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 Sujet du message: Berian Brisepoing
MessageMessage posté...: Mer 26 Mar 2014, 00:27 
Aventurier
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Inscription: Lun 24 Mar 2014, 21:19
Messages: 67
PX: 600
Nom : Berian Brisepoing
Alignement : Loyal neutre
Race : Humain
Âge : 24 ans
Taille : 1,75 m
Poids : 75 kg
Sexe : masculin
Classes : Rôdeur Urbain 1
Divinité : Hoar
Région : Eauprofonde

Vitesse de déplacement au sol : 9 m, soit 6 cases, par round

Expérience : 0 / 1 000

Statistiques
    Force : 16 (+3)
    Dextérité : 14 (+2)
    Constitution : 12 (+1)
    Intelligence : 10 (+0)
    Sagesse : 14 (+2)
    Charisme : 10 (+0)

Points de vie : 9 (1d8 + 1 (constitution))

Classe d’armure : 15/17 = 10 + 2 (dextérité) + 3 (armure de cuir cloutée) (+2 )
Contact : 12 = 10 + 2 (dextérité)
Pris au dépourvu : 13 = 10 + 3 (armure de cuir cloutée)
    En cas de combat à deux lames, contre un adversaire désigné +2 (bouclier), donc 17/12/13.

Corps à corps : +4 = 1 + 3 (force)
  • Rapière : +4 / 1d6+3 / 18-20/×2
  • Dague : +4 / 1d4+3 / 19-20/×2
  • Rapière et dague : +0/-4 / 1d6+3/1d4+1 / 18-20/×2/19-20/×2
      Contre un voleur de l’Ombre d’Amn : +2 aux dégâts.
Distance : +3 = 1 + 2 (dextérité)
  • Arbalète légère : +3 / 1d8 / 19-20/×2
  • Dague : +3 / 1d4+3 / 19-20/×2
      Contre un voleur de l’Ombre d’Amn : +2 aux dégâts.

Jet de réflexes : 4 = 2 + 2 (dextérité)
Jet de vigueur : 3 = 2 + 1 (constitution)
Jet de volonté : 2 = 0 + 2 (sagesse)

Langues connues
  • Commun
  • Chondathien

Aptitudes de classe


Dons
  • (niveau 1)
  • (humain 1)
  • (rôdeur urbain 1)

Caractéristiques raciales
  • Humanoïde [Humain]
  • Taille M : En tant que créature de taille moyenne, les humains ne possèdent ni bonus, ni malus.
  • Don bonus : Un don supplémentaire au niveau 1, car ce sont des touche-à-tout qui apprennent particulièrement vite.
  • Quatre points de compétence supplémentaires au niveau 1, et un point de compétence supplémentaire à chaque niveau par la suite, pour les mêmes raisons (les quatre points de compétence additionnels du niveau 1 sont ajoutés après multiplication, pas avant).
  • Vitesse de déplacement de base : Leur vitesse de déplacement au sol de base est de 9 mètres par round.
  • Langues : D'office : commun ; supplémentaires : suivant la région du personnage.
  • Ajustement de niveau : +0
  • Classe de prédilection : Spécial

  • Compétences
      Liées à la force :
        Escalade* : 3 = 1 + 3 (force) - 1 (armure)
        Natation* : 1 = 0 + 3 (force) - 2 (armure)
        Saut* : 2 = 0 + 3 (force) - 1 (armure)

      Liées à la dextérité :
        Acrobaties : — = 0 + 2 (dextérité) - 1 (armure)
        Crochetage : — = 0 + 2 (dextérité)
        Déplacement silencieux* : 4 = 3 + 2 (dextérité) - 1 (armure)
        Discrétion* : 4 = 3 + 2 (dextérité) + -1 (armure)
        Équilibre* : 1 = 0 + 2 (dextérité) - 1 (armure)
        Équitation* : 2 = 0 + 2 (dextérité)
        Escamotage : — = 0 + 2 (dextérité) - 1 (armure)
        Évasion* : 1 = 0 + 2 (dextérité) - 1 (armure)
        Maîtrise des cordes* : 4 = 2 + 2 (dextérité)

      Liée à la constitution :
        Concentration* : 1 = 0 + 1 (constitution)

