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Le garde lui répondit, sans changer de ton :
- Du repos, hein ? S'il étais encore inconscient, tu serai pas là, alors j'espère qu'il a pas besoin de manger... Bon, viens par là.
Le garde s'engagea dans un tunnel qui partait sur la droite, s'enfonçant dans un réseau de galeries creusées de main d'homme. L'endroit était plongé dans une semi-pénombre, de rares torches permettant un minimum de visibilité. A l'évidence, l'endroit était une mine, la taille des murs et le boisage ne laissaient aucun doute. Pendant qu'ils marchaient, ils croisaient fréquemment des mineurs courbés sous le poids de sacs ou poussant laborieusement des brouettes pleines de rochers. Les bruits de coups devenaient de plus en plus forts, et ils finirent par atteindre un front de taille où une douzaine d'hommes attaquaient l'extrémité. Le garde lui fit signe d'atteindre et alla chercher un ouvrier. L'homme, ruisselant de sueur, avait une carrure moyenne et une certaine maigreur, mais possédait une musculature bien développée.
- Brat, commença le garde en criant pour couvrir le bruit, v'la une paire de bras supplémentaires. Tu les mets au jus et au boulot. Je repasserai dans quelques heures, tâchez d'avancer un peu...
Le garde laissa Aïla sur place et repartit dans le dédale de galeries. Pendant ce temps, le dénommé Brat inspectait la créatrice des yeux. Avec une moue dépitée, il entra tout de go dans le vif du sujet.
- On discutera plus tard, là on a du boulot. T'as pas l'air trop malingre, mais sans pioche tu pourras pas faire grand-chose. Attends le prochain porteur et va avec lui, tu lui donneras un coup de main. Quand on ira manger, prends une pioche à l'entrepôt.
Après ces paroles, ou plutôt ces cris, il fallait bien se faire entendre, Brat fit signe à Aïla d'attendre sur le côté et retourna piocher. Quelques minutes plus tard, un mineur arriva par le tunnel et, rammassant un grand sac posé non loin, commença à le remplir de cailloux.
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