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 Sujet du message: Aegicoros Haedus
MessageMessage posté...: Dim 30 Mar 2014, 15:20 
Aventurier de passage
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Inscription: Dim 30 Mar 2014, 12:37
Messages: 31
PX: 400
Nom : Aegicoros Haedus
Alignement : Neutre bon
Race : Humain
ge : 19 ans
Taille : 1,78 m
Poids : 71 kg
Sexe : masculin
Classes : Disciple arcanique 1
Divinité : Mystra
Région : Chessenta

Vitesse de déplacement au sol : 9 m, soit 6 cases, par round

Expérience : 0 / 1 000

Statistiques
    Force : 12 (+1)
    Dextérité : 12 (+1)
    Constitution : 12 (+1)
    Intelligence : 14 (+2)
    Sagesse : 15 (+2)
    Charisme : 12 (+1)

Points de vie : 7 (1d6 + 1 (constitution))

Classe d’armure : 13 = 10 + 1 (dextérité) + 2 (vêtements renforcés)
Contact : 11 = 10 + 1 (dextérité)
Pris au dépourvu : 12 = 10 + 2 (vêtements renforcés)

Corps à corps : +1 = 0 + 1 (force)
  • Dague : +1 / 1d4+1 / 19-20/×2
Distance : +1 = 0 + 1 (dextérité)
  • Dague : +1 / 1d4+1 / 19-20/×2 / 3m
  • Arbalète lourde : +1 / 1d10 / 19-20/×2 / 36m

Jet de réflexes : 1 = 0 + 1 (dextérité)
Jet de vigueur : 3 = 2 + 1 (constitution) ; 7 pour résister aux dégâts infligés par l’asphyxie ou éviter les dégâts non-létaux infligés par les climats chauds ou froids (don, endurance)
Jet de volonté : 4 = 2 + 2 (sagesse)

Langues connues
  • Commun
  • Draconien
  • Chessentien
  • Mulhorandi

Aptitudes de classe
  • Maniement des armes courantes et des boucliers (sauf pavois).
  • Port des armures légères et intermédiaires.
  • Aura de bien (Ext).
  • Code de conduite (l’alignement ne doit pas s’écarter de plus d'un cran de neutre bon).
  • Don supplémentaire. (métamagique ou de création d'objet)
  • D’arcane à divin. (les sorts du domaine de la magie et certains sorts de barde ou de mage sont considérés comme étant dans la liste de sorts de disciple arcanique)


Sorts
Sorts de disciple arcanique : 3/2, niveau 1 de lanceur de sorts. Le DD des sorts est lié à la sagesse.
D’arcane à divin : Sorts profanes ajoutés à la liste de sorts (M : domaine de la magie) :
  • Niveau 0 :
  • Niveau 1 : (M)
  • Niveau 2 : (M)
  • Niveau 7 : (M)
  • Niveau 8 : (M)
  • Niveau 9 : (M)


Dons
  • (niveau 1)
  • (humain 1)
  • (disciple arcanique 1)

Caractéristiques raciales
  • Don bonus. 1 don supplémentaire au niveau 1, car ce sont des touche-à-tout qui apprennent particulièrement vite
  • 4 points de compétence supplémentaires au niveau 1, et 1 point de compétence supplémentaire à chaque niveau par la suite, pour les mêmes raisons (les 4 points de compétence additionnels du niveau 1 sont ajoutés après multiplication, pas avant
  • Vitesse de déplacement de base. Leur vitesse de déplacement au sol de base est de 9 mètres.


Compétences (2 (classe) + 2 (intelligence)) x 4 + 4 (humain) = 20 points
    Liées à la force :
    • Escalade* : 0 = 0 + 1 - 1 (armure)
    • Natation* : -1 = 0 + 1 - 2 (armure) ; 3 pour résister à des dégâts temporaires (don, endurance)
    • Saut* : 0 = 0 + 1 - 1 (armure)

    Liées à la dextérité :
    • Acrobaties : — = 0 + 1 - 1 (armure)
    • Crochetage : — = 0 + 1
    • Déplacement silencieux* : 0 = 0 + 1 - 1 (armure)
    • Discrétion* : 0 = 0 + 1 - 1 (armure)
    • Équilibre* : 0 = 0 + 1 - 1 (armure)
    • Équitation* : 1 = 0 + 1
    • Escamotage : — = 0 + 1 - 1 (armure)
    • Évasion* : 0 = 0 + 1 - 1 (armure)
    • Maîtrise des cordes* : 1 = 0 + 1

