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 Sujet du message: Varelun
MessageMessage posté...: Lun 27 Oct 2014, 05:14 
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Inscription: Sam 25 Oct 2014, 23:03
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Maitre de jeu : Chapour l’Avisé


Noms : Varelun (nom usuel)
    Noms supplémentaires :
  • Calladskor (nom privé)
  • Nebeerf (nom donné par la mère)
  • Kaerfen (nom donné par le père)
  • Lunelen (nom d’école de magister) Robert
  • Skorpin (nom d’âge adulte) Lilande
  • Segaras l’errant Stéphanie
  • Lenifaer Joshua
  • Urd le blaireau (nom utilisé par Nicsef Wedslen, frère cadet de Varelun) Tony
  • Dinlun (nom utilisé par sa fratrie du fait de sa passion pour les automates) Ashkan
  • Hedilun Shayan
  • Segoaen Viktor
  • Machin-Truc (nom utilisé par les marins reliant Lantan au continent) Jean-Heudes
  • Valauk Malcolm
  • Saeros Eugénie
  • Farlin l’artisan Rami
  • Rimpel le gnome Serrano
  • Wedslen (nom de famille)
Alignement : Neutre bon
Race : Gnome des roches
Âge : 62 ans
Poids : 25 kg
Taille : 103 cm
Sexe : M
Classe : Façonneur (4)
Divinité : Gond
Région : Lantan
Vitesse de déplacement au sol : 6 m, soit 4 cases, par round ; 4,5 m (3 cases) en charge intermédiaire
Ajustement de niveau : +0

Expérience : 6 000 / 10 000

Traits : Aucun

Statistiques :
    Caractéristiques :
      Force : 8 (-1)
      Dextérité : 10 (+0)
      Constitution : 14 (+2)
      Intelligence : 16 (+3)
      Sagesse : 14 (+2)
      Charisme : 15 (+2)

    Points de vie : 26
    1. Façonneur 1 : 8 (6 (1d6) + 2 (constitution))
    2. Façonneur 2 : 6 (4 (1d6) + 2 (constitution))
    3. Façonneur 3 : 5 (3 (1d6) + 2 (constitution))
    4. Façonneur 4 : 7 (5 (1d6) + 2 (constitution))

    Défense :
      Classe d’armure (CA) : 11 = 10 + 0 (dextérité) + 1 (taille) ; +2 (armure de cuir) ; +4 (esquive ; contre les créatures de type géant ; racial)
      Contact : 11 = 10 + 0 (dextérité) + 1 (taille) ; +4 (esquive ; contre les créatures de type géant ; racial)
      Pris au dépourvu : 11 = 10 + 1 (taille) ; +2 (armure de cuir)

    Initiative : 0 (dextérité)

    Attaque :
      Jet d’attaque au corps à corps : +3 = 3 - 1 (force) + 1 (taille) ; +1 (contre les kobolds et les gobelinoïdes ; racial)
      • Dague en mithral : +4 / 1d3-1 / 19–20/×2
      Jet d’attaque à distance : +4 = 3 + 0 (dextérité) + 1 (taille) ; +1 (contre les kobolds et les gobelinoïdes ; racial)
      • Dague en mithral : +5 / 1d3-1 / 19–20/×2 / 3m
      • Fronde : +4 / 1d3-1 / ×2 / 15m

    Jets de sauvegarde :
      Jet de réflexes : 1 = 1 + 0 (dextérité) ; +2 (contre les illusions ; racial)
      Jet de vigueur : 3 = 1 + 2 (constitution) ; +2 (contre les illusions ; racial)
      Jet de volonté : 6 = 4 + 2 (sagesse) ; +2 (contre les illusions ; racial)

Langues connues :
  • Commun (base)
  • Gnome (base)
  • Lantanien (base)
  • Gobelin (supplémentaire)
  • Ignieux (supplémentaire)
  • Nain (supplémentaire)

Caractéristiques raciales :
  • Vision nocturne
  • Tours de magie
  • Communication avec les animaux
  • Bonus raciaux
    • Bonus racial de +2 aux jets de sauvegarde contre les illusions.
    • Bonus de +1 au DD du jet de sauvegarde contre tous les sorts de l’école des illusions lancés par un gnome. Ce bonus se cumule avec les autres bonus du même genre, comme celui d’école de prédilection.
    • Bonus racial de +1 aux jets d’attaque contre les kobolds et les gobelinoïdes (gobelins, hobgobelins et gobelours).
    • Bonus d’esquive de +4 contre les créatures appartenant au type géant. Notez que lorsque le personnage perd son bonus de dextérité à la CA (par exemple, quand il est pris au dépourvu), il perd également ce bonus d’esquive.
    • Bonus racial de +2 aux tests de perception auditive.
    • Bonus racial de +2 aux tests d’artisanat (alchimie).

Dons :
  • (régional ; niveau 1 ; connaissances (mystères et plans))
  • (don supplémentaire ; façonneur 1)
  • (don supplémentaire ; façonneur 2)
  • (utilisation d’objets magiques ; niveau 3)
  • (don supplémentaire ; façonneur 3)
  • (don supplémentaire ; façonneur 4)

Aptitudes de classe :

Magie :
    Pouvoirs magiques :

    Réserve créative : 60 points

    Influx :
    niveau 3 de façonneur
    le DD des jets de sauvegarde contre ces influx est lié à l’intelligence
    DD = 13 + niveau de l’influx (14 + niveau pour les illusions)

      Nombre d'influx par jour : 4/3/0/0/0/0

      Influx du 1er niveau :
      ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

      Influx du 2e niveau :
      ; ; ; ; ; ; ; ; ;  ; ; ; ;

