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 Sujet du message:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Mer 20 Nov 2013, 15:04 
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    :HRP: En provenance des quais pour Uggeral et Zauntii (la vache ! quelle surprise ! vous ne vous y attendiez pas, hein ?).

ES GARDES laissèrent passer sans problème le mulet qui cavalait, mais firent un peu les gros yeux en voyant l’armement d’Uggeral, sans pour autant l’empêcher de continuer. Quelques personnes s’échappèrent à leur suite, mais l’officier continuait de crier pour appeler à la dispersion et, en face de lui, les mécontents lui répondaient par des injures et quelques poissons lancés.
 Suivant N’Gombo, Uggeral rattrapa Zauntii et tous deux arrivèrent au niveau d’une halfeline qui avançait discrètement. Assez athlétique, elle avait l’air assez vive et ses vêtements sombres étaient ceux de qui ne ne voulait pas se faire remarquer. Elle paraissait d’ailleurs bien étonnée qu’on l’ait remarquée… Elle avait dû se tenir en retrait tout du long et ne descendre que lorsque les deux autres étaient sortis de l’attroupement.
« C’est vous, Blondinet et Dupoil ? Je viens de voir le mec qui nous a appelés : il est parti dans cette rue. »
 En effet, dans une ruelle après le temple d’Umberlie, ils tombèrent sur l’homme qu’ils avaient repéré de loin. Il s’agissait d’un humain plutôt bien vêtu, sans richesse ostentatoire, mais avec un gout et des tissus dénotant d’un certain niveau de vie. Sa tête était recouverte d’une capuche, mais ses traits visibles indiquaient qu’il était encore entre deux âges.
 « Bien, fit-il. J’ai l’impression que vous avez échappés à quelque chose. »
 En parlant, il porta la main à son oreille, pour leur faire remarquer le bruit de l’affrontement qui s’annonçait. On n’en était encore qu’à l’étape des cris, des « Camarade soldat, sous ton armure, tu es aussi un exploité ! » ou « Camarade soldat, ton frère, ton cousin ou ton voisin est pêcheur ! Veux-tu vraiment le combattre ? » ou des objets jetés ou fracassés. Cependant, les menaces des gardes faisaient plutôt mention de sortilèges d’apaisement qui seraient jetés sur le port pour calmer les contestataires, au lieu des menaces de bain de sang que l’on aurait entendues dans de nombreuses autres régions de Féérune.

 « Enfin… je ne vous demande pas de me payer pour ça. Je suppose que vous auriez tous eu la présence d’esprit de vous tirer de là. Non… si je vous ai fait venir, c’est plutôt pour autre chose. Mais éloignons-nous un peu pour discuter dans le calme. Je vous ai remarqués et vous m’avez paru de solides gaillards. Oh ! mais j’en oublie mes bonnes manières ! Permettez-moi de me présenter : je me nomme Csoban Eberhardt…
 — Amaryllis Sousrameau, pour vous servir, répondit la halfeline en singeant une petite révérence. Mais j’imagine que si vous cherchiez un solide gaillard comme moi, il doit y avoir une raison ? Vous avez quelque chose à nous proposer.
 — En effet, ma chère. Voyez-vous, je suis… disons un collectionneur, amateur d’objets anciens. Il se trouve que, tout récemment, un vieux temple a été découvert, sur l’ile. Mes affaires en ville m’empêchent de m’y rendre moi-même. Sans compter que je ne suis pas un explorateur et que la vue du sang, surtout du mien, me fait généralement tourner de l’œil, alors… hé, hé !
 « Bref : j’aimerais vous engager pour vous y rendre et voir ce qu’il renferme. C’est bien payé et l’offre est à prendre maintenant ou à refuser : je ne suis pas le seul sur le coup, je connais deux autres personnes, en ville, qui montent une expédition. L’un d’eux est un chasseur de trésors venu spécialement du Cormyr avec des mercenaires, l’autre est, comme moi, un vieil homme qui va engager des aventuriers pour le travail. Alors ? »
 La halfeline regardait intensément Csoban et semblait réfléchir à la proposition, qui avait l’air de bien l’intéresser, au vu de ses yeux qui brillaient et de ses hochements de tête.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Mer 20 Nov 2013, 19:00 
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Le hadozee rejoignit ses coreligionnaires les détaillant de pied en cape. A la halfeline, il répondit du tac au tac :

_ C'est Zauntii. Zauntii Dupoil, petite donzelle glabre, pour vous servir, fit-il en faisant le geste d'agiter un chapeau qu'il n'avait pas.

Puis ils suivirent l'homme qui jouait les muses des créatures en péril, curieux de voir ce qui leurs voulait. En selle à califourchon sur son mulet, le hadozee gara celui-ci le long du mur et s'accroupit sur sa selle les deux pieds dessus comme un singe posé sur une branche. Ses deux mains larges mains saisirent un visage où des sourcils se levaient démesurément haut sur des yeux ronds : il attendait visiblement qu'on lui conte une belle histoire.

Et il ne fut pas déçu ! Un temple vierge regorgeant nécessairement de choses précieuses et de créatures dangereuses : n'était-ce point ce dont il avait rêvé comme aventure pour se lancer et graver son nom dans les annales ? A n'en point douter, le destin était un flatteur. Il avait eu du nez de quitter son vieux rafiot qui peinait dans sa routine de Luskan en Eauprofonde. Pas même les tavernes à écumer ou les petites annonces à éplucher pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent : décidément cette île lui plaisait énormément ! Sans se méfier le moins du monde, sa décision était déjà prise sans l'ombre d'un doute...

Pris d'une poussée de joie, il sursauta en appui sur une main la tête à l'envers en frappant dans ses..euh...pieds, trois fois en rigolant allègrement. Puis dans le même mouvement étonnamment fluide et rapide, réintégra sa position accroupie. Buste redressé, ventre rentré et double menton sorti, il toussota et déclama :

_ Ami collectionneur d’œuvre, à la bonne heure tu nous sauvais d'une manœuvre, savamment habile et gentiment subtile. Comment t'as fait d'ailleurs ? Tu es magicien ? Ajouta-t-il, en clignotant trois fois des sourcils un sourire aux lèvres, en se penchant bien bas sur N'Gombo qui dut faire un pas pour compenser le déséquilibre. Hum ! Hum ! toussota-t-il en recorrigeant sa posture. Nous ne pouvons qu'accéder à tes désir et que...euh... Nous... euh... filions sans défaillir ! Et ajoutant pour lui-même : oui, c'est ça, parfait ! Parfait !

_ Sommes-nous d'accords, compagnons de prime abord ? Questionna-t-il joignant à la question une ample, trop ample gestuelle dramaturgique qui s'acheva sur sa tête par un grattage furieux. Amaryllis sous les rameaux et... mais quel nom porte notre ami costaud ? Demanda-t-il en tendant la main qui ne grattait pas le crâne au barbare, dans le but visible d'échanger une poignée franche.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Jeu 21 Nov 2013, 17:18 
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Durant leur brève course, l’halfeline, déboulant de nulle-part, manqua de faire trébucher le colosse qui tentait - ironie du sort oblige - de l’apercevoir au loin.

- HE ! Non mais ça va pas ?! J’aurais pu t’écraser !

La situation de crise rendait le barbare plus bourru encore qu’il ne l’était à son habitude, et il s’en voudrait probablement plus tard d’avoir rudoyé la petite dame. Mais pour l’instant, ils avaient un autre chat à fouetter : un furtif matou qui chuchotait aux oreilles des aventuriers et tentait de les perdre dans d’obscures venelles.
La poursuite reprit et ne dura pas. Très vite, ils tombèrent sur le gaillard, qui les attendait au coin d’une ruelle.
Alors voilà à quoi ressemblait le petit marrant : loin du mage impressionnant, il revêtait le costume du bourgeois impressionnable. C'était bien inconscient de sa part que de se jouer de gens comme ceux qu’il avait réunis, certains ayant payé le prix fort pour avoir ainsi tourné en bourrique de moins pugnaces compagnies. Mais il avait quand même son lot d’arguments, qu’il s’agisse de cette opportune échappée ou de cet inespéré gagne-pain. Le hadozée les avait d’ailleurs accueillis par un festival de gesticulations joviales et, chose qui laissa Uggeral pantois, un verbe baroque qui détonnait complètement avec son apparence et ses pitreries.
Toutefois, le nordique, pris de cours et sur la défensive, n’allait pas se laisser convaincre aussi facilement que ses compagnons de fortune.


