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 Sujet du message: Vents Porteurs
MessageMessage posté...: Ven 17 Avr 2015, 10:26 
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Deuxième jour de navigation, les premières heures de cabotage à suivre la côte ont laissé place à la haute mer. Réan vomit son petit déjeuner par-dessus le bastingage, il faut s’habituer au roulis ainsi qu'aux vents marins humides et salés.
* Mais qu’est-ce que je fais là s’interroge le jeune-homme. *

La décision de partir pour Gemmaline a été prise en un instant, une soirée arrosée dans une taverne alors que Réan de Hautetour venait de quitter la Compagnie des Archers de Pégasse, une Milice de forte renommée dans les Vaux. Il fêtait son départ avec quelques camarades lorsqu’on lui parla de la terre promise, Gemmaline. C’est décidé dés le lendemain il partirait. Tourner la page sur les trois dernières années de sa vie de militaire, et aussi sur le Haut-Val où il avait vécu jusqu’ici, n’était pas si simple que ça. Sa décision avait surpris sa famille. Quels vents avaient soufflés pour le pousser à quitter la Coudraie, certainement ceux de Shaundakul !
Les vents, il n’en manque pas au milieu de l’océan. Cela souffle fort, les gréements claquent contre les mâts, des paquets d’eau passent la rambarde et détrempent le pont du voilier qui vogue toutes voiles dehors en direction de Gemmaline. Réan rejoint sa chambre, cela tangue trop sur le pont, enfin pour chambre il a un juste un hamac au fond d’une cale qui craque sous le poids des marchandises qu’elle contient. Cela fait une semaine, qu’il est à bord, Réan s’est habitué au tangage incessant et arrive à garder en lui ce qu’on lui donne à manger, malgré l’insipidité du brouet de farine mélangé à un bouillon qui contient que peu de légumes. Le Stoufflet n’est pas vraiment un bateau de passager, mais bien un navire marchand qui relie le continent à l’île de Gemmaline.

* C’est bien moins confortable que la chambrée de la caserne, plus tranquille aussi. L’immensité de l’Océan est reposante malgré les déferlantes. *

Déjà un mois de voyage par gros temps, il faut le cœur bien accroché, mais Réan en a vu d’autres sur la terre ferme. Le capitaine l’avait prévenu le premier mois sera difficile, ensuite cela devrait se calmer progressivement. Réan s’est habitué aux conditions de vie à bord, néanmoins il a hâte d’arriver sur la terre ferme. L’impression d’être sur ce navire depuis toujours devient persistante, comme si sa vie d’avant se diluait dans l’eau de mer. Haut-Val, la ferme, la milice tout ça est rendu bien loin. Seul l’espoir de la terre promise l’empêche de sombrer dans la plus profonde mélancolie. Réan passe le temps comme il peut, joue aux dés avec quelques matelots à l’air sombre et peu disant. Personne ne lui répond au sujet de l’île.
- « on ne sort pas du port lui répond le capitaine, les hommes se saoulent deux nuits durant pendant qu’on fait le plein du bateau. On se repose une semaine et puis on repart, le commerce n’attend pas ».
Quant aux marins, ils sont discrets sur leurs sorties dans le port visiblement ils n’ont que peu de souvenirs. Réan ne sait si c’est l’alcool ou la mer qui leur efface la mémoire.
* Pas bavard ces marins, je ne suis pas de leur monde, et il me le font sentir, je ne suis qu’une marchandise comme une autre, à transporter d’un port à un autre. Et ce port il est encore loin ! *

