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 Sujet du message: Ramuh De Lordalie
MessageMessage posté...: Mer 02 Juin 2010, 04:41 
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Messages: 121
Localisation: A boire que je pisse à foison ! Plus tard peut-être ; qu'j'en gerbe mes rognons!
PX: 1300
Citation:
Nom : De Lordalie
Prénom : Ramuh
Race : Humain
Type : Humanoïde
Sexe : masculin
Age : 18 ans
Taille : 1m79, M
Poids : 74 kg
Classe : Scelleur / Ensorceleur
Dieu : Mystra
Alignement : Chaotique Neutre
Vitesse de déplacement : 9m

Citation:
CARACTERISTIQUES
Force : 8 (-1)
Dextérité : 10 (+0)
Constitution : 14 (+2)
Intelligence : 14 (+2)
Sagesse : 8 (-1)
Charisme : 18 (+4)

Niveau 2: Scelleur 1 / Ensorceleur 1
XP : 1000/1000
PV : 12/12 [2 DV] 1d6(scelleur) +1d4(ensorceleur) + 4(Con NV2)

Bonus d'initiative : 0

JETS DE SAUVEGARDE
Volonté : +3 = 2(scelleur) + 2(ensorceleur) - 1(Sag)
Vigueur : +4 = 2(scelleur) + 0(ensorceleur) + 2(Con)
Réflexe : +0 = 0(scelleur) + 0(ensorceleur) + 0(Dex)

JETS D’ATTAQUE
Au corps-à-corps : -1 = 0(BBA, scelleur) +0(BBA, ensorceleur) – 1(For)
A distance : 0 = 0(BBA, scelleur) +0(BBA, ensorceleur) + 0(Dex)

CA : 10 (aucun bonus)

DONS
Abolition des Conditions[Pacte]
Science du Sceau[Pacte]

Citation:
COMPETENCES (5 points/niveau supplémentaire de scelleur, 5 points/niveau supplémentaire d'ensorceleur)
Art de la magie : 3 = 1 + 2(Int)
Artisanat : 2 = 0 + 2(Int)
Bluff : 9 = 5 + 4(Cha)
Concentration: 7 = 5 + 2(Con)
Connaissances(plans) : 6 = 4 + 2(Int)
Connaissances(Mystères) : 4 = 2 + 2(Int)
Contrefaçon: 2 = 0 + 2(Int)
Décryptage: 2 = 0 + 2(Int)
Déguisement: 4 / 6(si observé) = 0 + 4(Cha) +2(Syn. Bluff ; si observé)
Déplacement silencieux : 0 = 0 + 0(Dex)
Détection: -1 = 0 - 1(Sag)
Diplomatie: 6 = 0 + 4(Cha) +2(Syn. Bluff)
Discrétion: 0 = 0 + 0(Dex)
Equilibre: 0 = 0 + 0(Dex)
Equitation: 0 = 0 + 0(Dex)
Escalade: -1 = 0 - 1(For)
Estimation: 2 = 0 + 2(Int)
Evasion: 0 = 0 + 0(Dex)
Fouille: 2 = 0 + 2(Int)
Intimidation: 10 = 4 + 4(Cha) +2(Syn. Bluff)
Maîtrise des cordes : 0 = 0 + 0(Dex)
Natation: - 1 = 0 - 1(For)
Perception auditive : - 1 = 0 - 1(Sag)
Premiers secours : - 1 = 0 - 1(Sag)
Psychologie: 3 = 4 - 1(Sag)
Renseignements: 4 = 0 + 4(Cha)
Représentation : 4 = 0 + 4(Cha)
Saut: -1 = 0 - 1(For)
Survie: - 1 = 0 - 1(Sag)
Langues connues : commun, téthyrien, draconien, céleste

• Ne sont pas mentionnées ici les compétences hors classes avec formation nécessaire.
• En rouge, les degrés de maîtrise.
• En vert, les compétences de classe du Scelleur.
• En bleu, les compétences de classe de l'Ensorceleur.
• En rouge, les compétences de classe communes de l'Ensorceleur et du Scelleur.

