Radulf était honoré de la confiance qu'Aânkthi avait placé en lui mais fut plutôt content de ne pas être dérangé pendant la nuit par un excès de fièvre de Zéaa. Après leur visite à la moniale il n'avait pas tardé à se mettre au lit, vêtu seulement de sa chemise et son haut-de-chausse.
Il dormit d'une traite et comme toujours au réveil sa première pensée fut pour l'Amie des Marchands. Il s'étira, fit ses rapides ablutions et se recueillit ensuite devant l'écuelle de bois et la pièce rituelle.
Le sujet de sa méditation ne pouvait être que Zéaa.
Ô Waukyne,
Tu es la porteuse de toute croissance
et de la prospérité de tout ce qui marche et pense
Etends ta main sur notre amie Zéaa,
malade à une heure si inopportune.
Fais qu'elle recouvre rapidement une santé vigoureuse,
qu'elle parvienne à reprendre le voyage,
et te rende, en prêtant main forte à ta cause,
un utile et fructueux hommage.
Relève de son lit de douleur cette riche femme malade,
Riche de sa force, de son endurance, de son art martial,
et rends-la complètement guérie
à ses deux compagnons et à ton église bénie.
Car les prochains jours de la vie de Zéaa leur étaient réservés.
Elle gît empoisonnée, nous privant de ses ressources
Rends-lui la vigueur qu'elle te paiera en retour.Il se concentra sur les pouvoirs divins que la Déesse pourrait utilement lui confier en cette nouvelle journée.
Radulf acheva rapidement ses préparatifs pour rejoindre ensuite ses deux compagnes. Il voulait en premier prendre des nouvelles de Zéaa, puis se restaurer et payer son dû à l'aubergiste. Il serait ensuite temps d'accompagner la moniale au temple d'Ilmater selon son souhait. La tache serait plus ardue sans elle ... Il garda néanmoins une mine souriante pour encourager leur camarade.