      Liées à l’intelligence :
        Art de la magie : — = 0 + 0 (intelligence)
        Art martial : — = 0 + 0 (intelligence)
        Art psi : — = 0 + 0 (intelligence)
        Artisanat (dessin)* : 2 = 2 + 0 (intelligence)
        Artisanat (autre)* : 0 = 0 + 0 (intelligence)
        Connaissances (folklore local d’Eauprofonde) : 2 = 2 + 0 (intelligence)
        Connaissances (géographie) : 4 = 4 + 0 (intelligence)
        Connaissances (autre) : — = 0 + 0 (Intelligence)
        Contrefaçon* : 0 = 0 + 0 (intelligence)
        Décryptage : — = 0 + 0 (intelligence)
        Désamorçage/sabotage : — = 0 + 0 (intelligence)
        Estimation* : 0 = 0 + 0 (intelligence)
        Fouille* : 2 = 2 + 0 (intelligence)
        Prime idiome : — = 0 + 0 (intelligence)

      Liées à la sagesse :
        Autohypnose : — = 0 + 2 (sagesse)
        Détection* : 4 ( 6 ) = 0 + 2 (sagesse) + 2 (vigilance) + 2 (contre les voleurs de l’Ombre d’Amn)
        Perception auditive* : 4 ( 6 ) = 0 + 2 (sagesse) + 2 (vigilance) + 2 (contre les voleurs de l’Ombre d’Amn)
        Premiers secours* : 2 = 0 + 2 (sagesse)
        Profession (chasseur de Prime)* : 4 = 2 + 2 (sagesse)
        Profession (autre) : — = 0 + 2 (sagesse)
        Psychologie* : 5 (7) = 3 + 2 (sagesse) + 2 (contre les voleurs de l’Ombre d’Amn)
        Survie* : 2 (4) = 0 + 2 (sagesse) + 2 (contre les voleurs de l’Ombre d’Amn)

      Liées au charisme :
        Bluff* : 0 (2) = 0 + 0 (charisme) + 2 (contre les voleurs de l’Ombre d’Amn)
        Diplomatie* : 0 = 0 + 0 (charisme)
        Dressage : — = 0 + 0 (charisme)
        Déguisement* : 0 = 0 + 0 (charisme)
        Intimidation* : 0 = 0 + 0 (charisme)
        Renseignement* : 4 = 4 + 0 (charisme)
        Représentation (toute)* : 0 = 0 + 0 (charisme)
        Utilisation d’objets magiques : — = 0 + 0 (charisme)
        Utilisation d’objets psioniques : — = 0 + 0 (charisme)

      En gras, les compétences de classe et avec un astérisque, les compétences admettant un test inné (utilisables même avec un degré de maîtrise égal à 0).


    Équipement
    • Tenue de voyage (2,5 kg portée; 1 po gratuite)
    • Armure de cuir cloutée (10 kg portée; 25 po)
    • Dague (0,5 kg ; 2 po)
    • Rapière (1 kg ; 20 po)
    • Arbalète légère (2 kg ; 35 po)
    • 10 carreaux d’arbalète (0,5 kg ; 1 po)
    • Sac à dos (1 + 8 kg ; 2 po) contenant :
      • Baume guérisseur (— ; 10 po)
      • 3 bougies (— ; 3×1 pc)
      • Corde en soie de 15 m (2,5 kg ; 10 po)
      • Dessin du visage du suspect (— ; —)
      • Lanterne sourde (1,5 kg ; 12 po)
      • Menottes (1 kg ; 15 po)
      • Ordre de mission du guet d’Eauprofonde (— ; —)
      • Outre (2 kg ; 1 po)
      • Ration de survie (0,5 kg ; 5 pa)
      • Pierre à aiguiser (0,5 kg ; 2 pc)
      • Silex et amorce (— ; 1 po)

    • Or possédé : 15,45 po

    Charge : 23 kg (légère)
    • charge légère : jusqu'à 38 kg ;
    • charge intermédiaire : de 38 à 76,5 kg ;
    • charge lourde : de 76,5 à 115 kg ;
    • charge tirée/poussée : jusqu'à 675 kg.


    Partie 1 : A l’abordage !


    La barque voguait silencieusement entre les coques des navires marchands amarrés au port d’Eauprofonde. Le rameur semblait se repérer avec une facilité déconcertante malgré la nuit noire. Un observateur averti eût repéré sa lourde carcasse se détachant dans la lumière sourde des fanaux placés çà et là mais personne ne s’attardait sur les ponts en hiver. A la proue une silhouette plus frêle était emmitouflée dans une cape. L’individu détendit son bras en désignant le nom d’une cogue dont la peinture s’écaillait. Le Radieux donnait l’impression de n’être plus qu’une coque de noix défraichie qui cabotait de ports en ports le long de la Côte des Epées. Mais ce bâtiment affrontait vaillamment la haute mer jusqu’au Lantan, et même plus loin encore ; son apparence minable n’était qu’un leurre pour les pirates qui auraient voulu piller la marchandise.