Citation:
CAPACITES DE CLASSE DU SCELLEUR
Armes et armures. En tant que scelleur, le personnage est formé au maniement des armes courantes et au port des armures légères, mais pas au maniement des boucliers.
Sceau de l’âme (Sur). Grâce à des méthodes spéciales connues seulement des scelleurs, le personnage peut contacter un vestige et conclure un pacte avec lui.
Niveau effectif de scelleur. Le niveau effectif de scelleur (ou NES) du personnage est égal à son niveau dans la classe de scelleur plus tout bonus de sceau de l'âme issu de classes de prestige ou d'autres sources.
Tracer le sceau. Pour contacter un vestige, le personnage doit tracer son sceau unique de manière visible sur une surface (généralement sur le sol), dessinant un symbole d'au moins 1,50 mètre de diamètre. Pour tracer le sceau, il faut être capable de marquer une surface. Cet acte nécessite 1 minute de concentration et provoque des attaques d'opportunité. Un sceau qui n'est pas utilisé 1 minute après avoir été tracé perd tous ses pouvoirs, et il faut le tracer à nouveau pour contacter le vestige.
Rituel. Une fois le sceau tracé, le personnage doit accomplir un rituel qui nécessite une action complexe afin de convoquer le vestige correspondant. Pendant ce temps, il doit toucher le sceau et appeler le vestige par son nom et son titre. Le rituel échoue si on ne peut pas entendre le personnage (par exemple, s'il se trouve dans la zone d'effet d'un sort de silence).
Test de sceau de l’âme. Pour conclure un pacte avec le vestige convoqué, le personnage doit jouer un test de sceau de l'âme (1d20 + son niveau effectif de scelleur + son modificateur de Cha). Cela lui prend 1minute, mais il peut choisir d'effectuer un test de sceau de l'âme précipité au prix d'une action complexe et en subissant un malus de -10.
Pacte désavantageux. S'il rate son test de sceau de l'âme, le vestige influence sa personnalité et ses actions, et on parle dans ce cas d'un pacte désavantageux. Tant qu'il est sous l'influence d'un vestige, le personnage doit répondre à ses attentes du mieux qu'il le peut. Chaque fois qu'il accomplit délibérément un acte prohibé, ou au contraire refuse sciemment d'exécuter un acte requis par le vestige, le scelleur reçoit une remontrance. Elle prend la forme d'un malus de -1 aux jets d'attaque, aux jets de sauvegarde et aux tests, qui perdure jusqu'à ce que le vestige le quitte.
Pouvoirs des vestiges. Le degré de difficulté des jets de sauvegarde contre les pouvoirs surnaturels conférés par un vestige est égal à 10 + la moitié du niveau effectif de scelleur du personnage + son modificateur de Charisme.

VESTIGES DISPONIBLES :
Niveau 1 :
Aym, la Reine Avarice
Leraje, le Héraut Vert
Nabérius, le Chien Souriant
Ronove, la Vierge de Fer
Amon, le Néant Devant l'Autel
Niveau 2 :
Malphas, le Tourneplume
Dahlver-Nar, Le Supplicié
Haagenti, Mère des Minotaures
Savnok, l'Instigateur

Citation:
CAPACITES DE CLASSE DE L'ENSORCELEUR
Armes et armures. L’ensorceleur est formé au maniement des armes courantes. Par contre, il n’est formé ni au maniement des boucliers, ni au port des armures. En effet, une armure restreint ses gestes, ce qui risque de faire échouer ses sorts à composante gestuelle.
Sorts.Il commence sa carrière en connaissant seulement quatre sorts du niveau 0 (également appelés tours de magie) et deux sorts de 1er niveau, tous au choix du joueur.
Lorsqu’il atteint le niveau 4, et tous les 2 niveaux d’ensorceleur après cela (niveaux 6, 8, etc.), un ensorceleur peut choisir d’apprendre un nouveau sort à la place de l’un de ceux qu’il connaît déjà. L’ensorceleur “ oublie ” alors un sort au profit d’un autre. Le niveau du nouveau sort doit être identique à celui du sort oublié, et ce niveau doit être inférieur de 2 niveaux au plus haut niveau de sorts accessibles au personnage. Un ensorceleur ne peut échanger qu’un seul sort à chaque fois, et doit choisir s’il procède à un échange en même temps qu’il apprend de nouveaux sorts lors du passage de niveau.
Contrairement à un magicien ou à un prêtre, un ensorceleur n’a pas besoin de préparer ses sorts à l’avance. Il peut lancer n’importe lequel des sorts de son répertoire à n’importe quel moment, à condition de ne pas avoir épuisé son quota de sorts de ce niveau pour la journée.
Appel de Familier. L'ensorceleur a la possibilité d’appeler un familier, ce qui lui demande une journée entière et des composantes matérielles valant 100 po. Un familier est une créature magique qui ressemble à un petit animal, mais plus résistant et plus intelligent. Il est autant le compagnon que le serviteur du personnage.