Compétences :
    Total = DM + bonus carac + autres

    Liées à la force :
      Escalade * : -1 = 0 - 1 (force) ; -3 (charge intermédiaire)
      Natation * : -1 = 0 - 1 (force) ; -6 (charge intermédiaire)
      Saut * : -7 = 0 - 1 (force) - 6 (vitesse de déplacement) ; -3 (charge intermédiaire)

    Liées à la dextérité :
      Acrobaties : = 0 + 0 (dextérité) ; -3 (charge intermédiaire)
      Crochetage : = 0 + 0 (dextérité) + 2 (outils de cambrioleur de qualité supérieure)
      Déplacement silencieux* : 0 = 0 + 0 (dextérité) ; -3 (charge intermédiaire)
      Discrétion* : 4 = 0 + 0 (dextérité) + 4 (taille) ; -3 (charge intermédiaire)
      Équilibre* : 0 = 0 + 0 (dextérité) ; -3 (charge intermédiaire)
      Équitation* : 0 = 0 + 0 (dextérité)
      Escamotage / Vol à la tire : = 0 + 0 (dextérité) ; -3 (charge intermédiaire)
      Évasion* : 0 = 0 + 0 (dextérité) ; -3 (charge intermédiaire)
      Maîtrise des cordes* : = 0 + 0 (dextérité)

    Liée à la constitution :
      Concentration* : 7 = 5 + 2 (constitution)

    Liées à l’intelligence :
      Coup d’œil du façonneur : 6 = 3 + 3 (niveau de façonneur + intelligence)

      Art de la magie/Connaissance des sorts : 11 (13) = 6 + 3 (intelligence) + 2 (pour déchiffrer un parchemin ; synergie, utilisation d’objets magiques) + 2 (synergie, connaissances (mystères))
      Artisanat (alchimie) : 9 = 4 + 3 (intelligence) + 2 (racial)
      Artisanat (cuisine) : 4 = 1 + 3 (intelligence)
      Artisanat (fabrication d’automates) : 9 = 6 + 3 (intelligence)
      Artisanat (sculpture) : 4 = 1 + 3 (intelligence)
      Artisanat (autre) : 3 = 0 + 3 (intelligence)
      Connaissances (architecture et ingénierie) : = 0 + 3 (intelligence)
      Connaissances (plans) : 8 = 3 + 3 (intelligence) + 2 (don, éducation)
      Connaissances (mystères) : 10 = 5 + 3 (intelligence) + 2 (don, éducation)
      Connaissances (autre) : = 0 + 3 (intelligence)
      Contrefaçon* : 3 = 0 + 3 (intelligence)
      Décryptage : 4 = 1 + 3 (intelligence)
      Désamorçage/sabotage : 6 (8) = 3 + 3 (intelligence) + 2 (outils de cambrioleur de qualité supérieure)
      Estimation* : 3 (5) = 0 + 3 (intelligence) + 2 (automates ; synergie, artisanat)
      Fouille* : 5 = 2 + 3 (intelligence)

    Liées à la sagesse :
      Détection* : 2 = 0 + 2 (sagesse)
      Perception auditive* : 5 = 1 + 2 (sagesse) + 2 (racial)
      Premiers secours* : 2 = 0 + 2 (sagesse)
      Profession (toute) : = 0 + 2 (sagesse)
      Psychologie* : 2 = 0 + 2 (sagesse)
      Survie* : 2 = 0 + 2 (sagesse)

    Liées au charisme :
      Bluff* : 2 = 0 + 2 (charisme)
      Déguisement* : 2 = 0 + 2 (charisme)
      Diplomatie* : 2 = 0 + 2 (charisme)
      Dressage : = 0 + 2 (charisme)
      Intimidation / Persuasion* : 2 = 0 + 2 (charisme)
      Renseignements* : 3 = 1 + 2 (charisme)
      Représentation (toute)* : 2 = 0 + 2 (charisme)
      Utilisation d'objets magiques : 12 (16 ; 14) = 7 + 2 (charisme) + 3 (don, talent) + 4 (utilisation de parchemins ; avantage du créateur et synergie, art de la magie) + 2 (utilisation de potions ; avantage du créateur)

Équipement :
  • Tenue d’artisan (1 po ; 0,5 kg), dont une casquette (associée au nom Jean-Heudes) ;
  • Ceinturon contre le rhume et l’insolation de Varelun Wedslen (900 po ; — ; lance le sort endurance aux énergies destructives sur mot de commande, NLS 1, 50 utilisations)
  • Armure de cuir (10 po ; 3,75 kg) ;
  • Dague en mithral (1 502 po ; 0,125 kg) ;
  • Fronde (— ; —) ;
  • 10 billes (1 pa ; 1,25 kg) ;
  • Sacoche à composantes (5 po ; 0,375 kg) contenant :
  • Outre (1 po ; 0,5 kg) ;
  • Talisman pour sorts (compétence, résistance, stockage ; — ; —) ;
  • Sac à dos (2 po ; 0,25 kg + 8,55 kg) contenant :
    • 5 rations de survie (5×5 pa ; 5×0,125 kg),
    • Un jambon (associé au nom Serrano ; ? ; 0,5 kg)
    • Sel (3 po ; 300 g),
    • Outils de fabricant d’automates (5 po ; 2,5 kg),
    • Outils de cambrioleur de qualité supérieure (100 po ; 1 kg),
    • Briquet à percussion lantanien (silex et amorce ; 1 po ; —),
    • 2 baumes guérisseurs (2×10 po ; —),
    • 2 fioles d’encre (2×8 po ; —),
    • 1 plume d'écriture (1 pa ; —),
    • 3 étuis à parchemin (3×1 po ; 3×0,25 kg),
    • 10 feuilles de parchemin (10×2 pa ; —),
    • Grimoire à pages de papier (25 po ; 0,375 kg),
    • Aimant (20 po ; 1 kg),
    • 1 kg de cuivre (fil, lamelles, etc. pour la fabrication d’automates) (2×5 pa ; 2×0,5 kg),
    • 0,5 kg d’argent (fil, lamelles, etc. pour la fabrication d’automates) (5 po ; 0,5 kg),
    • 0,5 kg de mithral (fil, lamelles, etc. pour la fabrication d’automates) (500 po ; 0,5 kg),
    • Balance (associée au nom Ashkan ; 2 po ; 0,5 kg),
    • 2 fioles non-identifiées (— ; —),
    • Potion de moment compétent (NLS 1 ; 50 po ; —),
    • Pierre ioun (prisme rose laiteux ; 5 000 po ; —),
    • Boite de rations de combat (2 000 po ; —) ;
  • Bourse à marqueurs de noms (— ; 0,25 kg) contenant :
      • Perle en verre (Robert ; 5 pa ; —),
      • Plume de geai (Lilande ; — ; —),
      • Bouton d’or (Stéphanie ; — ; —),
      • Bon pour un tatouage représentant un cheval au galop (super kitchissime ; Joshua ; — ; —),
      • Dessin plutôt bien fait représentant un nain tout nu en train de jardiner (Tony ; -5 po ; —),
      • Mouchoir brodé d’un bouquet de pensées (Shayan ; — ; —),
      • Mèche de cheveux (Viktor ; — ; —),
      • Rubis (Malcolm ; ? ; —),
      • Plume de paon en tissu (Eugénie ; ? ; —),
      • Jeu de solides de Platon (tétraèdre, hexaèdre, octaèdre, dodécaèdre et icosaèdre réguliers ; Rami ; ? ; —).
  • Or possédé : 155 po, 8 pa