    La barque s’arrêta contre le bois sombre du navire et les deux hommes gravirent l’échelle de corde. Sans un mot, le plus fort désigna le pont. La silhouette fluette acquiesça et se dirigea vers l’arrière où se trouvait la cabine du commandant de bord.

    Une quinzaine de minutes plus tard, le même individu était attablé à la place du capitaine. Un membre d’équipage gisait à ses pieds dans une flaque de sang. Son regard vitreux était fixé sur un homme efflanqué affalé sur lui-même et ficelé comme un rôti. La porte s’ouvrit avec fracas et l’autre intrus pénétra dans la cabine.

    - Tu as mis le temps. Lâcha le premier, en picorant quelques morceaux d’une viande indéterminée dans l’assiette.
    -J’en ai dérouillé deux autres répondit l'autre en désignant le cadavre baignant dans son sang, puis j’ai pissé un coup.
    Le vieux bois craqua sous ses pas lorsqu’il s’approcha du capitaine.
    - Tu l’as assommé ?
    - Non, il fait semblant de dormir. Tu n’as qu’à le piquer avec ta dague pour vérifier.
    - Hmmm… Bonne idée. D’un bruit sec, la lame sortit de son fourreau. Le capitaine ouvrit alors les yeux.
    - Pi… Pitié… On doit pouvoir s’arranger…

    A la table se tenait ce qui lui sembla être un jeune homme habillé de noir. Son visage était caché par une cagoule en laine. Insolemment assis en arrière sur sa banquette, il piquait les morceaux dans l’assiette avec une dague puis portait les aliments à sa bouche à la façon maniérée d’un aristocrate. L’homme cligna des yeux devant ce spectacle étrange puis il tourna la tête vers la masse de muscles qui se penchait dangereusement au-dessus de lui.

    Les crocs et la peau grisâtre autour de ses yeux noirs ne laissait aucun doute sur son ignominieuse ascendance. Mais ce qui fit véritablement trembler le prisonnier de la tête aux pieds fut la couleur du métal qui constituait la lame qu’il tenait entre ses mains.


    - Rougelame. Dit-il dans un murmure terrifié.
    Le demi-orque sourit à plein crocs et sembla ravi d’avoir été reconnu. Débordant de fierté, il lança un regard pétillant d’allégresse à son compagnon… qui l’ignora, continuant de grignoter.


    - Ah ! Ah ! Alors tu sais qui je suis, mon gars. Je te conseille de coopérer.
    - Vous… Vous aider ? Je suis innocent. Vous… Vous faites une erreur.

    Le gourmand gloussa, sa bouche se tordant en un sourire ironique. Rougelame quant à lui ramassa le capitaine par le col et le suspendit devant lui à bout de bras. Les pieds du malheureux s’agitaient sous lui, cherchant une prise au sol.

    - Tu vas répondre à mes questions ou je te réduirai tellement en charpie que même les requins d’Umberlee n’auront plus rien à se glisser dans le gosier ! beugla-t-il.
    - J’aimerais aussi que vous répondiez, ajouta cyniquement le jeune homme en repoussant l’assiette. J’ai les tympans qui saignent à force de l’entendre hurler comme un porc qu’on égorge.

    Rougelame éclata d’un rire rugissant alors que les os du marin étaient secoués en tous sens. Finalement le reître le lâcha et il tomba sans grâce sur le sol.

    - Bien, pour commencer… Où est ta marchandise ?




    Partie 2 : Une affaire familiale

    Une charrette chargée de caisses cahotait sur le pavé d’Eauprofonde. A son bord, un grand gaillard semi-orque à la peau zébrée par les blessures de guerre tenait les rênes flanqué d’un jeune homme athlétique qui regardait devant lui d’un air blasé. Cette curieuse association avait démarré une vingtaine d’années plus tôt.

