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 Sujet du message: Pensées en vue du nouveau monde
MessageMessage posté...: Mer 06 Juin 2012, 22:25 
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Terre !

Enfin. Malevil d'Albegarde chevauchait ce gallion de bois depuis plusieurs semaines, et le besoin de sentir un sol ferme sous ses pieds le démangeait. Il n'avait pas grand souvenir de son existence passée, mais il savait avoir vécu dans la forêt toute sa longue vie ou presque. Ne sortant de son arbre-maison que pour chevaucher dans les plaines, et les collines et les montagnes. Un marais parfois, mais l'océan, ça non. Et voilà près de trois ans qu'il errait d'île en côte, séjournant tantôt dans une auberge portuaire du continent, tantôt dans la calle d'un raffiot insalubre mais qui le prenait sans demander le sous. Malevil avait eu soif : soif d'exister, de voyager et de découvrir, soif d'un horizon étendu, étiré aux confins de sa vision.

Mais à présent, il était désaltéré, et c'est la faim qui l'accablait, une faim que seule la terre et la roche apaiserait. Gemmaline, bien en vue...

Son avenir sur cette nouvelle île s'étendait à ses pieds, offerte à la foulure de ses pas. Et pourtant, il avait l'impression d'arriver au terme d'un épuisant voyage. Son séjour aux Îles Moonshae n'avait pas été de tout repos, et ses pérégrinations çà et là avaient tout juste manqué d'attaquer sa santé de fer. Mais plus que tout cela, Malevil conservait l'étrange goût amer d'avoir été trop loin. Comme s'il était mort, et avait continué d'exister, autrement. Ademius Shazel, le nom continuait de faire écho dans son crâne, chaque fois que le capitaine, au petit matin, le gratifiait d'un jovial «Hola, Malevil ! Matinal, comme d'hab' !»

Et Vélizar.

Il ne dormait plus, depuis trois ans. Il se contentait de réfléchir, quelques heures, et lorsqu'il sortait de sa torpeur, il se sentait à nouveau en forme. Une rumeur avait d'ailleur commencé à circuler sur le pont, si bien qu'il avait du limiter son errance nocturne de la poupe à la proue. Quoiqu'il en soit, puisqu'il ne dormait plus, il ne rêvait plus. Et curieusement, s'il avait tout oublié de son passé, du moins, tout ce qui semblait avoir eu de l'importance fut un temps, il se rappelait avec délices ses rêves. Des images bariolées, absurdes (vraiment ?), enchanteresques. Désormais, plus rien. Certes, il sentait son esprit se développer à nouveau, tisser de nouvelles extensions dans son jeune cerveau, sensation délicieuse comparable à la découverte d'une nouvelle arcane, un siècle plus tôt. Mais plus de rêve, plus cette douce distorsion du temps dans l'esprit et de l'espace dans le corps. Excepté ces images qu'il ne comprenait pas, pas encore.

Vélizar, Vélizar, Vélizar, un nom, et un manteau, un nom qui le terrifiait, et une robe à la teinte du sang. Il n'osait se l'avouer, mais la multiplication de ses destinations avaient probablement eu pour but, de manière refoulée, d'échapper aux autres, à quiconque pourrait le percer à jour. La nuit, s'il campait sur le pont, scrutait les cieux, c'était bien pour surveiller qu'aucune horreur n'en tombe pour ravager à nouveau le monde. Par tous les dieux, quelle atroce sensation, qui ne le lâchait plus, dès avant sa résurrection : la peur...




- Il faut vraiment que je descende de ce navire...
- Tu l'as dit mon gars ! lui lança le capitaine, qui, passant dans son dos, lui flanqua une rude accollade. C'est qu'Gemmaline, c'est un tout nouveau continent ! L'exotisme ça a du bon qu'pour une chose, et tu sais quoi ?
- ... Les femmes... Oooh, capitaine, mon capitaine, fit le jeune explorateur, emprunt d'un lyrisme lassé, nous voilà en mer depuis des semaines, et chaque matin, chaque fois que la moindre occasion d'évoquer le continent se présente, vous embrayer sur l'éternel discours à propos des bordels de la côte gemmalienne. Permettez-moi une fois, juste une fois, de profiter effectivement de cette vue libératrice sans vos commentaires graveleux ?

Le capitaine était un vieil homme ventripotent et souvent débraillé, à la barbe hirsute et aux mèches de cheveux rares et éparses, habilement rangées sous un turban et un tricorne. Sa démarche débonnaire, son rire gras et communicatif ainsi que sa composition plus que bienveillante en faisait un marin apprécié de ses subordonnés. Qui plus est, le bougre avait sous le coude un nombre incroyable d'anecdotes, de chansons, et de légendes. Certes, un nombre presque aussi incroyable de toutes ces pièces de folklore concernait les femmes, les putains, l'anatomie intime de tout un chacun ou la manière de les utiliser. Il pouvait discourir des heures durant sur la pureté et la beauté du cri d'une femme à l'apogée du plaisir, et enchaîner contrepèterie sur calembour à propos de l'impuissance des hommes de Thay, réduits à battre leurs femmes.

