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Les deux jeunes gnomes prenaient un peu confiance et sortirent de leur cachette pour rejoindre leurs libérateurs. Ils ne surent pas trop répondre aux questions qui leur étaient posées sur le nécromancien : à leur connaissance, il s’agissait d’un gnome des profondeurs adorateur d’Urdlen, qui œuvrait pour son propre compte, mais ils ne surent dire pourquoi il créait des morts-vivants. C’était un nécromancien, c’est tout… Rassemblant tout ce qu’ils pouvaient, les aventuriers reprirent ensuite la direction de la sortie, non sans avoir bouté le feu à tout ce qui pouvait être détruit de ce qui se trouvait dans cet antre de l’horreur. Peu de temps s’était écoulé alors qu’ils étaient à l’intérieur de la grotte et, à leur sortie, ils retrouvèrent l’extérieur comme ils l’avaient laissé en entrant, le soleil juste un peu plus haut sur l’horizon, signe que midi était arrivé.
Les deux gnomes connaissaient le chemin pour revenir chez leur oncle et guidèrent le groupe à travers la campagne vers la demeure de Gwalchgwyn. Sur le chemin, le sceptre de Pharounézame se remit à inonder l’esprit de Kipepeo de pensées meurtrières à l’encontre de tous les insectes qu’ils croisaient. Ce qui permit à la demi-elfe de se rendre compte qu’ils n’avaient vu qu’extrêmement peu de vermine dans la grotte : peut-être le nécromancien tenait-il à garder intact tous les cadavres sur lesquels il travaillait et à éviter la moindre corruption par des bestioles. Le chasse-mouche eut cependant la décence de ne pas se manifester verbalement, ce qui permit d’éviter des situations gênantes, notamment lorsqu’il entonna mentalement « Tue, tue, tue l’papillon ! si tu veux son cocon ! Si tu tues pas d’papillon, t’auras pas son cocon ! » ou lorsqu’il faillit lancer une boule de feu après avoir remarqué qu’il y avait des poux sur la tête des gnomes. Il fallut tout la force morale de Kipepeo pour l’en dissuader.
Dans la fin de l’après-midi, après un trajet sans histoire, les dix voyageurs, lourdement chargés, arrivèrent finalement en vue de la maison de Gwalchgwyn, non sans avoir ressenti, à un moment, le besoin de rebrousser chemin. Les gnomes expliquèrent que leur oncle avait lancé un sort dans la région, qui incitait les gens à s’éloigner quand ils s’approchaient. Mais eux-mêmes souhaitant se rendre spécifiquement là, ils parvinrent à faire abstraction de cela. La petite bâtisse ne payait pas de mine : en pierre et ornée de briques, elle possédait deux étages, dont un grenier, était flanquée d’une tour qui devait être un pigeonnier et ses fenêtres étaient toutes fermées par des volets de bois ; une seule porte, fermée elle aussi, semblait donner sur l’intérieur. « Si c’est notre oncle qui vous envoie, fit la gnomesse, vous connaissez M. Nonosse, non ? Vous n’aurez donc pas peur de lui. » Kipepeo, qui n’avait jamais vu ce M. Nonosse reçut une image mentale du chasse-mouche : un domestique qui n’était autre qu’un squelette policé et prévenant.
Frappant à la porte, les jeunes se firent reconnaitre et l’huis s’ouvrit sur ledit M. Nonosse. Tlacahuepantzin fronça le nez en revoyant le squelette. « Nous avons retrouvé les nièce et neveu de ton maitre, squelette ! Conduis-nous à lui, maintenant. — Tout à fait, monsieur. » La voix du domestique était totalement désincarnée, sans la moindre intonation, mais il passa affectueusement la main dans les cheveux des deux gnomes qui se jetèrent à son cou avant de faire entrer tout le monde. Le couloir était bien plus long que l’extérieur de la demeure pouvait le laisser penser. On conduisit tout le monde vers une porte qui s’ouvrait sur ce qui devait être un portail magique. « Je vais prévenir le maitre que vous l’attendez dans le salon. En attendant, donnez-vous la peine de passer. » Aussitôt, les jeunes gnomes touchèrent le portail et disparurent, comme aspirés. Les autres purent ensuite, chacun à son tour, les suivre. La sensation était particulièrement désagréable : comme si on se faisait arracher les membres un à un, pour être reconstitué de l’autre côté. Les confortables fauteuils et canapés, avec fruits et boissons frais étaient les bienvenus. Quelques minutes plus tard, un vieux gnome arriva par le portail et se précipita vers les deux autres pour les étreindre, tandis qu’eux deux faisaient la même chose pour lui. Après de longues minutes d’effusion, le maitre des lieux se tourna vers ses hôtes. « Merci de me les avoir ramenés tous les deux indemnes ! Je ne sais comment vous remercier ! Mais… et… et les autres ? Et Llywelyn ? — Il est mort, tonton ! — Ah… quel dommage qu’un cerveau aussi brillant se soit perdu du mauvais côté de la magie. Il n’avait pas compris que la nécromancie pouvait être utilisée autrement que pour faire le mal autour de lui… » Derrière eux, M. Nonosse se tenait droit comme un i et regardait son maitre tout en agitant discrètement la main gauche et montrant, de son autre main, son index, manifestement à l’intention des aventuriers. Au bout d’un moment, il fit mine de retirer quelque chose dudit doigt avant de reprendre ses signes, de manière insistante. « La… le… la chose veut nous dire un truc, souffla Amaryllis à ses compagnons. Regardez la main gauche du gnome : il y a un anneau à son index. Ce serait ça, vous pensez ? »
_________________ Frère Théodemir (Aussi joueur de feu Râourgh l’Éclateur de crânes, Marcel Fasnières, Kerrarc’h Inflexible et Méline l’érudite)Cefrey Ventre-Solide, orfèvre et girly Chapour et ses règles perso (Ne pas hésiter à les consulter régulièrement en cas de nouveauté ou pour rappel !)
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