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Les premiers jours d’acclimatation dans ce nouveau monde furent très difficiles. Difficiles notamment pour son estomac qui n’avait rien eu à digérer pendant des décennies. L’inexpérimenté silvan du apprendre à reconnaitre la sensation de satiété. Il ne s’attendait pas à ce que sa première grande difficulté d’adaptation soit d’ordre métabolique. Jur après jour, il put augmenter les doses ingérées et donc diminuer la fréquence. Une fois ce handicap surmonté, il partit en quête de tâches rémunératrice à accomplir.
Il commença par se proposer comme commis dans une mode qu’il connaissait bien, à savoir l’agriculture ; mais très vite, il se rendit compte qu’au final, il n’y connaissait rien, les terres fertiles céans n’ayant rien à voir avec la matière molle sur laquelle il avait appris à travail. De plus, le travail était trop éprouvant pour quelqu’un de sa constitution, comme l’avait prévenu le paysan qui l’avait embauché en période de récolte de pommes de terre. Il put néanmoins manger ainsi à sa faim, et dormir au chaud dans une période où le vent était froid et saisissant.
Mais cette vie ne devait, ne pouvait pas devenir la sienne en ce monde ! Elle était bien trop proche de sa vie captive, et ce n’est pas ainsi qu’il atteindrait le rang auquel il prétendait. >celui qui lui permettrait d’honorer les siens, et peut-être un jour, celui qui lui permettrait de financer une mission de sauvetage là où il avait grandi.
Une fois de plus, le destin lui permit de se rendre utile et de trouver sa voie. Ils étaient de retour d’une journée de marché plutôt lucrative. La charrette vide, mais la bourse du paysan bien pleine. Mai’Atril l’avait vu, à son insu, la cacher dans l’essieu d’une des roues. Ils étaient sortis de la bourgade dans laquelle un immense marché de fin d’automne avait été organisé, afin de permettre aux habitants d’y faire leur réserve avant l’hiver. De bonne humeur, le patron se mit à pousser la chansonnette pendant qu’ils abordaient un chemin surplombé de part et d’autre par des falaises calcaires d’une dizaine de mètre.
Les sens aiguisés du silvan lui permit de détecter du mouvement à mi-hauteur d’une de ses falaises, sur un promontoire. Caché derrière le chariot, il observa plus attentivement, et ne tarda pas à apercevoir une flèche qui dépassait entre deux rochers. Ils étaient mis en-joue alors qu’ils étaient engagés depuis cinquante mètre dans un goulot. Tapi derrière la charrette, le ninja ne savait pas s’il avait été aperçu, et se fit le plus discret possible.
L’initiative ne se fit pas attendre. Un sifflement, puis un hurlement. Le paysan venait de se faire empaler la cuisse par une flèche tirée lâchement. Il avait, manifestement bien trop jubilé sur le succès de ses affaires en sortant du village. La suite ne fut pas bien glorieuse mais très profitable au ninja. N’ayant aucune chance à 5 contre 1, il resta tapi derrière un bouquet de ronce et regarda les brigands désosser la charrette et torturer le paysan en triturant la flèche plantée dans la cuisse. Enervés, le dernier mouvement fut plus violent et sectionna la fémorale du malheureux qui se vida de son sang en très peu de temps. Il leur avait hurlé qu’il n’avait rien, qu’il avait du tout céder pour rembourser ses dettes en ville, et les malheureux durent se résoudre à le croire.
Quelques jours plus tard, nous retrouvons notre silvan dans une maison plutôt bourgeoise. Il a pu s’équiper et est engagé pour un contrat d’ »intimidation » sur un marin qui n’avait qu’un seul tort, être le frère d’un petit trafiquant d’une drogue au doux nom d’ « Agonie ». Pas de meurtre en vue, mais plutôt un passage à tabac en règle et un message de mise en garde à l’attention du frère. En guise d’échauffement, il avait réussi à rendre «indisponible » le mousse du navire que commandait le malheureux frère.
La mission s’annonçait simple. Il était à bord d' un solide voilier qui transportait des voyageurs et quelques marchandises pour une destination inconnue. Mais le ninja n’en avait cure. Aussitôt son méfait accompli, il prendrait une barque et regagnerait tranquillement la rive. A moins que l’équipage ne fasse tout simplement demi-tour en raison de l’"indisponibilité" de leur commandant.Mais rien ne se passa comme prévu...
Après quelques heures en mer, malgré son estomac plein, Mai’Atril ressenti un état fortement nauséeux, des vertiges, et bien d’autres manifestations qui lui fit penser à un empoisonnement. Il en fit part à un de ses collègues qui le regarda avec dédain en lâchant un « Bouffon ! » plein de mépris. Il fut indisponible, incapable de quoique ce soit pendant deux jours. A l’aube du troisième jour, alors qu’il s sentait bien mieux, le commandant, sa cible autrement dit, vint le voir alors qu’il était couché dans ses quartiers.
' Tu t’es bien foutu de moi l’ami avec ta soi-disant expérience en mer. On va débarquer dans quelques heures pour refaire le plein de voyageurs et de marchandises. C’est là que tu descends. Tu as de la chance qu’on n’est pas des assassins ici. Certains voulaient te jeter par-dessus bord. Surtout ceux qui ont du faire ton boulot. '
Le commandant lui expliqua qu’il avait eu le mal de mer. Ca arrivait souvent. Tellement souvent, qu’il ne pouvait pas ne pas connaitre s’il avait déjà voyagé en mer. Il avait, de toute évidence, encore beaucoup à apprendre, surtout en matière d’usurpation d’identité. Il ne devait pas perdre de vue qu’il ne connaissait rien, absolument rien de ce monde qu’il voulait dominer, ou dumoins ne plus jamais y être dominé. Mai’Atril ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en pensant qu’il devait son salut à la clémence de celui qu’il aurait dû tabasser. Il ne demanda pas son reste, prit son sac et débarqua donc à Gemmaline , c’était le nom que lui avait donné le capitaine de ces lieux. Mais peu importait où il était, il était vivant, en un morceau et au tout début du reste de sa vie.
_________________ «Il ne faut ni de si, ni de mais, il faut réussir.» Sa ficheAutre perso:Revenj
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