    Liée à la constitution :
    • Concentration* : 3 = 2 + 1

    Liées à l’intelligence :
    • Art de la magie : 4 = 2 + 2
    • Art martial : — = 0 + 2
    • Art psi : — = 0 + 2
    • Artisanat (tout)* : 2 = 0 + 2
    • Connaissances (architecture et ingénierie) : 3 = 1 + 2
    • Connaissances (histoire) : 3 = 1 + 2
    • Connaissances (mystères) : 6 = 4 + 2
    • Connaissances (plans) : 3 = 1 + 2
    • Connaissances (religion) : 6 = 4 + 2
    • Connaissances (autre) : — = 0 + 2
    • Contrefaçon* : 2 = 0 + 2
    • Décryptage : 3 = 1 + 2
    • Désamorçage/sabotage : — = 0 + 2
    • Estimation* : 2 = 0 + 2
    • Fouille* : 2 = 0 + 2
    • Prime idiome : — = 0 + 2

    Liées à la sagesse :
    • Autohypnose : — = 0 + 2
    • Détection* : 2 = 0 + 2
    • Perception auditive* : 2 = 0 + 2
    • Premiers secours* : 2 = 0 + 2
    • Profession (maçon) : 4 = 2 + 2
    • Profession (autre) : — = 0 + 2
    • Psychologie* : 2 = 0 + 2
    • Survie* : 2 = 0 + 2

    Liées à la charisme
    • Bluff* : 1 = 0 + 1
    • Diplomatie* : 1 = 0 + 1
    • Dressage : — = 0 + 1
    • Déguisement* : 1 = 0 + 1
    • Intimidation* : 1 = 0 + 1
    • Renseignement* : 1 = 0 + 1
    • Représentation (toute)* : 1 = 0 + 1
    • Utilisation d’objets magiques : 2 = 1 + 1
    • Utilisation d’objets psioniques : — = 0 + 1

    En gras, les compétences de classe et avec un astérisque, les compétences admettant un test inné (utilisables même avec un degré de maîtrise égal à 0).
    En gras, les degrés de maîtrise et en italique, les bonus de caractéristique.
    En normal, les bonus divers, dont la nature est précisée entre parenthèse.

Équipement
  • Dague (poids : 0.5 kg, coût : 2 po)
  • Arbalète lourde (poids : 4 kg, coût : 50 po)
  • Vêtements renforcés (poids : 6 kg, coût : 20 po)
  • Carreaux d’arbalète (x10) (poids : 0.5 kg, coût : 1 po)
  • Couverture d’hiver (poids : 1.5 kg, coût : 5 pa)
  • Outre (poids : 2 kg, coût : 1 po)
  • Rations de survie (poids : 0.5 kg, coût : 5 pa)
  • Sac (poids : 0.25 kg, coût : 1 pa)
  • Savon, 1 livre (poids : 0.5 kg, coût : 5 pa)
  • Paillasse (poids : 2.5 kg, coût : 1 pa)
  • Or possédé : 48 po 9 pa


Poids total de l'équipement : 18.25 kg. (charge légère)



Aegicoros est un jeune homme assez marqué par ses années d’esclavage. Il a des traits qui le rendent plus vieux qu’il ne l’est réellement. Ses cheveux sont bruns et ne repoussent que depuis sa fuite du chantier Mulhorandi où ils étaient rasés régulièrement. Sans être particulièrement costaud, il a les muscles assez dessinés, héritage d’une nourriture simple et d’une vie d’exercices forcés. Ses mains sont caleuses et ses ongles usés par les heures à manipuler la pierre dans le sable.
Ses yeux sont clairs et on peut y voir régulièrement le mélange d’émotions qui peut habiter une personne au passé aussi chargé : nostalgie, tristesse, espoir…
Ses vêtements sont souvent assez travaillés, un moyen pour lui de laisser loin derrière son passé d’esclave en haillons.