Poids total de l'équipement : 14,05 kg (charge intermédiaire ; légère sans le sac)
    Charges : 0 - 9,75 kg (légère) ; 9,75 - 19,875 kg (intermédiaire) ; 19,875 - 30 kg (lourde)

Background :

Résumé (à l'usage des gens pressés)
Varelun est un gnome des roches né sur l'île de Lantan. Sa curiosité naturelle, et sa compréhension des mécanismes complexes, le prédestinaient à devenir un artisan créateur d'automates. Ce fut son père qui le découvrit, un jour de marché, alors que Varelun était fasciné par un automate appartenant à Trugas Bomboc. Son père l'encouragea ainsi dans cette voie, au plaisir de l'enfant. Son enfance est comparable à celle d'autres gnomes. Il entreprit un magister d'artisanat, sans surprise, ce qu'il lui permit de perfectionner son « art », bien qu'il ne le considérât pas comme tel. Lorsqu'il le souhaitait, il vendait ses automates, qui faisaient le bonheur des acheteurs.

Lors d'une soirée de réunion de famille, l'ouverture impromptue d'un portail magique au beau milieu de leur salon révéla à Varelun sa seconde passion. Bien que cet événement n'eût pas de conséquence fâcheuse, elle eut celle d'intéresser le gnome des roches, qui se mit à tout étudier sur ces objets. L'étendue des connaissances magiques de Lantan fut le facteur limitant à sa soif de savoir, et il décida donc de partir à l'aventure en Faerûn, afin de constituer, plus tard, une sorte d'encyclopédie des portails, recensant et analysant tous les aspects de ceux existant.

Après un périple d'une dizaine d'années en Faerûn, financé par ses créations qu'il agrémentait parfois de magie, il entendit parler de Gemmaline, île multiculturelle, attirant toutes sortes de personnes. Il décida donc d'y voyager, de donner sa chance à ce lieu, et de voir s'il pouvait fournir des réponses à ses nombreuses questions…
Introduction
Une ambiance de fête régnait dans la maison lorsque Fenthwick pénétra chez ses grands-parents. Une délicieuse odeur de nourriture accompagnait les cris d'enfants qui masquaient les conversations des adultes. Il s'y attendait, car un autre membre de la famille venait d'atteindre l'âge adulte, et tout le monde s'était réuni pour l'occasion. Aujourd'hui, comme tous les autres jours d'ailleurs, n'était pas vraiment un bon jour pour Fenthwick, dont l'humeur maussade contrastait avec celle de ses pairs. Alors que le jeune gnome des roches regardait ses petits cousins et cousines gambader et crier autour de lui, il s'aperçut que l'une de ses tantes, celle qui les avaient accueillis ses parents et lui, lui avait posé une question. Il leva la tête, et son air un peu hébété dut être perçu par cette dernière, qui lui répéta :

― Alors Fenthwick, toujours à faire la tête ?

Il détestait cette question, qui revenait souvent ces temps-ci. Certains blâmaient l'adolescence, d'autres son caractère, mais il n'en avait cure. Toutes ces frivolités ne l'intéressaient plus, en tout cas pour le moment. Sans répondre à sa tante, il se détourna et partit, sentant les regards désolés de ses parents sur son dos. Il se dirigea vers le salon, en évitant soigneusement les bousculades des jeunes gnomes chahutant sur son passage. Un grand feu, chaud et réconfortant, brûlait ardemment dans l'âtre de la cheminée, et réchauffait ainsi deux fauteuils qui étaient tournés vers lui. Fenthwick s'approcha, son attention absorbée par les flammes dansantes et virevoltantes, et s'assit sur le fauteuil de droite, avant de se relever à demi. Il sentait que quelque chose était intercalé entre son fessier le cuir confortable et, lorsqu'il passa la main pour attraper l'objet, il ressortit un livre sur la tranche duquel était accroché un petit objet métallique articulé, de forme humanoïde.

― Un petit automate de ma fabrication.

Fenthwick fut surpris quand la personne assise dans le fauteuil à ses côtés lui parla. Il ne l'avait en effet pas remarquée jusque-là. Assis confortablement, profitant de la chaleur de la cheminée, un vieillard avait son regard tourné vers l'âtre, son menton appuyé sur ses mains jointes, ses coudes posés sur les accoudoirs du fauteuil. Les ombres projetées sur le siège par ses cheveux gris, coiffés en bataille, reflétaient les mouvements endiablés des flammes. Le gnome arborait une moustache d'une longueur qui impressionna particulièrement Fenthwick, mais qui lui permit toutefois de reconnaître son interlocuteur.