- Ben ça ! C’est bien la première fois qu’un boulot me tombe dessus à peine arrivé dans un port ! Mais qu’est-ce que ça cache, votre histoire, Herr Eberhardt ? Et qui nous dit que votre temple, c’est pas un piège à pigeons ? Que ce serait pas plutôt nous, nos affaires et nos cadavres, la source de revenu ? Rien - je dis bien rien - ne nous dit qu’on peut vous faire confiance.

Puis il se détourna du collectionneur pour tendre la patte à l’éloquence simiesque, la serrant fermement tout en le regardant droit dans les yeux. Le barbare avait la mine renfrognée et la pupille glacée des hommes du Ruathym, mais il laissait malgré tout transparaître un soupçon de complicité, l’air de dire que sa mauvaise humeur apparente leur assurait peut-être à tout trois le salut.

- Uggeral Mjödborg. Et évitons « blondinet ».

La question était à présent de savoir quelles garanties ce Csoban allait mettre en avant pour défendre son suspect commerce, bien qu'au fond, l'Instruit se voyait déjà accepter l'offre, trop tenté par la promesse d'une vraie rémunération. Finalement, la méfiance, c'était surtout pour la forme, pour faire comprendre à ce type qu'on ne rigole pas avec un ancien loup du Ruathym. Et aussi parce qu'il n'aimait pas être pris au dépourvu de la sorte. Pas du tout.

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Dernière édition par Uggeral le Jeu 21 Nov 2013, 19:31, édité 1 fois.
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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Jeu 21 Nov 2013, 18:39 
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Une sorte de frisson, une chose que l'on pouvait observer chez un chat s'étirant pour chasser sa léthargie, ébouriffa la fourrure de l'avant-bras du hadozee comme une onde remontant jusqu'à son crâne faisant se dresser le pelage à son passage. La rude poignée d'un homme de fer, d'une inertie qu'on ne maltraitait point comme une coque de noix en pleine mer, évoquait une gesticulation supplémentaire chez le grand singe. Mais d'yeux fixes, l'homme du nord n'en rencontra qu'une fugace ébauche car l'être simiesque les avait plutôt fuyants. Surtout acculé par une trop belle franchise, suggérant un goût pour une timide pudeur dans cette attitude trop enjouée : Uggeral pouvait le soupçonner d'être de ceux qui jouaient leur scène dans le royaume du social pour voiler leur malaise. C'était du moins ce que Uggeral aurait pu percevoir. L'aurait-il simplement imaginé ? Etait-ce plus complexe ? C'était fou ce qu'on apprenait dans une poignée de main ! La rudesse du grand nord mettait à rude épreuve ceux qui ne savaient s'affirmer face à la vie ce qui ne manquait point de forger aux survivants un sens affûté de l'évaluation d'autrui...

_ Très enchanté, homme de poigne et fer de pogne. Remarque utile, vous avez su faire. Et approprié l'usage de vergogne ! Composa-t-il en chassant le frisson ébouriffant sa toison de la tête, qui tremblotait sous la tension, sur son autre bras puis jusqu'à son extrémité : la fin de l'onde sembla s'échapper de ses doigts dans un frétillement comme si un arc électrique quittait enfin son corps. Qu'en dit donc le dandy ladidon ? Fit-il en braquant ses deux billes jaunes d'un naturel affolé sur le bourgeois dans l'expectative.

Zauntii avait l'esprit aussi vif qu'il avait le mouvement véloce mais il était aussi aisément fourvoyé qu'il se précipitait au dessert bien trop souvent dans un désordre rocambolesque : aurait-il pu songer qu'il fallait se méfier d'un parfait étranger qui s'insinuait dans les esprits pour tirer à lui des nigauds mal informés ? Le plat de résistance lui apparaissait dans l'état, par trop indigeste... Aussi en avait-il fait fi comme à l'accoutumée et ce fut chance que le grand gaillard aux yeux d'acier prit au moins note du menu. Zauntii ne pouvait que reconnaître la valeur d'une telle précaution qu'il aurait dû savoir tenir par lui-même. C'était avec son empressement à conclure qu'il commettait ses plus graves erreurs... S'admonestait-il en son for intérieur.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Ven 22 Nov 2013, 22:02 
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 Bien que l’idée de richesses à glaner séduisît Amaryllis, elle approuva la remarque d’Uggeral. Le collectionneur eut un léger rictus et attendit qu’Uggeral se présente pour répondre aux questions.
 « Je ne suis pas magicien, non. Mais en tant que collectionneur… »
 Il leur montra un pendentif, qu’il retira de son cou pour le leur tendre.
 « J’aime beaucoup cet objet. Je n’ai qu’à choisir cinq personnes, ou moins, qui ne sont pas trop éloignées et je peux leur parler sans que personne n’entende rien. Si vous voulez faire un essai… amusez-vous ! C’est très drôle les premières fois. À la longue, on se lasse un peu de faire des farces, mais parfois… Quand je le peux, je ne perds pas une occasion de rire. C’est si bon et si rare, de nos jours.
 « Quoi qu’il en soit, pour vous répondre, mon cher Mjödborg… Herr Mjödborg, comme vous dites ? Vous êtes de Luskan ? Mon nom vient aussi de là-bas, c’est vrai, mais… je suis moi-même aquafondien et n’ai jamais été à Luskan, ni n’en connais la langue… Bref ! votre question est tout à fait légitime : vous n’avez effectivement rien pour me faire confiance. Mais soyons réalistes : quel intérêt aurais-je à vous envoyer à la mort dans ce temple ? Vous voler vos richesses ?… ne le prenez pas mal, mais je pense gagner plus en un jour, par mes activités et mes biens, que vous en un mois. De plus, si telles étaient mes intentions, j’aurais enrobé un peu mieux la chose, vous aurais fourni d’autres arguments, peut-être plus convaincants. »
 Le visage rougeaud de Csoban Eberhardt était éclairé d’un sourire amical, presque amusé des craintes d’Uggeral, ou plutôt : amusé de se rendre compte qu’il inspirait la méfiance.
 « De toute manière, si vous n’êtes pas intéressés, je ne vous force pas la main : d’autres le seront certainement. Et si c’est un travail tranquille, que vous recherchez… après tout, je peux surement aussi vous en proposer. Mes collections sont précieuses, aussi dois-je faire surveiller ma demeure ; si un travail de gardiens vous intéresse… C’est plus sûr, mais c’est bien moins payé et, surement, moins palpitant. »
 La halfeline hésitait : elle donna son accord de principe, mais précisa qu’elle ne partirait pas seule. « Soit avec vous deux, les grands, si vous êtes partants, soit avec les autres que vous engageriez, m’sieur Eberhardt… Ma grand-mère était au Val de Bise, au siècle dernier, lorsque les Yuantis sont sortis de l’Œil du Dragon… et elle a tué leur reine-déesse, dans un temple perdu aussi. J’aimerais lui faire honneur. Mais, tout comme mémé n’était pas toute seule, je ne me risquerai pas là-dedans toute seule non plus. »

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Sam 23 Nov 2013, 00:08 
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Les yeux du grand singe se mirent à briller lorsque Csoban Eberhardt évoqua les étonnantes capacités de son médaillon : effectivement, un usage abusif pour la farce était bien le genre de chose qui emplirait Zauntii d'allégresse. Aussi, lorsque le collectionneur leurs proposa un essai, le hadozee lâcha un petit : "je peux vraiment ?" d'un discret air candide et saisit l'occasion au vol. Au propre comme au figuré d'ailleurs : bondissant d'un N'gombo à nouveau déséquilibré dont la panse heurta le mur de derrière en retour - on pouvait se dire qu'il était brave ce mulet qui restait stoïque une fois encore - il attrapa l'amulette et se dirigea vers la sortie de la venelle en gloussant d'anticipation. Le reste de la conversation se perdit dans la joyeuse euphorie qu'il s'apprêtait à déclencher, toute forme de prudente analyse des projets de Csoban ayant été refoulée aux oubliettes...