Malevil constituait son meilleur public : le jeune homme, avant d'être un jouvenceau, avait été un veillard, un ermite, et un partisan de l'abstinence au profit d'une pureté de l'étude de l'Art. Aussi, à peine ramené à la vie dans un corps jeune et vigoureux - et, si les élians ne lui avaient pas menti, éternel - le désir amoureux, et charnel, s'était éveillé chez Malevil. Les nombreuses histoires du capitaine lui avaient d'abord mis l'eau à la bouche, mais... Un temps seulement.

Du coup, le vieux capitaine resta bouche bée. Son meilleur admirateur le rembarrait près du bastingage, visiblement plus fasciné par le ballet d'un couple de mouette que par le récit d'un de ses séjour dans un couvent de femmes ardentes. Un instant, Malevil crut que le commandant en chef irait bourrer les oreilles d'un autre, mais il n'en fit rien...


- Figure toi, mon gaillard : la grosse tour que tu vois là-bas, eh bi'n tiens-toi bien qu'on y trouve tout autour plétore d'établissement qui t'feront oublier tes misères de su'l'continent, moi j'te l'dis ! Ho, hey, Dangard, filou de vieux nain, viens un peu par là !

Aisément distrait, le capitaine alpagua son second, un nain bourru qui vivait sur les mers depuis plus longtemps qu'il n'avait taillé sa barbe, et celle-ci était nouée en de multiple fioritures pour éviter de lustrer le plancher.

Malevil retourna avec soulagement à ses inquiétudes, ses espoirs, son imagination. Gemmaline. Elle offrirait de nouvelles perspectives, peut être d'autres psions dont il pourrait apprendre la science. Si Vélizar revenait, et il reviendrait, il lui faudrait être plus puissant que jamais. Et puis, cette île semblait si loin de tout... Depuis deux nuits, il "dormait" enfin sans ces cauchemars d'un autre temps, comme si l'ombre de sa némésis ne pouvait s'étendre jusqu'à ce nouveau rivage... Ha... Douce salvation...

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 Sujet du message: Re: Pensées en vue du nouveau monde
MessageMessage posté...: Lun 11 Juin 2012, 18:49 
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Le navire s’approchait enfin des côtes de cette fameuse île de Gemmaline. Il était tôt dans l’après midi. Le port vivait au rythme de la mer, accueillant des pêcheurs qui triaient leurs poissons, réparaient leurs filets, conversaient bruyamment. Les mouettes tournaient autour, en quête de nourriture facile, et de nombreux badauds traînaient chacun pour leurs bonnes raisons. Tout ceci offrait à Malevil un spectacle hétéroclite, festif et finalement accueillant, pour cet être qui depuis de longs jours n’avait vu autre chose que les membres de l’équipage du galion de bois.

Le capitaine lança les manœuvres d’amarrage, et bientôt le bateau fut à quai. Du pont on pouvait voir divers commerces, des tavernes, un quartier militaire, des marchands ambulants qui profitaient de la fraîcheur des arrivants pour vanter les mérites de leurs produits. Il y avait aussi d’autres navires, tous différents, de constructions, de voilures, d’époque, de styles … cette île semblait vraiment cosmopolite.


L’Ellian n’avait que l’embarras du choix pour se lancer dans ce nouveau monde !

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 Sujet du message: Re: Pensées en vue du nouveau monde
MessageMessage posté...: Mar 12 Juin 2012, 20:48 
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- Adieu, Capitaine.

Le jeune Malevil se tenait sur le quai, tout vêtu de sa tenue d'aventurier, le sourire fendant sa jeune moue malicieuse. Il tenait d'une main son bâton au bout duquel était serti un étrange joyau, un cristal à la teinte verte. De l'autre, il serrait celle démesurément large et par ailleurs fort calleuse du Capitaine. Ce dernier, ventripotent abdomen déployé, secouait vigoureusement la paume enserrée de son jeune ami, avant de l'enlacer - claque dans le dos gracieusement administrée.

- Aller, bons vents Mal'vil d'Alb'garde ! Ravi de t'avoir eu comme passager, l'ami. P'is surtout pas hésiter, hein, comme j't'y ai dit, les donzeles...
- Oui oui oui... Promis ! En votre honneur, et pour pouvoir vous faire taire la prochaine fois qu'on se croisera, avec une bonne anecdote de mon cru !

Tout en saluant le Capitaine de loin, Malevil grimaça à l'idée de passer sa première nuit avec une femme en dédiant l'instant à un vieil homme lubrique. Ademius Shazel, retentit dans le creux de son crâne. Non, Ademius n'était pas lu... Oh, assez !