― Vous êtes… Varelun ?
― En effet.

Fenthwick, interloqué, fixait le gnome d'une manière que d'aucuns auraient trouvée impolie, mais son aîné ne s'en souciait apparemment pas. Après un petit moment, l'adolescent reprit la parole :

― Mais, vous êtes mort ?
― C'est une façon bien directe de le dire.
― C'est encore un tour de Nixif ? Je lui ai déjà dit d'arrêter avec les blagues de mauvais goût, mais il n'écoute jamais, et comme il fait rire ses parents avec ça, il ne se fait pas punir…
― Je ne connais pas ce Nixif. Mais je te connais, toi, Fenthwick Wedslen.
― Comment pouvez-vous me connaître, si vous êtes mort et enterré depuis quoi, neuf siècles ?
― Pour être précis, neuf-cent trois ans, dix-huit mois, vingt-et-un jours et trois heures trentes minutes.
― Donc vous êtes bien une mauvaise blague. Comment arrête-t-on ce sort ? Enfin, vous ne pouvez pas me répondre, si vous êtes bien une illusion, ou alors est-ce toi, Nixif ? Te serais-tu déguisé, encore cette fois ?
― Je vais te montrer…

Alors que le vieillard prononçait ces mots, il tourna la tête vers Fenthwick. Ce dernier vit l'automate commencer à se mouvoir, lâcher le livre, arpenter aisément son épaule et s'y asseoir. L'humanoïde tendit ses deux bras articulés vers le feu comme s'il voulait s'y réchauffer, et tourna sa "tête" vers Fenthwick. Le gnome eut alors un moment d'absence, moment pendant lequel l'automate lui montra sa propre "vie", depuis sa fabrication par Varelun jusqu'à sa découverte par Fenthwick, neuf-cents ans plus tard. Sorti de sa rêverie, Fenthwick observa le visage de l'automate, un visage de métal sans bouche et deux trous en guise d'yeux, mais pourtant plus expressif que bien des êtres vivants. Un rare demi-sourire aux lèvres, Fenthwick s'adressa à Varelun :

― C'est fantastique. Vous avez donné vie à cette petite merveille !
― Effectivement. Garde-le (le sourire de Fenthwick s'agrandit), il te sera un compagnon loyal. Considère-le comme un cadeau de la part d'un de tes ancêtres, certes en avance, pour ta fête de passage à l'âge adulte.
― Merci ! répondit Fenthwick, son humeur maussade s'évanouissant petit à petit. Mais, attendez, vous… vous êtes mon ancêtre ?
― Mais évidemment ! Varelun éclata de rire. Pourquoi sinon porterais-tu le même nom de famille que moi ?

Le regard de Fenthwick se perdit dans le vague. * Je suis un descendant de Varelun ! * ne cessait-il de penser. Varelun interrompit sa rêverie :

― Bon, ce n'est pas tout, mais le sortilège me permettant de te parler va se dissiper sous peu. Le livre que tu tiens conte mon histoire, et si tu souhaites le lire, libre à toi. Je voudrais que quelqu'un l'utilise pour continuer mon œuvre, donc si ce destin ne te sied guère, transmets-le à qui de droit. Je te souhaite une longue et excellente vie, pleine d'aventures !

Fenthwick allait répondre au fantomatique Varelun, mais il n'en eut pas le temps ; le vieillard avait disparu quand il releva la tête. La mère de Fenthwick n'avait pas remarqué la présence du spectre, et, apercevant son fils seul près du feu, vint le rejoindre. Le voyant étonnament heureux, elle lui demanda, une pointe de bonheur transparaissant dans le ton de sa voix :

― Alors, mon fils, tu as trouvé de quoi égayer ta soirée ?
― Oui, M'man. Ce livre.

Fenthwick montra la couverture du vieux carnet poussiéreux. L'automate suivait les mouvements de Fenthwick, et quand sa mère l'eût remarqué, elle haussa un sourcil étonné.

― Oui, ta grand-mère m'en a parlé. Elle m'a dit qu'elle voulait te l'offrir en cadeau, ainsi que cet automate, que je pensais inanimé. Je vois que le cadeau t'a fait plaisir, c'est ce qui compte.

Sa mère repartit en direction de l'enfantin chaos qui laissait Fenthwick indifférent. Ce dernier se cala dans le fauteuil, et ouvrit précautionneusement le livre, pour en dévorer les lignes des yeux. L'automate, depuis son perchoir, se mit à lire par-dessus son épaule, bien que personne ne sache s'il pouvait réellement comprendre. Fenthwick lut à haute voix les premiers mots du livre :
Histoire de Varelun Wedslen, première partie : Les rouages
― P'pa… P'paaaaa ! Quand est-ce qu'on rentre ?

Le père de Varelun sembla agacé par cette énième question de son fils. Il faut dire que passer plus de cinq heures d'affilée à répondre à cette même question aurait énervé plus d'un gnome. Il se retourna, et regarda Varelun qui tirait un pan de sa chemise. L'attitude de son fils l'attendrit, et il lui répondit, une énième fois :

― Quand j'aurai fini de vendre les joyaux, Kaerfen.