    Bien avant de se surnommer Rougelame, le demi-sang naquit dans les contrées du Nord au sein d’une tribu barbare d'orques des montagnes. On l’avait baptisé « face de cul » et ses maîtres qui ne perdaient jamais une occasion pour le rouer de coups. Fils d’esclave élevé dans la haine, il trahit ses bourreaux et fut bientôt libre de toute entrave. Il se donna un prénom – Gorogar, parce que ça sonne bien- puis le surnom de Brisepoing gagné lors d’une partie de bras de fer devint son patronyme. Bien que brutal et prompt à la colère, sa mère humaine l’avait éduqué avec certaines valeurs du monde civilisé; ainsi il canalisa sa violence au profit de ce qui lui semblait être juste et bien. Il s’engagea donc dans l’armée pour massacrer à tours de bras les ennemis de ceux qui l’avaient libéré.

    C’est en escortant une caravane qu’il fit la connaissance de celle qui deviendra sa compagne. Rejetée par sa famille pour avoir fauté et donné naissance à un enfant sans père, elle espérait un avenir meilleur avec son fils dans un autre royaume. Il fut ému de voir cette jeune mère célibataire totalement perdue parmi les voyageurs, son enfant illégitime emmailloté contre son sein. Il s’identifia facilement à ce bambin qui ne trouverait peut-être jamais sa place. Gorogar n’était pas un grand romantique mais il apprit à le devenir pour sa dulcinée. Elle accepta ses avances et il adopta le jeune Berian, le considérant fièrement comme son héritier.

    Ils s’installèrent à Eauprofonde où l’ancien soldat trouva une place dans la garde. Il fut populaire auprès de ses confrères mais ses façons rudes ne plaisaient pas aux prêtres de Tyr. Remercié, il rentra à nouveau dans la citadelle par la petite porte en tant que chasseur de primes. Depuis il traquait avec succès les ennemis de la Cité des Splendeurs sans que personne n’ait à redire sur ses méthodes. Il prenait soin à cacher son visage pour éviter les représailles contre sa famille. Connu pour utiliser des armes en métal coloré, il fut surnommé Rougelame par les hors-la-loi. Ce surnom lui plut et il le conserva pour ses activités professionnelles.

    Gorogar salua les vigies à la barbacane par leur nom et fit le vœu de les retrouver bientôt en taverne. La charrette s’immobilisa dans la cour devant la porte du guet illuminée de part et d’autre par des torches. Un capitaine en sortit l’air ennuyé flanqué par une matrone qui le suivait comme son ombre. Il salua virilement le demi-orque d’une bourrade dans le dos.


    - Ta femme m’a extorqué dix pièces d’argent pour la location d’une barque. Si elle continue, je vais la faire enfermer comme voleuse.

    Madame Brisepoing s’avança et les deux époux s’embrassèrent puis discutèrent à mi-voix affectueusement.

    - Le travail est bien fait ? Pas de complication ?
    - Non, comme tu vois on est revenus sains et saufs.

    Berian avait sauté lestement à terre. Il fut rejoint par un jeune homme trapu et à la mine patibulaire rappelant celle de Gorogar qui l’aida à décharger les caisses. La petite famille était réunie dans la cour, s’activant autour du chargement.

    Si le demi-orque était le bras armé de l’entreprise familiale, son épouse en était le cerveau : elle gérait scrupuleusement les entrées d’argent et les dépenses tout en assurant un suivi administratif. Leur fils cadet était doué pour explorer les caches et forcer les serrures. Quant à Berian, il s’était avéré posséder un instinct de limier des plus intéressants au point qu’il avait obtenu l’enseignement d’un collègue rôdeur durant quelques années.


    - Au lieu de conter fleurette, tu m’expliques ce qu’il y a dans les caisses ?
    - On n’a pas eu le temps de fouiller les corps alors on vous les a ramenés. Sauf celui-là, il est encore vivant. Il donna un grand coup de pied dans une caisse marquée d’où s’éleva un cri d’indignation étouffé.
    - Et le bateau ?
    - En regardant vite fait on a trouvé des armes dans les sacs de blé et des gemmes dans les haricots. Chauntea est d’humeur généreuse cette année. Je sens que je vais m’acheter une petite ferme, ah ! Ah ! Plus sérieusement, vous devriez retourner chaque planche du rafiot. Le petit a reniflé comme une odeur de baccara dans la cale.
    - Bien, on s’en occupera. Je te contacterai.

    Le chargement livré, les Brisepoing montèrent en charrette et prirent le chemin de leur maison avec l’air d’une famille aquafondienne respectable. Aimables, bien habillés, ils donnaient la fausse impression d’avoir passé une soirée agréable chez des amis plutôt que de s’être livrés à d’obscures activités.




