| Aventurier confirmé |
 |
 |
Inscription: Lun 06 Avr 2015, 00:15 Messages: 147
PX: 2205
|
Le vieillard s'était envolé, peut-être pas au sens strict du terme, mais du moins au sens "partit en utilisant autre chose que ses pieds". Un sort de téléportation, voilà qui n'était pas banal. Sol avait tenté d'en maîtriser un, une ou deux fois, et préférait ne pas retenter avant un petit moment… Il est vrai que se retrouver accrocher au bord d'un précipice ou épuisé sous un soleil de plomb ne donnait pas envie de recommencer de si tôt.
Décroisant les bras, il s'avança lentement vers le lieu où se tenait leur commanditaire, regardant alentours, puis en l'air, avant renifler bruyamment et esquissant un sourire. Il ramassa la statuette d'une main, la jetant et la rattrapant comme pour la soupeser, l'observa, et se retourna.― Tiens ! (Il la jeta vers Gin) C'ton patron, c'toi qui t'le coltine.Aucune animosité ne transperçait dans sa voix. Il avait en effet abandonné l'idée de pulvériser la personne qui tripatouillait dans son crâne. Il n'était pas suicidaire, et, surtout, entrevoir la possibilité de pouvoir déclencher une tempête de merde chez les thayens valait bien un petit sacrifice de sa part. Il en était ravi. Sans dire un mot, il dépassa ses coéquipiers, les mains dans les poches, se dirigeant vers l'escalier. Du repos lui ferait du bien.
Les murmures revinrent, plus forts, plus mauvais qu'auparavant.* MERDE ! Vous pouviez pas m'oublier, à la fin ? * Supplia-t-il intérieurement. Extérieurement, cela se traduisit par un Arkeïos s'agrippant les deux côtés du crâne, tombant à genoux, hurlant à plein poumons, le regard dans le vide, au milieu de l'auberge pendant un temps qui lui parut infini. La fureur, qui ne l'avait jamais vraiment quittée, était revenue, le volcan apaisé déversant à nouveaux ses litres d'acide en fusion dans son esprit. Par dépit, ou simplement par réflexe, il se cogna plusieurs fois la tête contre le sol, avant de se relever violemment et de déchaîner une partie de sa rage sur le mobilier. Il souleva une chaise et frappa l'une des tables, encore et encore, avant de donner des coups de pieds à la malheureuse. Lorsqu'il eut terminé, il partit en trombe vers l'escalier, vers sa chambre, où il s'enferma, claquant violemment la porte. Cette nuit-là, de nombreux coups résonnèrent contre les murs, des coups de poings au travers desquels il tentait vainement de conjurer le sort, d'évacuer sa colère qui n'était que partiellement sienne.
Il descendit tardivement le lendemain. Mutique, son air renfrogné habituel sur le visage, il se jeta dans l'un des fauteuils de la salle, attablé seul, avant d'entamer son petit déjeuner, grimoire sous les yeux. Il lisait, lisait, lisait. C'était la seule chose qui calmait les voix, en plus du plaisir inhérent de l'apprentissage. Son grimoire renfermait une palette complète de sortilèges, et il voulait les apprendre au plus vite. Il avait tant à faire, tant de culs à botter, tant de vies à protéger. Ce matin là, il finit de comprendre les deux pages sur lesquelles il planchait depuis quelques temps, deux sortilèges utiles de plus. Il sourit, découvrant ses canines, satisfait, une fois de plus. Son lézard familier sentit son contentement, et sortit lui-même de la poche du mage pour s'accrocher à sa chemise, puis retomber sur la table, avant d'aller piocher dans son assiette.
La découverte du matériel apparut dans le cellier ne l'étonna guère. Les autres mages avaient leurs lubies propres, ce qui l'étonnait souvent car lui ne s'en trouvait guère. Enfin, question de point de vue. Mais à peine l'effervescence entourant cet événement avait-elle démarré qu'il s'était précipité lui aussi vers les précieux trésors. La vue du bâton lui arracha un sentiment qu'il n'avait pas souvent eu l'occasion de ressentir ― autrement dit jamais : le même sentiment qu'un enfant ressent en apercevant un cadeau faisant mouche lors des fêtes du solstice d'hiver. Sol détestait cette période, réservée à la famille et aux proches, aux cadeaux et autres joyeusetés qu'il n'avait pas l'occasion d'apprécier. Il en profitait généralement pour voyager, et profiter de la profusion de spécialités culinaires pour en déguster quelques unes à l’œil. Et bien non, il n'allait pas en acheter, car personne ne lui en vendait, il lui fallait donc en voler. Les seules choses qu'on voulaient bien lui donner quand on le voyait étaient soit des cris de frayeurs, soit des tentatives d'assassinat, soit des sortilèges de bannissement ― ce qui le faisait particulièrement rire, pour ce dernier. Mais nous digressons.