Varelun, encore tout jeune, était curieux de tout ce qui l'entourait, mais les relations avec les autres races de Lantan ne faisaient pas partie de ses activités favorites. Les oncles et tantes de Varelun étaient de très bons mineurs, et son père avait un talent certain pour vendre les joyaux et minéraux, surtout aux acheteurs humains. Il était coutume que le patriarche des Wedslen emmène l'un de ses enfants quand ce dernier atteignait sa dixième année, pour tenter de l'intéresser au métier de vendeur de gemmes. Cette année, c'était le tour de Varelun. Son père savait que, bien souvent, ses fils n'étaient pas intéressés par son travail. La première fois, l'aîné de la fratrie avait même échappé à sa surveillance, et le père Wedslen l'avait retrouvé au bord d'une corniche à observer les oiseaux en vol. Cette mauvaise expérience, dont Madame Wedslen s'était chargée en personne de laisser un souvenir mémorable à son mari, eut son utilité. Il avait présenté l'enfant, dès le lendemain, à un expert en machines volantes, ce qui passionna son rejeton dès la première minute. Il en fut de même à chaque fois, jusqu'aujourd'hui. Varelun était curieux de tout, mais pourtant rien ne parvenait à capter son attention plus de deux minutes, ce qui désespérait son paternel.

Après une longue journée de labeur, le père Wedslen, éreinté, chargeait son chariot pour le retour, sous le regard soulagé de Varelun. Le petit gnome se figurait déjà chez lui, en train d'engloutir un énorme morceau du délicieux gâteau au sel que sa mère avait commencé à préparer le matin même. Son père transportait énormément de matériel, au point qu'il ne pouvait plus rien voir devant lui. Alors qu'il s'en retournait vers sa carriole, il percuta quelqu'un, et le chargement s'effondra tel un château de cartes. Se confondant en excuses auprès de la victime, le père Wedslen ramassait les affaires du pauvre hère, dont la sacoche s'était déversée sur le sol aux pieds de Varelun. Le petit gnome, bien qu'il fut surpris par cet incident, fut hautement intéressé par un objet tombé à ses pieds, tout droit en provenance de la sacoche de l'inconnu : un petit pantin de bois et de métal, en forme de singe, qui frappait frénétiquement deux cymbales entre elles. Il perçut instantanément la complexité des mécanismes de l'être artificiel, et vit en lui une forme de beauté qu'il voulait absolument toucher. Il porta la main vers l'automate, le souleva, et l'examina attentivement. Son père, en l'observant, avait compris et sauta sur l'occasion. Il s'adressa ainsi au gnome qui en était propriétaire :


― Je m'excuse encore pour vous avoir bousculé. Mais vous voyez l'intérêt que le petit porte à votre automate… Je vous propose de vous l'acheter. Quel est votre prix ?

Son interlocuteur réfléchit quelques secondes, observant le singe à percussions. Il répondit :

― Vous êtes bien de la famille Wedslen ? J'ai remarqué votre nom noté sur l'un de vos sacs, dans votre chariot. Si je me rappelle bien, vous êtes une famille de mineurs… Auriez-vous un peu de minerai d'argent ? Quelques grammes suffiront.
― Très bien ! Voici votre minerai (le père Wedslen lui tendit une petite bourse). Pour nos registres, j'aurais besoin de votre nom, si vous n'y voyez pas d'inconvénient. Cela vous permettrait d'avoir droit à une ristourne, la prochaine fois ! (Il fit un clin d'œil à son tout nouveau client.)
― Eh bien, pourquoi pas… Trugas, Trugas Bomboc.
[…]

Varelun travaillait sur un énième petit automate. Depuis que son père lui avait acheté sa première trousse à outils, il n'avait eu de cesse d'en créer, utilisant tout ce qu'il pouvait trouver. Les minerais ne manquaient pas grâce à la mine familiale, et s'il avait besoin de fonds pour se fournir en matériaux plus exotiques, il vendait de précédentes créations sur un marché lantanien. Il était passionné, et avide de créer chacune des formes qu'il pouvait imaginer. Il était même allé jusqu'à suivre quelques cours d'alchimie, afin de pouvoir retravailler les matériaux les plus résistants à sa volonté.
Concentré sur un engrenage particulièrement difficile à placer, il n'avait pas remarqué Nicsef, son petit frère, qui s'approchait de lui à pas de velours. Le cadet parvint à passer adroitement par-dessus l'épaule de Varelun, et à lui chaparder sa création encore inachevée. Varelun, surpris, se releva, et observa son frère à travers la loupe d'horloger vissée sur son crâne, qui grossissait ridiculement son œil gauche menaçant. Nicsef le regarda et cracha, sur un ton mesquin :


― Alors, Dinlun, pas content de voir ton petit frère ?
― Lâche cet automate.
― Pas avant d'avoir saisi pourquoi tu t'y intéresses tant.

Nicsef leva le pantin désarticulé devant ses yeux, et commença à le secouer.

― Arrête ça, tu vas lui faire mal ! L'invectiva Varelun.

Nicsef s'arrêta et fixa son frère, d'un air à la fois moqueur et dédaigneux. Il lui répondit :

― Lui faire mal ? Comme s'il était vivant. Et puis le lâcher ? Sinon quoi ? Tu va m'envoyer une armée de pantins en forme de singes volants ? Peuh ! Tu te vois, toi, avec ta grosse loupe qui te fait ressembler à une taupe, commander une armée ? (Les yeux de Nicsef s'agrandirent de surprise) Tiens ! j'ai une excellente idée, la meilleure depuis quelques jours…

Varelun frissonna, les idées de son frère impliquaient souvent des membres cassés « accidentellement »… Enfin, des membres d'autres personnes que lui-même, évidemment.

― Je vais te donner un autre nom. Tu aimes ça, les noms, non ? Tu en donnes toujours aux trucs que tu construis… Tu en as tellement toi aussi, mais celui-là t'ira à merveille ! (Varelun l'observait, plus intéressé par son automate que par les gamineries de son frère.) Dorénavant, je t'appellerai Urd ! Encore mieux ! Urd le blaireau, puisque ton odeur me les rappelle à chaque fois !

