| Héros légendaire |
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Inscription: Lun 24 Juin 2013, 10:20 Messages: 1111 Localisation: Aux Abysses...
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Elifern dut se rendre à l'évidence : l'escalier avait été englouti. Rejointe par ses camarades dans sa tâche d'extraction, elle avait redoublé d'efforts, s'arrêtant de temps à autres lorsque ses mains gelaient. Bientôt ils eurent taillé un abri convenable pour les abriter tous. Elle abandonna sa envie de rejoindre l'autre côté à mesure que la besogne érodait sa volonté et sa folie.
Il fallait se résigner... Ils étaient coincés dans cet autre monde où le sol était au plafond loin au-dessus d'eux...
Lorsqu'elle décida enfin d'arrêter de creuser, toute la fatigue de cette journée mouvementée se rappela à elle d'un bloc. Elle était blessée et sa plaie à l'abdomen s'était encore rouverte avec ces derniers efforts, libérant un peu de sang dans sa tunique. Elle regarda son armure trouée avec pitié et s'en dévêtit : elle était usée et ne lui servirait plus à rien. Elle enfila sa trouvaille, l'armure des grands guerriers et invoqua sa magie : les bienfaits furent presque immédiats. Elle sentit une onde de chaleur la traverser tandis que toutes ses plaies, toutes contusions et ses ecchymoses étaient apaisées, comme dissipées purement et simplement. La magie de guérison était une chose nouvelle pour Elifern. Il y avait bien des guérisseurs dans son clan mais elle avait rarement eu à faire à eux...
Sortant son couteau de chasse, elle entreprit de sectionner les lanières de sa vieille armure qui avait fait son temps, pour s'en faire une paillasse de fortune. La barbare n'avait pas prévu ce genre d'expédition. Elle n'avait ni eau, ni nourriture ni matériel de couchage... Peu importait : elle supporterait aisément ce froid avec son épais manteau et la chaleur de ses compagnons. Manger ne lui faisait guère envie, de surcroît.
Communiquer n'était point non plus des plus alléchant : elle s'était emmurée dans son mutisme et avait fini par se blottir dans son coin sur les restes de son armure. Comme une bête blessée, il lui fallait dormir et se régénérer. Elle ne tarda pas à s'endormir...
D'un sommeil de plomb et récupérateur d'abord, sa nuit vira à l'incroyable : elle se promenait dans une forêt en compagnie de sa meute. Ils étaient tous les cinq réunis, comme avant, avant que Jergone et Liogrim y passent. Ils couraient et dévalaient sur le sentier en riant et en aboyant. Puis ils arrivèrent à une clairière. Il y avait en son centre une fontaine : une fontaine fantastique de laquelle coulait une eau fluide et légère. Une fontaine de lumière liquide d'un bleu intense et profond. L'essence charriée irradiait le pouvoir. Elle était en admiration devant cette fontaine. Ses dévoués compagnons s'étaient assis sur leur postérieur visiblement satisfait et peu surpris, à l'exception de Jergone et Liogrim qui semblaient à l'affût de quelque chose au sein de cette fontaine. L'instinct de la dresseuse se réveilla, et elle chercha ce qui mettait ses meilleurs traqueurs défunts dans cet état de tension. Plongeant à nouveau son regard dans l'eau de la fontaine, elle vit bientôt des formes se dessiner dans les remous. Des formes étranges...
Les deux chiens vinrent à ses pieds. Ils grognaient, visiblement prêt à attaquer. Les trois autres ne se départaient pas de leur calme, contrastant avec l'attitude de ses deux chasseurs. Puis soudain, ils bondirent dans l'eau si rapidement que la barbare n'eut pas le temps de dire ouf. Elle put les voir s'intégrer aux remous. Ils semblaient se battre. On entendait comme dans le lointain des bruits rauques et des aboiements, comme si toutes les bêtes s'empoignaient dans une tourmente terrible.
Puis Liogrim bondit hors de l'eau reprenant sa taille et sa consistance et fila vers sa maîtresse. Il était bleuté comme l'eau de la fontaine et brillait par intermittence. Il tenait dans sa gueule une paire de gantelets de fourrure d'un bleu plus sombre encore. Ils semblaient composés de nombreuses peaux poilues de différents animaux. Lorsqu'elle fixa l'objet que lui présentait son protégé, Elifern constata que les fourrures étaient vivantes : elle vit et entendit la peau du lion rugir, celle de l'ours grogner, du loup hurler, de la panthère feuler... Tous les prédateurs sauvages semblaient réunis dans cette paire de gantelet. liogrim insista pour qu'elle s'en saisissent et aussitôt elle vit ses mains couvertes de la fourrure bleutée. Elle sentit la puissance l'envahir : une rage indomptable battait à ses tempes. Lorsqu'elle releva les yeux, Liogrim avait disparu.
Alors elle reporta son attention sur la fontaine. Jergone, sa brave femelle, était aux prise avec un gigantesque oiseau. L'animal était magnifique : de grandes ailes translucides et chatoyantes, parsemées des couleurs de l'arc-en-ciel. Pugnace malgré sa taille, Jergone bondit au cou de l'animal qui se débattit violemment battant frénétiquement de ses grandes ailes hypnotiques. Puis il sembla se résigner. Aucun sang ne coula pourtant... Alors Jergone bondit hors de l'eau ramenant sa proie en offrande à sa maîtresse. De ses mains griffues et puissantes, la femme-bête empoigna l'animal qui était à la fois gigantesque et tout petit, par les ailes pour l'examiner attentivement. Sa poitrine se soulevait dans une faible respiration au rythme imposé par Elifern. Alors qu'elle faisait bouger les ailes de la bête, celle-ci semblait la regarder d'un œil fatigué d'un bleu turquoise vif. La barbare ne vit bientôt plus que l’œil coloré mais elle sentait encore ses bras agiter les grandes ailes. Puis l’œil sembla disparaître révélant à nouveau la vision de la fontaine. Elifern se rendit compte qu'elle agitait ses ailes. Ses ailes ? De grandes ailes arc-en-ciel battaient devant son champ de vision. Elle en sentait les mouvement dans son propre corps. Elle chercha Jergone, pour flatter son encolure et la remercier mais elle avait disparu...