Quarante-cinquième jour de mer depuis une semaine le vent s’est calmé et peu à peu les nuages s’estompent. Plus que quelques jours de mer avant l’arrivée au port, le plus dur est fait. La pêche à la ligne améliore la pitance quotidienne tout comme prendre un bain de soleil remonte le moral des hommes à bord. C’est quand même plus agréable que les douches froides et salées des premières semaines qui lavaient le pont à longueurs de jours. Les marins se détendent, les veillées sur le pont durent plus que dans les cales et les langues se délient. Chacun y va de son histoire.
- « Cinq Pillards, pas un de moins, vraiment balèzes, vraiment méchants. J’étais en première ligne, trois jours à les pister Je les ai vus le premier. Arrivé discrètement derrière, au dessus d’eux. Connaissait le terrain comme ma poche. Ils se dirigeaient vers une ferme d’au moins dix personnes mais un seul homme adulte. Ca aurait été le massacre. Alors j’ai lâché deux flèches en visant les jambes du dernier. Les ai provoqués. Et suis parti en décrivant un arc de cercle au pied d’une colline. M’ont suivi et sont tombés sur mon unité qu’a eu qu’a les canarder de flèches alors qu’ils étaient en contrebas, quatre pillards morts et un estropié aux jambes. Dans c’est moment là on se dit qu’on est utile même si c’est pas de gaieté de cœur qu’on tue quelqu’un ! »
- « Et bien gamin tu caches bien ton jeu ! Et si tu nous racontait l’histoire de ta balafre ? »
- « Une autre fois » balaie Réan d’un revers de main et d’un signe de tête qui le fixe dans un silence assourdissant.

Une semaine plus tard, le soleil plonge dans la mer, les rouges carmins et violets se mélangent et s’estompent dans le couchant. Le vent du soir rafraichit l'atmosphère, il fait encore chaud. Le capitaine rejoint Réan sur la lunette avant.
- « Demain nous arriverons à Gemmaline, c’est ta dernière nuit à bord petit »
- « Vraiment ? » répond le voyageur pensif.
- « Oui demain tôt avec la marée montante.» Affirme le capitaine.
Réan profite de sa dernière soirée sur le pont il scrute la nuit claire étoilée, magnifique et silencieuse, seul le clapotis de l’eau sur la coque rythme la nuit, le roulis léger berce l’éclaireur qui rêve à sa prochaine vie et à Gemmaline.

* Demain matin nous y serons *
Le Soufflet accoste, Réan rassemble ses affaires il est prêt à débarquer, les marins se massent sur le pont tous excités de retrouver la terre ferme ! Réan remercie le chevaucheur des vents de l’avoir mené à bon port.
* Gemmaline te voilà enfin ! *
- « On ne se reverra pas, alors bon vent ! »
Réan salue le capitaine, le fixe un instant et saute souplement sur le quai plein d’espoir sur sa nouvelle vie.


Le jeune-homme ajuste sa cape pour cacher sa balafre, un vent frais et salé lui caresse le visage, Réan regarde et s'imprègne de tout ce qui l'entoure; Imobile,il profite de l'instant et prie intérieurement Shaudakul de lui être favorable.

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 Sujet du message: Re: Vents Porteurs
MessageMessage posté...: Ven 17 Avr 2015, 22:22 
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Premier contact avec le plancher des vaches : fichtre ! ça tangue plus dur que le pont du navire ! Que se passe-t-il ? Ses premiers pas sont ceux d'un nouveau-né : hésitants, chancelants, il marche aussi droit qu'un milicien le lendemain matin du jour de paye... Derrière lui, ça glousse. Visiblement, il y a quelque chose qu'on a oublié de lui dire.

_ Tous des ivrognes ces aventuriers ! Gueule un mousse du second des trois navires à avoir accosté ce matin, générant des éclats de rire.

Le ponton de bois a l'air pourtant solidement lié à des piliers de pierre... Réan se dépêche de conquérir la digue de roc. Une certitude le gagne au contact du minéral inamovible : ce n'est pas le sol qui tangue c'est bien lui qui s'est réglé sur le rythme du vaisseau...

Espérons que ça se passe. Le spectacle qu'il découvre est celui de l'effervescence d'un quai au début de matinée. Il y a du monde : ça braille à droite à qui mieux mieux dans un marché de poisson. Des gargotes lui envoient à la face des effluves de friture. Un immense bateau décharné est cerné par un quai de pierre. Des navires marchands dégueulent leurs marchandises. Deux forts de formes différentes encadrent le tout aux extrémités est et ouest et d'imposants navires de guerre montent la garde devant celui de l'orient bardé de machines de siège : un morceau bigrement indigeste à s'enfiler que l'assaut du port de cette cité, songe le milicien aguerri.