Nicsef se pinça le nez et fit une moue de dégoût, comme s'il avait sentit l'haleine d'une goule dévorant un zombie… Lorsqu'il eût terminé ses singeries, Varelun lui lança, furieux :

― Lâche-cet-automate-immédiatement !
― Urd le blaireau, Urd le blaireau, Urd le blaireau…

Alors que Nicsef faisait le tour de la pièce en dansant et poussant la chansonnette, Varelun, hors de lui, ne put résister et lui sauta dessus, poings en avant. Il se battirent quelques secondes, l'automate au centre de leur dispute. Des coups pleuvèrent, des insultes volèrent. La mère Wedslen interrompit ce vacarme en les séparant, ses propres cris à l'encontre de ses fils restant inaudibles pour Varelun qui pestait intérieurement contre son frère qui affichait un rictus sadique, tenant dans sa main l'autre moitié du pantin que Varelun n'avait pu récupérer.
Histoire de Varelun Wedslen, deuxième partie : L'engrenage
La fratrie de Varelun comptait de nombreux membres, et cela rendait les réunions de famille plutôt… agitées. C'était le genre de soirée où tous les aînés venaient rendre visite aux parents, et où un repas gargantuesque était préparé. Ce que Varelun appréciait particulièrement était les moments où, assis près du feu, lui occupé à bricoler un automate, leurs aînés leur contaient leurs aventures palpitantes et leurs voyages lointains. Les plus petits soufflaient de sporadiques "oooh!", les plus vieux étaient captivés, et ceux inscrits au Magistère, comme Varelun, écoutaient attentivement et apprenaient des erreurs de leur frères.
Cette soirée-là fut un peu particulière. L'aîné de la fratrie, le plus enthousiaste de tous, contait une énième bataille contre des gobelins, qu'il s'était amusé à canarder d'œufs pourris depuis son avion. La mention de l'odeur des œufs, insoupçonnée des gobelins du fait de leur propre odeur corporelle, fit éclater de rire les plus jeunes, et arracha un sourire narquois aux plus vieux.

Alors que le conteur était en pleine imitation de son propre engin de transport aérien, accompagnée des bruitages et mouvements les plus explicites qu'il pouvait se permettre, la soirée fut interrompue par un événement inhabituel. L'espace se brouilla juste devant le foyer de la cheminée, comme si un caillou avait été jeté dans le tissu même de l'univers. La confusion s'empara de l'assemblée, et quelqu'un cria, apeuré
"Un portail ! Aux abris !" Son ordre fut suivi à la lettre, et, dans un vacarme impressionnant, la plupart de ceux présents dans la pièce s'évaporèrent.
Seul Varelun resta, et alla se cacher derrière la table non loin de là. Il savait, comme tout le monde, que les portails pouvaient être dangereux, surtout ceux qui apparaissaient n'importe où, et provenaient de n'importe où. Tout pouvait le traverser, et le si le « tout » se révélait belliqueux... Il sentait toutefois qu'il devait rester, sa curiosité l'y poussant fortement. Il observait donc le portail, et pouvait discerner de l'autre côté, une partie du lieu connecté à leur trou. Il distinguait plusieurs formes - dont une gigantesque - qui se mouvaient rapidement, puis entraperçut une lueur impressionnante qui venait dans sa direction. En une seconde, cette lueur se matérialisa en une gerbe de flammes d'une chaleur infernale, et ses réflexes lui sauvèrent la vie, au détriment du mobilier. La chaleur retombée, il allait se redresser lorsqu'il entendit une voix, rauque, grave, mais dénuée d'hostilité :


― Ouf ! On l'a échappée belle. Où a-t-on atterri cette fois-ci ?
― Je ne sais pas, mais cet endroit est trop petit.

Varelun, prudent, regarda par dessous la table, et entraperçut les jambes de deux personnes, en habits de cuir, légèrement roussis. Il n'y avait plus trace du portail magique.

― Bon, je pense qu'on ne devrait pas déranger, et rester là tant que personne ne nous voit. On pourrait passer inaperçus…
― Tu oublies les traces de brûlé sur tous les meubles.
― Ah, oui, effectivement. Je vais leur laisser un peu d'or, pour le dédommagement.

Varelun vit l'une des paires de jambes s'approcher d'un fauteuil, et entendit le cliquètement d'une bourse de pièces. Un ange passa, Varelun ne percevant rien d'autres que deux présences non hostiles, perdues, et attendant une sorte de signal. Faisant contraste avec le silence de l'attente, une demi-douzaine de gnomes firent irruption dans la pièce dans un vacarme assourdissant, tromblons au poing, et prêts à faire feu. En un éclair, alors que les deux étrangers levaient les bras en signe de paix, et criant leur non hostilité à la petite troupe, Varelun sortit de sa cachette, et cria lui-même :

― Arrêtez ! Il ne nous veulent pas de mal.

La troupe était composée du père Wedslen, de trois de ses fils et deux de ses filles, tous armés et visant les deux étrangers. Varelun put ainsi mieux observer ces derniers. L'un d'eux était un drakéide, un mage probablement, étant donné son bâton gravé de runes ; l'autre était un humanoïde dont la capuche masquait le visage, et dont la dangerosité apparente, due aux griffes métalliques ensanglantées fixées à ses gants, s'évanouit lorsque ce dernier les rengaina. Tous deux étaient voûtés du fait de la hauteur de plafond, semblaient éreintés et portaient de nombreuses traces de blessures et brûlures, d'un combat très récent. Tout ce petit monde s'observait en chiens de faïence, lorsqu'un nouveau portail s'ouvrit derrière les deux personnages. Le drakéide annonça aux gnomes armés et apeurés :

― Nous allons partir, et je vous promets que nous ne reviendrons jamais. Je vous ai laissé quelques pièces pour les dommages causés à vos affaires. (Il tourna la tête vers son compagnon) Nous sommes désolés pour le dérangement.