Alors l'eau de la fontaine bouillonna. Une sorte de geyser fluide en jaillit et vint doucher la barbare. Le flux était pur et bon. Elle se sentit revigorée dans les tréfonds de son âme. Elle était heureuse, extatique. Puis elle sentit qu'on la tirait par la manche : c'était Scarp. Les deux autres l'attendaient et voulaient lui indiquer la sortie de la clairière. Elle se retourna vers la fontaine, peu désireuse d'accéder à leur envie de quitter ce lieu béni mais la fontaine avait disparu à son tour. Derij aboya. Elifern regarda ses mains griffues et battit des ailes. Elle avait peut-être abandonné la fontaine mais n'avait point perdu les présents de ses deux chers protégés décédés. Elle emboîta le pas des trois vivants et quitta la clairière, courant et volant de temps à autres...
Elifern se réveilla avec une plaisante sensation aux creux des reins. Elle n'avait pas froid, elle n'avait plus mal. Elle regarda ses mains et vit sourdre une énergie bleutée semblable une aura diaphane autour de celles-ci. Elle avait cette énergie en elle. C'était ainsi qu'elle avait tissé le bandeau bleuté qui tenait ses cheveux. Elle n'avait jamais bien compris comment il était apparu. Mais aujourd'hui, elle savait ce qu'elle avait à faire. Le souvenir du rêve était très vif dans son esprit : elle se concentra sur les griffes, appelant la sauvagerie de tous les prédateurs. L'aura bleutée sembla s'agiter et se conformer à son intention. Les images des bêtes évoquées se formèrent comme auparavant sur la fontaine et se mêlèrent les unes aux autres. Ses mains tissaient et se mouvaient harmonieusement, manipulant l'eau fluide bleutée, la tassant parfois. L'immatériel semblait acquérir une certaine réalité. Lorsqu'elle eut achevé son œuvre, les gantelets de fourrure ressemblaient exactement à ceux que Liogrim lui avait fournie. Elle remercia silencieusement son ami poilu.
Puis elle évoqua l'image de l'oiseau et de Jergone. Une larme perla sur sa joue en souvenir de sa brave femelle. Cette larme quitta son visage mais au lieu de choir sur ses jambes croisées en tailleur, elle resta en suspension devant elle, aspirant l'aura bleutée. La larme semblait décomposer la lumière et se parer des couleurs de l'arc-en-ciel. Les mains griffues se redressèrent et la larme s'étira à l'horizontale comme un rideau tendu entre ces mains. Un rideau d'eau fluide rempli de couleurs. Puis les griffes taillèrent des plumes sur celles-ci tandis que le rideau s'allongeait encore et encerclait Elifern jusqu'à venir lui toucher le dos. Elle sentit un froid lui toucher les omoplates et se diffuser dans sa cage thoracique. Il n'était pas désagréable. Puis le centre, l'endroit où la goutte d'eau s'était tenue en suspension se scinda, libérant les deux ailes. La barbare battit une fois, deux fois, trois fois des ailes qui s'étendirent comme un linge compressé fouetté pour le défroisser, prenant à chaque mouvement sec un peu plus d'envergure. Une belle paire d'ailes de trois mètres ornait à présent son dos exactement comme dans son rêve. Elle adressa une prière muette à Jergone ainsi qu'à Malar. Elle remercia profondément son dieu de lui avoir donné le pouvoir des bêtes. Elle savait qu'elle en aurait besoin et ce cadeau était un baume à son cœur meurtri par trop de folies de magicien.
Après cet effort qu'elle avait accompli dans une semi-conscience, elle sombra à nouveau dans le sommeil. Un sommeil profond porté par des rêves inconséquents...
A son réveil, la femme-bête put constater qu'elle portait bien son nom. L'aura bleutée était maintenant tout à fait accessible à ses sens. De la fourrure et des griffes recouvraient ses mains et deux grandes ailes multicolores se tenaient à sa disposition dans son dos ! ça n'avait pas été qu'un rêve ! Le moral d'Elifern était léger et joyeux ce matin, si tant était qu'il y eut un matin en ces lieux, quels qu'ils furent. Et elle s'en moquait ! Elle était heureuse et optimiste. Se parant de son armure rutilante, elle apprécia sa souplesse et sa finition : c'était vraiment un bel objet. Un objet de roi. Elle sentait sa magie qui lui soufflait comment user de son pouvoir. Elle acheva d'ajuster sa tenue et entreprit de remuer l'assistance :_ Debout les gars ! Il fait jour, le soleil se lève, blagua-t-elle en gloussant doucement.
Elle était redressée, arborant ses nouvelles ailes et ses gants de fourrure bleutée qui ne manqueraient certainement point d'éveiller l'attention de ses compagnons... Elle chercha des points de repère : y avait-il quelque chose en vue qui sorte de l'ordinaire et qui aurait mérité qu'ils fassent mouvement vers lui ?_ Dis donc, la grenouille, t'as une idée de comment on retourne chez nous ? Tu connais le patelin, non ? Demanda-t-elle en cherchant Himmit du regard. Ok, je lance donc mes sorts de soin pour regagner tous mes pv avant de dormir.
Détection [-1], Survie [+4], Connaissance (Nature) [+2] pour trouver une piste, un lieu où aller, une indication...
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