Tandis que Malevil s'éloignait du gallion, se mêlait au flot de voyageurs qui s'insinuait en ville, une pensée vint finalement parasiter ses émois charnels à la vue des premières femmes plus ou moins vêtues : que faire ? Gemmaline, il l'avait vu depuis quelques miles avant d'acoster, à travers la lunette du second, était une contrée formidablement fertile et cosmopolite et grandiose dans sa diversité. À coup sûr, les opportunités seraient nombreuses ! Mais pour faire quoi ? Vélizar, ce visage distordu de haine qui dans le floude ses souvenirs, sourdait derrière le voile des astres, n'était pas une menace immédiate, et quand bien même : il n'y pourrait rien faire. Donc, du haut de son jeune corps, de ses frêles pouvoirs, que faire ?

Il repensa à son arbre-maison. Il y avait vécu royalement, la magie et la nature pourvoyant aux moindres de ses besoins. Mais il en était un, trop peu assouvi à son goût : la compagnie. Ademius Shazel, cet être faisant à la fois partie de lui, et d'un passé révolu, avait été un être puissant, mais seul. Hormis les visites des villageois qu'il aidait. Et le demi-elfe. Le musicien. Que devenait-il d'ailleurs ?

La compagnie, la compagnie, la compagnie. Presque de manière compulsive, Malevil se mit donc en quête d'une taverne à l'enseigne riante et à l'ambiance débordant des murs, car, c'était bien connu, on y trouvait là la plus efficace recettes d'une aventure digne de ce nom : de l'alcool, des gens mystérieux, et des bagarres. Ajustant son chapeau, il poussa donc la porte du premier établissement qui conviendrait à sa recherche, dans l'espoir d'y trouver un brin de compagnie.

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 Sujet du message: Re: Pensées en vue du nouveau monde
MessageMessage posté...: Mer 13 Juin 2012, 13:25 
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Alors que Malvil flânait sur le port à la recherche d’une taverne qui pourrait lui offrir, repos, boisson et pourquoi pas une femme avenante, il remarqua parmi les divers étales de marchands ambulants une tente qui retint toute son attention. Les motifs inscrits dessus évoquaient des symboles Githzeraïs, ce qui naturellement chatouillait la curiosité du psion qu’il était. Sous cette tente deux personnes : un grand costaud avec une gigantesque épée dans le dos, il était roux, et peut être même encore plus proche de Malevil que cela, mais de dos il n’était pas sur … Il conversait avec une jeune femme ravissante, rousse aussi, les cheveux en cascade sur sa peau blanche. Sa robe bleu et argent portait les mêmes types de symboles que la tente. Elle était ravissante … et sûrement instruite dans l’art psi compte tenu de son environnement. Sous l’abris il y avait une table avec posé dessus un simple écriteau, la curiosité fit avancer l’Elian jusqu’à ce qu’il puisse lire en toute discrétion ce qu’il y avait dessus :


Si ton esprit est ta force : viens tenter ta chance en défiant le prince Gürtül’Kem’Bassir le combattant mental.
Une récompense de 100 pièces d’or à qui le terrassera.


Son avenir faisait plus que lui tendre les bras, il lui sautait dessus !

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 Sujet du message: Re: Pensées en vue du nouveau monde
MessageMessage posté...: Mer 13 Juin 2012, 15:52 
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- La bonne fortune que voilà ! Ce devrait me divertir.

Malevil s'avança donc jusqu'à l'étale.

De toute sa courte vie d'élian, Malevil n'avait guère rencontré d'autres psions. Au refuge où il était né, seuls quelques uns s'étaient présentés à lui. Des contes, des explications, quelle différence ? Il nageait dans son nouveau corps avec aisance, mais son esprit était maintenant doué de pouvoirs qu'il n'avait pas même osé imaginer, du temps d'Ademius Shazel.

Aussi, quoique les symboles ne lui furent que vaguement familiers, il se demanda si les rouquins de la tablée n'étaient pas eux aussi d'Éternels cousins éloignés. À la différence de Malevil, aux cheveux noirs comme suie, ces gens à la chevelure de feu avaient ce petit quelque chose d'arrogance que le jeune homme attribua à l'immortalité. Les elfes, jadis, avaient dû maudire cette nouvelle race de leur oter le privilège de vivre à cheval sur deux millénaires. À la réflexion, Malevil se demanda quelle envergure avaient atteint les sociétés de ses congénères. Il lui avait fallut plusieurs années, du temps de son apogée, pour dénicher un unique foyer, en Moonshae. Mais sa "mère" vivait déjà depuis plusieurs siècles... Il logea l'interrogation dans un coin de son esprit, lorsqu'il aborda les rouquins. Il tut ses propres origines, peu désireux de se dévoiler au grand jour sans en connaître davantage sur eux.


- Ola, compagnie ! Votre étale brille par sa simplicité et son exotisme, un régal pour le badaud que je suis. L'un de vous serait-il le fier Prince ?

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 Sujet du message: Re: Pensées en vue du nouveau monde
MessageMessage posté...: Mer 13 Juin 2012, 21:47 
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En s’approchant du roux couple, le psion pu écouter ce qu’il se disaient, visiblement le grand balaise s’appelait Ryn, il arrivait sur l’île, quand à la jeune femme, c’était elle qui gérait le lieu et la pancarte lui appartenait, elle devait donc avoir les détails de l’annonce.

la suite

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