| Aventurier confirmé |
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Inscription: Lun 06 Avr 2015, 00:15 Messages: 147
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Le temps a cela de particulier que sa perception varie au point qu’on pourrait douter de l’existence réelle du temps, comme s’il n’était qu’un torrent interminable, un flot incontrôlable qui accélérait au pire moment.
Il était assez ironique de mentionner l’apocalypse en parlant d’un tieffelin, qui plus est un tieffelin acariâtre, sans compter un tieffelin qui portait grief sérieux contre un mage vieillard qui farfouillait dans son esprit dérangé et (très, TRÈS) susceptible. Aussi, de nombreux événements se produisirent dans le crâne du cornu au fur et à mesure que Gin faisait son rapport à leur employeur. Les secondes du semi-démon s’écoulant au-delà de la Célérité à ce moment précis, les décrire sans en ralentir le contenu deviendrait difficile. Aussi, attardons-nous un peu sur ce qu’est cette chose : la Relativité.
Gin avait demandé quelques minutes − combien ? Peu importait à Sol, à ce moment précis. Il n’en avait cure, ses yeux restant rivés sur les mains du croulant en face de lui, s’attendant à le voir brandir crucifix, lame ou baguette pour tenter d’attenter à sa propre santé, une erreur de débutant qu’il aurait tentée, selon son expérience. Mais cette demande et le calme du visiteur l’intriguèrent, aussi ses méninges se mirent à accélérer par elles-même. Qui était ce vieillard ? Que voulait-il à Gin ? Pourquoi Gin semblait tendu en sa présence ? Certes, le semi-démon ne connaissait guère le tourmenteur, pas plus que Lo-Kar ou Sébi, d’ailleurs. Il ne restait ici, avec eux, que par pure obligation − mais aussi par intérêt pour ce qui était de Gin, car un bon thayen, un thayen mort, valait d’être patient. Et la patience était un exercice difficile pour le mage… Mais revenons à nos moutons cornus. Gin se mit à parler, parler, parler. Sol n’y prêta pas trop attention au départ, réfléchissant dans son coin, silencieux, aux possibles liens entre les deux hommes. Mais une parole le fit revenir à la réalité, Gin mentionnant l’Olin Gisir. Le guerrier révélait tout ce que le groupe savait sur leur propre "mission", à un total inconnu. Soit il était parfaitement idiot, et cela confirmerait bien quelques hypothèses que Sol s’était formulées, soit, comme il le pensait réellement, il était de mèche avec lui. Seulement, de ce que se souvenait Arkeïos…
Et si ?
Et si…
ET SI…
Pourquoi un rapport au premier venu ? Leur employeur était un puissant mage, ou équivalent. Pouvoir contrôler des esprits à distance, c’était déjà un sacré tour, mais qui plus est contrôler l’esprit d’un tieffelin à distance, sans jamais l’avoir rencontré… Ce mage avait la capacité de savoir si ses pantins le trahissaient, au mieux, et au pire pouvait carrément s’y opposer. Il n’existait donc qu’une seule hypothèse valable quant à l’identité du vieillard. La lave bouillonnante qu’était la colère intrinsèque de Sol s’acidifia de plus belle. Il serra les poings au sang ; sa mâchoire aurait pu briser une écaille de tarasque vu la pression qu’elle subissait ; ses yeux étaient rivés sur le vieillard, et s’il avait pu puiser dans l’énergie de la Toile pour projeter des rayons, l’autre se serait retrouvé dans une fournaise volcanique en un rien de temps − Gin n’aurait même pas pu servir de bouclier. Et puis arriva le pire qui pouvait arriver dans cette situation : une confirmation.
Gin venait, en une phrase, de fournir tous les éléments qui démontraient que cet homme était leur esclavagiste d’employeur. Même si le guerrier semblait l’avoir fait exprès, Arkeïos ne voyait plus rien d’autre que l’étranger. Le tieffelin ne voyait plus rien d’autre, ni personne − même Sébi ou Lo-Kar venait de partir dans l’oubli de sa mémoire à long-terme, l’immédiate prenant le dessus, en conjonction avec sa bile. Sol se leva lentement, sa chaise crissant sur le bois du sol, mais ne prononça pas un seul mot. Il n’était pas préparé, mais peu lui importait. Ses poings suffiraient sûrement. Il s’apprêtait à avancer, à entrer dans une éruption que même les diables eux-mêmes éviteraient. Mais c’est alors qu’il nota autre chose. C’était subtil, et sa colère avait masqué en partie le phénomène, mais cela devenait net, maintenant qu’il y pensait.