SORTS CONNUS :
(4/2/0/0/0/0/0/0/0/0)
Niveau 0 :
Prestidigitation Universel
Détection de la magie Universel
Noir Transmutation
Manipulation à distance Transmutation
Niveau 1 :
Armure de mage Invocation (création) [force]
Projectile magique Évocation [force]

SORTS PAR JOURS :
(5/4/0/0/0/0/0/0/0/0)
Niveau 0 : 5(classe)
Niveau 1 : 3(classe) + 1(Charisme élevé)

Citation:
EQUIPEMENT :
ARMES :
2 Dagues (2x500g) :
Dégâts : 1d4 - 1 (Type : perforant ou tranchant)
Critiques : 19–20/x2
Facteur de portée : 3 m
Une dague s’affiche sur chacun de ses flancs, dans leur fourreau attaché à son large ceinturon.

Morgenstern (3kg) :
Dégâts : 1d6 - 1 (Type : contondant et perforant)
Critiques : x2
Son Morgenstern est solidement fixé à son ceinturon à gauche.

Sceau des De Lordalie : Il s’agit d’une bague familiale, représentant la tête d’un serpent arborant sa langue fourchue. Ramuh n’y tient pas particulièrement tout comme il se moque de sa lignée mais trouve cependant le motif appréciable et approprié. Il a longuement hésité à s’en débarrasser que ce soit à ses débuts dans l’académie ou lors de sa traversée vers Gemmaline, mais pour une raison obscure, n’a pu s’y résoudre.

Tenue de voyage : Bottes, haut-de-chausse en coton, solide ceinturon, chemise et gilet de laine épaisse, manteau à capuchon.

SAC A DOS (1 kg) : (Poids total : 16.750kg)
Son sac est plein à craquer de choses et d’autres d’une utilité parfois toute relative… Il possède deux compartiments internes de tailles inégales, ainsi que plusieurs poches utilitaires.:
Compartiment principal :
Couverture d’hiver (1,5kg)
Paillasse (2,5kg)
Habit de cour (3kg) : Un pourpoint écarlate et brodé de fil doré, assorti de braies pourpres rayées de noir en velours, un chemisier de belle facture, des souliers cirés et de hautes chaussettes ainsi qu'une paire de gants de satin et un chapeau noir de feutre à larges bords.
Silex et amorce
10 Bougies
1 Torche (500g)
Outre [vide et repliée] (2kg)
Compartiment secondaire :
50 morceaux de Craie
3 Plumes d’écriture
3 fioles d’encre
Manuel d’apprenti (1,5kg) : Ce carnet de notes regroupe toutes les informations qu’il a bien voulu noter concernant l’usage de la magie et les connaissances s’y rapportant, lors de ses études à l’académie de magie de Riatavin.
Livre sur les Vestiges (1kg) : C’est un livre que lui a confié son vieux mentor dans l’art de sceller les Vestiges. Il comprend les symboles et les descriptions de nombreux vestiges.
Carnet de bord (1kg) : Journal du Thaumaturge : récits de l’épopée d’un aventurier exceptionnel. Autobiographie de Ramuh De Lordalie du Téthyr. Sous ce titre pompeux se cache en fait un simple carnet de notes où Ramuh a prévu de consigner ses aventures afin que son « vaillant » périple passe à la postérité. Il n’a pour le moment pas eu suffisamment d’inspiration pour remplir autre chose que la couverture…
Poches :
Savon, 1 livre (500g)
Petit miroir (250g)
Trousse de matériel d'entretien et de soin du corps (youhou! grande folle !) (500g) Comprend un nécessaire de rasage, un peigne en ivoire et une brosse à cheveux, une boîte de cirage et sa brosse à cirer ainsi qu'un petit flacon de parfum à base d’essence de jasmin.
Sacoche à composantes (1,5kg) : Bien qu'il soit proprement incapable de lancer le moindre sortilège, son maître a lourdement insisté pour qu'il s'encombre de cet assortiment de composantes de base à sortilèges.