Posté à l'entrée de la ruelle, il enfila le collier et évalua la situation : le tout consistait donc à sélectionner une poignée d'individus et à leurs souffler les bonnes indications pour... plonger la scène dans une mélasse amusante ! Repérant une zone clé de l'encerclement, il entreprit de glisser quelques mots afin d'y créer une brèche : la bagarre n'en serait que plus distrayante !

_ A l'attaque ! Prenez-les à revers ! fit-il en adoptant la voix d'un rustique mécontenté soufflée dans l'oreille de trois gardes.

_ Derrière-vous ! Battez en retraite ! Retraite ! Retraite, soldats ! Ajouta-t-il d'une autre voix autoritaire, singeant un capitaine.

Voyant les têtes se retourner, le hadozee éclata de rire. Fantastique : ça marchait ! Il poussa le jeu encore davantage : choisissant un autre groupe de quatre soldat :

_ Sur la droite ! Ils nous encerclent ! A droite ! Puis aux trois suivants que le mouvement de ces premiers allait laisser à découvert : renfort à gauche ! ça pousse à gauche ! Contenez-les !

_ Foncez camarades ! C'est le moment ! Tous au front ! A l'intention d'un trio de grévistes.

L'idée était de créer une brèche pour renverser un peu la donne qui semblait fort favorable aux soldats. Un souci d'équilibrage des forces en présence pour un plus joyeux foutoir en somme...

_ Épatant ! Épatant ! Fit-il en réitérant son geste de gymnaste : en appui sur un bras, la tête renversée frappant dans ses plantes de pieds qu'il avait comme des mains.

Il observa un moment le désordre en gloussant gaiement. Puis lorsqu'il se fut lassé, ce qui se produisait souvent aussi rapidement qu'il ne s'enflammait, il se rapprocha. Il avait raté l'essentiel de la tirade concernant la gloire d'antan de la grand-mère Sourameaux mais il en capta les derniers mots auxquels il put répondre d'un ton chevaleresque :

_ Et vous ne serez point seule, par ma lame, comme votre aïeule puisqu'on est ensemble ! Tonna-t-il. Aaaïaïa ! Étouffa-t-il en secouant la main comme s'il venait de se brûler la patte. Embrassade impardonnable ! Fit-il pour lui-même, en référence à ses rimes ce qui n'était pas forcément des plus évidents. Merci mon bon ami ! Voici votre bien : très excitant ! Commenta-t-il en tendant l'amulette à son propriétaire. Alors patron : qu'est-ce qu'on y gagne ? Et quand est-ce qu'on commence ? Ajouta-t-il, devenant soudain sérieux.

:HRP: J'ai pris quelques libertés avec le temps et les actions. Tu me dis hein Chapour si ça va pas je rectifierai ;)

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Sam 23 Nov 2013, 20:32 
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Sans esquisser le moindre sourire ou rictus, le grand Ug suivit l’argumentaire du collectionneur. Ce fut cependant le sourcil qu’il leva au fil de la réplique qui trahit son intérêt, non pas pour l’étrange amulette, bien sûr, mais pour le sérieux de la proposition. Et puis ce monsieur Eberhardt avait raison : que ferait-il des misérables possessions d’une minuscule bonne-femme, d’un macaque chevaucheur d’âne et d’un berserker fauché comme les blés ? Le jeu n’en aurait pas valu la chandelle, pas même la mèche.
Se frottant la barbe en hochant la tête, bel et bien séduit par le marché, Uggeral se voyait déjà crapahuter dans les jungles et ruines, accompagné de ces farfelus acolytes, et marteler de hargne gardiens millénaires et autres vils concurrents.


- Hmmm ouais, c’est... Mais... Il fait quoi, lui ?!

Alors qu’il allait répondre, il vit Zauntii s’éloigner, de son dandinement caractéristique, sorte de danse risible et enjouée, brandissant le pendentif de leur interlocuteur. Trop absorbé par l’image qu’il se faisait de leur escapade future, le barbare ne l’avait même pas vu s’en emparer. Il resta à l’observer un instant, le front plissé de doute et d’appréhension quant à l’usage que ce sapajou délirant pourrait faire de l’objet, puis fut rappelé à la discussion par l’ultimatum de Csoban et l’engagement joyeux de la petite aventurière.

- Euh... Oui, donc, je voulais dire que j’en suis ! Vous m’avez convaincu. Et puis être payé à regarder une porte ? Très peu pour moi.

Il lança un coup d'oeil à la petite Amaryllis avec un sourire rassurant, dissimulé par l’amas de poils qui lui servait de barbe et qu’il n’avait plus entretenu depuis son embarquement sur le rafiot du capitaine Malil.

- Y ‘en aura pas d’autres : j’ai pas envie de manquer l’occasion d’accompagner la descendente d’une tueuse de saloperies reptiliennes ! Et pour l’ami velu, s’il veut aussi venir, qu’à cela ne tienne, fit-il au retour comique fatigué de ses frasques, qui laissait entrevoir dans son dos un spectacle des plus chaotiques. Mais reprenez-lui votre jouet avant que ça tourne mal! termina le colosse en grondant d’un ton pour l’instant amusé.

Enfin, comme Zauntii l’avait compris, il ne restait plus qu’à s’enquérir des termes du contrat et de la somme juteuse qui viendrait renflouer leurs caisses. Et peut-être de quelques avances à des fins de préparation matérielle, puisqu’il ne semblait pas qu’il eût s’agit d’une virée pique-nique dans la clairière aux colibris.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Dim 24 Nov 2013, 19:38 
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 Le jeu de Zauntii sembla amuser Csoban Eberhardt, qui regarda attentivement le hadozée. Du côté des gardes, ses actions ne prêtèrent pas vraiment à conséquence, car dès que les officiers se rendirent compte du désordre qui débutait, des incantations débutèrent : une demi-douzaine de mages crachèrent leur flot de paroles magiques et Zauntii put voir les marins et les ouvriers s’effondrer au sol, un capitaine ordonnant de ne plus toucher à rien et de se disperser sans chercher à réveiller les autres.
 Ceux qui avaient pu résister au sort prirent le parti de ne pas se faire plus remarquer et obtempérèrent pour la plupart, certains autres étaient trop apeurés pour bouger et restaient tétanisés. Mais la garde avança rapidement, avant qu’on ne s’amuse à réveiller les endormis, pour dégager la place et arrêter certains qui devaient être les meneurs. Comme cela avait été annoncé au préalable : aucune violence importante, aucune effusion de sang… juste quelques coups de poing, des bosses et une sacré frayeur pour beaucoup de monde…