On aurait pu croire que les années de travaux forcés lui aurait valu une certaine rancœur vis-à-vis du reste du monde, mais c’est tout le contraire. Pour avoir été des deux côtés de la barrière, il sait très bien qu’il n’est pas aussi simple de catégoriser ou de généraliser. Chacun est différent à ses yeux et il attend de découvrir les intentions pour juger.
Il aime croire en l’espoir que les choses peuvent s’améliorer et voit en la magie la solution à tous les problèmes qui n’ont pas pu être résolus sans.
Il a une confiance aveugle en Kalerana qui est, à ses yeux, comme une grande sœur mêlée d’un mentor. Il ne supporterait pas qu’on lui fasse du mal, et la culpabilité pourrait complètement le transformer.
Mystra est dans son esprit encore un cran au dessus. Elle entend ses prières et lui répond. Elle fait de lui tout ce qu'il est et tout ce qu'il sera.


– Chessenta –

Pour beaucoup, la Chessenta, c’est juste un lieu où l’on passe son temps à s’entraîner à se battre, à faire la guerre contre son voisin, et en temps de paix, à vénérer des dragons. Pour moi, c’était avant tout un endroit où je pouvais vivre en toute liberté.
Je suis né dans une maison noble, ce qui est une bonne chose parce que l’autre alternative est souvent de ne naître qu’en tant qu’esclave. Certes, c’est une position moins appréciable, mais les esclaves en Chessenta ont l’avantage d’être bien traités. Pour notre part, on avait suffisamment d’esclaves pour pouvoir nous consacrer à d’autres tâches que celles nécessaires à faire tourner le foyer familial. Mon père orchestrait un commerce de textiles exotiques. C’est le genre de bien rare qu’il est facile de négocier à un très haut taux. Ma mère, pour sa part orchestrait notre poignée d’esclaves et quand cela ne l’occupait pas assez, elle mettait son nez dans les affaires de mon père pour trouver d’autres personnes à qui dispenser ses bons conseils, et ses ordres.
Mon grand frère, Histias, de trois ans mon aîné, était destiné à prendre la succession de mon père. On aurait pu croire que j’allais en être jaloux, mais détrompez-vous, même si je devais me préparer à gagner ma propre vie, j’avais toute la liberté dont on peut rêver, enfin, dans la limite du raisonnable, car je dois bien avouer que certaines décisions auraient pu m’attirer les foudres paternelles. Très jeune, j’ai tout de suite su ce que je voulais faire.


— C’est qui ça, père ?
— C’est Azouth, le dieu de tous les mages.
— C’est lui qui leur donne leur magie ?
— Heu, c’est pas aussi simple, mais disons que oui, il les guide pour qu’ils apprennent à utiliser la magie.

J’avais 6 ans. Pour moi, la magie, c’était tout ce qu’on pouvait vouloir, et en même temps, un mystère à résoudre. Je voulais devenir prêtre d’Azouth. Et pourquoi ne pas devenir mage, me demanderiez-vous ? J’aurais probablement du, ça m’aurait évité bien des tracas, mais dans ma petite tête d’enfant, si Azouth donnait la magie aux mages, c’était de lui qu’il fallait se rapprocher, pas des académies des arcanes. Pourquoi se contenter d'un enseignant humain quand on peut en avoir un divin ?
Étudier auprès des prêtres d’Azouth était tout aussi glorieux qu’une autre école, et mon père accepta. J’allais donc tous les jours, accompagné d’un esclave pour éviter qu’il ne m’arrive quoi que ce soit, jusqu’au temple pour apprendre la théorie de la magie, son histoire, pourquoi Azouth était grand, et toute autre sorte de choses qui me rapprochaient de ce que j’allais devenir. Trois années de cette patiente étude filèrent alors que je n’étais toujours pas en mesure de lancer le moindre sort.
Un soir, mon frère vint me récupérer pour qu’on fasse le trajet de retour ensemble. Il commençait à être tard et la nuit avait déjà effleuré de ses ténèbres les rayons du soleil couchant. Je me rappelle que les pavés étaient encore un peu humides de ce que les commerçants avaient jeté dans la rue pendant la journée. Je me rappelle qu’on avait ri pour une quelconque plaisanterie que je ne retrouverais jamais. Je me rappelle qu’il était très fier de m’annoncer qu’il avait gagné un combat de lutte contre un des plus grands de son groupe. Je me rappelle que deux hommes s’étaient mis en travers du chemin et qu’ils avaient essayé de l’agripper. Je me rappelle qu’il s’était défendu du haut de ses 13 ans et qu’il avait réussi à planter son petit couteau dans la cuisse du plus imposant. Je me rappelle qu'il s’était pris un coup suffisamment violent pour l’envoyer s’écrouler un bon mètre plus loin. Je me rappelle qu’on m’avait saisi par derrière quand j’avais voulu le rejoindre. Je me rappelle d’un sac sur ma tête. Mais je ne me rappelle pas pourquoi je n’ai pas su appeler à l’aide.