BOURSE : 0,2 po : 0po + 2pa + 0pc (125po au départ, 29,36po à l'arrivée sur Gemmaline)
Dépenses et Gains :
Perte de sa bourse => Opo peu après l'arrivée
1po offerte par Franny
-8pa pour le gîte et la nourriture à l'auberge

Citation:
POIDS (total transporté actuellement) :
20 kg et 750 g, avec le sac à dos (Charge intermédiaire)
4 kg, sans le sac à dos (Charge intermédiaire)
Charge légère : jusqu’à 13 kg
Charge intermédiaire : 13–26,5 kg
Charge lourde : 26,5–40 kg

Citation:
Description physique :
Un beau jeune homme à la peau lisse et fraîche et à la coiffure soignée. Son visage est ouvert et expressif et attire aisément les regards ; ses yeux singuliers brillent d'un éclat hypnotique et il se dégage de lui une grande force d'âme et de caractère.
Il porte des vêtements simples mais propres et soignés, toujours correctement ajustés, se composant d'une chemise à col en V turquoise, d'un gilet en laine, d'un pantalon noir, de bottes reluisantes en cuir et d'un manteau à capuchon gris-noir.

Citation:
Description Psychologique:
Sous ces airs d'ange se cache une nature caractérielle et difficile à concilier ; il est égocentrique et personnel songeant toujours en premier lieu à sa petite personne et a l'impression d'être la chose la plus magnifique jamais créée. Sa susceptibilité à fleur de peau et son émotivité explosive ont tendance à entrainer des réactions disproportionnées lorsqu'il a la sensation, à tord ou à raison, que l'on cherche à porter atteinte à sa magnificence. Il est têtu et parfois borné à l'extrême, sa mauvaise foi allant jusqu'à lui faire nier l'évidence sous l'humeur, évidence qu'il aurait sans doute soutenue de lui-même en d'autres circonstances. Il n'hésite pas à mentir et tricher quand il l'estime utile et nécessaire et, en ayant fait une habitude, sa langue précède parfois sa pensée en lâchant un bobard qui, parce qu'il n'aime point se contredire ou être contredit, l'embarque dans des élucubrations emberlificotées et des histoires trois fois grosses comme lui. Si les gens ont le malheur de le lui faire remarquer, aux orties la cordialité... En outre, il est plus rancunier qu'un vieux nain et n'oublie jamais un affront passé ; ce genre d'émotion a le don de le faire cogiter et ruminer intensément. Un "caractère de cochon" est probablement l'expression qui lui sied le mieux...

Il n'a pas que des défauts toutefois, enfin... C'est un jeune homme charmant et charmeur pour peu qu'on ne titille point sa sensibilité exacerbée. Il s'exprime avec aisance et sait ménager la susceptibilité de son auditoire même si il affiche bien volontiers une attitude suffisante et supérieure. Il est parfaitement conscient de sa plastique avantageuse et son magnétisme naturel qui lui ont toujours valu de plaisantes attentions spontanées. Il soigne son apparence et veille avec paranoïa à l'impeccabilité de sa tenue et de sa coiffure ainsi qu'à la propreté de son visage et de ses mains : il a en horreur toute sensation de graisse ou de crasse sur ces dernières parties de son anatomie. Aussi, veille-t-il à se les laver régulièrement et serait presque prêt à crever de soif en gaspillant l'eau de son outre simplement pour une hygiène palmaire qu'il juge indispensable. Il va de soi, qu'il a une antipathie naturelle pour les individus crasseux, bien qu'il tempère de tels sentiments par un mépris de bon aloi, les excusant malgré tout : on ne peut pas tous avoir reçu une bonne éducation et de bonnes manières, se dit-il avec condescendance...