 Quand il eut l’accord de tout le monde, le collectionneur aborda des points plus techniques :
« Le paiement sera principalement en nature. Je vous équiperai pour vous rendre sur place et là-bas, vous pourrez prendre ce que vous voulez. Or, bijoux, statuettes… une seule règle : me présenter vos prises à votre retour, surtout si vous trouvez des objets magiques. Par ailleurs, mes recherches m’ont amené à penser qu’il pourrait y avoir là-bas quelque chose qui m’intéresserait tout particulièrement. »
 Il marqua alors une pause pour s’assurer qu’on l’écoutait bien.
 « Cinq-cents écus chacun si vous me le ramenez. Des ludricks d’or, des nobles de Sembie, des lingots, des pièces de Thay… sous la forme que vous le souhaitez, mais la somme est là. En plus de ce que vous pourrez garder parmi les objets que vous rapporterez. »
 Certain d’avoir capté l’attention des trois futurs explorateurs, il déballa un paquet déposé dans un coin et en sortit ce qu’Uggeral reconnut aussitôt comme un marteau de guerre. Le hadozée, moins habitué à ce genre d’armes mit un peu plus de temps à le reconnaitre, peu aidé par le fait que l’arme n’était pas d’une forme et d’une facture habituelle.
 « Il s’agit d’un marteau nain, forgé à Profondorn, en Valbise. Votre grand-mère vous a surement parlé de cet endroit.
 — Pour sûr ! Et elle n’en a pas gardé que de bons souvenirs. Et il a quoi de particulier, ce marteau ? C’est celui qu’on doit chercher ? demanda-t-elle, avant de s’avancer et de murmurer, sur le ton de la conspiration. Entre nous, faites gaffe, mais il est déjà là : juste entre vos mains.
 — Merci, ma chère. Mais voyez-vous : ce marteau possède un jumeau. Ils ont tous les deux été forgés pour deux frères nains de Profondorn. Tous deux étaient des marteaux de Moradin et devaient partir combattre des tribus gobelines du Nord. L’un des deux est mort et son marteau a été perdu… Et je pense qu’il est ici. Vous imaginez à quel point je serais heureux de compléter ma collection… Mais comme je vous l’ai dit, vous ne serez surement pas les seuls sur l’affaire : aussi prenez garde ! Gédéon de Cormyr, le chasseur de trésors dont je vous ai parlé, ne reculera devant rien pour vous le reprendre s’il tombe sur vous. Quant à mon collègue local… je ne sais pas qui il va engager, mais je crains qu’il n’ait déjà monté son expédition. Si ses hommes ou ceux de Gédéon ont trouvé le marteau avant vous… je vous laisse choisir la méthode que vous voulez pour le récupérer. Gardez en tête qu’au fin fond de la forêt, vous ne serez plus vraiment soumis aux lois des hommes ni, a fortiori, à celles de Gemmaline. »
 Après que tout le monde ait pu examiner l’arme et noter quelques uns de ses signes particuliers, il la rangea dans son sac et demanda s’ils pouvaient partir dès ce midi et de quoi ils pensaient avoir besoin pour préparer leur départ.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Dim 24 Nov 2013, 21:59 
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L'attitude Zaunti s'était teintée de sérieux alors qu'il écoutait les explications que tous attendaient. Hormis un hochement de sourcil en répétant "Cinq cents ?" et un sifflement pour applaudir les émoluments prévisionnels, il resta bien sage, à nouveau perché de travers sur le dos de son mulet. Une telle somme lui permettrait de faire l'acquisition d'un véritable destrier taillé pour la guerre et la course. Il se prit à imaginer de grands et long galops sur de vertes plaines avec nostalgie.

Lorsqu'il était encore jeune et qu'il vivait avec la tribu du Lion dans la savane, il avait eu maintes fois l'occasion de monter des créatures filant plus vite que le vent ! Bien que toujours considéré d'un statut inférieur à n'importe lequel des membres de la tribu - la présence même de ce grand singe était un sujet d'inquiétude pour certains - il avait été corvéable à souhait concernant la toilette, le brossage ou le débourrage (une activité qu'on lui confiait pour s'amuser à ses dépends plus que pour sa réelle maîtrise du dressage). Il avait souvent eu l'occasion de se permettre des escapades sur certaines des plus puissantes montures de la tribu. Les chevaux du Shaar étaient exceptionnels à tous les niveaux : il n'espérait point dénicher sur cette petite île de pedigree aussi riche mais les perspectives de forte récompense lui offrait bon espoir de posséder un bel étalon.

Pour l'heure, néanmoins, Zauntii s'estima heureux d'avoir son brave N'Gombo à ses côtés. Le mulet reçut deux petites tapes affectueuses et tourna un œil pour voir quelle drôlerie piquait encore son coquin de maître. Le déplacement en forêt serait bien plus sûr pour un mulet au pied agile que pour un destrier de combat lourd et peu subtil.

Bon public, il rit avec malice de la farce de l'halfeline. Et avec son manque de retenue caractéristique, le rire épais et sonore, qu'il estimait pourtant quant à lui discret, fut suivi de claquement de mains sur ses cuisses et de clins d’œils à la damoiselle. Lorsque le collectionneur sortit son trésor, il l'observa avec soin en caressant sa barbe l'air pensif, se demandant quelle pouvait être la valeur d'un tel objet...


_ Je gage que ce trésor doit valoir son pesant d'or pour qu'il fasse traverser l'océan au Cormyrien en chasse céans, attaqua-t-il, reprenant sa manie de rimer cette fois sans fourcher. Quant aux fournitures, je préconise de la nourriture. De quoi nous soigner si nous en venons à saigner. Des affaires pour le bivouac pour mes compagnons qui... euh... Ok d'ac' ? J'ai pour l'oreiller tout ce qu'il me faut et suis prêt à appareiller sans défaut, fit-il une main sur ses fontes qui semblaient effectivement bien pleines et l'autre poing sur son cœur, vaillamment. Peut-être des mules ou des poneys, si d'aventure vous savez chevaucher ? Car je n'irais point à pieds mais monté, cela me sied !

Un esprit pratique se révélait dans cet improbable et loufoque homme-singe ; des années sous la tutelle des nomades ainsi que plusieurs autres en tant que mousse sur la côte des épées avaient de quoi vous forger des habitudes efficaces. Une chose chiffonnait toutefois le cavalier :

_ Comment allons-nous trouver notre chemin ? Des forêts je ne suis point familier : un guide peut-être ? Une carte au moins ?

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Lun 25 Nov 2013, 04:21 
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Avec grand sérieux, l’Instruit emmagasina les informations, acquiesçant tout de même avec le sourire lorsque l’on parla de l’imposant salaire, tout en jetant parfois quelques coups d'oeil à la scène qui se déroulait sur les quais, impressionnante. Bien qu’il fût beaucoup moins démonstratif que son compagnon déjanté, il était aisé de percevoir son contentement et le charme qu’exerçait sur lui l’appât du gain.
Cinq cents belles rondelles, plus les éventuels bonus. Ce serait une base solide pour se refaire, pour mener une existence digne, ici ou ailleurs. Mais avant de tirer des plans sur la comète, il allait falloir se préparer pour une véritable guerre entre chasseurs de trésors, des combats qui enflammeraient des lieux oubliés sous l’ombre moite de la canopée.

Csoban alors exhiba son marteau, réplique sœur de l’objet de leur quête. Mais pendant que ses compères se bidonnaient, Uggeral restait de marbre et scrutait l’objet en connaisseur, bientôt imité par Zauntii. Il s’agissait d’un ouvrage remarquable qui, bien que typé de facture naine et d’une esthétique familière à l’homme des glaces, faisait montre de finitions et de fantaisies remarquables. Avec respect et retenue, il demanda à pouvoir le tenir entre ses mains pour l’analyser au mieux.


- Je m’y connais un peu, dans ce registre, fit le nordique en montrant son propre marteau, quoiqu’il fût, à l’inverse de celui de Csoban, vieux, usé et banal. Hmmm. Et c’est là le plus beau martel qu’il m’ait été donné de voir. Si je croise son jumeaux, je le reconnaîtrai. Et qu’on vienne des fonds du vieux continent pour déterrer son frère, j’en suis pas étonné. Espérons être les premiers à tomber dessus : pas envie de souiller si belle pièce pour l’arracher à de mauvaises mains.

Enfin, le grand gaillard approuva les remarques du poilu, qui savait heureusement faire preuve d’un sens autre que celui de l’humour, qu'il avait d’un goût ma foi... très personnel.

- Pas grand chose à ajouter, à part de quoi creuser et ouvrir des coffres sans abîmer les armes. Nous faudrait une pelle, une pioche, un pied de biche, de la corde. Hmmm. Même si j’ai comme l’impression que je vais m’y coller. Pour les montures, pas besoin d’en prendre pour chacun : la petite dame peut monter en croupe, elle gênera personne.

Puis il se tut, comme gêné, et regarda Amaryllis du sommet de sa stature, avec une risible expression d’ours gaffeur.