– Thay –

Thay, la plaque tournante de l’esclavage. On avait passé plusieurs jours dans une cale, attachés aux parois. J’avais cherché mon frère du regard, mais j’étais tellement concentré sur la faim, la fatigue et la douleur que j’avais abandonné l’idée de le retrouver du regard parmi un amas de corps crasseux.
Je pensais que ce n’était qu’un passage, un petit cauchemar, et que mon père allait nous faire rechercher, qu’on allait nous retrouver, et qu’on pourrait rentrer et tout reprendre comme avant. Mais petit à petit, j’en ai fini par croire que le rêve, c’était ma vie d’avant, qu’elle n’avait jamais vraiment existé et que cette cale m’avait vu naître. D’une certaine façon, c’était vrai.
Au moindre mot, on était battu. Au moindre geste, on était battu. Au moindre regard déplacé, on était battu. Au final, on était juste devenus des corps inertes, encore trop chauds pour être déclarés morts, mais rien de plus.
Arrivé en Thay, on vous apprend à être de bon esclaves. On te nourrit un peu, parce que sinon, tu vaux plus rien. Et puis, on t’apprend que si tu veux manger, tu dois obéir. D’ailleurs, si tu veux quelque chose, tu dois obéir. Au final, on en devient même reconnaissant de ne pas être frappés. N’imaginez pas qu’on ait été plus lâches que vous. On a pensé à se rebeller, on a pensé à s’enfuir, mais on avait en face de nous un système rodé depuis des siècles. Vous pensez vraiment que l’esclavage tournerait encore si il était si facile de s’en extraire ? Quoi qu’on imagine, quoi qu’on cherche à faire, nos maîtres avaient toujours une longueur d’avance. Ils nous attendaient à chaque initiative, et tout ce qu’on récoltait, c’était des coups. Au final, on finit par perdre espoir et par se résigner. Ils nous avaient brisés. Nous étions des esclaves. Il y avait nous et il y avait les autres. Ces deux mondes ne communiquaient plus.


Au bout de quelques mois, même s’il est difficile de compter réellement, on avait quitté le camp disciplinaire pour reprendre la mer. Cette fois-ci, on nous avait lavés, et on avait un peu plus d’espace dans la cale. J’ai vu mon frère cette fois-ci. Je lui aurais sauté dans les bras si je n’avais pas su que ça nous aurait valu des coups à tous les deux. Je l’ai regardé, il m’a vu, on a compris, mais on n’avait rien à dire. Je me suis dit que s’il était là, c’est qu’ils devaient avoir mis tous les esclaves arrivés en même temps, mais si c’était le cas, alors plus de la moitié était morte. J’espérais au fond de moi que c’était autre chose, qu’une partie était toujours en vie ailleurs, qu’ils avaient réussi à s’échapper, peut-être…

– Mulhorande –

A peine sortis du bateau, on était mis en vente sur un marché. On est posés, sur une estrade, et les acheteurs proposent leur prix. J’espérais être acheté dans le même lot que mon frère, pour qu’on puisse au moins garder le contact, mais non, de meilleure constitution que moi, il fût acheté dans les premiers, par la capitainerie apparemment, probablement pour porter les cargaisons qui ne pouvaient pas marcher d’elles-mêmes.
Moi, je fus bradé dans les derniers, pour aller travailler sur un chantier de construction. C’était une sorte de bâtiment titanesque pour un seigneur qui voulait un tombeau à sa mesure. La folie des riches : penser qu’ils pouvaient acheter leur avenir dans l’au-delà. Ca me ramenait à mes souvenirs. Ma vie d’aspirant au culte d’Azouth.
Alors que le travail nous était réparti, et que l’on se mettait à l’oeuvre, ma spiritualité me revenait, c’était mon échappatoire. Il me restait bien des notions du passé. La dévotion, les rituels, beaucoup de théorie, trop de théorie.
D’un autre côté, bien que loin d’être parfaites, les conditions des esclaves ici étaient un peu meilleures que celles de Thay. Le soir, on n’était pas entassés les uns sur les autres, on avait des petits bâtiments où on pouvait dormir à cinq ou six, sur des hamacs. Au début, je ne faisais que les petits ouvrages, mes doigts délicats de jeune garçon me permettant d’atteindre des endroits difficiles d’accès. A mesure que le temps passait, je grandissais, et mon corps s’adaptait peu à peu à sa nouvelle vie. j’étais loin de rivaliser avec un guerrier, mais je pouvais poursuivre le travail pendant des heures, transportant les lourdes pierres à travers le chantier, les tractant en haut des murs à l’aide des poulies.