Citation:
Background:
Pour certaines personnes, l’honnêteté est une devise imprimée au cœur même de leur être, guidant le moindre de leurs actes. Pour d’autres, le mensonge et la duplicité est telle qu’ils en font un mode de vie, une manière d’interagir avec leur environnement, dupant tout et tout le monde, jusqu’à leur propre personne… Bien qu’il n’en ait pas toujours conscience, c’est bien à cette seconde catégorie qu'appartient le jeune Ramuh De Lordalie.

Petit dernier d’une noble lignée du Téthyr, la famille de Ramuh avait perdu une grande partie de ses terres et de son influence dans la guerre civile ayant touché les contrées fertiles de la région de Riatavin. Qu’ils aient misé sur le mauvais parti lors des troubles et subit les conséquences de leur choix n’était un secret pour personne, et la politique étant ce qu’elle est, ils avaient pu échapper au pire en retournant leur veste juste avant le point de non retour, parvenant à conserver malgré tout quelques uns de leurs privilèges. Le comte de Lordalie, son père était une vipère rusée qui maniait sa langue retorse comme personne et s’était assuré de la sauvegarde de sa lignée.

Le petit Ramuh était un enfant turbulent et farceur qui ne manquait pas de profiter d’une occasion pour quelque bêtise bien sentie. A l’instar de son félon de père, il se débrouillait toujours pour reporter les conséquences de ses actes sur les malchanceux ayant la bêtise de lui accorder leur confiance, accusant, dénonçant, déformant la vérité selon les besoins. Le garçonnet au visage angélique et aux manières impeccables savait tromper son monde et aimait particulièrement à monopoliser l’attention, œuvrant souvent de manière méprisable pour parvenir à ses fins. Avec ses deux frères aînés et sa sœur de deux ans plus âgée, ils se détestaient tous cordialement et Ramuh appréciait particulièrement de les tourmenter, se réfugiant dans les robes de la comtesse sa mère, en pleurant son soutien face à la vindicte de la fratrie. Comment ne pas croire si mignon et si bon acteur ? Invariablement, il se tirait d’affaire, renforçant la mésentente familiale.

Un jour qu’il avait une dizaine d’année, sa vie bascula lorsqu’un étranger vint au manoir des De Lordalie. L’homme portait une longue robe sombre et appuyait son grand âge sur un bâton ouvragé surmonté d’une émeraude de bonne taille. Ramuh qui n’avait jamais vu de magicien, trouva opportun de railler l’humain « vêtu comme une femme » et, lorsque l’interpellé leva sur lui son regard perçant, fidèle à lui-même, le jeune sot désigna son aîné le doigt tendu affichant un sourire désarmant. Si le mage avait perçu sa duplicité, il n’en laissa pourtant rien paraître ; le désigné coupable de l’offense caqueta quant à lui, comme un coq pendant une demi-journée, générant une joyeuse hilarité parmi les bambins.

Quel que fut le sujet dont il s’entretint avec le comte, la discussion dura un bon moment et alors qu’il s’apprêtait à quitter le château, le sorcier dit au père de Ramuh :

_ Nous établissons un collège à Riatavin, en vue de développer le nombre de praticiens des Arts Profanes au Téthyr. Votre malicieux fils ici présent, dit-il le regard braqué sur Ramuh, un rictus présageant qu’il n’était pas si dupe quant aux machinations du gamin, possède des aptitudes innées pour la magie. Voudriez-vous nous confier son éducation ?

Les arcanes n’avaient pas bonne réputation dans la région précédemment dépendante des obtus amniens. Mais la récente allégeance de la grande cité portuaire au gouvernement du Téthyr avait modifié les préoccupations politiques même si les mœurs évoluaient moins vite… Ramuh saisit le trouble de son paternel et vit la colère poindre sur son beau visage soigné à l’audacieuse requête. Pour une raison obscure, il sembla ravaler le fiel menaçant de sourdre de ses lèvres et répondit d’un air affable :

_ Si c’est là ce que désire sa Majesté… La façon dont il avait délié le titre de royauté masquait à peine sa répugnance pour la-dites souveraine. Je ne saurais m’y opposer.