    Partie 3 : Réunion au sommet


    Le capitaine s’était déplacé jusque chez les chasseurs de prime dans leur coquette maison du quartier Nord. Les Brisepoing séparaient strictement vie privée et travail pour leur sécurité; cette visite était exceptionnelle et la mère de famille reçut l’officier poliment mais froidement. Généralement les amis militaires se retrouvaient dans une taverne bruyante où l’on parlait de femmes tout en se rinçant généreusement le gosier. Cette fois l’atmosphère n’avait rien de festif et le gradé n’en menait pas large devant la matrone. Une fois la famille réunie dans la cuisine des chasseurs de prime qui leur servait également de quartier général, l’homme expliqua la raison de sa venue.

    - Comme vous le devinez, la capture du capitaine du Radieux nous a permis de faire un grand pas dans notre enquête. Vous l’avez exfiltré tellement discrètement que nous avons pu fouiller le bateau avant que les voleurs du port ne se donnent le mot.


    Le demi-orque rayonnait et le sentiment d’autosatisfaction était partagé dans la pièce. Rougelame & Fils était le gage d’un service de qualité à défaut d’être irréprochable.

    - Nous avons trouvé des armes, des gemmes, de la drogue mais aussi des messages codés à l’attention de cultistes de Baine. Le capitaine nous a gentiment expliqué que la destination de son voyage n’était pas Eauprofonde. Il s’était amarré pour prendre les instructions auprès de son chef de guilde. Le trafic durait depuis un petit moment mais il a pris de l’ampleur quand les Voleurs d’Ombre ont corrompu un membre du Guet qui a fermé les yeux.

    - Rovel. Je n’ai jamais aimé ce type
    , lâcha Berian.

    Stupéfait, le capitaine hocha la tête. Gorogar vantait parfois l’instinct de son fils qui semblait détecter avec une facilité déconcertante la lie de la société.

    - Bref, quand on a voulu l’interpeller, tout ne s’est pas passé comme prévu. Il n’était pas seul. Il s’est défendu comme un beau diable et son complice a pris la poudre d’escampette. Nous avons réussi tout de même à apercevoir son visage.

    Berian fixait intensément le capitaine. Celui-ci soutint tant et si bien son regard que le jeune homme comprit de quoi il retournait : l’on avait besoin de ses compétences pour retrouver l’homme. Il invita le militaire à poursuivre d’un geste de la main.

    - Le Radieux devait se rendre à Gemmaline en passant par les îles Moonshae. Se sachant recherché, il est fort probable que le gars qui nous a échappé suive le même chemin. La guilde a des contacts là-bas.


    Le capitaine fit une pause. Gorogar meubla le silence en pianotant sur la table de la cuisine avec ses gros doigts. Sa femme touillait lentement le ragoût pour le prochain repas. Son cadet avait sorti un canif qu’il utilisait pour se nettoyer le dessous des ongles. Berian fixait toujours l’homme en attendant qu’il accouche de la vérité. L'officier soupira, puis enchaîna.

    - Nous ne savons pas à qui nous fier parmi les nôtres. L’histoire de la trahison de Rovel s’est répandue et une enquête a été diligentée. Les Seigneurs d’Eauprofonde en ont appelé aux justicars de Tyr. A mon avis ils soupçonnent des puissants de complicité. En tout cas, ça sent le grand ménage. J’ai… J’ai été contacté par un secrétaire du Seigneur Découvert. Il voulait que j’engage quelqu’un de compétent extérieur au Guet pour retrouver et éliminer la cible. Et non, dit le capitaine en se tournant vers le demi-orque avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, pas toi. Rovel lui a peut-être donné ta description.

    - Et qu’est-ce qu’on a à y gagner, à servir le Seigneur ? demanda la mère de famille sans lever les yeux de sa marmite.

    Le militaire sortit un sac rempli de pièces sonnantes et trébuchantes d’une sacoche qu’il tenait à la main et le posa lourdement sur la table de la cuisine. Cette fois, il eut l’attention de toute la famille mais il ne semblait s’adresser qu’à Berian.

    - 250 pièces d’or à l’embauche, 1000 supplémentaires à la réception du colis mort ou vif. Mort de préférence m’a-t-on bien fait comprendre. Il faudra identifier ses complices et les éliminer… Ou les remettre aux autorités locales même s’il serait préférable que tu travailles seul. Si ça se passe mal, tu as un sauf conduit expliquant pourquoi tu es sur place et la nature de ta mission. Après ce sera une question de diplomatie entre Gemmaline et Eauprofonde. Ah ! Et pour finir la description du suspect, dit-il en tendant les différents documents.