— Qu’est-ce que tu fais ?
— Je prie Azouth pour qu’il m’offre un peu d’espoir.
— Pourquoi lui ?
— Parce que c’est lui qui apporte la magie et que la magie est le plus grand pouvoir qu’un homme puisse obtenir.
— Ici, ce dieu n’est rien. Ici, la magie, c’est Mystra, ou Velsharoon.

Est-ce que c’était ça mon erreur ? Est-ce que le pouvoir d’Azouth pouvait être limité géographiquement ? Ou alors mon souvenir de lui n’était plus assez fidèle pour qu’il se reconnaisse ? Je me mis donc à prier la mère de toute magie. Je voulais qu’elle me laisse repartir auprès de ma famille, revoir mon frère, et si ce n’était pas pour revivre avec eux, qu’au moins, je puisse savoir s’ils étaient en vie. Je ne cherchais que du soulagement, mais je priais avec la même ferveur que quelqu’un qui voudrait changer les plans.
Au bout de huit longues années, un étrange événement secoua le chantier, et m’apparut comme une réponse à toutes mes prières. Elle était arrivée enchaînée comme une esclave, mais avec la présence d’une reine. Elle ne cillait pas, elle ne flanchait pas, elle marchait d’un pas régulier. Les menottes lui marquaient les poignets mais elle n’affichait aucune expression de douleur. Sa robe semblait légère et dans un textile très onéreux. Le vent sec du désert la faisait flottait lentement derrière elle. Ses longs cheveux roux étaient attachés en une tresse qui descendait le long de sa colonne vertébrale. A son cou, une sorte de collier qui semblait fait d’une seule pièce, en un métal argenté qui ajoutait un peu plus à son mystère. Elle bougea légèrement les yeux pour me percer de son regard et son visage si pâle et si doux n’était même pas abimé par le sable et le soleil. Pourquoi moi ? Qu’avait-elle vu ? Elle attisa trop ma curiosité pour que j’accepte d’en rester là.


Le bruit se répandit rapidement parmi les esclaves. Elle était recherchée, et ce chantier n’était qu’une escale sur le trajet pour la capitale. Elle ne resterait que pour cette nuit avant de repartir. Ils l’avaient placée dans une anti-chambre de notre construction. Ce qu’ils ignoraient probablement, c’est que c’était nous, les esclaves qui connaissions le mieux les lieux. Nous avions posé ces pierres, nous en connaissions chaque coin, chaque secret, chaque raccourci. Je contournais les gardes pour atteindre la pièce où elle était prisonnière. Elle était enchaînée à deux murs opposés, de sorte qu’elle ne pouvait pas rapprocher ses mains de son corps. Elle restait bras écartés, tout son poids reposant sur ses épaules, la tête renversée en avant. Quand j’entrai, elle releva les yeux pour m’observer. Son sourire incongru dans cette situation m’en donna presque la chair de poule.

— Je t’attendais.
— Moi ? Mais pourquoi ?
— Tu dois me libérer.
— Comment je pourrais faire ça ? Je ne suis qu’un esclave
— Tu dois m’enlever mon collier.

J’avais beau chercher, je ne trouvais aucune fermeture. Je le faisais tourner, mais rien, c’était comme s’il avait été fondu en une seule pièce autour de son cou.

— Je suis désolé, je ne trouve pas de mécanisme d’ouverture.
— C’est un objet magique. Il répond à une commande.

J’avais étudié les objets magiques dans mon enfance, mais à ma connaissance, il fallait connaître le système de déclenchement propre à chacun pour pouvoir les utiliser. Ca pouvait être une pression au bon endroit, un mot, une pensée, n’importe quoi en fait. J’essayais tout ce qui me passait par la tête, tous les mots mulhorandis, tous les recoins du bijou, mais rien.

