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Droog, à ta question, le gamin te répond.
- J'm'appelle Tobiassar, m'sire. Mais vous pouvez m'appeler Tobi.
Le gamin tient parole et t'entraîne à sa suite d'abord sur les quais, te faisant voir les quelques tavernes coincées entre de minuscules échoppes vendant herbes à tabac, pipes et petits ustensiles utiles aux matelots et celles, plus huppées, qui accueillent les seconds, les médecins, les prêtres et les capitaines. Le gamin commente la visite en expliquant.
- Les tavernes des matelots, c'est bien pour faire du commerce et pour entendre des histoires d'aventures et de légendes. J'aime bien y aller pour ça...Les patrons me laissent tranquille parce que j'aide les serveurs à débarrasser les tables. Ça me fait gagner quelques pièces de cuivre et tout plein d'histoire à écouter.
Tu comprends vite que le bambin est orphelin et qu'il ne fait pas partie d'un orphelinat. Sûrement parce qu'il s'en est échappé...à moins que son histoire ne soit encore plus tragique, tu ne saurais dire. Après les tavernes, il te fait voir les échoppes plus spacieuses qui finissent par donner sur le quartier résidentiel. Il te montre, de loin, le quartier pauvre, ne voulant visiblement pas y mettre les pieds. Enfin, il te montre une crique, juste à la sortie du port, où se trouvent bon nombre de pêcheurs qui cherchent coquillages et crustacés entre les rochers gorgés d'eau et ceux qui patientent au bord de l'eau avec leur ligne pour attraper des poissons côtiers.
Entre la visite des quais et celle du reste du port, Tobi t'amène, quand sonne la douzième heure, jusqu'à une charrette à bras sur laquelle se trouve installée une cuisine mobile. Là, un kobold fait griller des insecte avant de les accommoder avec diverses sauces et légumes. Le fumet dégagé te met l'eau à la bouche et il y a déjà quelques clients qui se régalent en picorant dans une barquette en bois. Tobi désigne le cuistot en disant.
- C'est "La bonne pitance" de m'sire Kurtur, vous verrez, on y mange bien et pour pas cher.
Le gamin s'approche et salue le cuistot qui lui sourit.
- La bonne rencontre, Tobi, alors tu prendras comme d'habitude ? Grillons et criquets grillés à la sauce épicée et quelques fanes de légumes, ça te va ?
Le gamin approuve d'un hochement de tête tandis que le cuistot lève les yeux sur toi. Il te sourit et se présente.
- La bonne rencontre, messire. J'suis Kurtur petitécaille. Bienvenue à la bonne pitance. J'vous sers quelque chose ?
Il te montre un panneau de bois sur lequel est inscrit ce qu'il propose. Insectes grillés, panés, cuits à la vapeur ou au beurre. Fanes de légumes assaisonnées de sauce, fruits confits au sucre, tout semble bon et les clients qui arrivent de plus en plus nombreux te prouvent que ce n'est pas qu'une impression. La gargote propose également de la bière pour se rincer le gosier. Tandis que Tobi s'installe non loin pour déguster sa part de nouriture, Kurtur te demande.
- Vous êtes d'où, si je ne suis pas indiscret ? J'vous avais jamais vu avant...
Il désigne le gamin et ajoute.
- En tout cas, vous êtes tomber sur le bon petit, avec Tobi. C'est un bon gamin qui a pas eu de chance dans la vie. Mais il est toujours joyeux et optimiste, c'est un rayon de soleil, ce petit. Et pas paresseux. Il travaille pour gagner quelques pièces de cuivre tous les jours afin de se payer sa pitance. Par contre, je sais pas où il crèche...il a jamais voulu me le dire.
Après un repas effectivement délicieux, tu poursuis ta visite du port jusqu'à ce que l'heure de retrouver Ambre n'approche à grands pas. Tobi a eu l'air d'apprécier de se trouver en ta compagnie et quand il sent que tu vas repartir, il te demande, avec une pointe d'appréhension dans sa petite voix hésitante.
- Si vous pouviez me laissez quelques pièces de cuivre pour la visite, ça m'arrangerait bien. Mais, j'veux rien forcer et si vous pensez que je ne le mérite pas, je comprendrais.
Il sourit et son sourire est franc, preuve qu'il ne cherche pas à attendrir masi énonce juste un fait. Pour ce gamin des rues, le fait qu'on ne lui laisse pas de "pourboire" semble vouloir dire qu'il a mal fait son travail, pas que ses clients se sont montrés injustes envers lui. Un drôle de petit bonhomme. Derrière son sourire et sa bonne humeur, tu devines une lueur de solitude qui te rappelle douloureusement la période où tu as perdu ceux que tu aimais.
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