Son compagnon le regarda, observa les gnomes, et inclina la tête, sans un mot. *Sûrement un signe de respect*, pensa Varelun. Les étrangers se retournèrent, confiants malgré le nombre d'armes à feu pointées sur leurs dos. Varelun, sans réfléchir, héla les deux compères :

― Hé ! D'où venez-vous exactement ?

Le drakéide et l'humanoïde se retournèrent.

― D'un autre plan. Répondit le mage.
― Tenez !

Varelun jeta quelque chose au drakéide, qui s'avéra être l'automate qu'il achevait de construire pendant la séance autour du feu.

― Un cadeau de Varelun Wedslen !

Le drakéide fourra le jouet dans l'une de ses poches, leva la tête, sourit à Varelun, et traversa le portail, suivant son compagnon. Varelun pouvait percevoir une troisième forme derrière la porte magique, un autre humanoïde, et aurait juré entendre ce dernier prononcer : « Ça y est ? Fini de rêvasser ? Ce dragon ne vas pas se finir tout seul ! »

Cette soirée fut la plus mémorable pour la famille Wedslen. Elle fut contée encore et encore sur plusieurs générations par tous les gnomes présents, mais déformée par les temps et souvenirs ― ajouter un ou deux dragons dans la pièce, fièrement battus par le conteur lui-même, est toujours plus héroïque. Varelun, lui, fut marqué d'une façon un peu différente. Son père lui demanda en aparté pourquoi il avait donné son automate à un étranger d'un autre plan. La seule réponse qu'il obtint fut :

― Comment pourrais-je le reconnaître plus tard, sinon ?

Depuis ce jour, Varelun n'eut de cesse d'étudier les portails de Toril.
Histoire de Varelun Wedslen, troisième partie : Le ressort de barillet
Varelun ne se sentait pas l'âme d'un marin. Le tangage du bateau de commerce lui provoquait régulièrement d'horribles nausées, ce qui promettait une longue, très longue traversée. Avachi contre le bastingage, il se laissait porter par les mouvements du bateau, tout en observant le miroitement de l'eau. Cette lueur scintillante faisait remonter des souvenirs concernant les portails, et il préférait se concentrer là-dessus.
Malgré son état de santé du moment, et le fait qu'il quittait sa terre natale pour une longue période, il était heureux. Sa soif de connaissances sur ces objets magiques était de plus en plus difficile à étancher sur l'île. Rapidement, les gnomes spécialistes ne lui furent plus d'aucune aide, car ils se concentraient sur la fabrication de portails, mais non magiques. Il effectua donc des visites régulières aux mages de l'île voisine d'Orlil, mais malgré cela, de nouvelles questions se retrouvaient sans cesse sans réponses. La mécanique des portails lui était devenue quelque peu familière, mais il souhaitait aussi savoir le où, le quand, le comment et le pourquoi de chacun des portails de Toril. Une tâche ardue, selon tous les mages, et même de son point de vue, mais il était persuadé qu'avec des efforts il parviendrait à constituer une encyclopédie assez détaillée de ces portails, ou du moins d'une grande majorité d'entre eux. Quand il ne pourrait plus voyager, il rejoindrait les siens à Lantan, et transmettrait son legs à un autre passionné.

Il décida donc de partir pour le continent, où il chercherait et questionnerait sans cesse. Il pourrait même apprendre sur le tas des rudiments de magie, dont les mages d'Orlil lui avaient vanté la puissance. Il ne comprenait pas très bien pourquoi certains consacraient leur vie à étudier cet « art », comme ils aimaient à l'appeler, mais en regardant ses automates, il se dit que sa passion pour les mécanismes devait être quelque chose de similaire. Lui ne voyait en la magie qu'un outil, un engrenage supplémentaire dans la construction des objets qu'il voulait créer, et cela lui convenait.
Une nouvelle nausée interrompit le fil de ses pensées. Entre deux gémissements, il entendit une voix lui parler dans son dos, une voix rauque et empreinte d'un accent humain très développé :


― C'ti pas que t'en vas vomi sur ma rafiotte, hein, euh, Machin-truc, là ?

* Quel nom idiot ! * pensa vivement le gnome. Le capitaine ne parvenait jamais à se souvenir de son nom, et l'avait donc affublé de celui-ci, dont Varelun était sûr qu'il allait lui coller à la peau après que le capitaine aurait répandu l'histoire de son voyage. Ce sobriquet, ses nausées, ainsi que l'accent de l'homme qui laissait Varelun fort perplexe, encouragèrent ce dernier dans son mutisme. Varelun leva la tête et la tourna vers l'arrière du bateau, observant la beauté de l'île de Lantan pour une dernière fois avant des années. Il entendit l'un des matelots pousser un juron, et se retourna pour voir ce même personnage demander :

― Capitaine ? C'quoi ça ? Il pointait du doigt vers le ciel, et Varelun suivit son indication.
― Gre de diou, idiot, c'ton doigté !

Varelun sourit à demi devant cette blague, mais qui n'en était pas une pour le capitaine…

― Mais non, Capitaine, là-haut ! C'est un oiseau ?