— Je suis désolé, je n’y arrive pas.
— Tu vas y arriver, je le sais.
— Je cherche, mais je ne trouve pas, il me faudrait un coup de chance énorme.
— Je sais que tu vas trouver.

Je m’arrêtai quelques secondes alors que j’entendais des pas résonner dans le couloir. Si j’étais surpris ici, j’étais bon pour le pilori. J’avais un choix à faire : rester pour essayer de la libérer, ou la laisser et retourner en sécurité à ma vie d’esclave obéissant. J’hésitais, et elle le lut sur mon visage. D’un simple sourire, elle me fit comprendre qu’elle ne m’en voudrait pas, et c’est exactement ce qu’il me manquait pour prendre une décision. Je ne pouvais pas abandonner une personne aussi compréhensive. Quoi qu’elle ait pu faire, elle ne pouvait pas être mauvaise. J’accélérai le rythme alors que derrière moi, j’entendais déjà qu’il était trop tard.

— Qu’est-ce que…

Je sentis le métal s’ouvrir sous mes doigts, et la prisonnière afficha une expression de concentration alors que le garde cessa de parler pour remplacer ses mots par un bruit de chute au sol.

— Vous l’avez…
— Il n’est qu’évanoui. Viens, nous devons partir sur le champ.

Elle ne semblait pas effrayée, ni même pressée. Elle marchait lentement vers la sortie, et moi, je la suivais sans savoir à quoi m’en tenir. Du moment où j’avais accepté de rester dans sa geôle, je savais que ma confiance lui était toute acquise. Je saisis au sol la dague du garde et son arbalète. Je m’attendais à ce que l’on se batte, mais à chaque garde que l’on croisait, il s’évanouissait aussitôt qu’il arrivait dans notre champ de vision.
Sans aucun détour, nous prîmes le chemin de la ville la plus proche. Pendant le trajet dans le sable, nous ne parlions pas. De toute façon, j’apprenais plus tard que de manière générale, elle ne parlait pas. Arrivés en vue de l’enceinte de la ville, elle s’arrêta. Le vent sec et chaud nous balayait le visage, et je plissai les yeux pour regarder dans la même direction qu'elle, vers une ville immobile. Sa voix briser la chaîne de questions qui défilaient dans mon esprit.


— Le jour va se lever et ils vont se lancer à notre poursuite. Nous allons attendre ici.
— Mais on devrait pas fuir ?
— Nous allons attendre ici.

Quelques minutes plus tard, un cavalier arriva devant nous. Je m'apprêtai à le tenir en joue avec mon arbalète, mais d'un geste délicat du bout des doigts, elle rabaissa mon arme. Le cavalier s’arrêta devant nous, jetant un sac qui contenait le minimum pour voyager, et une bourse avec un peu d’argent.

— Tiens, j’ai pas pu emporter plus que ça, ç’aurait été trop louche. Ca devrait vous permettre de tenir. Bon courage, et désolé de ne pouvoir faire mieux.
— Merci, c’est bien plus que nécessaire.

Il repartît aussi sec. Maintenant, je serais habitué à ce genre de situation, mais à l’époque, j’étais plutôt décontenancé, et j’appris qu’il valait mieux que je laisse Kalerana –j’apprenais son nom que plus tard– organiser notre voyage, puisque je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il se passait.
Elle ouvrit le sac et en déversa le contenu. A l’intérieur, des habits plutôt riches, mais étrangement résistants, une paillasse et une couverture pour pouvoir dormir, ainsi que des vivres mais pas pour très longtemps.


— Mets ça, ce sera plus discret que tes habits d’esclave. Les vivres sont pour toi, je ne mangerai pas pour ma part. Le contenu du sac est pour toi aussi, mais ce sera à toi d’en prendre soin et de le porter.

Alors qu’elle parlait, elle enfilait une sorte de tenue, riche aussi, avec une capuche qui permettait de lui cacher les cheveux. Je détournais le regard un peu trop tard pour être vraiment courtois. Son corps était sans défauts, et ses poignets n’avaient déjà plus les marques des menottes. Dans nos nouveaux vêtements, dans nos nouveaux rôles, dans notre nouvelle histoire, nous prîmes la route pour la côte, montant à bord d'un navire pour quitter ce pays.