Devant, trois grandes rues et des venelles transpercent les façades bigarrées de maisonnées et d'échoppes. En face de lui, il remarque un type à la coiffure singulière qui s'engage dans une taverne portant une enseigne à l'effigie d'un espadon recourbé. Un détail amusant : le type oscille aussi abondamment que lui-même ! Un nouvel arrivant à n'en pas douter.

Un peu plus loin, il distingue deux autres auberges : dans l'une un jeune aventurier semble pressé de s'y engouffrer. L'entrée de l'autre est gardée par une jeune femme indécemment vêtue. Une invitation ?



:HRP: Voici ton HRP

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 Sujet du message: Re: Vents Porteurs
MessageMessage posté...: Sam 18 Avr 2015, 12:57 
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Réan a du mal à se tenir debout, tant cela tangue sur la terre ferme. Surpris il pose un genoux à terre. Respire profondément, cherche le calme. Il se relève fait un pas chancèle, avance encore sans plus de succès à marcher droit.
* Pas aller bien loin à ce rythme *

Il y a beaucoup de monde sur les quais, le brouhaha de l’activité portuaire le surprend et tranche avec la solitude de la mer. La terre ferme, trop ferme pour le coup lui paraît étrange. Le vent frais du matin est agréable et apporte des odeurs de frites et de poissons, réveille son appétit. Réan essaie de se ressaisir et fait encore quelques pas s’éloignant du Stoufflet, de son capitaine et de son équipage sans se retourner.
Le milicien analyse la situation, son œil est attiré par une femme aux atours évidents. Est-elle bien ce qu’elle paraît être, ou alors les femmes portent des vêtements beaucoup plus avenants que dans les fermes des Vaux. Ne sachant pas quelles sont les mœurs ici et malgré son envie de l’aborder, le jeune homme garde la tête froide et repousse ce genre de rencontre à plus tard. Un aventurier est entré prestement dans l’auberge qui précède la porte ou se tient la femme. Un autre homme étrangement coiffé chancèle, est-il ivre, si tôt le matin cela paraît peu probable. Alors probablement que comme lui il débarque et puis c’est la taverne la moins éloignée du quai. Il faut bien commencer par quelque part.

* En avant, Réan de Hautetour, voyons ce que nous réserve cette île *

Le jeune-homme avance péniblement tant la terre tangue il entre dans l’estaminet et salue sobrement et clairement, dés son entrée alors que ses yeux ne sont pas encore habitués à la pénombre relative au regard du dehors, en cherchant un endroit ou s’asseoir.
- « Bonjour ! »

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Réan de Hautetour
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 Sujet du message: Re: Vents Porteurs
MessageMessage posté...: Dim 19 Avr 2015, 21:38 
Aventurier épique
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Le jeune homme venait de jeter son dévolu sur l'établissement le moins fréquenté en cette matinée. L'autre débordait de pécheurs et d'odeur de friture. Celui-ci affichait une enseigne représentant un drôle d'oiseau mythique à tête de dragon. La "Wyverne Scintillante"... un nom étrange pour un bar de marin non ?

Ce genre d'endroit convenait davantage aux oiseaux de nuit qu'au ablutions matinales mais il fallait bien commencer par quelque part. D'autre part, l'ardoise était engageante : du ragout de mouton dans ses petits légumes, des pièces de bœuf rôti ou des brochettes de cœur de poulet. Pas de poisson pour une fois. Après cette longue traversée, cela ne pouvait que charmer les papilles.

Réan se sentit un peu seul en poussant la porte d'un "bonjour" enjoué lancé à la cantonade. Deux gaillards étaient pliés de rire devant le comptoir monopolisant l'ambiance sonore à eux tout seuls. Le jeune aventurier qu'il avait vu pénétrer dans l'établissement se tenait à quelques sièges de là sur la droite du comptoir. Un autre homme en armure, écoutait la réponse de l'aubergiste. Un autre attablé non loin se dévissait le cou pour suivre le remue-ménage et une poignée d'individu conversaient entre eux en jetant pour certains des coups d'yeux amusés vers les gais lurons du comptoir. L'un d'eux salua l'éclaireur d'un sobre signe de tête avant de ramener son regard vers ses acolytes...




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