- À... À moins que tu préfères avoir ta monture personnelle, bien sûr. Je disais ça pour le côté pratique.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Lun 25 Nov 2013, 21:29 
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 Csoban nota d’un hochement de tête tout ce qu’on lui demandait. Alors qu’il allait répondre, il fut précédé par Amaryllis : « Pas de souci pour monter en croupe, mais on va éviter la petite dame, hein, blondinet ?
 — Quoi qu’il en soit, je peux vous fournir deux poneys. Vous pourrez toujours en prendre un des deux pour le bât uniquement. Suivez-moi : je vais vous mener à ma demeure, vous y trouverez surement de quoi vous équiper, dans la réserve. Et j’ai encore mieux qu’un guide : l’un des hommes qui a découvert ce temple !
 « Et vous savez, pour le marteau… sa valeur est surtout historique : il est de bonne facture, mais… il n’est même pas magique ! À moins qu’il ne soit entre les mains d’un nain. Et encore, même ainsi… la légende dit que sa magie reste faible et qu’il a été conçu pour être efficace uniquement lorsqu’il est manié par certains nains, voués à Moradin. »
 Sur ce, l’homme amorça la marche, précisant qu’ils allaient devoir faire un petit détour pour éviter les quais et la garde. La route ne fut, de toute manière, pas bien longue : le collectionneur possédait une grande maison sise près du port, dans la grande rue commerçante de Gemmaline. Le rez-de-chaussée était occupé par une boutique, une droguerie où l’on trouvait du tissu à côté d’armes, du sel gemme du Calimnshan à côté de poires locales… Csoban les fit passer par une porte qui donnait sur un couloir longeant le magasin, expliquant qu’il en était le propriétaire. « Une modeste échoppe, où je vends un peu de tout, suivant les arrivages. De quoi assurer mes vieux jours. »
 Arrivés dans une cour, il les fit entrer dans un appentis plutôt sombre, dont il ouvrit grand les fenêtres pour laisser entrer la lumière.
 « Voilà ! Vous pouvez vous servir. Regardez bien tout ; je reviens : je vais chercher votre guide. »
 Hormis la nourriture et les montures, il y avait à peu près tout ce qu’avaient demandé les trois aventuriers. Amaryllis fut, pour sa part, plus intéressée par certains outils dont l’usage était inconnu aux deux autres, bien qu’ils pussent supposer, à les voir, qu’il s’agît de matériel de serrurier ou d’artisan… Quant à eux, ils pouvaient en plus de cela fouiner un peu, examinant le monceau hétéroclite d’objets de toutes sortes qui se trouvaient là…


    :HRP: Bon, faites-moi une liste de ce que vous voulez : si c’est pas trop abusif, vous le trouverez. Disons que l’abusif commence avec les armes et armures de maitre et que le trop abusif, ce serait les armes ou armures magiques ; pour les objets magiques… tentez votre chance, je vous dirai si ça se passe. ^^

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Mar 26 Nov 2013, 19:22 
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Le brave chevalier ouistiti en prenait plein les mirettes ; excité comme une puce, il farfouillait sans distinction tel un enfant au milieu d'un coffre à jouet bien fourni. Il attrapait des choses hétéroclites de-ci de-là poussant de temps à autres de petits cris enjoués et babillant parfois en rime, à l'intention de lui-même ou de ses camarades. Des palabres toutefois point toujours suffisamment bien articulées pour être compréhensibles. Il constitua bientôt un amas devant les étagères de "choses indispensables" dont certaines étaient discutables.

Mais le bazar devint réel lorsqu'il mit la main sur un attirail d'instruments sonores de différentes sortes : il se mit en devoir de tirer le meilleur de l'instrument dans l'instant déclenchant une pénible cacophonie : les cris de ce qui ressemblait ceux qu'une poule émet lorsqu'elle fuit mélangés aux pépiement d'un gros oiseau en passant par le son strident et monocorde d'un sifflet de contremaître... Le tout finissant bien entendu, dans le fameux tas d'outils vitaux pour la réussite de leur entreprise. Le clou du spectacle survint néanmoins lorsqu'il découvrit un petit tambour : il lui rappela en miniature un de ceux que fabriquaient les nomades de sa tribu.


_ ... mais les tambours chez moi sont plus allongés, voyez-vous, et les cordages sont tressés comme ça et comme ça, décrivait-il à un Uggeral qui semblait avoir autre chose à faire. Parce que si on tire comme ça, ça rend le système plus solide. C'est qu'il faut de la tension pour tendre une peau d'antilope. Vous avez déjà vu une antilope ? Demanda-t-il en se retournant, prenant à parti la halfeline. C'est un magnifique animal ! Gracieux comme pas deux ! On ne peut pas les chasser en leurs courant après, non non non ! Bien trop rapide ! Ha ha ! Il faut les surprendre : alors on se cache dans les hautes herbes de la savane. et puis on encercle le troupeau en s'approchant contre le vent. Et puis d'un coup les guerriers... Mais pourquoi j'en suis venu là moi ? Ah oui ! Le tambour ! Alors donc, on travaille la peau des antilopes pour faire d'excellents tambours, il frappa sur le tambourin qu'il avait sous le bras les yeux mi-clos, concentré pour l'évaluer. Non non, tu vois, c'est pas pareil : là le son il est plus mat. C'est pas assez tendu. c'est ce que je te disais sur les cordes. Et la peau est trop épaisse. Mais bon on va faire avec, hein. ça va être bien pour égayer les nuits autour d'un feu de camp. Hein les amis ? Démonstration !

Et il lança un rythme sur son tambour : calé entre ses cuisses, il se mit à taper avec une certaine dextérité il fallait bien l'avouer. On sentait que ce n'était pas la première fois. Le vacarme dans la petite salle était néanmoins assourdissant. Puis il se mit à chanter, brailler plus exactement étant donné le volume sonore, couvrant de sa voix puissante le tamtam. Son visage laissa une veine saillir à mesure qu'il prenait virait au rouge.

Burama n'den de fissa nya
Denko waliya di
Nene burama n'den de fissa nya
Denko waliya di
E Nene marufa n'den de fissa nya
Denko waliya di
Didi e n'den de fissa nya...


Et il poursuivit ainsi les yeux clos, comme en transe... On pouvait se demander si l'engin n'allait pas attirer une meute de prédateurs et de chasseurs de trésor dans ces fameuses veillées au coin du feu entre amis...

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Mer 27 Nov 2013, 01:45 
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Le grand type adressa un sourire à la halfeline, le sourcil levé de surprise.

- Un partout, lui fit-il, bonhomme, avant de suivre le mouvement engagé par Eberhardt.

Quelques minutes plus tard, il se trouvait à flâner dans l’échoppe du collectionneur, antre débordant de marchandises hétéroclites où s’agitaient ses compagnons en quête de matériel. Le grand singe, en particulier, semblait avoir élu l’endroit pour nouveau paradis terrestre, et on le voyait sautiller d’un article à l’autre, toujours mû par ce même optimisme tonitruant. Uggeral quant à lui, regardait tout dans le détail, sans rien toucher.

Puis, au bout d’un certain temps d’analyse posée et méthodique, il finit par tomber sur un article qui le fit hocher la tête d’un air particulièrement satisfait : un long haubert, sans fioritures, mais qui serait du meilleur effet en combinaison avec le reste de son attirail. Il s’en empara, vérifia qu’il pouvait l’accueillir tout entier, et vint le poser soigneusement à côté de l’imposant monticule élevé par Zauntii. Il se gratta la barbe, fort content de ce choix judicieux, puis reprit ses recherches.
Celles-ci s’accélérèrent sensiblement lorsque commença le tapage, accompagnées de quelques grognements. Csoban n’allait quand même pas laisser partir cet hurluberlu simiesque avec ces foutus appeaux ? Si ? Et comme si ça ne suffisait pas, voilà que le fâcheux commençait à tenir la jambe du barbare pendant qu’il essayait de trouver une pioche à sa convenance, et pour une foutue histoire de tambour. Puis quoi ? Il avait l’intention d’embarquer l’instrument pour « égayer leurs nuits » ?! Et quoi encore ? Danser le Twerk de Chult sous le nez de Gédéon de Cormyr ? Excédé au terme de cet éprouvant exposé, et plus encore par les chants qui suivirent, Uggeral gronda à nouveau.