    Berian s'empara des feuillets tendus puis regarda alors sa mère qui avait le regard comme hypnotisé par le sac d’or. Avec un certain amusement il devinait la bataille qui était en train d’être livrée en son for intérieur. Biensûr, elle ne voulait pas que son fils s’éloigne. Mais elle était avare et âpre au gain, au point qu’on la surnommait affectueusement La Dragonne à la maison. Finalement elle contempla Berian comme si elle n’arrivait pas à prendre de décision.

    - D’accord, j’irai. Mon frère me remplacera auprès de papa. Ça devrait bien se passer
    , dit-il sûr de lui en regardant son cadet dubitatif.
    - Bien. Je vais organiser ton transfert jusque là-bas. Autant que tu voyages tranquillement sur un navire allié où on ne te posera pas trop de questions.

    Il ne restait alors plus que quelques heures à Berian pour faire ses bagages et dire adieu à sa famille.



    C’était la seconde fois que Berian rencontrait son mentor et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’en menait pas large devant l’homme aux yeux bleus pétillants de malice et à la barbe poivre et sel. Le jeune homme avait pourtant l’avantage d’être sur son territoire : sa propre chambre. Mais son invité l’intimidait tant qu’il se comportait comme une jeune fille un peu gauche à son premier bal.


    - Bon, aujourd’hui c’est ta première leçon. Avant de t’envoyer dehors, je vais t’apprendre à ressembler à un rôdeur. Et je te conseille de bien écouter : j’aime pas me répéter et ça peut te sauver la vie, compris ?

    Le jeune homme acquiesça en silence. Cela sembla satisfaire son aîné.


    - Le secret de la longévité dans notre carrière, ce n’est pas de faire peur aux gens comme le ferait un garde, armé jusqu’aux dents avec une grosse armure. Au contraire, si tu veux filer un gars, remplir ton contrat et prendre la poudre d’escampette tranquillement, il faut que tu te fondes dans le paysage. Ce n’est pas évident et il te faudra des années pour passer à peu près inaperçu. Et ce n’est jamais acquis, quel que soit ton âge et ton expérience, il y a toujours un risque de se faire repérer.

    Lorek détailla son élève des pieds à la tête. Le jeune homme s’appuya d’un pied sur l’autre, mal à l’aise.


    - Si tu veux réussir, le secret c’est de ressembler à monsieur tout le monde. On se souvient des gens au physique spécial, mais pas du type qu’on pourrait croiser à la taverne ou au temple. Il faut être de taille moyenne, comme toi. Pas trop beau, pas trop laid ; là aussi, ça convient. Ton père t’a fait travailler et ça se voit. Tu es musclé, mais n’en fais pas plus. Il y a pas mal d’abrutis qui aiment se mesurer aux gars costauds pour prouver leur valeur. Et monsieur tout le monde n’a pas la carrure de ton père, dit-il d’un air entendu. Et puis il va falloir me changer ces frusques. Tu fais partie d’un culte immonde pour t’habiller tout en noir ?

    Berian avait encaissé deux réflexions qui avaient froissé son égo coup sur coup. D’une il n’était certes pas laid, mais pas beau non plus ; personne n’aime à se l’entendre dire. De deux ses nouveaux vêtements qui lui avaient coûté fort cher n’étaient pas du goût de son mentor. Il se renfrogna et envoya un regard haineux à son interlocuteur qui ne fut pas impressionné le moins du monde.


    - Non. Je pensais que les rôdeurs s’habillaient comme ça.
    Répondit-il d’un air buté. Lorek s’esclaffa.

    - Ah elle est bien bonne ! Cette couleur, c’est bon pour les opérations par nuit noire. Mais pas en pleine journée ! C’est le meilleur moyen de te faire repérer. Je vais t’expliquer pourquoi. Les gens associent cette couleur au mal et aux voleurs; tu penses bien qu’ils vont immédiatement repérer un type qui s’habille en noir dans leur champ de vision. C’est une réaction instinctive face à une menace. C’est un peu… Comme un rat qui voit un chat ; même si celui-ci fait une sieste le ventre à l’air, le rat se méfiera toujours. Pour tuer un rat, le mieux est de ressembler à un rat. Comme ça, il ne se méfie pas et couic !

