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Très vite, Gaspard revint avec le garde qui était resté dehors. Le capitaine lui expliqua la situation, puis envoya à l'extérieur celui de ses hommes qui était le moins bien en forme et lui ordonna de retourner au plus vite en ville pour signaler au gouvernement ce qui se passait. Après quoi, le groupe reprit sa marche dans les profondeurs de la grotte. De retour dans la caverne abritant le lac, Ragnar le Juste émit l'idée que les dragons venaient peut-être d'éclore, ce qui pourrait expliquer qu'ils n'aient pas encore commencé à s'entretuer en l'absence d'adulte. Tout le monde prit de grandes précautions dans cette salle, mais rien de particulier ne se passa, aucun dragon ne pointant son nez. Deux galeries partaient de la salle, sans compter les éventuels conduits partant de sous la surface. À quelques mètres de l'entrée de l'un d'eux, un autre dragonnet était visible, mort et à moitié dévoré. « Et de trois, fit le prêtre en l'examinant. Quelle direction prenons-nous, capitaine ? » L'elfe n'avait aucune raison de choisir l'une plutôt que l'autre, il fit s'ébranler sa troupe dans cette galerie, qui était plus large que celle qu'ils avaient empruntée au début. Plus ils avançaient, plus l'air était froid et plusieurs flaques d'eau étaient complètement gelées. Au bout d'un moment, ils entendirent une voix fatiguée, rauque et caverneuse s'élever et résonner contre les parois. « Approchez, maintenant, pauvres fous. Si vous êtes ici, c'est que mes enfants ne vous ont pas arrêtés… Ma vie n'a donc plus de sens, mais je me ferai un plaisir de congeler le plus d'entre vous avant de me le laisser tuer. Venez donc chercher votre destin et m'apporter le mien. » Les torches n'éclairaient pas suffisamment pour que l'on puisse voir quelque chose, mais l'origine de la voix, la mère des dragonnets ? pouvait très bien être derrière un des virages du couloir…
Les gardes et Gaspard n'en menant pas bien large, le capitaine Galanodel sembla hésiter un instant, il se tourna vers le prêtre et Snout. « Vous sentez-vous capable d'y aller ? demanda-t-il tout bas, pour ne pas être entendu, en faisant se replier tout le monde. — La fuite pourrait ne pas nous porter chance. L'attaque pourrait être très dangereuse. Un dragon blanc adulte possède de solides résistance. Je peux enchanter deux de nos armes, par des huiles alchimiques, pour les rendre magiques et passer outre certaine de ces résistances ; mon épée est magique et n'en aura donc pas besoin. Ongar, je vous la confie, tandis que je resterai à l'arrière pour soigner les blessures de qui en recevra. J'espère que ce dragon ne vous posera pas plus de problème que les autres si nous l'affrontons. » Le garde reçut l'épée et prit sur lui pour paraitre plus sûr de lui. Se voir considéré comme leur rempart contre les dragons sembla le ragaillardir et le gonfler d'importance. « Par ailleurs… acheva le prêtre. J'ai un autre objet qui pourrait s'avérer intéressant. » Il sortit d'un rangement à sa ceinture une baguette et expliqua qu'elle pouvait enchanter des cailloux pour les rendre magiques eux aussi. Il avait pensé à se munir de trois frondes qu'il distribua au capitaine, à Gaspard et à Snout pour lorsqu'il aurait épuisé ses sorts. Aussitôt, il fit ramasser quelques pierres à tout le monde et put en distribuer une dizaine à chacun d'eux.
« Montrez-vous, lâches ! Ne m'obligez pas à venir vous chercher ! J'entends le bruit que vous faites, ne croyez pas pouvoir me flouer ! » Le dragon s'impatientait et les provoquait, mais il n'entreprenait apparemment rien pour aller les chercher. « Capitaine, nous attendons votre ordre, annonça Ragnar, prêt à enchanter les armes. — L'un d'entre vous souhaite-t-il que nous fassions marche arrière ? Ou bien êtes-vous prêt à combattre pour défendre notre ile, pour la gloire, la nôtre et celle de notre prince, Ludrick ? Reculez devant un tel monstre, ce n'est pas fuir, ce n'est pas de la lâcheté ; ce serait humain. Mais avancer, le combattre et risquer notre vie pour libérer ces pauvres ouvriers… cela ferait de nous des héros, nos noms marqueront l'histoire des pionniers de Gemmaline ! Alors ? Qu'un seul d'entre vous demande à revenir en arrière, nous attendrons les renforts et choisirons la voie de la facilité. Êtes-vous avec moi, pour l'honneur et la gloire ? » La harangue du capitaine laissait transparaitre qu'il avait certainement quelque chose à se prouver à lui-même ou que l'ambition de gravir les échelons de la garde le taraudait. Mais elle parut fonctionner sur ses hommes et sur Gaspard, qui ne firent pas mine de vouloir partir, peut-être plus par peur de passer pour des lâches que par véritable courage. Le prêtre aussi était prêt, ne restait plus que l'opinion de Snout.
_________________ Frère Théodemir (Aussi joueur de feu Râourgh l’Éclateur de crânes, Marcel Fasnières, Kerrarc’h Inflexible et Méline l’érudite)Cefrey Ventre-Solide, orfèvre et girly Chapour et ses règles perso (Ne pas hésiter à les consulter régulièrement en cas de nouveauté ou pour rappel !)
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