Un point noir dans le ciel grossissait rapidement, et les hommes s'inquiétaient, au contraire de Varelun qui savait parfaitement ce que c'était. Il suivait l'objet des yeux, et vit se dessiner petit à petit des ailes, mais des ailes qui ne battaient pas, des ailes de bois et de toile. Il fit un grand signe de salut au pilote quand ce dernier passa au-dessus d'eux en rasant le bateau, faisant coucher au sol tout l'équipage tel un puissant sort de sommeil. Varelun, lui, suivait toujours les mouvements du petit avion, un grand sourire au lèvres. * Vous me manquerez aussi * pensa-t-il. Ce petit événement l'aida un peu à combattre son mal de mer, et il éclata de rire lorsque le capitaine jura du plus profond de ses tripes, ses vêtement hauts en couleurs et bien apprêtés, tels ceux d'un capitaine pirate, tâchés d'un liquide poisseux et fortement odorant :

― […] Saligaud ! (Il leva le point en direction de l'avion.) C't'empafré m'a balancé un œuf pourrite d'ssus !
[…]

Plusieurs années étaient passées, et Varelun parcourait Faerûn au gré des informations qu'il récoltait, et des rencontres qu'il faisait. Il ne souhaitait pas agir comme un détective, et préférait la finesse et l'élégance de la chance et de la volonté de Gond. Il finançait son voyage en vendant des automates, empreints ou non de magie. Au dixième anniversaire de son départ de Lantan, il se rendit dans une taverne pour le célébrer, comme le faisaient sûrement sa famille et ses amis, là-bas. Après une soirée animée, où il s'était fait quelques connaissances, il était engagé dans une discussion, une discussion imbibée par l'alcool des "quelques" bières que les deux interlocuteurs avaient ingurgité. Le sujet de cette conversation portait sur une toute nouvelle contrée, une île nommée Gemmaline, où toute personne, quelle que soit sa race, était acceptée sans discrimination. Bien que Varelun, le lendemain matin, eut du mal à se souvenir de son interlocuteur, ou de la majorité de la conversation, il parvenait à se rappeler cette île pleine de promesses. Opportunité, signe des Dieux, ou simplement par choix, Varelun décida de partir pour cette destination. Peut-être y-trouvera-t-il des réponses ?
Epilogue
― […] Varelun décida donc de se rendre sur Gemmaline…
― Fenthwick, à table !

Le gnome des roches fut un peu déçu de ne pouvoir continuer à lire. Il referma le tome dans un léger nuage de poussière, se leva, s'épousseta et se dirigea vers la salle à manger, son automate sur l'épaule. Sur le chemin, Fenthwick le regarda la petite machine dans les yeux, et s'adressa à elle :

― Ne t'inquiète pas, on lira les aventures de Varelun sur Gemmaline après le repas.

Il fit un clin d'œil à l'être artificiel, qui hocha joyeusement la tête en réponse…
Description :

Physique :
Du haut de ses 103cms (il tient aux 3 centimètres, dépendants parfois plus de sa posture que de la réalité), Varelun est un gnome fraichement entré dans l'âge adulte, arborant une importante pilosité faciale tirant globalement sur le gris clair. Sa barbe est toujours peignée, et sa moustache, d'une longueur ayant impressionnée plus d'un gnome, est toujours bien arrangée. On le voit d'ailleurs souvent se frotter l'un des côté de sa moustache entre deux doigts, signe de réflexion chez lui mais aussi une occasion de la maintenir dans une forme qu'il juge appropriée. Ses cheveux et sourcils semblent en bataille pour un observateur non avertit, mais leur forme est en fait calculée par leur porteur. Son visage est orné d'un nez épaté assez imposant, mais restant toujours dans la taille moyenne des nez de son peuple.
Varelun porte des habits d'artisan teintés de cuivre, fabriqués pour être les plus pratiques possibles lorsqu'il est en pleine conception d'automates. Il porte également la plupart du temps un couvre-chef faisant office de "ceinture à outils", lui permettant par exemple d'avoir à portée d'oeil une lunette grossissante. On le voit souvent avec quelques bandages autour des doigts, signes de petits dérapages lors de la fabrication de ses machines.

Psychologique :
Varelun est d'une nature très curieuse, ce qui n'est certes pas surprenant pour un gnome. Il est aussi bon vivant, plein d'humour, mais pas non plus le plus exhubérant de son peuple. Il aime profiter de la vie au jour le jour. Il ne déteste pas particulièrement qui que ce soit, et rechigne à faire du mal aux êtres vivants ou mécaniques (qu'il considère équivalents), sauf si la situation l'exige.
Tout son coeur va dans ce qu'il fabrique, c'est sa première passion. Ses périodes de repos, il les passe à bricoler. On peut toujours le voir un mécanisme, un tournevis, un morceau de métal en main, et ce même s'il ne travaille pas dessus. Il aime créer des automates, surtout sous la forme de jouets. Il les voit comme de petits êtres vivants à part entière, mais conçoit que sa vision de ces êtres mécaniques ne soit pas partagée ; bien qu'il n'apprécierait pas que quelqu'un détruise une machine par plaisir, il n'irait pas non plus la brutaliser pour autant.
Le seul moyen avéré de le faire décrocher de son élan créatif, hors danger immédiat, serait de lui parler des portails planaires. Ceci est sa seconde passion. Il est, en effet, devenu aventurier principalement pour cette raison, et souhaite en apprendre le plus possible sur ce sujet. L'un de ses buts est de connaître la raison d'être de chacun des portails de Toril, ainsi que les mécanismes particuliers qui leur sont associés. Ses connaissances, il compte - à terme - les partager avec son peuple, dont certains membres tentent de créer des portails non magiques depuis quelque temps.
Varelun voit en la magie un outil, un engrenage utile dans la fabrication ou l'amélioration de l'objet qui focalise son attention du moment. Cette vision diffère quelque peu de son peuple, qui évite au plus possible son utilisation, mais Varelun, adepte de Gond à ses heures, considère que la magie est un matériau comme un autre, et donc peut (et doit) être utilisée.



_________________
Fiche perso de Varelun (Façonneur 3 ; NB)
Chroniques fantastiques

Image
Influx : (4/4) | (2/2) | 0 | 0 | 0 | 0 – Réserve créative : 60
Pouvoirs : Comm. avec les animaux / Lumières dansantes / Prestiditruc / Son imaginaire
Temps gemmalien : jour 16


Autres moi : Zandaar / Arkeïos / Ætherion ; merci d'envoyer vos MP à Ætherion


Dernière édition par Varelun le Jeu 13 Nov 2014, 16:52, édité 17 fois.
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