    Le rôdeur adjoignit le geste à la parole en se passant son pouce sur le cou, mimant un égorgement. Berian trouva l’homme un brin cinglé avec ses allégories animalières. Il fut soudain choqué par le sans-gêne du vieil homme qui ouvrait sans vergogne son coffre personnel, jetant ses vêtements à même le sol sans ménagement.


    - Mais nous ne sommes pas des rats, n’est-ce pas ? Plutôt que du noir, il faut porter des couleurs sombres et communes. Du brun, du gris… Ah, ça me semble pas mal ! dit-il en jetant un pourpoint bleu foncé qui avait déjà bien vécu à Berian. Surtout pas de couleurs qui attirent l’œil… Une cape vert bouteille vola par-dessus l’épaule de son mentor et fouetta le visage de l’élève. … comme le rouge, l’or, l’argent. De toute manière, il faut éviter les signes distinctifs : oublies les bijoux ou les tatouages. Alors, tu enfiles tout ça ou t’attends qu’il neige au Calimshan ?

    Berian piqua un fard. Le jeune homme pudique accepta cependant de se déshabiller devant cet inconnu parce que son avenir en dépendait et enfila ces vieux vêtements peu élégants. Lorek semblait passer un bon moment ; en regardant ses yeux pétillants le jeune homme avait la sensation que son mentor se moquait de lui.


    - Ah ! C’est bien mieux comme ça. Et tu vas me faire le plaisir de te faire pousser la barbe et de te laisser un peu pousser les cheveux. Le jour où tu te seras fait repérer et que tu auras une guilde de voleurs aux miches, tu couperas tout ça et tu auras un autre visage… Juste le temps de disparaître.

    Énerve par toutes ces recommandations heurtant sa sensibilité esthétique, Berian envoya un regard assassin à Lorek en se passant machinalement la main dans les boucles de ses cheveux bruns puisqu’il en était question. Le vieux rôdeur ricana puis quitta la pièce d’une démarche de patricien.


    - C’est fini pour aujourd’hui. La leçon était plutôt courte, je te laisse le reste de la journée pour retourner voir ton tailleur. Je repasse demain, j’espère que tu feras un monsieur tout le monde passable.


    Il claqua la porte de la chambre sans même dire au-revoir. Comme si la tension s’échappait soudainement de son corps, Berian s’effondra sur son lit jonché de vêtements divers. Ses yeux bruns rivés sur le plafond, il parla pour lui-même.


    - Je sens que cet apprentissage va être long. Très long.


    On ne peut nier que l’entourage de notre héros ait modelé sa personnalité. Plus qu’à une famille, il appartient à un véritable clan qui règle ses affaires en interne et vit discrètement. Il existe deux mondes : les Brisepoing et les Autres.

    La vie dangereuse qu’ils ont choisie leur impose une grande rigueur : loyauté, soutien, défense et méfiance envers les étrangers qui s’intéresseraient à eux d’un peu trop près sont les valeurs qui ont été inculquées aux enfants. Il y a peu de place à la bagatelle dans cette famille dirigée par une mère austère et un père adoptif au caractère explosif aussi prompt à se fâcher qu’à hurler de rire. Comme dans une troupe de brigands bien organisée chacun a une place et des missions qui lui sont assignées ; y déroger serait faire preuve de négligence ou de mutinerie sévèrement sanctionnée. Gorogar et sa femme ne laissèrent jamais un caprice impuni et les enfants se soumirent peu ou prou à une discipline de caserne réglée pour toute heure du jour et de la nuit.

    De cette éducation stricte Berian apprit l’humilité, à se contenter de ce qu’on lui donnait et qu’obéir valait mieux que se révolter. Il appliqua ces préceptes à la maison puis à l’école où il usa ses fonds de culotte. Il s’y ennuya comme tout le monde, n’y brilla pas mais ne fut jamais dissipé. Il est important de souligner que les enfants furent heureux car leurs parents prirent soin d’eux et furent aimants. Jamais ils ne furent molestés ni punis sans raison valable. Quant au statut un peu particulier de Berian, ceux qui le traitèrent de bâtard à l’école ou l’embêtèrent ne le firent qu’une fois : le demi-orque veillait comme un papa poule sur ses deux fils, ne tolérant aucune insulte ou brimade d’autrui à leur encontre.

