L'ensorceleur se frotta délicatement le visage alors que les dernières étincelles de magie se dissipaient, le laissant étrangement ébloui par le soleil. Les yeux légèrement rouges comme s'il venait de faire une brève sieste, il accueillit le retour de son ami avec un sourire qui lui aussi évoquait un matin calme. Il n'était pas surpris de le trouver un peu plus lourd que lorsqu'il l'avait quitté : la créature magique, malgré sa fière tenue, était parfois goinfre.
Avoue, tu n'arrives plus à voler avec tout ce que tu as avalé, le railla Printemps.
L'oiseau effectua un petite rotation sur son épaule, se détournant de lui puis gonfla son jabot d'un air suffisant. Une vexation qui tenait du jeu.
Almah m'a demandé de trouver qui aurait pu allumer le feu.Le reste de l'affaire serait sans doute évidente pour le familier, avec qui il partageait un lien au-delà de la parole. D'ailleurs, toujours silencieux, celui-ci se garda de tout commentaire. Son regard aviaire, qui se porta alors sur Daski, montra à coup sûr qu'il comprenait correctement la situation. D'un pas détendu, l'adolescent s'approcha alors du mercenaire.
Bonjour Daski, fit-il, complétant son salut par un mouvement de bras.
L'homme avait l'air d'avoir des manières simples, voire pas de manière du tout… et ça ne dérangeait pas l'ensorceleur de se montrer accessible et simple lui aussi. Le sourire qui allait avec était, lui, universel.
Il ne connaissait malheureusement presque rien sur lui : il était l'une des rares personnes a avoir rejoint la caravane après sa propre arrivée tardive. Ne pas être l'individu le plus nouveau préservait d'ailleurs peut-être Printemps de quelques soupçons, et il en était conscient. C'était pour compenser la peur de la nouveauté qu'entretenaient certains membres du convoi qu'il redoublait d'empathie envers le rôdeur.
Tu aurais une idée de ce qui s'est passé avec la caravane ? Je cherche à savoir d'où ça pourrait venir.Pour être au même niveau que son interlocuteur, il ne tarda pas à se poser en tailleur à côté de celui-ci.
Moi je crois que ça ne peut venir que de l'extérieur. Je ne crois pas qu'il y ait de traître à se cacher au grand jour. Mais j'ai peur que ça ne soit pas l'avis de tout le monde… tu vois… Il y en a beaucoup qui pourraient t'accuser, parce qu'ils te connaissent pas bien. Si tu penses que tu peux aider, du coup…Il ne le regardait pas directement. Imitant l'attitude contemplative de Daski, il observait au loin Gäyana, les gardes et la femme à l'étranger collier.
Mais soudain, semblant se remémorer un élément important, il fronça les sourcils et ajouta :
Est-ce que ça te dirait quelque-chose, une sorte de petit chien qui se déplacerait sur deux pattes ? Je crois avoir entrevu quelque-chose comme ça. Un petit chien bipède s’esclaffant. 
Une tentative de diplomatie pour améliorer l'attitude de Daski, alors.