- EH ! Suffit ! On pourra faire la fête au retour. Si tu prends ce truc, mon gars, t’as intérêt à pas le faire hurler dans la nuit ! Pas question de se faire couper l’escalope par nostalgie de fesser l’antilope !

Pas très rigolo, le grand Ug. En tout cas pas très patient quand on venait malmener de braillements sauvages ses réflexions. Ils devaient quand même réunir de quoi assurer leur survie, alors autant le faire avec un peu de sérieux. Encore une pelle par-ci, une corde par-là. Quelques pièges à nigauds, toujours appréciables, et des armes de secours, on ne sait jamais. Bref, malgré ce tintamarre qui aurait même donné la migraine à un orque trompettiste, Uggeral parvint péniblement au bout de ses fouilles, réunissant un bardas plus que convenable, dont la pièce maîtresse était la cotte de maille contre laquelle il laisserait de bon cœur sa brigandine usée et peu pratique.

- J’ai tout. Et si notre ami en a fini avec son agonie, on va peut-être pouvoir attendre le guide. Je propose un jeu pour patienter : ça s’appelle le premier qui joue d’un instrument le mange.

Dans cette dernière phrase, il n’était pas complexe de placer la frontière entre humour et crispation : la balance penchait furieusement du côté rêche. De plus, l’allure du colosse, adossé au comptoir, bras croisés er barbe fumante, regardant le singe d’un œil noir d’exaspération et gris de glace, ne prêtait pas à la bravade.

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Dernière édition par Uggeral le Lun 02 Déc 2013, 00:45, édité 1 fois.
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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Mer 27 Nov 2013, 10:39 
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Au terme de sa complainte - y avait-il seulement une fin à ces rythmes endiablés qui menaient les nomades vers la transe ? Donc, au terme qu'il choisit ou du moins qu'il concéda à ses camarades qui visiblement ne semblaient pas vouloir danser comme les Lions du lointain Shaar, en sautillant et en posant des cascades et autres cabrioles, le cavalier simiesque dut se rendre à l'évidence : son auditoire n'était pas convaincu par sa prestation. L'air revêche du barbare ne passa pas inaperçu :

_ ça rend mieux en extérieur, tu... euh... verras ? Dit-il d'un air contrit en souriant de toutes ses dents comme pour apaiser le conflit. Enfin un autre jour, hein ? Et puis c'est une question d'habitude c'est sûr. Un jour, enchaîna-t-il en accompagnant d'un geste tournoyant de la main, un matelot sensible de la feuille, m'a mis à la baille et avant qu'on me cueille, j'ai pu songer à la faille : l'éducation, maître du nord, qui forge les passions et affermit les torts. Hé hé hé ! Renchérit-il en secouant cette même main vers le ciel avant de la replacer sous une barbiche soulignant des yeux plissés par la concentration : je vous soupçonne d'être plus tendre envers la rime, dit-il et ajoutant plus vite et plus bas comme pour lui-même : et du vrai esclandre d'en faire le mime. Escalope, antilope, hum ? Fit-il du ton de celui qui n'est pas dupe, penché vers Uggeral, en haussant les sourcils avec célérité. Hé hé ! Pas mal ! Pas mal ! Hi hi ! Intéressant... acheva-t-il en distribuant de petites tapes amicales sur le bras du barbare. Je vous entrevoyais philistin, semblable à tant d'autres, mais vous sens maintenant indistinct et, de la prose, secret apôtre. Hé hé !

Et il se détourna pour... reposer le tambour sur une étagère, pour le plus grand soulagement de son compagnon. Puis il se pencha sur l'amoncellement en produisant quelques "hum !" et autres "hum ?", revisitant sa liste des doléances, approuvant d'un signe de tête certaines choses et fronçant les sourcils sur d'autres, allant même jusqu'à reposer certaines de ses trouvailles jugées avec le recul, inadaptées. Il semblait sérieux cette fois. Le barbare put néanmoins constater que les sifflets et autres appeaux restèrent à leur place dans les colifichets en partance pour la forêt. Puis lorsqu'il eut terminé, il frappa dans ses mains en lâchant un "c'est tout bon !" qu'on sentait empli de contentement.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Mer 27 Nov 2013, 13:50 
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 Les gesticulations de Zauntii parurent amuser Amaryllis, qui battit la mesure dans ses mains et fit une moue désapprobatrice en entendant râler Uggeral, puis se remit à farfouiller. Elle eut pour sa part les yeux moins gros que ses camarades et se contenta des quelques outils qu’elle avait repérés, avant de les aider à rassembler d’autres objets pour le groupe.
 Quand le propriétaire des lieux revint, il fut impressionné devant le monceau d’objets accumulés et, devant les épées, les appeaux, toute la toile… demanda si tout était vraiment indispensable.

 « Oh ! après tout, c’est vous qui voyez. Mais j’espère que les animaux pourront porter le tout. Prenez cela, aussi, dit-il en tendant un gros paquet. C’est un peu lourd, mais de quoi manger et boire pour quelques jours : des noix, du fromage, des marrons, du pain… il se gardera pas trop longtemps, lui. Des pommes, des fèves, des pois… je crois même qu’il y a un sac de lentilles. Pour ce qui est de l’eau, vous ne devrez pas être en manque. Ah ! Et une gamelle, aussi. Pour les pois et les lentilles, c’est pratique. Voilà, voilà… Bien, et si tout est bon, vous pouvez y aller, alors. Je vous ai apporté un peu de charcuterie, pour vous donner des forces en partant. Tenez. »
 Il avait en effet trois gros jambonneaux et un saucisson qu’il leur offrit, avant de leur annoncer qu’ils trouveraient leur guide, Gabor, aux portes de la ville. « Vous le reconnaitrez et lui aussi vous reconnaitra : un homme avec deux poneys et un cheval d’un côté, vous les bras chargés de bazar de l’autre… Fiez-vous à lui, il est très compétent et connait bien la région. Il sait ce que je vous envoie chercher, il vous donnera des coups de main comme il le pourra. Mais ce n’est pas un combattant : juste un pionnier, un coureur des bois. Il a été garde-champêtre pendant un temps pour un propriétaire terrien de l’ile.
 « Voilà ! Des questions ? Non ? Je ne vous retiens pas plus, alors. Bonne route ? »


    :HRP: Donc, on est tombé d’accord sur la liste du matériel ? On va dire que vous avez pensé à prendre des sacs, ce qui n’est pas tout à fait le cas… :p
     Je vais vous mettre à contribution : vous allez me faire une petite liste, avec le poids des trucs et que je sache sur quel animal va quoi (y compris les gens). Vous avez donc deux poneys et un mulet (le cheval léger de Gabor pourra porter un peu de matériel, mais pas trop).

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Jeu 28 Nov 2013, 02:14 
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Par les paroles débonnaires du zouave des savanes, le nordique ne semblait guère séduit. Mais quand les propos s’axèrent sur l’amour des vers, il sembla fugacement quitter ses airs de brute prosaïque, désarçonné, cul à terre. Les tapes finirent de l’adoucir : il avait beau être à ses heures bougon et trouble-fête, il n’avait pas le fond mauvais et assez de vieilles rancunes en tête pour ne pas s’embarrasser de nouvelles inimités surfaites.

- Mmmh... Ouais, « secret apôtre », on peut dire ça. Plus si secret, dès lors. En tout cas, dans la jungle nocturne, c’est plus discret que ton festif folklore, et bien moins casse burnes !

Il gratifia d’un sourire le drôle de singe, et lui retourna une franche tape à l’épaule, en toute camaraderie. Allez savoir pourquoi, cet agaçant macaque avait quelque chose d’attachant, de touchant, qui empêchait le gros dur de lui tenir rigueur pour quoi que ce fût. Surtout depuis qu’il avait abandonné l’idée du tambour.

Un peu plus tard, Eberhardt arriva pour constater que les trois compères venaient presque de lui dévaliser boutique. Il n’en fit cas, et leur chargea encore les bras de victuailles bienvenues, lesquelles Uggeral entama avec satisfaction selon ses bons conseils. Enfin, tout le monde étant prêt, le ventre plein et la guibole fourmillante d’un désir d’aventure, le petit groupe prit connaissance des dernières recommandations.