Les voix dans sa tête s’étaient tues. Toutes, sans exception.
Son passé d’esclave en Thay lui avait laissé de nombreuses séquelles psychologiques, mais toutes amplifiées par le lien qu’il avait acquis avec un quelconque sombre plan démoniaque − ou diabolique, mais c’était du pareil au même pour lui. Il percevait les murmures de nombreuses créatures du mal, en permanence. Parfois, ces murmures parlaient à l’unisson, aussi pouvait-il discuter avec elles, mais le reste était un brouhaha qu’il avait appris, avec peine et en un temps infini, à ignorer. Toutefois, vivre dans un bruit malsain permanent n’aide personne à contrôler son humeur, aussi une partie de sa rage était-elle due à ces murmures. À l’heure présente, ces murmures avaient disparus. Enfin, pas tout à fait. Il sentait que la connexion était là, il sentait la présence de ces forces du mal, comme à l’accoutumée. Mais elles avaient cessé de parler, de murmurer. Cela ne s’était jamais produit auparavant, et la seule chose qui changeait était la présence du vieil homme. L’équation était simple à résoudre.
Arkeïos desserra les poing, et sa dentition fut heureuse de cet arrangement, également. Maintenant que tout son esprit lui était réservé, même temporairement, il pouvait mieux réfléchir. Non, il n’aimait toujours pas Alménivar ; il le détestait au plus profond de lui-même. Certes, il détestait tout le monde, mais tous n’avaient pas son attention du moment. Toutefois, se jeter sur ce vieil homme serait suicidaire : s’il pouvait contrôler aussi facilement son esprit, autant dire qu’il était bien plus puissant que le mage. Contenant sa colère, il écouta la suite, restant figé sur place. * Alors, vous êtes silencieux, maintenant ? Qu’y-a-t-il ? Il vous fais peur ? * Ses pensées furent ponctuées par un rire moqueur intérieur. Pour une fois qu’il pouvait se moquer d’elles, il allait en profiter, et pour longtemps.
Alménivar exposa ses informations ainsi que la suite de leur mission, mais ajouta une touche d’optionnel, un choix de leur part, ce qui fit redoubler le rire de Sol.― « Libre d’accepter » ? (Il renifla, cynique) T’peux bidouiller nos putains d’esprits comm’ tu veux, j’pense pas qu’on aie l’choix.Il se rapprocha lentement d’Alménivar jusqu’à se trouver à une distance que l’on qualifierait d’invasive, nez à nez, yeux dans yeux.― Mais y’a bien un truc qui m’f’rait accepter, si on a vraiment l’choix. On s’tire récupérer ta jolie perle maudite, on trucide même l’érinye en prime − (Il sourit de toutes ses dents) les diables et démons, j’les fais gratis. Mais quand on a fini, tu vas m’parler des enflures d’thayens qu’y’a ici. Tout c’que tu sais, j’veux l’savoir : où ils sont, c’qu’ils bouffent, c’qu’ils pissent, c’qu’ils torturent… Tout, sans exception, ni d’questions.Il se retourna, revenant à leur table pour s’y adosser, croisant les bras, regardant Alménivar en coin.― C’est mon prix. J’aurais aussi b’soin d’ceux-là (il désigna le reste du groupe du menton) pour m’les faire, pa’c’qu’un thayen tout seul c’est facile, mais ils traînent jamais sans d’aut’ cloportes à côté. Donc, va falloir aligner la paye.Il regarda les autres dans les yeux. La détermination se lisait dans les siens, et il leur demandait implicitement de le suivre, même s’ils ne le ferait jamais ouvertement. Il avait besoin de diversions et de gros-bras pour descendre le groupe de thayens local, et il avait un groupe tout trouvé pour cela, qui n’avait pas peur de lui au premier regard.
_________________ Fiche perso d'Arkeïos "Sol" (Mage 2 ; CN(B)) Chroniques infernalesSorts préparés :
Niveau 0 : Langue mordue / Étincelle d'angeargent / Prestidigitation / Fatigue Niveau 1 : Armure de mage / Sommeil / Graisse Autres moi : Varelun / Zandaar / Ætherion ; merci d'envoyer vos MP à Ætherion
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