Surpris et impressionné, l'homme ne dit rien et se contenta d'acquiescer, puis retourna à sa table, l'air un peu contrit et penaud. Ses compagnons se penchèrent vers lui et ils discutèrent bas quelques instants, avant de tourner leurs regards vers Tordak et d'attendre humblement sa venue. Le nain, lui, reçut rapidement sa bière et se fit soulager d'un denier de plus. Cette boisson était bien meilleure que la première et faisait honneur à la fierté du prêtre ; la température n'était certes pas idéale, mais c'était sans commune mesure avec l'horreur qu'on venait de lui servir.
Son repas avalé et le ventre plein, il put enfin se diriger vers les paysans, qui l'attendaient en buvant de temps en temps une gorgée dans leur gobelet. Dès qu'ils le virent approcher, ils se poussèrent pour lui laisser une place et se regardèrent les uns les autres après sa question. Finalement, ils poussèrent celui qui avait été l'aborder à parler. « Vâs, Néel, t'prêches mieusse euq'nousot' eul'parler,
fit l'un d'eux dans leur patois en poussant ledit Néel du coude. — Ben, c'ben simple, m'seigneur, v'voyez. C'est-y pas trop une question eud'taille, pourvu qu'la vaillance y soit. En fait, c'est-y qu'j'serions face à un problème, dans la champaigne et qu'j'aimerions, tout le village, avoir eud'l'assistance prodiguée, comme qui diraé. Et j'avouns-été envoyés, le fré, le pé Merbecq et moi, chercher un fier gaillard à la ville. Eu-c'que ça vous tenteraé, m'seigneur ? »
Sous le coup de l'émotion, le paysan semblait avoir du mal à trouver ses mots et avait recours assez souvent à son parler un peu rugueux aux oreilles de Tordak. Somme toute, le pauvre homme cherchait simplement à engager un mercenaire, sans trop savoir comment s'y prendre, pour régler un problème dans leur village. Mais quel problème ? Comme s'il avait compris la question qui germait dans la tête de Tordak, Néel reprit. « C'est-y qu'j'ériouns un blairieau comme un vieau qui saloperait les chultures et ça nous-y pèse, v'voyez ? »
Ce coup-ci, le blairieau comme un vieau
était peut-être l'expression locale de trop. Celui qui était présenté comme le fré
fit remarquer à Néel que le nain n'y comprenait pas grand chose. « Yentend pas tout, t'vos ? T'prêches p't-êt' ben un pieu trop, pârles-y, mais pus langue.
— Oui, pardon, m'seigneur,
reprit Néel plus lentement. C'est l'habitude qu'on o de prêcher au lieu de parler : quand on prêche, c'est la langue de nos pés, et le parler, c'est la langue de la ville. C'est-y que je disais qu'un blaireau énorme nous fait des rovages dans les cultures et qu'j'voudrions trouver un gaillard solide pour eul calmer. C'est pour ço qu'j'étions tous les trois v'nus à la ville, v'voyez. »
Pas de souci, ça ne me dérange pas qu'on prenne quelques initiatives tant que ce n'est pas excessif ; fais toujours comme tu le sens, si ça devenait abusif, je te le dirais.
L'argent, c'est moi qui te le prélève : tu ne peux pas éditer ta fiche.
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Frère Théodemir (Aussi joueur de feu Râourgh l’Éclateur de crânes, Marcel Fasnières, Kerrarc’h Inflexible et Méline l’érudite)Cefrey Ventre-Solide, orfèvre et girly
Chapour et ses règles perso (Ne pas hésiter à les consulter régulièrement en cas de nouveauté ou pour rappel !)