Shige ne semblait pas en difficulté mais n'avait pas non plus le dessus, même quand il combattait contre des orcs je ne l'avait jamais vu faire montre d'autant de talent et de technique.
La suite se passa en un instant, n'ayant pas bien tout saisi, voilà ce que j'en ai déduit. L'homme ne pouvant tuer mon maître ne se satisfaisait pas d'un statut quo, aussi il se rabattait sur une proie facile pour quelqu'un de sa force. Mon maître eu juste le temps de s'interposer entre l'arme et moi. Il reçut le coup en pleine poitrine, bloquant par la même occasion le bras de son adversaire et de l'autre main, il lui enfonçait le katana dans le cou jusqu'à la garde. L'homme émit un dernier gargouillis avant de s'effondrer.
Je regardais mon maître et vit une personne se matérialiser derrière lui dans un nuage sombre. Mon maître souriant de ce combat eu a peine le temps de voir l'horreur se dessiner sur mon visage qu'une lame lui perçait la poitrine.
La personne derrière lui ne souriait pas, et avait une silhouette fine. Pas de cheveux, des tatouages recouvraient son crane.
"Mauvaise cible Shige" prononça-t-il avant de disparaître dans une fumée sombre.
Je tenais mon maître dans mes bras alors qu'il expirait ses derniers souffles. Des larmes coulaient le long de mes joues pour cet homme exceptionnel qui agonisait sous mes yeux. Il essayait de me parler, je le voyais bien mais rien ne sortait d'autre de sa bouche que des bulles chargées de sang. C'est lui qui avait été plus mon père que ne l'avait jamais été mon géniteur, qui m'avait tout appris jusque là. En le tenant dans mes bras j'avais l'impression de revenir bien plus tôt comme lorsque ma mère était morte.

Le soir même j'emmenais son corps à l'extérieur de la ville pour le brûler comme il l'aurait voulu. C'est là devant son bûcher funéraire que je jurais devant Amaunator que je le vengerais.

Je retournais à l'auberge, mais avant que je ne l'eu atteinte, je me faisait aborder par un homme de petite taille.
"Hé toi ! " m'appelait-il.
Je faisait mine de ne pas entendre.
" Hé, regarde donc ça !" grogna-t-il assez fort pour attirer mon attention.
Alors que je tournais la tête pour regarder rapidement, je le voyais lancer son bras armé d'une dague dans ma direction. Pas une pas deux, j'esquivais son coup, et alors que je pensais que le combat ne faisait que commencer. Le katana était planté entre les côtes de l'homme. Je ne me souvenais pas l'avoir dégainé et pourtant ...
J'avais déjà achevé un orc ou même tué un gobelin ou deux mais je regardais l'homme dans les yeux, il avait l'air si suppliant à cet instant, comme si il aurait voulu se racheter de quelques péchés avant de partir. Je m'appuyais contre un mur quelques secondes, je reprenais mon souffle, c'étais la première fois que je tuais un être humain. Je savais qu'un jour mon entraînement m'amènerait à tuer des gens mais pas de si tôt ...
L'épée vibrait comme si elle voulait plus de sang, ou alors étais-ce ma main qui tremblait ? Non, je sentais autre chose comme une présence dans mon esprit, horrifié je lâchais l'arme sur le sol. La présence se taisait immédiatement. Qu'étais cette arme ? Je ne sais pas, mon maître seul avait la réponse à cette question.
Perdu dans mes pensées je sentais soudain une forte douleur à l'arrière de mon crâne. Lorsque je reprenais mes esprits j'avais été dépouillé de la plupart de mes affaires à l'exception de mes vêtements et de mon armure de cuir et le pendentif de ma mère bien caché. Le katana bien sur, il avait disparu. Je courrais vers l'auberge pris d'un sentiment de panique. Arrivé dans ma chambre, la porte était ouverte, il ne restait plus rien sauf le livre de Château-suif.
En une journée tout s'était envolé, tout. Ajoutez à cela que Annaé n'avait pas répondu à mes lettres depuis longtemps, je me sentais bien seul à ce moment.


Chapitre 8 : Retrouvailles

Perdu mais pas abattu j'avais erré à pieds le long de la côte des épées, retournant dans beaucoup de villes visitées avec mon maître. J'informais au passage ses amis de sa mort espérant recevoir de l'aide dans ma quête mais peu s'en fut. Je récupérais un peu d'équipement de leur part et quelques sous mais rien d'extraordinaire.
Un jour, je reçu une lettre d'Annaé, dans laquelle elle me proposait de la retrouver sur Gemmaline. Emballant mes clics et mes clacs, je prenais la mer pour la rejoindre. Une lueur d'espoir dans mes malheurs voilà ce qu'elle représentait.

J'ai fait le serment de récupérer l'arme de mon maître, de venger sa mort et de retrouver Alya. Et si aujourd'hui je ne suis pas encore assez fort pour réaliser ces tâches, ce n'est qu'une question de temps. J’entraînerais ma main et mon esprit, et devant Amaunator je jure qu'il payeront tous leur crime en temps voulu.

_________________
"Offre le juste châtiment au mal et n'oublie jamais que si tu veux quelque chose, il faut d'abord savoir donner." Kyrrian

Mon aventure : Enlèvements à répétitions


Dernière édition par Kyrrian le Sam 20 Juil 2013, 03:42, édité 22 fois.
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