– De par le monde –

Nous rejoignîmes donc le port le plus proche, où je croisai un visage familier. Je ne pouvais pas parier que c’était lui, mais il me semblait que mon frère se portait bien. Il avait grandi et était passé contre-maître. Il y avait trop de gardes alentours ou trop peu de pièces dans ma bourse pour pouvoir le libérer, mais il allait bien, et je savais où le trouver à l’avenir.
Kalerana s’occupa de nous trouver un navire et nous prîmes la mer dans la journée. Étrangement, pendant le trajet, elle entama une discussion avec le capitaine devant moi. Je la trouvais soudainement changée. Pourquoi parlait-elle autant avec lui, alors qu’elle m’avait si peu parlé à moi ?


— Dîtes-moi capitaine, quelles sont les routes les plus rentables en ce moment ?
— Honnêtement, je ne devrais pas vous le dire, mais une charmante dame ne me trahirait pas, n’est-ce pas ?
— Bien sûr que non, je ne fais que la discussion. Nous pouvons évoquer un autre sujet si vous préférez. Loin de moi l’idée de voler les secrets qui font la richesse d’un honnête homme.
— Hola non, je vais vous le dire. En ce moment, je fais un triangle : d’ici, j’amène des voyageurs et des pierres précieuses vers l’ouest, sur la côte des dragons. Là bas, je récupère des armes de la côte des épées et des textiles calimshans. J’ai un très bon fournisseur qui me fait un bon prix. Ensuite, je rapporte le tout en Chessenta où je les vends contre de l’huile d’olive et du vin que je revends ici même. C’est le dernier tiers le moins rentable et je cherche à l’améliorer, mais comme c’est aussi le plus court, je m’en sors plutôt bien pour le moment.
— Oh, comme c’est intéressant. J’aime beaucoup les textiles délicats et précieux. Il y a donc un vrai marché du textile en Chessenta ?
— En fait, il n’est pas si impressionnant, mais je connais un négociant qui gère un bon commerce de cette marchandise. Le pauvre homme a eu des moments difficiles avec la disparition de ses deux enfants, mais pour contrebalancer cette mauvaise fortune, il s’est acharné dans son travail, et ça a rendu le commerce bien meilleur. D’ailleurs, je devrais penser à me diversifier, il vient d’avoir une fille, il paraît et je voudrais pas que son bonheur ramollisse mes affaires…

Elle éclata d’un rire cristallin. Pour tous, il répondait aux propos du capitaine, mais dans son regard je pus deviner qu’il était pour moi. Elle ne lui avait pas parlé pour le plaisir, mais pour moi.

La suite du trajet fût assez calme. Le capitaine ne comprît pas pourquoi sa passagère ne venait plus lui faire causette, et Kalerana semblait y être plus qu’indifférente. J’essayais de la remercier, à quoi elle ne répondait que par des propos sibyllins et des sourires, mais peu importait, j’étais simplement reconnaissant.
Une fois à terre, on se joignît à une caravane marchande jusqu’à la côte des épées. Ma foi ne m’avait toujours pas abandonné, et Kalerana me donna quelques conseils sur la manière d’appréhender la religion, des conseils qui débloquèrent beaucoup de choses.


— Je ne comprends pas, comment tu sais tout ça ?
— J’ai été prêtresse moi aussi de mon temps.
— Pourquoi ? Tu as quel âge ?
— Regarde, on arrive à la porte de Baldur.
— Ca y est, c’est la fin du voyage ?
— Non, nous avons encore un bateau à prendre.
— Tu veux vraiment pas me dire où on va ?
— Je dois rejoindre un contact. Tu peux suivre ta propre voix quand tu le souhaites, si l’envie t’en prend.
— Non… Je préfère continuer à tes côtés.

Encore un sourire. C’est impressionnant tout ce qui peut passer dans un sourire.
Finalement, nous avons embarqué pour Gemmaline, une petite île dans la mer de l’ouest. Sur le trajet, je découvris la joie de sentir le pouvoir divin canaliser à travers tout mon être. Mystra avait déjà répondu à mes prières, mais elle m’offrait à présent la chance de pouvoir effleurer du doigt sa création : la toile.

_________________
Je ne pense pas qu'il y ait de magie profane ou divine. Je pense qu'avant tout, il y a la toile.

niveau 0 :
niveau 1 :

Aventure en cours : Enlèvements à répétition


Dernière édition par Aegicoros le Mer 16 Avr 2014, 19:00, édité 5 fois.
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