La Lune quitta le ciel, laissant la place au majestueux et puissant Soleil, lorsque le bateau arriva dans la baie du port. Les flots de la mer agitée faisaient tanguer avec force la frêle coque de noix. Le vent de face n’arrangea pas la traversée et retarda l’arrivée du bateau au port, l’agitant d’avantage.
Le dos contre le mât unique, les mains se tenant fermement les bords de sa cape, luttant contre les souvenirs qui hantés son âme… Les visions des noirs nuagent au-dessus de sa tête, les vagues sombres et animées qui, telles des mains aqueuses, capturèrent les pirates et esclavagistes humains entre deux éclairs, la colère divine zébrant dans le ciel et déchirant l’air dans des claquements assourdissants. Une main rugueuse se posa sur l’épaule du rôdeur qui, dans un sursaut de surprise, pivota sur le côté tout en se redressant, serrant son poing avec force, le visage empli de haine. Respirant avec force, il se détendit en voyant le vieil homme muet qui l’avait emmené depuis le port d’Uthmbre, ville côtière de la province de Grand-Val. Ce dernier ne put qu’avoir une expression surprise sur son visage gravé par le temps avant de lui adresser un sourire, posant une main ferme sur l’épaule du jeune homme qui soupirant en s’excusant. Agitant les mains comme pour dire qu’il n’y avait rien de grave, le vieux marin pointa du doigt l’horizon où l’on pouvait voir le port de Gemmaline, la destination finale du bateau.
Le cœur lourd, se rapprochant d’un pas agile vers la proue, Allan s’accrocha au solide bois de l’embarcation, observant d’un regard attentif la ville s’offrant à lui : un vaste port où de multiples embarcations étaient amarrées à une digue faite de roche, de bois et d’acier, la vie grouillante sur le bord de mer malgré le vent et les vagues dangereuses. En tournant la tête, Allan put contempler avec un long frisson dans le dos, la puissante flotte du roi actuel. Tout autour, des murailles de pierre, flaquées de tour de garde, pour certaines lourdement armées de balistes.
Plus le bateau marchand s’approchait du rivage, plus le rôdeur pouvait se rendre compte de l’agitation qui régnait sur la digue. Les gardes armés patrouillaient en observant à droite et à gauche, les marchands hurlant pour attirer le plus de clients, les prêtes prônant les bienfaits de la doctrine de leur dieu… La vie régnait sur le port avec une explosivilité captivante et pourtant…
Lorsque le bateau accosta et s’amarra au port, Allan se mit en marche, sur le qui-vive, méfiant. Il pouvait voir la vie grouillante qui s’agitait, mais il voyait surtout une foule aux visages marqués par la peur ou l’horreur.À quelques pas de lui se trouvait un groupe d'humain parlant en murmure, l'air apeuré. Que s’était-il passé exactement ?

Test de perception auditive sur le groupe d'humain.