- Gabor. Pas au front, d’accord. C’est pas sorcier. J’ai pas de questions. On a tout ce qu’il nous faut. Plus qu’à partir vous chercher ce marteau et autres belles babioles ! C’est parti !

Sur ce, le barbare, dans son nouvel appareil de métal cliquetant, les bras chargés d’armes, de sacs et d’outils, lança le mouvement vers les portes en adressant un dernier et cordial hochement de tête à Csoban Eberhardt. Quand ils le reverraient, ce seraient les fontes pleines des richesses arrachées au coeur des sombres forêts de l’île. Mais le reverraient-ils ?

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Jeu 28 Nov 2013, 12:04 
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Les yeux du zinzin de la savane se firent tout ronds, s'écarquillant comme son sourire à mesure que ce grand barbu débitait de la rime à coups de hache : c'était simplement fantastique ! Zauntii avait vu juste : ce gaillard avait un faible pour les suffixes aux sonorités accordées et cela ouvrait de fabuleuses perspectives concernant leur équipée à venir ! Enfin, il ne serait plus seul et incompris, fustigé de tous les malappris. Il entrevoyait déjà de riches possibilités d'interactions à l'instar de ses joutes avec son mentor et sauveur, le barde de Trouveur !

Il reçut la baffe de cette grande patte de barbare en piaffant d'une félicité visiblement exagérée ; si ses compagnons ne pouvaient en soupçonner la teneur profonde, cela restait néanmoins fidèle à l'exubérance qu'il leurs avait distribué avec largesse. Profitant de son élan, il gratifia l'assemblée d'un saut périlleux arrière et... bouscula une étagère. Sa grande lame n'avait point la souplesse de son propriétaire et l'endroit avait eu la mauvaise idée d'être trop exigu. Quelques broutilles volèrent alentours dans un fracas qui mit un terme au débordement d'allégresse. Une chose était certaine : le tambour ne menacerait plus aucune oreille frileuse, son fût n'ayant pas supporté le choc d'une rencontre prolongée avec le singe.


Zauntii se confondit en excuses tout en faisant la collecte des pièces éparpillées pour les replacer précipitamment sur l'étagère. Une catastrophe n'arrivant jamais seule, l'étagère descellée trouva opportun de céder sous la panique répandant à nouveau tout son contenu derrière un Zauntii médusé. Le visage figé sur un sourire forcé, il se tint immobile un instant le temps que s'achève le boucan et se tourna vers la planche gisant au sol. Elle ne tiendrait plus toute seule cette fois. A toute vitesse, il entassa les objets sur les autres étagères avant de se retourner vers le propriétaire des lieux en se frottant la tête :

_ Euh... Je crois qu'il faudra faire réparer, messire, dit-il, ingénu. De nos jours les ébénistes c'est plus ce que c'était hein... Et vous mettrez ça sur ma note, qu'on déduira des trésors que nous nous faisons fort d'aller briguer avec mes potes. hé hé !

Un sourire de traviole et la tête rentrée dans les épaules, il espérait que sa bourde serait excusée. Changeant de sujet, il complimenta avec effusion la nourriture qu'Uggeral attaquait, s'attardant sur les qualités du fumet du jambon, en rajoutant pour mieux faire digérer sa bévue. Étonnamment, il fut le premier à quitter la salle avec un plein sac à dos ne laissant à leur commanditaire qu'un adieu succinct : on le sentait pressé d'engager les investigations...


_ On charge tout cela sur N'gombo, il a le dos solide, et au Gabor droit vers galop ! dit-il par-dessus son épaule à Uggeral en se précipitant dehors.

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
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 Le collectionneur allait souhaiter bonne route à ses aventuriers lorsque Zauntii fit montre de son extraordinaire agilité en intérieur… En voyant le désastre, et le hadozée faire empirer les choses en voulant les arranger, Csoban vira au rouge et sembla se contenir longuement avant d’arriver à émettre quelques mots : « Sortez. Sortez et dépêchez-vous d’aller là-bas. Ne touchez plus à rien, je m’en occupe. »
 Ses sourcils froncés contrastaient violemment avec le caractère qu’il avait laissé paraitre un peu plus tôt, mais il fallait dire que les dégâts causés par Zauntii pouvaient justifier une petite saute d’humeur…
 « Oh ! et j’y pense : les deux marteaux ont été séparés voilà longtemps. Et bien qu’ils soient censés être semblables… rien ne dit que l’autre n’ait pas un peu subi les outrages du temps ou n’ait été abimé ou décoré depuis le temps… Bonne chasse ! Revenez-nous entiers : nous ferons votre gloire ! »

 Une fois dehors, les bras chargés de ce qui ne tenaient pas sur la selle de N’Gombo, les trois explorateurs en herbe purent voir que les gardes patrouillaient en grand nombre et emmenaient quelques marins avec eux ; du bruit venait des quais, mais il ne s’agissait pas vraiment de la direction qu’ils avaient à prendre. Amaryllis paraissait connaitre un peu la ville et les guida du plus rapidement qu’elle le put, du haut de ses petites jambes, vers les portes. En chemin, tout en grignotant un peu, elle interrogea ses camarades sur leur arrivée à Gemmaline : depuis quand étaient-ils là, qu’est-ce qui les avait fait venir, d’où venaient-ils ?… Les laissant à peine répondre, elle en profita aussi pour raconter sa vie, expliquant qu’elle était d’une ville au sud de Luskan et qu’elle voyageait, courait l’aventure, pour imiter un peu sa grand-mère, dont les histoires avaient bercé son enfance.
 À mesure qu’ils s’éloignaient du port, les gardes se faisaient moins nombreux et on regardait d’un œil un peu moins suspect leur chargement. Ils arrivèrent finalement sur une place faisant face à une imposante porte, pour le moment ouverte. L’entrée et la sortie de la ville était contrôlée, mais rien de bien méchant : on ne fouilla pas leurs affaires, ni ne posa de questions particulières, se contentant de les dévisager et de les laisser passer en constatant qu’ils n’étaient pas recherchés. Les gardes de faction semblaient avoir compris qu’ils étaient sur le point d’entamer un voyage en forêt, à les voir chargés ainsi, et leur souhaitèrent une bonne route, leur signalant surtout de faire attention aux animaux sauvages et aux brigands, parfois présents sur la route pour les mines.

 Dehors, à quelques dizaines de mètres des portes, un homme vêtu de robustes vêtements de toile verte et marron attendait, assis sur un rocher et s’appuyant sur un long bâton, trois poneys de belle taille à ses côtés. Dès qu’il vit Amaryllis, Uggeral et Zauntii, il se leva et se dirigea vers eux, avec ses animaux.

 « Vous devez être les trois gars que m’sieur Eberhardt a engagés ? Je suis Gabor le Coureur des bois, votre guide jusqu’au… temple, il parait. Mais je suis pas non plus expert, vous en jugerez quand nous y serons. Venez donc déposer les paquets sur les bestiaux. Vot’ mulet, là, il va pas pouvoir tout supporter bien longtemps. »
 Il aida à disposer les affaires et attribua les montures, laissant la plus petite à Amaryllis, qui était tout de même bien intimidée devant et avoua n’avoir jamais chevauché…
 « C’est pas bien grave, ma petite dame : on chevauche sur des chevaux ! Ça, c’est un poney, hé ! Dessus… on poneyte ? »
 Tout content de son mot, il laissa échapper un petit rire, puis demanda si tout était prêt et sortit une carte pour indiquer approximativement leur destination, loin au nord-ouest de la ville. Selon lui, sur un terrain plat et dégagé, avec des chevaux plus rapides, une journée pleine aurait suffi, mais compte tenu des conditions, il tablait sur deux jours et demi si tout allait bien.
 « Des questions, des remarques ? Ou nous partons tout de suite ? »

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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Dim 01 Déc 2013, 20:13 
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Le grand singe se sentait un peu mal à l'aise vis à vis de leur employeur ce qui, une fois n'était point coutume, l'avait incliné à la pondération durant le parcours jusqu'aux portes de la ville. Il n'avait pas pépié plus que de raison selon ses propres critères, ayant même laissé à Amaryllis la préséance concernant l'occupation des plages discursives. Une chose fantastique s'il on en jugeait par l'état de grâce du délié de sa langue en ce jour qu'il aurait eu d'habitude l'audace de pousser toujours plus loin. Aussi se contenta-t-il principalement d'écouter ne répondant que sommairement sans plus de prose qu'il n'en fallait. Sa provenance resterait quant à elle un mystère :

_ Mon cœur est au Shaar oriental, dans les plaines de la grande savane mais je ne suis pas né là-bas... Je viens d'Eauprofonde... J'ai passé une bonne partie de ces dernières années à naviguer sur la côte des épées... Je viens d'arriver de Luskan... Lorsque j'étais à Arrabar...