Le bâton, donc, faisait sa joie intérieure. Il le prit, le planta fièrement au sol, l'observant, fier de sa nouvelle possession. Il attrapa au vol, pendant que Gin riait d'une autre des trouvailles de toute évidence trop grande pour lui, un tube qu'il savait être un étui à parchemins. Mais ce tube était plus complexe que les vulgaires bout de bois qu'il avait déjà vu auparavant. Une étui étanche, voilà qui était pratique, et très utile. Un vulgaire sac traînait au sol, mais ce n'était pas qu'un vulgaire sac. Quand Sol s'en saisit et rangea quelques objets à l'intérieur, il sut. Le fait que l'une des épées ne butte pas sur le sol quand il la fourra à l'intérieur fut un indice ô combien révélateur. Un sac sans fond ! Il s'empressa alors de ranger toutes les affaires qu'il put y mettre. Ils auraient besoin de place pour cette véritable expédition.⁂ Sol avait fini par comprendre pourquoi Gin riait sans cesse. Lo-Kar ne semblait pas avoir compris, et le mage ne trouvait pas ça tellement drôle, mais soit. Il n'avait pas beaucoup d'humour, il fallait dire, sauf peut-être dans son cynisme. Peut-être avait-il laissé cette part de lui dans une ancienne vie, chez un gnome… Qui savait ?
En tout cas, il resta silencieux durant le voyage, n'émettant que quelques grognements éparts comme toute réponse aux divers stimuli qu'il pouvait avoir, suivant leur pisteur bleuté dans les taillis touffus. Il se demandait bien d'ailleurs comment celui-là retrouvait son chemin sans user de magie. Il réfléchissait à leur situation, à leur mission, et ce n'était pas joli à voir. Il était également préoccupé. Le vieux leur avait listé toute une panoplie de menaces que le mage n'appréciait guère, aussi partir à la chasse au caillou lui semblait moins urgent… Mais il n'avait pas toutes les informations. Petit à petit, à force de réflexions intérieures, il arriva à la décision qu'il voulait s'impliquer bien plus dans la protection des êtres contre le mal, quel qu'il soit. Il détestait les gens, certes, mais il ne le savait que fort bien, il y avait des gens bien parmi eux, de la trempe de celui qui l'avait sauvé, jadis, et de sa sœur. Cela l'étonnait lui-même, mais il avait un pincement au cœur en pensant à toutes ces vies perdues et/ou gâchées. Même s'il ne le découvrirait que bien plus tard, devenir un sauveur, un protecteur, était sa raison d'être, celle de son existence. Et cette réflexion intérieure ne put qu'être renforcée en voyant le spectacle macabre du fort des Flèches noires.
Pendant une ou deux secondes, il n'avait pas réalisé. Apercevant les corps au loin, il fut sidéré, choqué. Il réprima une larme qui voulait s'échapper, en même temps que l'envie de hurler qui serrait sa gorge ― ou était une envie de pleurer ? Certainement les deux. La mort était un processus naturel, mais la torture, et la profanation des corps, voilà qui portait la marque du mal. Et qui lui faisait mal, intérieurement. Les murmures, eux, étaient ravis, ce qui ajoutait à sa peine et sa colère. * Vos gueules. Vous, vos gueules. HA, HA, HA, HA, HA, HAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! * Riaient-elles en cœur, voix psychopathes résonnant dans un esprit incapable de les faire s'arrêter.
Le combat contre les gobelins était terminé. * Dommage. * Pensa le tieffelin, qui était prêt à dégainer ses sortilèges pour une occasion pareille. La capture de l'un d'eux aurait permit d'éclaircir l'affaire, mais ces crevures ne faisaient en général pas de cadeaux, donc c'était certainement une bonne chose. La paranoïa inhérente du mage lui laissait envisager la possibilité que le groupe qu'ils voyaient y était mêlé, aussi gardait-il ses questions pour plus tard. Il se demandait aussi comment ces gens-là réagiraient à sa trogne, mais c'était une toute autre histoire.
Ignorant Gin et exaspéré par le manque d'émotion de Lo-Kar, il s'avança vers le fort, s'adressant à cette dernière sans se retourner.― Eh, Gigasse ! Suis-moi !Il ignora sciemment sa question, et n'écouta pas l'éventuelle réponse de Sébi. Sol n'avait pas le cœur à y réfléchir ou y répondre maintenant, et même s'il le voulait, il lui faudrait se renseigner auparavant. La connaissance, voilà où était le vrai pouvoir ― "Connaît ton ennemi mieux que toi-même, connaît les atrocités qu'il commet, et tu connaîtras ses points faibles". Cela aussi il le réalisait petit à petit. Même si son tempérament ne l'y prédisposait pas, il lui faudrait lire, lire et lire encore. Une bibliothèque, des livres, du savoir, des connaissances. Il devait accumuler tout cela pour pouvoir augmenter en puissance, pour pouvoir protéger les gens.
Une fois arrivé près du premier des poteaux sacrificiels, il observa une seconde le corps qui y était suspendu, une expression de dégoût sur le visage, non pas à la vue de toute cette horreur, mais à la pensée de celui qui avait fait cela. Il se tourna vers Lo-Kar, indiquant du doigt le poteau.― T'crois qu'tu peux abatt' ça, en f'sant gaffe d'pas abîmer l'corps ? Si oui, on les descendra tous. 'leur faut une sépulture décente.* Il en faudra une aussi à l'enfoiré qui a fait ça. * Pensa-t-il, en colère. Je vais mettre à jour ma signature avec ma nouvelle liste de sorts préparés asap. J'ai présupposé que Sébi prendrais la tête, j'éditerai si ça n'est pas le cas. Désolé pour la longueur du post.
_________________ Fiche perso d'Arkeïos "Sol" (Mage 2 ; CN(B)) Chroniques infernalesSorts préparés :
Niveau 0 : Langue mordue / Étincelle d'angeargent / Prestidigitation / Fatigue Niveau 1 : Armure de mage / Sommeil / Graisse Autres moi : Varelun / Zandaar / Ætherion ; merci d'envoyer vos MP à Ætherion
|
|