    Il ne fut pas simple pour Berian Brisepoing de recueillir des éléments concernant les premiers jours de son existence. Sa mère ne parlait jamais de son enfance ni de ses origines ; elle en avait dit le moins possible à son mari qui ne posait pas de question puisque lui-même était concerné par une enfance extrêmement douloureuse qu’il aurait souhaité oublier. Intrigué par ce mystère le petit garçon décida de mener l’enquête comme le faisait son papa adoptif qui travaillait alors comme garde. Il se tut pour mieux écouter et ouvrit grand ses yeux pour observer. Il en déduisit que sa mère devait être originaire du lointain Cormyr, qu’elle avait été séduite fort jeune par un homme qui avait disparu le lendemain de leur étreinte. Depuis, elle haïssait les bardes, les réjouissances et la musique. Et plus jamais elle ne priait Liira, Milil, Sunie ou Sharess.

    Le petit garçon trouva stupéfiant la quantité d’information que l’on pouvait recueillir sur les gens. Peu à peu il affina sa méthode : son jeu le plus fréquent était de déduire ce qu’avait mangé son professeur à la pause de midi en observant les taches et miettes sur ses habits. Un jour il étonna grandement son père adoptif en lui déclarant qu’il avait été boire un coup au Marsouin Ivre, un estaminet du port, parce que son haleine sentait l’alcool de mauvaise qualité et que la boue sur ses bottes avait une petite odeur de vomi et d’eau de mer croupie. Gorogar l’encouragea à poursuivre son petit jeu tout en faisant attention désormais à rentrer à la maison les semelles propres.

    Sa scolarité expédiée, son père adoptif l’envoya se former auprès d’un rôdeur de Hoar qui rendait justice à sa manière au grand embarras des prêtres de Tyr. Enfin Berian sortait du cocon familial et sa première leçon fut d’apprendre à devenir indépendant. L’adolescent déambulait avec émerveillement au cœur de la Cité des Splendeurs. Mais le charme fut contrebalancé par ce qu’il découvrit dans les ruelles des bas-quartiers. Il apprit la patience et le meurtre froid, brutal et impersonnel. Il ressentit l’anticipation jubilatoire du chasseur poursuivant sa proie. Il laissa libre cours à ces exécutions sauvages mais méritées. Toutes ses victimes étaient coupables de crimes impunis : assassins, violeurs, voleurs, brigands… Les pires brutes des bas-quartiers d’Eauprofonde passaient au fil de sa lame avec l’aide de son mentor. En conçut-il du remord ? Un peu les premiers temps, mais vivant dans un milieu où la violence et le meurtre étaient monnaie courante, il eut tôt fait de s’y habituer. Berian fit ce qu’il y avait à faire quand la justice de Tyr était impossible à rendre. Il était un justicier comme son père, ce héros musculeux qui avait su le rendre heureux. Il remplissait ses missions de manière efficace, sans fioritures ni cruauté comme son maitre le lui avait enseigné.

    Berian a une vision du monde manichéenne qu’il partage avec les siens : il y a d’un côté les êtres mauvais qui bafouent les lois, de l’autre les gens qui essaient de survivre en communauté en évitant de transgresser les interdits. Il rend une justice expéditive, en accord avec sa conscience. Il ne tue pas par plaisir pervers mais parce qu’une mission lui a été assignée. S’il le peut, il préfèrera livrer les malfaiteurs à la justice que de les éliminer sans autre forme de procès.

    Il n’a pas peur de la mort car elle est sa compagne de tous les instants : il aurait mille fois pu se faire égorger dans les ruelles obscures. Et si l’on devait l’éliminer à son tour, il serait satisfait d’avoir envoyé ad patres quelques malfaiteurs. Hoar le féliciterait surement.

    Les gens du quartier où il réside sont peu nombreux à le connaitre. Le jeune homme est discret, distant et solitaire. Lorsqu’il est en société et qu’on l’aborde, il sait se montrer courtois. Dans ces moments il reste tout de même froid et cynique comme pour contrarier l’envie que l’on pourrait avoir de créer un lien. L’on ne lui connait pas d’amis mis à part son frère avec qui il semble partager bien des secrets. Il n’engagera la conversation que s’il veut obtenir un renseignement. On l’aurait déjà aperçu penché sur un parchemin à griffonner quelques esquisses : des portraits des personnes sans histoire qu’il aurait croisées et qui ont marqué son esprit au point de les dessiner ; c’est certainement le seul vice qu’on peut lui connaitre car il n’est ni joueur, ni buveur et encore moins coureur de jupons même s’il visite de temps à autres les maisons de passe.

    _________________
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    Dernière édition par Berian le Mer 16 Avr 2014, 22:52, édité 8 fois.
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