De manière décousue et enchevêtrée au beau milieu d'anecdotes et d'abondantes gesticulations sur une démarche simiesque chaloupée, il était délicat de bien savoir d'où venait ce zozo-là. On ne retiendrait aisément qu'une chose : il semblait avoir fait un bon bout de chemin. Et ses mots s'emmêlaient aussi fidèlement que ses idées. L'individu laissait une sensation singulière de vivacité et de désorganisation à l'image d'une tempête dont la fidèle illustration avait valu une belle colère à Csoban Eberhard.

Le Coureur des bois plut immédiatement à Zauntii : il avait quelque chose de frais et de libre à l'image de ces landes forestières qui s'étendaient devant les portes de la cité. Le cavalier n'était pas mécontent de laisser la civilisation derrière lui : il avait vécu en nomade depuis sa plus tendre enfance, embrassant la nature du Shaar dans ses diverses déclinaisons, de la savane desséchée aux immenses plaines verdoyantes et gorgées de troupeaux de la saison pluvieuse. C'était fantastique de sentir cet air chargé d'humus et des odeurs de la forêt : il n'avait pas eu l'occasion de fouler pareille contrée depuis son dernier voyage avec Liojimdoo, son maître de Verbe et de pensée, ce qui remontait à deux années en arrière. S'il n'appréciait guère le froid ni l'humidité des régions tempérées, il aimait néanmoins beaucoup les bois pour leurs senteurs terreuses et moussues. Le vieux barde avait même dit qu'il le sentait "inspiré" en de tels lieux, un compliment que le grand singe prenait très au sérieux a fortiori lorsqu'il émanait de son révérend mentor.

Il salua fraternellement Gabor en se présentant simplement puis l'aida à équiper les autres bêtes. Il gloussa de bon cœur à son mauvais jeu de mots en rectifiant :


_ J'oserais plutôt qu'on poneyche ! Abusant d'un verbiage si rêche.

Gabor leurs offrit un aperçu de ce qui les attendait en déployant la carte estimant le déplacement à deux jours et demi. Ils n'auraient point trop de provision si d'aventure les recherches venaient à s'éterniser...

_ N'ayez point de peur, dame Amaryllis, et léger le cœur, c'est une bête sans vice ! Restez près de moi et si son pas s'emballe, je le saisis, je râle et je calme son émoi, dit-il, solennel, le poing sur le cœur et la paume offerte à sa camarade. Si vous le voulez bien, je vais vous aider à enfourcher le coquin, proposa-t-il, serviable.

Il saisit la longe du poney de l'halfeline et l'enroula sur le pommeau de la selle de son mulet : il garderait ainsi plus qu'un œil sur son amie. Puis d'un bond, Zauntii se propulsa sur N'Gombo qui s'ébroua les oreilles qu'il avait bien longues en guise de satisfaction : l'animal sentait qu'il pourrait enfin se dégourdir les pattes. Une traversée océanique, ça vous rouille les rotules pour sûr ! Accroupi sur sa selle, une position singulière pour une chevauchée mais qui ne l'était pas vraiment pour ce grand singe, il se dit prêt pour un départ immédiat.

_ Mais alors, Gabor, vous qui l'avez visité : à quoi donc ressemble ce temple et qu'est-ce qui vous fait hésiter ? Demanda-t-il, rebondissant sur les réserves que le coureur des bois semblait avoir émis quant à la nature de l'édifice.

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Zahlem
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 Sujet du message: Re:  Les intellectuels associés
MessageMessage posté...: Lun 02 Déc 2013, 02:05 
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Ce Zauntii, tout attendrissant de sincérité et de candeur fût-il, était l’incarnation de la catastrophe. Et devant son oeuvre grandiose, le grand nordique claqua sur son front dépité sa grosse paluche de marin.

- Putain. On est pas sorti de l’auberge...

Durant quelques secondes, plus personne ne s‘était prononcé, attendant le verdict d’un Eberhardt qui fulminait à raison. Enfin, c’est ce dernier qui se décida à briser le silence, faisant son possible pour rester d’une urbanité exemplaire.
Un peu gêné pour son maladroit compagnon poilu, l’Instruit glissa quand même quelques mots à leur employeur avant de sortir, paroles qu’il espérait apaisantes malgré son adresse toute relative dans les tâches de médiation.


- Excusez-le, il est juste un peu excité par tout ce qui se passe. Mais on a un peu discuté en votre absence, et il a l’air de gérer son affaire en extérieur. Il nous parlait de chasse à l’antilope, de tambours, et euh... tout ça... Enfin, bref, on y va, on y va.

Par la suite, étant bien peu convaincu de son intervention, Ug s’abstint d’ajouter quoi que ce fût, jusqu’au subit torrent de questions que la babillarde Amaryllis se mit à déverser durant leur progression urbaine. Tout en l’écoutant distraitement, le grand Ug la regardait se faire les dents sur les provisions. Elle aurait l’avantage de ne pas coûter grand chose en boustifaille, se dit-il avec un sourire goguenard. Mais au moment de donner réponse à la souris, son air reprit la chaleur de son pergélisol natal.

- Ruathym. Je viens du Ruathym. Mais c’est à Luskan que j’ai pris le bateau, pour arriver aujourd’hui, il y a même pas deux heures.

La trogne renfrognée du barbare taciturne et son regard, qui semblait fixer une lointaine armée d’amertume, n’invitaient pas à insister sur le sujet.
La petite avait terminé son interrogatoire quand ils atteignirent les portes et les franchirent, dévoilant au loin les terres sauvages et indomptées l’île. À l’image du cavalier alouate, le guerrier des terres gelées se trouva fort aise de quitter les rues pavées pour mieux battre la campagne, loin du brouhaha des foules et de leur promiscuité malsaine.
Et quand ils rejoignirent enfin le guide et leurs montures, le grand type se permit une mine moins patibulaire alors qu’il salua celui qui les mènerait voir du pays. Ce gaillard semblait direct et sympathique, le genre de compagnon pratique et facile à vivre, divertissant, mais sans l’être à l’excès comme ce malheureux Zauntii. À sa dernière question, Uggeral acquiesça : il était au clair avec les termes de la mission, pensait-il, et s’impatientait de voir ce que cette Gemmaline cachait dans ses entrailles.


- Tant qu'on y arrive les premiers et avec toutes nos dents, c'est le plus important. Après, pour ce qui se trouve à l'intérieur, on avisera et ça devrait aller, sans doute. Pas d'autres questions pour moi. On peut tailler la route.

Vint alors l’heure de grimper sur les bestiaux, et même si pour telle opération sa taille lui donnait l'avantage sur Amaryllis, il n’était pas des plus à l’aise. Il avait certes monté quelques fois, lors de son enfance, et bien qu’il sût un peu s’y prendre avec les bêtes, il n’avait que peu d’expérience dans la chevauchée, surtout lesté comme il l’était. Faisant fi du regard de ses compagnons, il garda un sérieux de marbre durant sa gauche mise en selle, qu’il parvint à conclure après de longs efforts et au grand dam de sa monture.

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Tribulations d'un poète contondant, par sa Majesté de l'ivresse et du petit larcin.

"Roses are red, violets are blue.
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