Son destin était scellé : il quitta le manoir ancestral dès le lendemain en compagnie du vieil homme et toutes les larmes qu’il avait généreusement versées dans les jupons de sa mère, ne surent lui éviter le sort qu’on lui réservait. Le magicien le traita durement, plus strict que personne n’avait jamais osé l’être avec lui, raillant sa bouderie et ses sanglots tout le long du chemin, le bousculant même lorsqu’il se laissait choir et refusait d’avancer. Comment ses parents avaient-ils pu ainsi le trahir ? Il en conçut une vive rancœur et il était enclin à ne pas oublier ce genre de sentiment.

L’académie de magie était un complexe de bâtiments qui servait anciennement de caserne aux gardes. Les vieilles bâtisses abritant les nombreuses chambres des étudiants et les études des sorciers chargés de l’enseignement, cernaient une cour où l’on pouvait s’adonner à la mise en pratique des arcanes. Les mages avaient préféré rester cachés ou fuir vers les terres moins hostiles à leurs dons, du Calimshan plus au sud et cette récente mesure était une tentative pour repeupler le nouveau royaume d’une caste indispensable dans un monde gorgé de mysticisme. Ramuh obtint sa cellule dont il détesta dès le premier instant l’austérité, mouillant ses draps de ses pleurs.

L’enseignement était exigeant et ne laissait que peu de place à la flânerie dont il était coutumier. Les étudiants venaient de tous les horizons et assez peu d’entre eux étaient de noble ascendance si bien que Ramuh, hautain et réservé avec ceux qu’il considérait depuis toujours comme des domestiques, avait du mal à s’intégrer. Son attitude lui attirait les foudres des plus caustiques élèves et le désespérait un peu plus tous les jours. Les sujets abordés étaient nombreux mais le jeune homme ne parvenait pas à s’y intéresser et alors que le moins doué de tous manifestait déjà les prémisses de quelque sortilège, il restait quant à lui incapable de produire la moindre parcelle de pouvoirs mystiques. Bien qu’un peu inquiets, ses professeurs ne pouvaient nier l’existence du potentiel qu’ils percevaient en lui et pensèrent à raison qu’il bloquait involontairement ses capacités. Il faudrait du temps pour qu’il lâche prise.

Ramuh était têtu et obstiné et son inaptitude, qui attisait les moqueries de ses condisciples, le frustrait au plus haut point. L’un d’eux poussa l’insulte un jour si loin, que le jeune noble entra dans une colère noire et comme si la force de son émotion avait brisé quelque barrière en lui, il projeta sans préméditation, un trait d’énergie crépitante sur l’importun, le blessant durement. La punition fut sévère, même si ses enseignants parurent soulagés qu’il montre enfin des signes de son pouvoir. Il serait donc ensorceleur, maniant les énergies brutes instinctivement. Les réjouissances furent toutefois de courte durée, car l’adolescent se révéla, une fois le châtiment levé, incapable de reproduire son geste. Les puissances de ces sorciers naturels étaient ainsi : capricieuses et empruntes d’émotion brute et il semblait bien que seule une grosse colère pouvait soutirer une once de talent à l’esprit buté du gamin.

Son salut arriva malgré tout le jour où ils abordèrent l’existence de créatures défiant l’annihilation que le magicien en charge des théories nomma les Vestiges. Pour la première fois, le charabia du vieil excentrique qui les abrutissait de toutes sortes de notions rébarbatives, toucha le jeune homme à l’imagination fertile. Le sorcier affirmait que l’on pouvait conclure un pacte avec ces êtres d’au-delà des plans, s’attirant leurs faveurs et leurs pouvoirs. La plupart des étudiants n’y virent qu’un adjuvant inutile en comparaison de la vraie magie mais pour Ramuh, cette possibilité était sa seule planche de salut, une alternative à son absence de pouvoir dans une assemblée de jeunes gens à la maîtrise croissante. En secret, il se rendit régulièrement à la bibliothèque, consultant tous les ouvrages à sa portée traitant des autres plans d’existence et de ces créatures. Elles le fascinaient et il se devait d’acquérir leur puissance pour « leurs en remontrer à ces paysans incultes. »

Rassemblant son courage, il tenta quelques mois plus tard, l’expérience : dans l’intimité de sa cellule, il traça avec soin le symbole complexe qu’il avait étudié sous toutes les coutures, posa sa paume dessus et murmura le nom et le titre de la créature. Pendant un moment, rien ne sembla se passer, puis soudain l’air se rafraîchit et la luminosité diminua progressivement. Il perçut le tintement de métal s’entrechoquant, comme le bruit qu’une pluie de pièces ferait en tombant. Une forme fantomatique apparut au centre de la pièce, flottant au-dessus de la marque circulaire. La brume se précisait : deux appendices vermiformes se trémoussèrent balayant le sol et la rune de craie, un buste massif se dessina bientôt surmonté de trois têtes. Une gueule de lion grognait, muselée par un bras épais tandis que le mufle d’un taureau exhalait bruyamment en dodelinant. Le visage de la naine victime de la malédiction de Moradin, se dressa fièrement dans un cliquetis ininterrompu de sa riche parure royale.

_ Que nous veux-tu mortel, toi qui ose nous convoquer ? Souffla le faciès barbu, des yeux vides braqués sur le jeune homme. Ramuh avait reculé précipitamment vers un angle de sa chambré, effrayé par la terrible apparition. Parle ! Grogna la naine, excédée.

Le nobliau se ressaisit. Il l’avait fait ! Il était parvenu à convoquer celle qui serait son alliée et lui offrirait les pouvoirs dont il rêvait ! Reprenant contenance, il interpella la créature :

_ Je… Je suis ton maître ! Je t’ai fait revenir dans le plan matériel pour que tu me serves ! Déclama-t-il avec une arrogance sans pareil. Il avait bien conscience qu’il jouait gros mais voulait impressionner le Vestige. Le museau du taureau s’agita violemment en poussant un meuglement qui fit se recroqueviller l’impétueux apprenti. La naine sourit d’un air mauvais et gloussa de dérision.

_ Tu veux établir le Pacte, enfant des hommes ? Susurra-t-elle d’une mine où se partageaient moquerie et étonnement. Ramuh acquiesça timidement. Qu’il en soit ainsi !

A ces mots, son corps se teinta d’ombres et se ramassa sur lui-même puis à une vitesse fulgurante, fonça sur l’invocateur qui émit un petit cri étouffé en fermant les yeux, les bras levés en prévision de l’impact. Il sentit comme une onde secouer tout son corps, lui coupant le souffle. Des picotements parcoururent sa peau puis une chaleur intense au niveau de sa main gauche. Il rouvrit les yeux. La créature avait disparu. Il vit qu’une étoile rougeoyante était apparue dans sa paume encore chaude.

Sans savoir trop comment, Ramuh percevait la présence de Aym, la Reine Avarice. Heureux d’en avoir réchappé indemne et victorieux il sortit de sa cellule pour rejoindre la cour. Bifurquant dans un couloir, il s’arrêta net face à un grand rouquin qui se dressait face à lui, les mains sur les hanches en signe de défi. Des bras le ceinturèrent par derrière sans qu’il puisse réagir.

_ Alors femmelette, on la ramène plus ? Aboya-t-il en crachant au visage de sa victime, s’approchant visiblement pour le maltraiter. A ce moment, Ramuh senti sourdre en lui une vague de chaleur et un manteau de flammes l’enveloppa subitement, brulant ses ennemis. L’adolescent le lâcha immédiatement se roulant par terre pour tenter d’étouffer le feu rongeant sa robe. Le roux avait le poil roussi et était assis dans une posture pitoyable, une grimace de panique déformant ses traits. La vue de sa terreur procura une grande joie au noble jusqu’ici seul opprimé de leurs interactions. Il s’apprêtait à goûter sa vengeance lorsqu’il entendit les bruits de pas lourds qui se rapprochaient. Il se retourna, faisant face au nouvel arrivant, prêt à lui faire subir le même sort s’il le fallait : il s’agissait du vieux professeur de théorie. Les sourcils arqués dans une manière ne présageant rien de bon, il fixait Ramuh. Sans le lâcher des yeux, il aida l’étudiant à la toge fumante à se relever.

_ Je vois… Tu es parvenu à lier Aym n’est-ce pas ? Son ton était grave, solennel, lui qui s’exprimait habituellement avec grandiloquence et loufoquerie. Vous deux, rejoignez vos camarades pour l’exercice dans la cour. Quant à toi, Ramuh, suis-moi, ordonna-t-il.

Tous trois furent bien sûr punis comme il se devait : les agressions entre étudiants étaient proscrites. Mais contrairement à ce que supposait Ramuh, le vieux sorcier ne le sermonna pas sur son audacieuse expérience : bien au contraire, il semblait heureux d’avoir finalement pu éveiller l’intérêt du jeune homme perturbé pour les arcanes, fussent-elles aussi répréhensibles. Il le mit pourtant en garde : il ne devait plus jamais utiliser de tels pouvoirs contre les autres élèves. En échange, il lui promit de l’aider à développer ses talents en ce domaine.

A partir de cet instant, il fut dispensé de la plupart des cours auxquels tous devaient assister et se vit assigné à la garde personnelle du vieux magicien. Il se révéla être un homme passionné et passionnant et Ramuh connu enfin le plaisir d’apprendre les mystères de ce monde. D’un commun accord, les professeurs avaient décidé qu’il ne devrait plus se consacrer qu’à l’étude des Vestiges et de leurs pouvoirs. Il passait le plus clair de son temps dans l’étude de son mentor, qui lui montrait toutes les subtilités de la magie des Pactes, forgeant sa volonté et son ardeur. Il disait que les Vestiges devaient être contrôlés, implacablement mâtés comme des bêtes sauvages que l’on voudrait dresser. Laisser de tels êtres contrôler sa personnalité pouvait se révéler désastreux. Pendant plusieurs années, il déchiffra de nombreux ouvrages et convoqua plusieurs de ces êtres se familiarisant avec eux et leurs pouvoirs. Le maître poussait l’élève toujours plus loin, dépassant parfois ses limites.

Un jour qu’il lorgnait par la fenêtre l’étendue de l’océan, le vieil homme s’approcha de lui, posant une main apaisante sur son épaule. Cela faisait plusieurs années qu’il étudiait sous sa tutelle et ils en étaient devenus complices. Depuis qu’il l’avait pris sous son aile, les autres élèves l’évitaient comme la peste, probablement parce qu’ils ne savaient à quoi s’en tenir concernant ses étranges pratiques et leurs effets imprévisibles. Il leva les yeux vers le visage ridé à la pilosité neigeuse et abondante. Il l’aimait bien ce vieux… Mais cela faisait plus de sept ans qu’il était enfermé dans cette académie. La vue de cet océan immense instillait l’envie de s’évader, de courir le vaste monde pour voir quels mystères il pouvait bien recéler. Saisissant par empathie ce qui agitait son jeune élève, le sorcier dit avec un sourire :


_ Le monde n’est-il pas immense ? Semblable à cet océan infini… Pourquoi passer tout son temps dans une vieille pièce encombrée ? Aimerais-tu parcourir de lointaines contrées, Ramuh ? Dit-il avec un sourire bienveillant. Le jeune homme hésita avant de répondre.

_ Bien sûr… Mais il y a encore tant à apprendre. Serais-je capable de résister aux mystères qu’il me réserve ? Demanda-t-il, ayant perdu quelque peu de sa superbe.

_ Juste… Ne t’ai-je point raconté comment je me suis lancé dans l’aventure ? Ramuh se retourna vers lui, surpris. Le mage gloussa. Penses-tu que j’ai toujours été vieux et usé ? J’étais plus jeune que toi lorsque je pris mon baluchon et quittais Calimport, où s’étaient réfugiés mais parents, tous deux des magiciens du Téthyr expatriés. J’ai eu mon lot de péripéties… Ses yeux brillèrent d’une singulière lueur à cette évocation. Et je peux te dire que ça m’a beaucoup appris sur la magie et sur moi-même. Il observa un moment son apprenti en silence et reprit : j’ai un ami navigateur qui se rend régulièrement dans une île lointaine récemment colonisée ; il me parle souvent de la quantité d’êtres de tous les horizons qui y débarquent à la recherche d’expériences et de sensations fortes… Voudrais-tu le rencontrer ? Tu pourrais l’accompagner sur cette terre neuve forgée pour les aventuriers…

Ramuh ne fut pas long à prendre sa décision. Ça faisait un petit moment que ça lui trottait dans la tête, et l’opportunité était alléchante. Il embarqua quelques jours plus tard en direction de Gemmaline.


Dernière édition par Izual le Ven 18 Juin 2010, 18:45, édité 28 fois.
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